En 2016, en France, 1,8 million d’emplois dans les entreprises sous contrôle étranger

Aurélie Casarotti, division Infrastructures et répertoire statistiques, Insee

En 2016, les firmes multinationales étrangères emploient 1,8 million de personnes en France, hors secteurs agricoles et financiers. Ces emplois se concentrent principalement dans des entreprises de taille intermédiaire ainsi que dans l’industrie et le commerce. Les coûts salariaux moyens par tête y sont plus élevés que dans les firmes françaises.

En France, les entreprises sous contrôle étranger réalisent 16 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des secteurs marchands non agricoles et non financiers. Elles investissent moins que les firmes multinationales françaises.

L’emploi sous contrôle étranger se concentre principalement dans des ETI...

En 2016, 28 600 entreprises (unités légales ou entreprises profilées) sont sous le contrôle de firmes multinationales étrangères en France. Ces entreprises représentent moins de 1 % des entreprises en France dans les secteurs marchands non agricoles et non financiers (figure 1). Leur part dans l’emploi est beaucoup plus élevée : fin 2016, elles emploient en France 1,8 million de personnes (salariés et non-salariés), soit 11 % des effectifs des secteurs concernés.

Figure 1 – Contribution aux grands agrégats par type de contrôle des entreprises en 2016

en %
Figure 1 – Contribution aux grands agrégats par type de contrôle des entreprises en 2016
Firmes multinationales étrangères Firmes multinationales françaises Autres entreprises françaises
Nombre d'entreprises 0,9 1,7 97,4
Nombre de personnes~employées 11,0 27,6 61,5
Chiffre d'affaires 20,7 40,7 38,6
Coûts de personnel 17,6 38,2 44,3
Valeur ajoutée 16,4 40,1 43,5
Investissement 13,9 47,8 38,3
  • Lecture : les firmes multinationales étrangères contrôlent 0,9 % du nombre total d'entreprises.
  • Champ : France, unités légales ou entreprises profilées des secteurs marchands non agricoles et non financiers.
  • Source : Insee, Lifi 2016, Ésane 2016.

Figure 1 – Contribution aux grands agrégats par type de contrôle des entreprises en 2016

La moitié de l’emploi en France des multinationales étrangères se concentre dans des entreprises de taille intermédiaire (ETI). En comparaison, les firmes multinationales françaises concentrent un peu moins du tiers de leurs emplois en France dans les ETI et les deux tiers dans les grandes entreprises (GE). Pour les autres entreprises françaises, indépendantes ou sans filiale à l’étranger, un dixième des emplois se concentre au sein d’ETI ; leurs emplois s’exercent majoritairement dans les microentreprises ou les petites et moyennes entreprises.

En 2016, 17 pays étrangers concentrent 95 % de l’emploi en France sous contrôle étranger. Les pays de l’Union européenne en concentrent 62 % : au premier rang, l’Allemagne avec 318 000 emplois (figure 2), suivie par la Grande-Bretagne, la Belgique et les Pays-Bas. Hors Union européenne, ce sont surtout les multinationales des États-Unis qui emploient le plus en France (380 800 emplois), puis viennent la Suisse et plus loin le Japon et le Canada. Au total, 115 pays étrangers contrôlent des entreprises en France.

Figure 2 - Emplois sous contrôle étranger, par pays d'origine en 2016

Figure 2 - Emplois sous contrôle étranger, par pays d'origine en 2016
Pays Emplois
États-Unis 380 800
Allemagne 318 000
Grande-Bretagne 168 500
Suisse 138 600
Belgique 136 300
Pays-Bas 101 000
Suède 82 300
Luxembourg 66 000
Italie 63 400
Espagne 57 600
Japon 57 100
Danemark 36 800
Irlande 25 900
Canada 20 800
Autriche 17 500
Finlande 17 300
Hong Kong 15 200
Afrique du Sud 10 500
Chine 9 800
Portugal 6 700
  • Lecture : 380 800 emplois en France sont contrôlés par une firme multinationale des États-Unis.
  • Champ : France, unités légales ou entreprises profilées des secteurs marchands non agricoles et non financiers contrôlées par des firmes multinationales étrangères.
  • Source : Insee, Lifi 2016, Ésane 2016.

