Insee Analyses Auvergne-Rhône-AlpesUne croissance démographique modérée dans les territoires de la Drôme

Thierry Geay, Aline Ferrante, Insee

La population des territoires des trois SCoT ayant leur siège dans la Drôme est concentrée le long de la vallée du Rhône. Entre 2009 et 2014, sa croissance est légèrement inférieure à celle du département. Elle provient davantage de l’excédent des naissances sur les décès que de celui des arrivées sur les départs. À l’échelle de chaque territoire, cela se vérifie dans le Grand Rovaltain. En revanche, dans la Vallée de la Drôme Aval et Rhône Provence Baronnies, ce sont les migrations résidentielles qui portent la croissance démographique. Ces migrations sont avant tout des échanges de proximité avec les départements et les métropoles voisins. Il y a plus d’arrivées que de départs à tous les âges, sauf entre 15 et 24 ans. En effet, la poursuite d’études ou le premier emploi nécessitent souvent un départ. Sur la base des tendances récentes, la population atteindrait 630 000 habitants vers 2030 et 678 000 habitants en 2050, et pourrait, à terme, croître uniquement par le moteur migratoire.

Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes
No 65
Paru le : Paru le 04/10/2018
Thierry Geay, Aline Ferrante, Insee
Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes  No 65 - Octobre 2018

En 2014, 574 200 personnes résident dans les territoires des schémas de cohérence territoriale (SCoT) du Grand Rovaltain, de la Vallée de la Drôme Aval et de Rhône Provence Baronnies (le mot du partenaire).

Cet ensemble (figure 1) regroupe une très large partie du département de la Drôme (88 % de sa population), la frange est de l’Ardèche (31 % de sa population) et quelques communes du Vaucluse, autour de Bollène et de l’enclave des Papes (7 % de la population du département). Ces territoires sont particulièrement marqués par l’importance des réseaux de communication et de transport de la vallée du Rhône. Celle-ci présente un poids démographique et économique majeur, créant un fort contraste avec les espaces ruraux situés à l’est.

Figure 1Les territoires des trois SCoT ayant leur siège dans la Drôme

Une population résidente inégalement répartie

Dans l’ensemble du territoire, plus d’un habitant sur deux réside dans le Grand Rovaltain, qui abrite le pôle de services, administratif, hospitalier et universitaire de Valence. Les nombreuses infrastructures routières et ferroviaires le traversant facilitent les liaisons avec les principales communes que sont Romans-sur-Isère, Tain-l’Hermitage et Tournon-sur-Rhône. Au cœur de la vallée du Rhône, il s’intègre dans de multiples échanges régionaux, nationaux voire internationaux. Au sud, la Vallée de la Drôme Aval compte moins d’un habitant sur dix sur un territoire plus réduit. Crest, Loriol-sur-Drôme et Livron-sur-Drôme en sont les villes majeures. Plus au sud encore, Rhône Provence Baronnies regroupe près de quatre habitants sur dix de la zone. La vallée du Rhône montre toute son attractivité le long de l’axe Montélimar-Bollène. Les secteurs d’activité de la logistique et de l’énergie bénéficient de ses infrastructures et l’agriculture reste présente.

Une dynamique démographique en deçà de la moyenne régionale

Entre 2009 et 2014, la population de la zone a progressé de 0,57 % en moyenne chaque année (figure 2), soit 3 200 personnes supplémentaires par an. C’est un rythme un peu moins rapide que ceux du département ou de la région (respectivement + 0,66 % et + 0,79 % par an). La principale explication réside dans la structure par âge de la population du territoire. Elle est un peu plus âgée que celle d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Figure 2Une croissance démographique équilibréeÉvolutions de la population, du solde naturel et du solde migratoire apparent

Une croissance démographique équilibrée
Population 2009 Population 2014 Taux de croissance annuel moyen (en %) Variation due au solde naturel (en %) Variation due au solde migratoire apparent (en %)
Zone d’étude 558 000 574 200 + 0,57 + 0,34 + 0,23
Grand Rovaltain 299 300 306 800 + 0,50 + 0,42 + 0,08
Vallée de la Drôme Aval 43 100 44 900 + 0,81 + 0,27 + 0,54
Rhône Provence Baronnies 215 600 222 500 + 0,63 + 0,26 + 0,37
Drôme 483 000 499 200 + 0,66 + 0,34 + 0,32
Auvergne-Rhône-Alpes 7 518 000 7 821 000 + 0,79 + 0,43 + 0,36
France métropolitaine 62 465 700 64 028 000 + 0,50 + 0,39 + 0,10
  • Source : Insee, Recensements de la population 2009 et 2014, exploitation principale

Ainsi, 26,5 % des habitants sont âgés de 60 ans et plus, contre 24,5 % en région et en France métropolitaine. La croissance démographique est en revanche supérieure à celle du niveau national (+ 0,50 %).

