123 000 groupes implantés en France en 2015, dont seuls 220 ont 5 000 salariés ou plus

Jean-François Bigot, pôle Liaisons financières, et Maryse Fesseau, division Infrastructures et répertoire statistiques, Insee

Fin 2015, 442 000 sociétés présentes sur le territoire français sont organisées sous forme de groupes de sociétés ou contrôlées par des collectivités publiques. Les 123 000 groupes ainsi constitués emploient 10,5 millions de salariés en équivalent temps plein sur le territoire français, soit la moitié de l’ensemble des salariés des secteurs privé et public.

Parmi ces groupes, la moitié est constituée, sur le sol français, de petites structures comptant moins de dix salariés. La grande majorité de ces groupes (huit sur dix) sont franco-français, mais les groupes multinationaux sont en moyenne de plus grande taille : plus de 60 % des salariés des groupes sont employés dans des firmes multinationales françaises (47 %) ou étrangères (16 %).

En France, les groupes rassemblent des sociétés qui sont principalement tournées vers l’industrie et le commerce. Ils regroupent souvent des sociétés exerçant des activités de natures différentes. Les groupes français se distinguent par la présence sur le territoire de sociétés gérant les activités auxiliaires du groupe. Ce n’est le cas que pour moins d’un quart des firmes multinationales sous contrôle étranger.

123 000 groupes implantés en France en 2015

Pour des raisons d’efficacité productive, financière ou fiscale, des sociétés s’organisent sous forme de groupes. Elles se lient par des participations à leur capital et l’une d’entre elles exerce sur les autres un pouvoir de décision. Cette dernière peut être une société ou dans certains cas, moins fréquents, une collectivité publique (commune, département, communauté d’agglomération…) (encadré 1). Au 31 décembre 2015, on recense, sur le territoire national, 123 000 groupes qui emploient 10,5 millions de salariés en équivalent temps plein (ETP), soit la moitié de l’ensemble des salariés des secteurs privé et public (figure 1). Ces groupes rassemblent 442 000 sociétés implantées en France.

Figure 1 : Nombre de groupes, composition et effectifs, selon la taille du groupe en France en 2015

Figure 1 : Nombre de groupes, composition et effectifs, selon la taille du groupe en France en 2015
Tranche d’effectif salarié ETP en France Nombre de groupes Groupes d’une ou deux sociétés* Nombre de sociétés* en France Effectifs salariés ETP en France
Nombre Part (en %) Part (en %) Nombre Part (en %) Moyenne Médiane Effectifs (en milliers) Part (en %) Moyenne Médiane
Moins de 10 salariés 61 165 49,6 75,9 151 601 34,3 3 2 201 1,9 3 3
0 ETP 15 918 12,9 75,0 39 879 9,0 3 2 0 0,0 0 0
1 à 9 ETP 45 247 36,7 76,2 111 722 25,3 3 2 201 1,9 4 4
10 à moins de 250 salariés 57 708 46,8 49,2 204 692 46,3 4 3 2 482 23,5 43 26
250 à moins de 5 000 salariés 4 159 3,4 18,3 53 345 12,1 13 7 3 584 34,0 862 497
5 000 salariés ou plus 220 0,2 5,0 32 794 7,4 149 41 4 288 40,6 19492 9 363
Ensemble 123 252 100,0 61,3 442 432 100,0 4 2 10 554 100,0 86 10
  • * On comptabilise, dans ces totaux, quelques cas de collectivités publiques.
  • Lecture : fin 2015, 61 165 groupes de moins de 10 salariés sont implantés en France. Ces derniers regroupent 151 601 sociétés et emploient 201 000 salariés en équivalent temps plein sur le territoire français. 75,9 % sont constitués d’une ou deux sociétés en France. La moitié emploie moins de 3 salariés en équivalent temps plein.
  • Champ : groupes dont une société au moins est active en France en 2015.
  • Source : Insee, Lifi 2015.

Prépondérance des petites structures et des groupes français

Le regroupement de sociétés n’est pas l’apanage des grandes structures. En moyenne, les groupes présents sur le territoire comptent quatre sociétés sur le sol français. Et parmi les 123 000 groupes, six sur dix sont constitués seulement d’une société (qui appartient dans ce cas à une firme multinationale) ou de deux sociétés implantées en France. Les groupes emploient en moyenne 86 salariés en France, mais la moitié d’entre eux en a moins de 10. Les 220 plus grands groupes (de 5 000 salariés ou plus en France) rassemblent au total 33 000 sociétés en France. Parmi ces grands groupes, la moitié contrôle plus de 41 sociétés.