Figure 2 - Emplois sous contrôle étranger, par pays d'origine en 2016

… et dans l’industrie et le commerce

Les emplois dans le secteur industriel sont sur-représentés dans les entreprises contrôlées par des firmes multinationales étrangères (figure 3), notamment dans l’industrie manufacturière. L’industrie concentre 37 % des emplois sous contrôle étranger en France, contre 29 % des emplois des firmes multinationales françaises et 13 % de ceux des autres entreprises françaises. La concentration des emplois dans ce secteur varie fortement selon le pays d’origine. Ainsi, parmi les pays contrôlant plus de 50 000 emplois en France, le Japon concentre 55 % de ses emplois dans l’industrie, l’Italie 46 %, alors que la Grande-Bretagne et la Belgique en concentrent respectivement 23 % et 29 %.

Le commerce est le deuxième secteur le plus important, en particulier grâce au commerce de gros. Il regroupe 30 % des emplois en France dépendant de multinationales étrangères, contre 18 % de ceux des multinationales françaises et 26 % de ceux des autres entreprises françaises. La concentration des emplois dans ce secteur atteint 40 % des emplois en France sous contrôle néerlandais, allemand et belge.

À l’inverse, seuls 2 % des emplois sur le sol français des entreprises sous contrôle étranger sont dans le secteur de la construction.

Figure 3 - Répartition de l'emploi entre les secteurs, par type de contrôle des entreprises en 2016

en %
Figure 3 - Répartition de l'emploi entre les secteurs, par type de contrôle des entreprises en 2016
Secteurs Firmes multinationales étrangères Firmes multinationales françaises Autres entreprises françaises
Industrie 36,8 29,0 13,4
Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles 29,9 18,2 25,5
Services aux entreprises 7,2 7,8 8,6
Information et communication 6,9 9,2 4,0
Transports et entreposage 5,2 16,8 5,7
Hébergement et restauration 4,0 3,2 10,2
Construction 2,0 7,4 15,4
Autres 8,0 8,4 17,2
  • Note : l'industrie regroupe les secteurs B à E. « Autres » regroupe les secteurs L, M et S95.
  • Lecture : l'industrie emploie 37 % des effectifs des entreprises contrôlées par des firmes multinationales étrangères.
  • Champ : France, unités légales ou entreprises profilées des secteurs marchands non agricoles et non financiers.
  • Source : Insee, Lifi 2016, Ésane 2016.

Figure 3 - Répartition de l'emploi entre les secteurs, par type de contrôle des entreprises en 2016

Les coûts salariaux moyens par tête sont plus élevés que dans les firmes françaises

Les emplois salariés dans les entreprises contrôlées par des multinationales étrangères génèrent 109 milliards d’euros de coûts salariaux en France, hors intérim. À 61 900 euros, les coûts salariaux moyens par tête sont plus élevés dans ces entreprises que dans les multinationales sous contrôle français (56 000 euros) ; l’écart provient principalement du secteur du commerce. Dans ce secteur, les coûts salariaux moyens par tête en France s’élèvent à 57 600 euros dans les entreprises sous contrôle étranger, contre 42 400 euros dans les entreprises contrôlées par des multinationales françaises.

Comparés aux multinationales étrangères, les coûts salariaux moyens par tête sont également plus faibles dans les autres entreprises françaises (41 900 euros) ; l’écart est principalement dû à l’industrie et au commerce.

Les firmes étrangères réalisent 153 milliards d’euros de valeur ajoutée

Les entreprises contrôlées par des multinationales étrangères réalisent 153 milliards d’euros de valeur ajoutée en France, soit 16 % de la valeur ajoutée totale des entreprises en France, dans les secteurs marchands non agricoles et non financiers (figure 4). L’industrie, le commerce ainsi que les activités de services administratifs et de soutien réalisent les trois quarts de la valeur ajoutée des entreprises sous contrôle étranger, contre un peu moins de la moitié pour les multinationales françaises.

Cette création de valeur ajoutée correspond à 20 % du chiffre d’affaires des entreprises sous contrôle étranger en France : c’est moins que dans les multinationales françaises (25 %). Cette plus faible part s’explique par des consommations intermédiaires plus élevées de biens mais aussi de services externalisés.