La variation annuelle moyenne due à l’excédent des naissances sur les décès (solde naturel) est de + 0,34 %, soit un gain annuel de 1 900 personnes. Elle est ainsi supérieure à celle due à la différence entre les arrivées et les départs (solde migratoire apparent) qui est de + 0,23 %. Le Grand Rovaltain se distingue par une population qui croît plus faiblement que la moyenne et seulement grâce au solde naturel. Celui-ci est élevé du fait de la jeunesse de sa population.

En Rhône Provence Baronnies et dans la Vallée de la Drôme Aval, la croissance plus élevée de la population provient principalement du solde migratoire, qui s’élève respectivement à + 0,37 % et + 0,54 % en moyenne annuelle (représentant un gain annuel de 800 et 230 personnes).

Des échanges migratoires équilibrés

Entre 2013 et 2014, près de 33 000 migrations résidentielles ont eu lieu entre le territoire dans son ensemble et l’extérieur (arrivées et départs). Celles-ci sont plus nombreuses que dans certains départements comparables. Elles restent toutefois relativement équilibrées. Ainsi, 17 300 personnes sont arrivées quand 15 500 sont parties. Ceci témoigne de l’attractivité résidentielle de la zone.

Les arrivées représentent 3 % de la population moyenne et les départs 2,7 %. Le flot d’échanges est légèrement plus intense en Rhône Provence Baronnies (3,3 % d’entrants et 3 % de sortants), reflétant le caractère plus dynamique de ce territoire.

Essentiellement des migrations résidentielles de proximité

Près de la moitié des arrivées et départs sont des échanges de proximité avec des communes de la région, plus particulièrement avec celles du Rhône, de l’Ardèche hors périmètre d’étude et de l’Isère (figure 3). Mais pour cette dernière, les mouvements se soldent par un déficit de près de 300 personnes. Les échanges sont à l’équilibre avec le Rhône (1 800 personnes dans les deux sens) et excédentaires avec l’Ardèche (+ 200 personnes). Ils pourraient à l’avenir être alimentés par les actuels « navetteurs » domicile-travail (encadré). Les migrations résidentielles hors région sont importantes au sud du territoire. Avec Paca, l’excédent est de 300 personnes (2 800 arrivées pour 2 500 départs). Le Vaucluse est le quatrième département d’échanges en volume pour l’ensemble de la zone et le principal pour Rhône Provence Baronnies. À l’inverse, les échanges sont légèrement déficitaires avec l’Occitanie (2 000 arrivées pour 2 100 départs).

L’attractivité des grandes métropoles est un facteur déterminant des migrations résidentielles. Les échanges sont nombreux avec celles de Lyon et de Grenoble, mais également avec celles d’Aix-Marseille, Montpellier et même celle du Grand Paris. Ces cinq métropoles représentent à elles seules 23 % des arrivées et 27 % des départs, pour un volume de 4 000 migrations dans un sens comme dans l’autre. Les départs vers Grenoble sont plus nombreux que les arrivées (solde de – 300 mouvements en défaveur principalement du Grand Rovaltain). Avec Lyon, le déficit est trois fois moins important, sur des volumes bien supérieurs (1 600 départs et 1 500 arrivées). Enfin, les migrations sont excédentaires avec Aix-Marseille et équilibrées avec Montpellier et le Grand Paris.