Neuf groupes sur dix présents en France sont sous contrôle français (figure 2). La quasi-totalité d’entre eux (95 %) sont des groupes franco-français. Les autres (5 %) sont des firmes multinationales sous contrôle français. Ces dernières se distinguent par un nombre élevé de sociétés sur le sol français : elles comptent 13 sociétés en moyenne en France, contre 3 pour les groupes franco-français et 2 pour les firmes multinationales sous contrôle étranger. Au total, les 6 100 firmes multinationales sous contrôle français regroupent près de 77 000 sociétés. Le plus faible nombre de sociétés en France pour les firmes multinationales sous contrôle étranger s’explique par le fait que seule une partie du groupe est localisée en France. Parmi les firmes sous contrôle étranger, plus des trois quarts sont européennes : ce sont surtout des firmes allemandes, belges ou luxembourgeoises.

Figure 2 : Nombre de groupes, composition et effectifs, selon l'origine du groupe en 2015

Figure 2 : Nombre de groupes, composition et effectifs, selon l'origine du groupe en 2015
Origine des groupes Nombre de groupes Groupes d’une ou deux sociétés* Nombre de sociétés* Effectifs salariés ETP en France
Nombre Part (en %) Part (en %) Nombre Part (en %) Médiane Effectifs (en milliers) Part (en %) Médiane
Groupes franco-français 102 955 83,5 59,7 331 578 74,9 2 3 865 36,6 9
Firmes multinationales françaises 6 099 4,9 39,9 76 889 17,4 3 4 976 47,1 56
Firmes multinationales étrangères 14 198 11,5 82,3 33 965 7,7 1 1 713 16,2 10
européennes (hors France)** 11 990 9,7 82,1 28 327 6,4 1 1 277 12,1 9
non européennes** 2 208 1,8 83,3 5 638 1,3 1 436 4,1 12
Ensemble 123 252 100,0 61,3 442 432 100,0 2 10 554 100,0 10
  • * On comptabilise, dans ces totaux, quelques cas de collectivités publiques.
  • ** Pays de l’Union européenne et de l’Association européenne de libre échange (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse).
  • Lecture : fin 2015, 102 955 groupes implantés en France sont franco-français. Ces derniers regroupent 331 578 sociétés et emploient 3 865 000 salariés en équivalent temps plein sur le territoire français. 59,7 % de ces groupes sont constitués d’une ou deux sociétés en France. La moitié emploie moins de 9 salariés en équivalent temps plein.
  • Champ : groupes dont une société au moins est active en France en 2015.
  • Source : Insee, Lifi 2015.

Des effectifs en France concentrés dans les firmes multinationales françaises

Les groupes de moins de 250 salariés en France sont de très loin les plus nombreux (97 %), mais ils ne représentent qu’un quart des effectifs salariés en France des groupes (figure 1). Parmi eux, 16 000 n’ont pas d’effectif salarié sur le territoire, mais comptent seulement des non-salariés. Il s’agit, pour 80 % d’entre eux, de structures franco-françaises constituées de deux ou trois sociétés, dont la grande majorité compte au moins en son sein une société civile immobilière, une holding financière ou une société de location de biens immobiliers. À l’inverse, les 220 plus grands groupes concentrent à eux seuls 41 % des effectifs des groupes.

Les firmes multinationales françaises emploient cinq millions de salariés en France, soit presque la moitié des effectifs en France des groupes. Viennent ensuite les groupes franco-français (37 %), puis les firmes multinationales sous contrôle étranger (16 %). Les deux principaux pays contrôlant des firmes qui emploient des salariés dans des filiales sur le sol français sont les États-Unis avec 308 000 salariés et l’Allemagne avec 295 000 salariés.