Figure 4 - Chiffre d'affaires par secteur en fonction du type de contrôle des entreprises

en milliards d’euros
Figure 4 - Chiffre d'affaires par secteur en fonction du type de contrôle des entreprises
Firmes multinationales étrangères Firmes multinationales françaises Autres entreprises françaises
Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles 348,2 440,4 628,9
Industrie 256,4 598,5 199,0
Services aux entreprises 37,6 46,9 64,8
Information et communication 36,6 105,5 41,6
Transports et entreposage 26,1 117,6 62,5
Hébergement et restauration 8,9 16,7 69,0
Construction 7,7 81,4 183,2
Autres 39,0 92,3 172,2
  • Note : l'industrie regroupe les secteurs B à E . « Autres » regroupe les secteurs L, M et S95.
  • Lecture : en France, les firmes multinationales étrangères réalisent un chiffre d'affaires de 256 milliards d'euros dans l'industrie.
  • Champ : France, unités légales ou entreprises profilées des secteurs marchands non agricoles et non financiers.
  • Source : Insee, Lifi 2016, Ésane 2016.

Figure 4 - Chiffre d'affaires par secteur en fonction du type de contrôle des entreprises

Elles investissent moins en France que les firmes françaises

Les entreprises contrôlées par des firmes multinationales étrangères réalisent moins d’investissements corporels que les autres sur le sol français. Leur investissement global de 27 milliards d’euros correspond à 18 % de leur valeur ajoutée en France contre 25 % pour les multinationales françaises. À structure sectorielle égale, leur taux d’investissement en France atteindrait 23 %, soit 2 points de moins que celui des firmes multinationales françaises.

Les entreprises sous contrôle des pays membres de l’Union européenne concentrent les deux tiers des investissements réalisés sur le sol français par des entreprises sous contrôle étranger. Les entreprises sous contrôle allemand ou belge investissent en France une plus grande part de leur valeur ajoutée, respectivement 25 et 20 %. A contrario, cette part est assez faible dans les firmes américaines et britanniques (14 %).

Sources

Les résultats sont issus de la réponse « Inward » au règlement européen Foreign AffiliaTes Statistics (FATS). Cette réponse provient de deux sources : le dispositif d’élaboration des statistiques annuelles d’entreprises (Ésane), qui produit des statistiques structurelles d’entreprise, à partir de données administratives et d’enquêtes ; le répertoire des groupes (Lifi), qui identifie les groupes de sociétés opérant en France et détermine leur contour et leur nationalité.

Les travaux méthodologiques et d’amélioration de la qualité menés sur le répertoire Lifi, notamment en ce qui concerne la nationalité des groupes, rendent fragile toute analyse fine par rapport à l’année précédente.

Définitions

La catégorie d’entreprise est définie par le décret n° 2008-1354 en application de la loi de modernisation de l’économie de 2008. Pour une entreprise sous contrôle étranger, cette catégorie est calculée sur sa partie française et non sur l’entreprise au niveau mondial.

Le champ de cette étude est défini par l’ensemble des entreprises sous contrôle étranger. Celles-ci comportent principalement les entreprises sous contrôle de firmes multinationales étrangères (93 %), mais aussi les unités indépendantes de nationalité étrangère (7 %). Ces dernières regroupent à la fois des unités locales implantées en France et des unités étrangères ayant une activité en France, mais sans implantation. Dans l’étude, on parlera indifféremment d’entreprises sous contrôle étranger ou sous contrôle de firmes multinationales étrangères.

Pour en savoir plus

Duplessy A.-L., « En 2015 en France, 1,8 million d’emplois dans les entreprises sous contrôle étranger », Insee Focus n° 109, février 2018.

Dauré N., Fesseau M., « Les firmes multinationales françaises en 2015 : 5,5 millions de salariés employés hors de France », Insee Focus n° 104, décembre 2017.

Bigot J.-F., Fesseau M., « 123 000 groupes implantés en France en 2015, dont seuls 220 ont 5 000 salariés ou plus », Insee Première n° 1679, décembre 2017.