Figure 3 Des migrations de proximité plutôt équilibrées Principales migrations résidentielles de proximité

Des migrations de proximité plutôt équilibrées
Libellé Départ Arrivée Nombre
Grand Rovaltain Grand Rovaltain Isère 1 365
Grand Rovaltain Rhône Grand Rovaltain 1 076
Grand Rovaltain Isère Grand Rovaltain 1 055
Grand Rovaltain Grand Rovaltain Rhône 1 009
Rhône Provence Baronnies Vaucluse hors zone d’étude Rhône Provence Baronnies 1 006
Grand Rovaltain Ardèche hors zone d’étude Grand Rovaltain 962
Rhône Provence Baronnies Rhône Provence Baronnies Vaucluse hors zone d’étude 939
Vallée de la Drôme Aval Vallée de la Drôme Aval Grand Rovaltain 840
Grand Rovaltain Grand Rovaltain Ardèche hors zone d’étude 809
Rhône Provence Baronnies Ardèche hors zone d’étude Rhône Provence Baronnies 736
Rhône Provence Baronnies Rhône Provence Baronnies Grand Rovaltain 710
Grand Rovaltain Grand Rovaltain Vallée de la Drôme Aval 690
Rhône Provence Baronnies Rhône Provence Baronnies Ardèche hors zone d’étude 664
Grand Rovaltain Drôme hors zone d’étude Grand Rovaltain 626
Rhône Provence Baronnies Rhône Rhône Provence Baronnies 620
Rhône Provence Baronnies Rhône Provence Baronnies Rhône 572
Rhône Provence Baronnies Rhône Provence Baronnies Gard 559
Grand Rovaltain Grand Rovaltain Drôme hors zone d’étude 550
Rhône Provence Baronnies Gard Rhône Provence Baronnies 541
Grand Rovaltain Grand Rovaltain Rhône Provence Baronnies 520
Vallée de la Drôme Aval Vallée de la Drôme Aval Rhône Provence Baronnies 420
  • Note : seuls les flux supérieurs à 400 habitants et à destination ou en provenance des zones voisines sont représentés.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 3 Des migrations de proximité plutôt équilibrées Principales migrations résidentielles de proximité

  • Note : seuls les flux supérieurs à 400 habitants et à destination ou en provenance des zones voisines sont représentés.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Pour autant, 47 000 migrations résidentielles ont lieu au sein même du territoire. Parmi celles-ci, 93 % sont des mouvements sans changement de territoire de SCoT. Les autres, soit 3 300 mouvements, se font d’un territoire de SCoT à un autre, tout en restant au sein de la zone. Malgré sa population réduite, la Vallée de la Drôme Aval est la plus concernée, avec 38 % des échanges de ce type. La plupart, soit 840 mouvements, vont de ce territoire vers celui du Grand Rovaltain.

À la poursuite des études ou d’un premier emploi

Les jeunes de 15 à 24 ans sont plus nombreux à quitter le territoire qu’à s’y installer (figure 4). Il s’agit principalement d’étudiants en poursuite d’études, voire en recherche d’un premier emploi. Entre 2013 et 2014, 5 000 départs concernent ainsi des jeunes de 15 à 24 ans, pour 3 600 arrivées seulement, avec un pic important à l’âge de 18 ans (solde de – 720 personnes). Vers la métropole grenobloise, les 15 à 24 ans représentent trois départs sur quatre, et plus d’un sur deux vers Lyon. En Rhône Provence Baronnies, les destinations des jeunes sont plus diversifiées, avec plus d’un quart des échanges réalisés avec la région Paca (pôle universitaire d’Aix-Marseille), mais aussi avec l’Occitanie (pôle universitaire de Montpellier). Le département de la Drôme, lié administrativement à l’académie de Grenoble, dispose d’une offre d’études supérieures limitée. Son université est d’ailleurs une antenne de celle de Grenoble. Il propose peu de classes préparatoires et essentiellement des premiers cycles universitaires à Valence.

Figure 4À 18 ans, partir étudier ailleursMigrations résidentielles de la zone entre 2013 et 2014, selon l’âge