Plus d’un quart des salariés dans des groupes à dominante industrielle

Les groupes dont l’activité principale sur le sol français relève de l’industrie ou du commerce emploient 4,6 millions de salariés en France, soit 44 % des effectifs des groupes (figure 3) : 26 % dans des groupes à dominante industrielle et 18 % dans des groupes à dominante commerciale. Les groupes dont l’activité dominante est principalement non marchande ou appartient aux activités spécialisées et de soutien ont également un poids dans l’emploi relativement élevé (respectivement 12 % et 10 %).

Plus de 80 % des effectifs employés par des groupes à dominante industrielle sur le sol français dépendent de firmes multinationales (figure 4). De même, dans les secteurs de la finance et de l’assurance, des transports et de l’entreposage, et de l’information et de la communication, les salariés des groupes sont pour l’essentiel rattachés à des firmes multinationales. À l’inverse, les salariés des groupes des secteurs principalement non marchands sont pour 84 % d’entre eux dans des groupes franco-français. Ceci s’explique par la proportion importante dans ces secteurs de salariés de groupes français contrôlés par des collectivités publiques (64 %). Les groupes franco-français sont également largement majoritaires dans les activités immobilières.

Figure 3 : Nombre de groupes et effectifs selon l’activité principale du groupe en 2015

en %
Figure 3 : Nombre de groupes et effectifs selon l’activité principale du groupe en 2015
Secteur Nombre de groupes Effectifs salariés ETP
Agriculture, sylviculture, pêche 1,4 0,5
Activités immobilières 6,1 0,9
Arts, spectacles, activités récréatives et autres services 2,4 1,4
Hébergement et restauration 7 3,9
Information et communication 4,2 5,2
Construction 11,4 6,1
Activités financières et d’assurance 7,1 6,5
Transports et entreposage 2,8 9,2
Activités spécialisées, de service administratif et de soutien 13,3 10,5
Secteur principalement non marchand 3,1 12,4
Commerce 25,7 17,9
Industrie 15,5 25,7
  • Lecture : en France, fin 2015, 15,5 % des groupes ont pour activité principale l’industrie. Ces groupes emploient 25,7 % du total des salariés en équivalent temps plein employés dans les groupes en France.
  • Champ : groupes dont une société au moins est active en France en 2015.
  • Source : Insee, Lifi 2015.

Figure 3 : Nombre de groupes et effectifs selon l’activité principale du groupe en 2015

Figure 4 : Répartition des effectifs des groupes selon l’origine et l’activité principale du groupe en France en 2015

en %
Figure 4 : Répartition des effectifs des groupes selon l’origine et l’activité principale du groupe en France en 2015
Secteur Groupe franco-français Firme multinationale française Firme multinationale européenne (hors France)* Firme multinationale non européenne
Ensemble des groupes 36,6 47,2 12,1 4,1
Secteur principalement non marchand 84,3 14,4 1,2 0,1
Activités immobilières 68,0 27,5 4,2 0,3
Agriculture 53,9 40,6 4,7 0,8
Arts, spectacles, activités récréatives et autres services 51,7 27,5 6,4 14,4
Hébergement et restauration 47,6 36,2 10,0 6,2
Construction 46,8 47,5 3,3 2,4
Commerce 39,8 36,8 19,0 4,4
Activités spécialisées, de service administratif et de soutien 38,5 43,3 13,6 4,6
Information et communication 21,7 61,0 10,4 6,9
Industrie 19,2 55,9 18,5 6,4
Transports et entreposage 18,2 72,8 6,5 2,5
Activités financières et d’assurance 15,9 75,6 7,9 0,6
  • * Pays de l’Union européenne et de l’Association européenne de libre échange (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse).
  • Lecture : en France, fin 2015, les salariés des groupes franco-français représentent 15,9 % des salariés en équivalent temps plein (ETP) employés dans des groupes d’activités financières ou d’assurance en France. Toutes activités confondues, ce sont 36,6 % des salariés ETP des groupes qui travaillent dans des groupes franco-français.
  • Champ : groupes dont une société au moins est active en France en 2015.
  • Source : Insee, Lifi 2015.

Figure 4 : Répartition des effectifs des groupes selon l’origine et l’activité principale du groupe en France en 2015

Des sociétés dédiées aux activités auxiliaires pour deux tiers des groupes franco-français

Les sociétés qui appartiennent à un même groupe peuvent avoir comme activité principale des activités de natures différentes : productive marchande (non agricole et non commerciale, par exemple industrielle), agricole, commerciale, principalement non marchande (administration publique, enseignement ou santé-action sociale) ou auxiliaire (société holding, siège social ou société civile immobilière…).

