Inscriptions électorales de 2018 : les trentenaires moins inscrits que les autres

Sébastien Durier, Guillaume Touré, division Enquêtes et études démographiques, Insee

Au 1er mars 2018, 88 % des personnes majeures résidant en France et de nationalité française sont inscrites sur les listes électorales. Les trentenaires sont les moins inscrits, le phénomène étant plus marqué pour les hommes. À tous les âges, les personnes possédant un diplôme sont plus fréquemment inscrites que les autres. Il en est de même pour les personnes qui résident dans l’ouest de la France.

88 % des Français sont inscrits sur les listes électorales en 2018

Au 1er mars 2018, 88 % des personnes majeures résidant en France et de nationalité française sont inscrites sur les listes électorales. Ce taux d’inscription est relativement stable depuis le début des années 2000 et est toujours plus faible les années sans échéances nationales. Ainsi en 2018, il recule de 0,6 point par rapport à 2017, année d’élections présidentielle et législatives (figure 1). De fait, les nouvelles inscriptions en 2018 sont rares : seulement 1,9 % des électeurs potentiels se sont inscrits pour la première fois ou réinscrits cette année, contre 8,1 % en 2017.

Parmi les 12 % de personnes non inscrites sur les listes électorales, 65 % n’ont jamais été inscrites, proportion qui diminue depuis le début des années 2000, où elle s’élevait à 80 %.

Figure 1 – Évolution du taux d’inscription sur les listes électorales de 2004 à 2018

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Figure 1 – Évolution du taux d’inscription sur les listes électorales de 2004 à 2018
Année Taux d’inscription Électeurs stables Nouveaux inscrits Non inscrits Non inscrits et jamais inscrits par le passé Non inscrits, mais ont été inscrits par le passé
2004 87,6 81,6 6,0 12,4 9,9 2,5
2005 87,5 83,2 4,3 12,5 9,7 2,8
2006 87,7 82,7 5,0 12,3 9,6 2,7
2007 90,1 80,1 10,0 9,9 7,9 2,0
2008 89,4 85,0 4,4 10,6 8,1 2,5
2009 88,5 85,7 2,8 11,5 8,6 2,9
2010 87,9 84,5 3,4 12,1 8,6 3,5
2011 87,3 83,7 3,6 12,7 9,0 3,7
2012 88,7 79,8 8,9 11,3 8,2 3,1
2013 87,8 85,4 2,4 12,2 8,4 3,8
2014 88,2 82,6 5,6 11,8 8,1 3,7
2015 87,9 84,9 3,0 12,1 8,1 4,0
2016 87,7 83,7 4,0 12,3 8,2 4,1
2017 88,6 80,5 8,1 11,4 7,8 3,6
2018 88,0 86,1 1,9 12,0 7,8 4,2
  • Lecture : au 1ᵉʳ mars 2018, 88,0 % des électeurs potentiels étaient inscrits sur les listes électorales : 86,1 % étaient déjà inscrits le 1ᵉʳ mars 2017 et 1,9 % s'étaient inscrits pour la première fois ou réinscrits au cours des douze derniers mois (y compris après un changement de lieu d'inscription). 12,0 % des électeurs potentiels n’étaient pas inscrits sur les listes électorales : 7,8 % n’ont jamais été inscrits et 4,2 % l'ont été dans le passé.
  • Champ : résidents en France (hors Mayotte) de nationalité française et âgés de 18 ans ou plus au 1ᵉʳ mars de chaque année.
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

Figure 1 – Évolution du taux d’inscription sur les listes électorales de 2004 à 2018

Les trentenaires et les hommes sont les moins souvent inscrits

Le taux d’inscription varie fortement en fonction de l’âge. Il est le plus faible vers 30-34 ans. Il est un peu plus élevé pour les plus jeunes, du fait de la procédure d’inscription d’office, dont peuvent bénéficier chaque année les personnes atteignant l’âge électoral : 86 % des jeunes de 18 à 24 ans sont ainsi inscrits, contre 84 % des 30 à 34 ans (figure 2). Après 35 ans, le taux croît régulièrement jusqu’à l’âge de 70 ans : 93 % des personnes de 70 à 79 ans sont inscrites sur les listes électorales. À partir de 85 ans, le taux baisse, en partie parce que les incapacités électorales augmentent. Les taux d’inscription plus forts aux âges élevés peuvent s’expliquer par le fait que, ayant connu durant leur vie un grand nombre d’élections, les personnes âgées ont eu plus d’occasions de s’inscrire sur les listes électorales. D’autres éléments peuvent également jouer. Par exemple, les personnes âgées changent moins souvent de domicile et sont donc moins concernées par les désinscriptions liées à la mobilité résidentielle : les individus ayant changé de logement depuis moins d’un an, que ce soit au sein de leur commune de résidence ou en changeant de commune, sont en effet un peu moins souvent inscrits sur les listes électorales que les personnes qui résident toujours dans le même domicile (figure 3).