À 18 ans, partir étudier ailleurs
Âge révolu Arrivées Départs Solde
1 252 166 86
2 293 213 80
3 317 204 114
4 210 164 46
5 243 166 78
6 222 178 44
7 236 159 77
8 178 114 63
9 188 134 54
10 180 113 67
11 216 152 63
12 176 110 66
13 152 122 30
14 131 130 1
15 133 104 29
16 139 109 29
17 131 172 -41
18 361 1 083 -722
19 386 625 -239
20 399 607 -207
21 516 591 -75
22 480 616 -136
23 570 562 8
24 567 474 92
25 585 493 92
26 507 467 40
27 494 397 97
28 420 382 38
29 399 303 96
30 414 313 101
31 367 268 100
32 366 251 115
33 334 242 92
34 276 236 41
35 301 176 125
36 272 167 105
37 215 165 50
38 239 191 48
39 213 139 74
40 205 143 62
41 206 166 40
42 237 173 64
43 179 162 17
44 161 120 41
45 147 112 34
46 169 136 33
47 155 123 32
48 167 121 46
49 143 172 -29
50 165 122 43
51 127 111 15
52 139 109 30
53 127 112 14
54 137 132 5
55 115 69 47
56 126 81 45
57 142 89 52
58 111 79 33
59 143 102 41
60 136 90 47
61 185 116 69
62 140 100 40
63 126 97 29
64 136 103 33
65 145 89 56
66 126 67 59
67 75 60 15
68 85 70 15
69 73 43 30
70 85 55 30
71 66 65 2
72 57 25 33
73 42 44 -2
74 41 30 10
75 50 40 10
  • Champ : personnes de 75 ans ou moins.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Figure 4À 18 ans, partir étudier ailleursMigrations résidentielles de la zone entre 2013 et 2014, selon l’âge

  • Champ : personnes de 75 ans ou moins.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, exploitation complémentaire

Exceptée celle des 15 à 24 ans, toutes les classes d’âge affichent un solde migratoire positif. Ceci contribue à ce que la part des jeunes de 15 à 24 ans dans l’ensemble de la population (10,6 %) soit inférieure à celles de la région et de la France métropolitaine. Les soldes sont plus importants chez les jeunes adultes (25 à 34 ans) et chez les enfants (0 à  14 ans). Une partie de ces installations de jeunes familles semblent correspondre à un retour dans le territoire. En effet, au sein des 25 à 34 ans, une personne sur cinq s’installant dans la zone y était née.

Hormis les jeunes sans activité professionnelle (élèves, étudiants…), les migrations résidentielles les plus importantes en volume concernent les professions intermédiaires et les employés. Les flux des premières sont largement excédentaires à tous les âges, même si leur nombre baisse avec l’avancée en âge. Les jeunes employés entre 20 et 29 ans se montrent très mobiles, avec 1 200 arrivées mais autant de départs. Par ailleurs, les mouvements de cadres (arrivants comme partants), qui s’élèvent à 9 % des migrations, ne modifient pas leur part dans la population (6,8 % des 15 ans et plus). La structure économique de la zone, fortement tournée vers la logistique, l’agriculture et l’agro-alimentaire, favorise plutôt l’emploi de professions intermédiaires ou d’employés et limite les besoins de cadres. Par ailleurs, ces trois territoires attirent de nombreux retraités ou préretraités, avec 2 200 personnes de 55 ans ou plus qui s’y installent quand 1 600 le quittent. Cela est toutefois plus marqué en Rhône Provence Baronnies où ces migrations représentent 16 % des entrants (contre 13 % en moyenne). Cette zone bénéficie de l’attractivité des Baronnies Provençales, parc naturel régional depuis 2015, s’étalant vers l’est jusqu’aux Hautes-Alpes.

Près de 10 % d’habitants supplémentaires en 2030, 18 % en 2050

La population de l’ensemble de la zone1 devrait atteindre 630 400 habitants à l’horizon 2030 et 678 200 habitants en 2050 (figure 5), si les tendances récentes d’évolution de fécondité, de mortalité et de migrations se poursuivent (source). Avec un taux de croissance global de 10 % à l’horizon 2030 et de 18 % à l’horizon 2050, son dynamisme démographique serait supérieur à celui de la France métropolitaine. Le solde naturel déclinerait régulièrement, jusqu’à devenir nul vers 2050. En effet, bien que les naissances resteraient stables sur la période, alimentées par l’attractivité résidentielle auprès de populations jeunes maintenant la natalité, le nombre de décès augmenterait en lien avec le vieillissement général de la population qui affecterait également la zone. Le nombre de personnes de 60 ans et plus progresserait entre 2014 et 2050 d’environ 90 000 personnes (dont 39 000 en Rhône Provence Baronnies et 43 000 dans le Grand Rovaltain), engendrant une augmentation importante de leur part. En particulier, en Rhône Provence Baronnies, elle passerait de 27 % en 2014 à 35 % en 2030 puis 38 % en 2050. Dans le Grand Rovaltain, elle serait un peu en retrait avec 26 % en 2014, 31 % en 2030 puis 33 % en 2050, des niveaux similaires à ceux de France métropolitaine. Le solde migratoire atteindrait quant à lui + 0,34 % en moyenne annuelle entre 2014 et 2030, mais ralentirait ensuite. En effet, à partir de 2030, les générations nées après 1975 et susceptibles de migrer vers la zone sont moins nombreuses que celles qui les ont précédées, ce qui réduit proportionnellement le nombre potentiel de migrations.