Sur l’ensemble des groupes, 76 % ont en leur sein au moins une société sur le territoire qui exerce une activité principale productive marchande, non agricole et non commerciale, 28 % une société à dominante commerciale et 2 % une société à dominante agricole. Par ailleurs, 4 % des groupes ont au moins une entité d’activité non marchande et 62 % une société exerçant une activité auxiliaire.

La présence d’une activité auxiliaire sur le sol français concerne 67 % des groupes franco-français, 59 % des firmes multinationales françaises et 22 % des firmes multinationales sous contrôle étranger. Les firmes multinationales françaises ayant des sociétés principalement dédiées aux activités auxiliaires rassemblent 94 % des salariés de ces firmes. Pour celles de plus petite taille, il est possible que les activités auxiliaires ne soient pas concentrées dans une société particulière, mais qu’elles soient gérées comme activité secondaire d’une ou plusieurs sociétés productives du groupe. Pour les firmes multinationales étrangères, les activités auxiliaires peuvent être localisées dans le pays d’origine du groupe. Il est aussi possible que les sociétés holding de certaines firmes, qu’elles soient françaises ou étrangères, soient localisées dans une zone géographique fiscalement avantageuse.

Des firmes multinationales françaises plus diversifiées que les autres groupes

Plus de neuf groupes sur dix présents en France sont constitués de sociétés relevant d’un ou deux types d’activité seulement (figure 5). Les groupes qui ne sont présents que dans un seul type d’activité (35 % des groupes pour 11 % des effectifs) sont principalement dans des activités productives marchandes (hors agriculture et commerce). Les groupes présents dans deux types d’activité sont les plus nombreux (58 % des groupes), même s’ils ne comptent que 34 % des effectifs. Le couple d’activités le plus fréquent rassemble des activités auxiliaires et des activités productives marchandes (hors agriculture et commerce) : 38 % des groupes et 20 % des effectifs. Enfin, les groupes qui ont au moins trois types d’activité ne sont que 7 %, mais ils comptent 55 % des effectifs. Le triplet « activités auxiliaire, commerciale et productive marchande » est le plus présent, pour 72 % des groupes de trois activités, mais pour seulement 36 % des effectifs de ces groupes. Cette différence de représentativité s’explique par la faible présence en nombre des groupes du secteur non marchand (16 %), mais par la part importante de leurs effectifs (55 %).

Les groupes franco-français sont constitués majoritairement de deux types d’activité : une activité auxiliaire couplée avec des activités productives marchandes ou, dans une moindre mesure, couplée avec des activités commerciales. Le cas le plus fréquent est celui de groupes constitués d’une société holding et de sociétés productives marchandes. Comme les firmes multinationales sous contrôle étranger sont, en général, composées de peu d’unités sur le sol français, elles sont constituées, pour plus des trois quarts, de sociétés d’un seul type d’activité, soit des unités productives marchandes, soit des unités commerciales. Les firmes multinationales sous contrôle français ont des profils plus variés : une sur six regroupe des sociétés relevant de trois types d’activité ou plus.

Figure 5 : Répartition des groupes – nombre et effectifs – selon leur structure par type d’activité en 2015

Figure 5 : Répartition des groupes – nombre et effectifs – selon leur structure par type d’activité en 2015
Groupes Effectifs salariés ETP
Nombre Part (en %) Effectifs (en milliers) Part (en %)
Un type d’activité 43 244 35,1 1 157 11,0
Unité productive marchande 29 115 23,6 939 8,9
Unité commerciale 7 735 6,3 163 1,5
Unité auxiliaire 5 527 4,5 10 0,1
Autres cas 867 0,7 45 0,4
Deux types d’activité 70 903 57,5 3 570 33,8
Unité auxiliaire et unité productive marchande 46 868 38,0 2 123 20,1
Unité auxiliaire et unité commerciale 12 268 10,0 316 3,0
Unité productive marchande et unité commerciale 7 014 5,7 349 3,3
Autres cas 4 753 3,9 782 7,4
Trois types d’activité 9 105 7,4 5 827 55,2
Unité auxiliaire, unité productive marchande et unité commerciale 6 532 5,3 2 126 20,1
Autres cas avec activités non marchandes 1 440 1,2 3 180 30,1
Autres cas sans activité non marchande 1 133 0,9 521 4,9
Ensemble 123 252 100,0 10 554 100,0
  • Note : les sociétés appartenant aux groupes sont classées en fonction de leur code d’activité principale selon cinq types d’activités : activité de nature productive marchande (non agricole et non commerciale), activité agricole, activité commerciale, activité principalement non marchande ou activité auxiliaire.
  • Lecture : en 2015, 43 244 groupes implantés en France ne sont constitués que de sociétés d’un seul type d'activité. Ils représentent 35,1 % des groupes présents sur le territoire. Pour l’emploi, ces groupes représentent 11,0 % des salariés ETP travaillant en France dans les groupes.
  • Champ : groupes dont une société au moins est active en France en 2015.
  • Source : Insee, Lifi 2015.