En moyenne, les hommes sont un peu moins souvent inscrits que les femmes. Il n’y a pas d’écart entre hommes et femmes pour les jeunes âgés de 18 à 24 ans, en raison des inscriptions d’office. L’écart entre hommes et femmes est le plus élevé entre 35 et 44 ans (4 points) et se réduit progressivement ensuite.

Figure 2 – Taux d'inscription en 2018 selon le sexe et l'âge

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Figure 2 – Taux d'inscription en 2018 selon le sexe et l'âge
Ensemble Femmes Hommes
18 à 24 ans 85,7 85,7 85,7
25 à 29 ans 85,0 85,8 84,2
30 à 34 ans 83,6 84,9 82,4
35 à 39 ans 84,2 86,2 82,0
40 à 44 ans 85,5 87,2 83,7
45 à 49 ans 87,3 87,9 86,6
50 à 54 ans 88,4 89,1 87,6
55 à 59 ans 90,2 90,5 89,8
60 à 64 ans 90,8 91,1 90,4
65 à 69 ans 91,9 92,1 91,7
70 à 74 ans 92,8 92,6 93,1
75 à 79 ans 92,6 92,8 92,4
80 à 84 ans 92,0 91,9 92,2
85 à 89 ans 90,2 89,7 91,1
90 ans ou plus 84,5 83,4 87,5
  • Lecture : au 1ᵉʳ mars 2018, 85,7 % des femmes et 85,7 % des hommes âgés de 18 à 24 ans étaient inscrits sur les listes électorales.
  • Champ : résidents en France (hors Mayotte) de nationalité française et âgés de 18 ans ou plus au 1ᵉʳ mars 2018.
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

Figure 2 – Taux d'inscription en 2018 selon le sexe et l'âge

Figure 3 – Taux d'inscription selon l'âge et la résidence un an auparavant (moyenne 2012-2016)

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Figure 3 – Taux d'inscription selon l'âge et la résidence un an auparavant (moyenne 2012-2016)
Même logement Autre logement de la même commune Autre commune* Ensemble
18 à 24 ans 86,0 82,8 85,8 85,7
25 à 29 ans 83,7 82,6 83,9 83,7
30 à 34 ans 82,7 78,2 80,1 82,1
35 à 39 ans 84,5 79,4 79,1 83,8
40 à 44 ans 86,4 79,0 79,5 85,8
45 à 49 ans 88,3 79,7 81,4 87,8
50 à 54 ans 89,6 80,3 82,6 89,1
55 à 59 ans 90,5 80,6 86,0 90,2
60 à 64 ans 91,6 84,9 87,9 91,4
65 à 69 ans 92,8 85,9 88,9 92,7
70 à 74 ans 93,0 85,8 89,5 92,9
75 à 79 ans 93,2 87,4 89,8 93,1
80 à 84 ans 92,9 87,9 88,9 92,7
85 à 89 ans 90,5 84,0 86,6 90,2
90 ans ou plus 87,7 86,9 85,9 87,6
Ensemble 88,7 81,4 83,5 88,1
  • * Y compris à l'étranger.
  • Lecture : sur la période 2012-2016, en moyenne 86,0 % des électeurs potentiels âgés de 18 à 24 ans et résidant dans le même logement qu'un an auparavant étaient inscrits sur les listes électorales. 82,8 % des électeurs potentiels du même âge mais ayant déménagé pour un autre logement de la même commune étaient inscrits sur les listes électorales.
  • Champ : résidents en France (hors Mayotte) de nationalité française et âgés de 18 ans ou plus au 1ᵉʳ mars de chaque année sur la période 2012-2016.
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

Figure 3 – Taux d'inscription selon l'âge et la résidence un an auparavant (moyenne 2012-2016)

À tous les âges, les diplômés sont nettement plus souvent inscrits

Le niveau de diplôme est le facteur socio-démographique qui discrimine le plus les pratiques d’inscription sur les listes électorales, notamment chez les plus jeunes. De 25 ans à 44 ans, un peu plus de 90 % des personnes ayant un diplôme de niveau supérieur au baccalauréat sont inscrites sur les listes électorales (figure 4). C’est 30 points de plus que les personnes sans diplôme, dont le taux d’inscription entre 25 et 44 ans n’est que de 60 %. Il y a aussi des écarts entre diplômés, mais nettement moindres qu’entre les diplômés et les personnes sans diplôme : toujours parmi les 25-44 ans, le taux d’inscription pour les titulaires d’un baccalauréat est ainsi de 86 % et de 78 % pour les titulaires d’un diplôme inférieur au baccalauréat. L’écart selon le niveau de diplôme tend à se réduire après 45 ans. Il y a alors peu d’écart selon le diplôme obtenu pour les personnes en possédant un, mais l’écart entre les personnes diplômées et celles sans diplôme reste élevé (autour de 20 points entre 45 et 54 ans par exemple, et encore de 8 points entre 70 et 74 ans).