1 La faible population du territoire de la Vallée de la Drôme Aval (moins de 50 000 habitants) ne permet pas une analyse fiable des projections de population sur son seul périmètre. Il participe en revanche à la projection d’ensemble.

Figure 5100 000 habitants supplémentaires en 2050Projections de population 2030 et 2050 et taux de croissance

100 000 habitants supplémentaires en 2050
Population Taux de croissance annuel moyen (en %)
entre 2014 et 2030 entre 2030 et 2050
2014 2030 2050 Total dû au solde naturel dû au solde migratoire Total dû au solde naturel dû au solde migratoire
Zone d’étude 574 200 630 400 678 200 + 0,58 + 0,24 + 0,34 + 0,37 + 0,08 + 0,29
Grand Rovaltain 306 800 339 700 368 400 + 0,64 + 0,32 + 0,32 + 0,41 + 0,18 + 0,23
Rhône Provence Baronnies 222 500 243 200 259 600 + 0,56 + 0,14 + 0,42 + 0,33 – 0,05 + 0,38
Drôme 498 700 551 500 597 300 + 0,63 + 0,25 + 0,39 + 0,40 + 0,09 + 0,31
Auvergne-Rhône-Alpes 7 821 000 8 666 000 9 474 000 + 0,64 + 0,36 + 0,28 + 0,45 + 0,25 + 0,20
France métropolitaine 64 028 000 68 065 000 71 628 000 + 0,38 + 0,29 + 0,09 + 0,26 + 0,16 + 0,10
  • Sources : Insee, Recensement de la population 2014, Omphale 2017 selon le scénario central

Un vieillissement de la population plus prononcé en Rhône Provence Baronnies

Le Grand Rovaltain serait le plus dynamique avec une trajectoire semblable à celle de la région. En particulier, le solde naturel, bien qu’à la baisse, demeurerait positif tout au long de la période.

Rhône Provence Baronnies serait en léger retrait en seconde période (2030-2050). Son solde naturel afficherait une baisse plus rapide. Ainsi, il deviendrait négatif autour de 2040, pour s’établir à – 0,13 % en 2050, conséquence d’un nombre de décès croissant et non d’une baisse de la natalité. Mécaniquement, l’âge moyen de la population augmenterait un peu plus rapidement. Ainsi, de l’ordre de 42 ans en 2014, il devrait atteindre 47 ans en 2050, contre respectivement 41 ans puis 44,5 ans dans le Grand Rovaltain. Rhône Provence Baronnies présenterait, en revanche, le solde migratoire le plus stable et le plus élevé de la zone. En effet, étant attractif pour les seniors, il bénéficierait du vieillissement général de la population. Au jeu des migrations, seuls les 15 à 24 ans resteraient plus nombreux à partir qu’à arriver, dans chacun de ces deux territoires. Le déficit toucherait principalement les 15-19 ans en Rhône Provence Baronnies et les 20-24 ans dans le Grand Rovaltain, si les tendances migratoires observées se prolongent. En 2050, il y aurait 2 000 jeunes de plus qui partiraient annuellement (contre 1 500 en 2014) au regard du nombre d’arrivants. Ces départs seraient compensés par un solde excédentaire des 30-44 ans et des 0-14 ans.

Navettes domicile-travail : 70 % restent internes à la zone d’étude

L’observation des migrations résidentielles peut être complétée par celle des navettes domicile-travail. Dans la zone, près de 170 000 actifs occupés sont concernés par des déplacements domicile-travail nécessitant un changement de commune. Sept fois sur dix, les navettes restent internes à la zone d’étude. Dans cet ensemble, 12 000 personnes changent de territoire de SCoT. Une sur quatre concerne un résident de la Communauté de communes du Val de Drôme qui travaille dans la Communauté d’agglomération de Valence-Romans.