Encadrés

Les groupes : définition, champ et conventions

Un groupe est une entité économique formée par un ensemble de sociétés qui sont soit des sociétés contrôlées par une même société (ou collectivité publique), soit cette entité contrôlante (entité qui contrôle les autres sans être elle-même contrôlée). Contrôler une société, c’est avoir le pouvoir de nommer la majorité des dirigeants. La définition statistique française actuellement en vigueur retient comme critère de contrôle la majorité absolue des droits de vote, le plus souvent approchée par le taux de détention capitalistique d’un actionnaire sur sa filiale. L’unité contrôlante est dans la majorité des cas une société, mais elle peut également être une collectivité publique (établissement public, région, département, commune, université…). Dans ce cas, la collectivité sera comptabilisée comme faisant partie intégrante du groupe. Sont retenues dans le périmètre d’un groupe toutes les sociétés détenues directement ou indirectement à plus de 50 % par l’entité contrôlante ou consolidées dans les comptes du groupe.

L’objet de cette étude est de considérer les groupes dans leur ensemble. Les données mobilisées sont issues du système d’information sur les liaisons financières (sources). Sont retenus tous les groupes ayant au moins une société active sur le territoire que celle-ci soit de nationalité française ou étrangère. Le champ de l’étude comporte ainsi 123 252 groupes regroupant 442 432 sociétés ou collectivités publiques et employant 10,5 millions de salariés en équivalent temps plein. Une restriction du champ au secteur des unités marchandes non agricoles et non financières conduirait à réduire le nombre de groupes étudiés à 120 754 groupes employant 8,8 millions de salariés (encadré 2).

Dans cette étude, les groupes sont caractérisés en fonction de leur activité. Celle-ci correspond à l’activité principale des sociétés appartenant au secteur d’activité le plus représenté en effectif salarié au sein du groupe. Elle est considérée comme son activité principale, ce qui ne signifie pas qu’elle est exclusive, mais elle permet de définir le secteur d’activité auquel sera affecté le groupe.

Le groupe est analysé sur sa trace française. Ainsi, les effectifs salariés et la taille associée, tout comme l’activité, correspondent à l’analyse de la partie du groupe située sur le territoire français uniquement. Pour les firmes multinationales, françaises ou étrangères, cela ne dit rien sur les effectifs, la taille ou l’activité principale de la firme au niveau mondial. Par exemple, une firme étrangère de construction automobile peut avoir en France une activité principale de commerce et de réparation automobiles.

Fort poids des groupes dans le système productif français

Sur le champ des unités marchandes non agricoles et non financières, la quasi-totalité (92 %) sont des unités indépendantes (sociétés ou entreprises individuelles), c’est-à-dire qu’elles n’appartiennent pas à un groupe. Pourtant, les unités faisant partie d’une structure de groupe ont un poids prépondérant dans les effectifs salariés de l’économie marchande (70 %) et réalisent 71 % de la valeur ajoutée brute marchande.

Les unités dépendant de firmes multinationales représentent seulement 2 % de l’ensemble des unités marchandes non agricoles et non financières. Toutefois, elles occupent 47 % des salariés de l’économie marchande et génèrent 53 % de la valeur ajoutée brute marchande produite sur le territoire français.