Les navettes domicile-travail impliquant des territoires hors zone d’étude montrent un équilibre quasi parfait : 24 000 personnes entrent dans le territoire pour travailler quand en parallèle 23 000 résidents travaillent à l’extérieur. Ces déplacements reflètent les fortes relations entre Drôme et Ardèche.

Plus de la moitié des « entrants » se dirigent vers le Grand Rovaltain et 44 % vers Rhône Provence Baronnies. Dans 17 % des cas, ces navetteurs sont originaires de la Communauté d’agglomération de Privas Centre Ardèche et traversent le fleuve pour travailler.

Plus d’un « sortant » sur cinq se dirige vers l’Ardèche, dans une commune n’appartenant pas à la zone d’étude. Une proportion similaire de navetteurs vont vers de grandes métropoles, qu’elles soient régionales ou non (Lyon, Grenoble, Aix-Marseille, Montpellier ou Paris), bénéficiant de la gare TGV, installée à Valence depuis 2001.

Le mot du partenaire : les enjeux de connaissance démographique

Les décisions d’aménagement, qui engagent le moyen et le long terme, se nourrissent de la connaissance des faits démographiques.

Le département de la Drôme est divers dans sa géographie, son économie, mais aussi sa démographie. Les interdépendances avec les territoires limitrophes sont importantes.

Cette étude décrit les mouvements démographiques récents de trois grands bassins de vie qui concernent ce département : ceux de Valence Romans (Grand Rovaltain), de la partie aval de la vallée de la Drôme, et de Rhône Provence Baronnies (ce dernier étant sur trois départements). Inclus dans un bassin externe et nécessitant une approche spécifique, le nord Drôme n’est pas pris en compte.

La connaissance fine de la structure de la population actuelle permet d’établir des projections plausibles pour les trente prochaines années. Cette connaissance permet d’anticiper les impacts, aussi bien sur les ressources naturelles, que sur les besoins d’équipements et de services. Elle peut aussi permettre, par exemple, de penser et mettre en perspective le financement d’une partie des rénovations urbaines ou de la reconquête des centres-bourgs par les particuliers, sur les bassins qui connaîtront des accroissements démographiques globaux plus significatifs.

Le Directeur départemental des territoires de la Drôme

Pour comprendre

Le modèle Omphale permet de réaliser des projections localisées, en projetant d’année en année les pyramides des âges de territoires composés d’au moins 50 000 habitants (ce qui n’est pas le cas du territoire de la Vallée de la Drôme Aval, dont les évolutions participent en revanche à la projection d’ensemble). L’évolution de la population par sexe et âge repose sur des hypothèses d’évolution de trois composantes : la fécondité, la mortalité et les migrations (flux internes à la France et solde migratoire avec l’étranger).

Différents scénarios sont ainsi élaborés selon les hypothèses retenues. Le scénario central utilisé ici décline localement les évolutions nationales basées sur l’observation du passé récent.

Ces projections ne sont pas assimilables à des prévisions. En effet, il n’est pas affecté a priori de probabilité aux hypothèses retenues. Le modèle Omphale n’utilise en outre aucune hypothèse de type économique pour ses projections.

Sources

Les migrations résidentielles sont étudiées à partir des recensements de la population 2009 et 2014, complétés par des données de l’état-civil (naissances et décès). Le millésime 2014 permet de compter le nombre de personnes ayant changé de territoire de résidence au cours de l’année 2013 et de connaître leur situation au moment du recensement, après cette migration.

Définitions


Le schéma de cohérence territoriale (SCoT) est l’outil de conception et de mise en oeuvre d’une planification stratégique intercommunale, à l’échelle d’un large bassin de vie ou d’une aire urbaine, dans le cadre d’un projet d’aménagement et de développement durables.


Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.


Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont arrivées sur le territoire et le nombre de celles qui en sont parties au cours de l’année. Lorsqu’il est calculé par différence entre la variation de population et le solde naturel, il est qualifié d’apparent.

Pour en savoir plus

« La vallée du Rhône, axe structurant du département de la Drôme », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes n° 57, avril 2018

« Schémas de cohérence territoriale - Vers un tassement de la croissance démographique d’ici 2030 », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes n° 49, novembre 2017

« Schémas de cohérence territoriale - Une croissance démographique portée par les espaces périurbains », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes n° 38, mars 2017