L’industrie, les transports et l’entreposage, l’information et la communication sont les secteurs dans lesquels les groupes sont les plus présents : plus de huit salariés sur dix dans ces secteurs travaillent dans une unité appartenant à un groupe. Ces unités réalisent plus de 85 % de la valeur ajoutée de ces secteurs. À l’inverse, dans les arts et spectacles et les autres activités de services, dans la construction ou l’hébergement et la restauration, plus de la moitié des salariés travaillent dans des unités indépendantes.

Par ailleurs, 6 % des unités marchandes non agricoles et non financières exportent, mais c’est le cas de seulement 5 % des unités indépendantes, contre 21 % des unités qui dépendent d’un groupe. Pour les unités appartenant à des groupes franco-français, 16 % sont exportatrices, contre 27 % pour celles appartenant à des firmes multinationales françaises et 47 % pour celles appartenant à des firmes multinationales étrangères.

Sources

Le système d’information sur les liaisons financières (Lifi) permet de recenser les liens de détention capitalistique, de déterminer le contour des groupes de sociétés en France (ensemble des sociétés qui les composent) et de les identifier. Il constitue ainsi le répertoire français des groupes.

Jusqu’en 2011, Lifi reposait principalement sur une enquête annuelle interrogeant des unités légales sur leurs actionnaires et participations. Depuis 2012, l’enquête a été remplacée par l’utilisation de données administratives et privées. Ces données sont complétées, pour les plus grands groupes, par des données présentes dans leur rapport d’activité annuel disponible sur leur site internet.

L’introduction de nouvelles sources de données s’est accompagnée d’une refonte du système d’information Lifi. Ces changements se sont traduits par une augmentation significative du nombre de groupes passant de 53 000 à 123 000 entre 2011 et 2015. Cette évolution est en partie expliquée par un développement de l’organisation en groupes, mais aussi par un effet qualité du système d’information Lifi. Les ruptures de séries sur cette période empêchent donc une lecture en évolution sur le nombre de groupes notamment.

Définitions

Société : une société est une entité dotée de la personnalité juridique. Elle est créée dans un but marchand, à savoir, produire des biens ou des services pour le marché, qui peut être une source de profit ou d’autres gains financiers pour son ou ses propriétaires ; elle est la propriété collective de ses actionnaires, qui ont le pouvoir de désigner les administrateurs responsables de sa direction générale.

Firme multinationale : groupe ayant au moins une unité légale à l’étranger et une en France.

Firme multinationale française [étrangère] : firme multinationale dont le centre de décision (unité prenant les décisions stratégiques pour le groupe) est une société française [étrangère].

Activité principale : le découpage en activités correspond au niveau 1 (sections) de la Nomenclature d’activités française auquel des retraitements ont été appliqués : regroupement de l’ensemble des activités industrielles (codes B, C, D et E), des activités spécialisées et de services administratifs et de soutien (codes M et N), des arts et autres activités de services (codes R et S) ; regroupement dans le secteur dit « principalement non marchand » des groupes d’activité « administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale » (codes O, P et Q) avec les groupes dont l’unité contrôlante appartient à la fonction publique.

Activités productives marchandes (non agricoles et non commerciales) : regroupe l’ensemble des activités industrielles (codes B, C, D et E correspondant au niveau 1 (sections) de la Nomenclature d’activité française), la construction (F), l’information et la communication (J), les activités financières et d’assurance (K), les activités immobilières (L), les activités spécialisées et de services administratifs et de soutien (M et N), les arts et les autres activités de services (R et S).

Activités auxiliaires : regroupe les activités des sociétés holding, la location de biens immobiliers, les activités des sièges sociaux et les autres activités de mise à disposition de ressources humaines.

Valeur ajoutée brute : valeur ajoutée brute au coût des facteurs. Cette grandeur s’interprète comme la rémunération des facteurs de production (capital, travail).

Pour en savoir plus

Baraton M., Lemasson J., « Dans l’économie marchande, un salarié sur huit travaille dans une firme sous contrôle étranger », Insee Première n° 1611, juillet 2016.

Deroyon J., « Les PME organisées en groupe : un phénomène important dès les unités de petite taille », in « Les entreprises en France », Insee Références, édition 2016.

Dauré N. et Fesseau M., « Les firmes multinationales françaises en 2015 : 5,5 millions de salariés employés hors de France », Insee Focus n° 104, décembre 2017.