Les taux d’inscription varient également selon la catégorie sociale : les ouvriers, et encore plus les inactifs ou les chômeurs n’ayant jamais travaillé, sont ainsi les groupes sociaux les moins souvent inscrits.

Figure 4 – Taux d'inscription en 2018 selon le diplôme et l'âge

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Figure 4 – Taux d'inscription en 2018 selon le diplôme et l'âge
Ensemble Sans diplôme Diplôme inférieur au baccalauréat Diplôme de niveau baccalauréat Diplôme supérieur au baccalauréat
25 à 29 ans 85,0 61,0 79,8 85,7 91,0
30 à 34 ans 83,6 57,2 76,2 85,9 90,5
35 à 39 ans 84,2 58,6 76,7 86,0 91,1
40 à 44 ans 85,5 61,2 79,2 88,1 92,4
45 à 49 ans 87,3 69,0 85,0 90,1 93,3
50 à 54 ans 88,4 75,1 88,3 90,1 93,3
55 à 59 ans 90,2 78,9 90,5 92,1 94,5
60 à 64 ans 90,8 79,8 91,5 93,3 93,6
65 à 69 ans 91,9 81,4 92,8 93,7 94,4
70 à 74 ans 92,8 86,0 93,6 93,9 94,4
75 à 79 ans 92,6 88,0 93,0 95,1 94,4
80 à 84 ans 92,0 89,1 92,8 93,5 93,5
85 à 89 ans 90,2 87,0 91,8 91,6 87,7
90 ans ou plus 84,5 82,3 85,7 83,3 84,3
Ensemble 88,3 76,5 88,1 89,5 92,4
  • Lecture : au 1ᵉʳ mars 2018, 85,0 % des électeurs potentiels âgés de 25 à 29 ans étaient inscrits sur les listes électorales. 61,0 % des électeurs potentiels sans diplôme du même âge étaient inscrits sur les listes électorales, 79,8 % des électeurs potentiels du même âge ayant un diplôme de niveau inférieur au baccalauréat étaient inscrits sur les listes électorales.
  • Champ : résidents en France (hors Mayotte) de nationalité française et âgés de 25 ans ou plus au 1ᵉʳ mars 2018.
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

Figure 4 – Taux d'inscription en 2018 selon le diplôme et l'âge

Plus d’inscrits dans l’Ouest de la France

Le lieu de résidence influe aussi sur les comportements d’inscription. Les taux d’inscription sont ainsi les plus élevés en Bretagne et dans les Pays de la Loire (figure 5). Les autres régions de l’Ouest, ainsi que celles du Nord de la France (Hauts-de-France et Grand Est) ont des taux d’inscription au-dessus de la moyenne nationale. À l’inverse, dans les régions du Sud-Est, les taux sont un peu inférieurs à la moyenne nationale. Enfin, l’Île-de-France et les départements et régions d’outre-mer (Drom) affichent des taux nettement plus bas. À l’intérieur des régions, les communes peu ou très peu densément peuplées ont des taux d’inscription plus élevés, et cela presque à tous les âges.

Figure 5 – Taux d’inscription par région (moyenne 2012-2016)

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Figure 5 – Taux d’inscription par région (moyenne 2012-2016)
Taux d’inscription
Guadeloupe 82,0
Martinique 85,7
Guyane 71,6
La Réunion 84,2
Île-de-France 84,4
Centre-Val-de-Loire 88,5
Bourgogne-Franche-Comté 88,1
Normandie 89,7
Hauts-de-France 90,1
Grand Est 88,5
Pays-de-la-Loire 91,2
Bretagne 91,9
Nouvelle-Aquitaine 89,7
Occitanie 89,1
Auvergne-Rhône-Alpes 87,3
Provence-Alpes-Côte d Azur 86,5
Corse 85,5
France hors Mayotte 88,1
  • Lecture : entre 2012 et 2016, en moyenne 82,0 % des électeurs potentiels résidents en Guadeloupe étaient inscrits sur les listes électorales.
  • Champ : résidents en France (hors Mayotte) de nationalité française et âgés de 18 ans ou plus au 1ᵉʳ mars de chaque année sur la période 2012-2016.
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

Figure 5 – Taux d’inscription par région (moyenne 2012-2016)

Sources

L’échantillon démographique permanent est un panel d’individus nés certains jours de l’année, qui rassemble, année après année, des informations en provenance notamment de l’état civil, de la situation électorale, des réponses aux enquêtes annuelles de recensement et des données socio-fiscales. En croisant ces différentes sources, il permet d’estimer, pour la population résidente, les taux d’inscription au fichier électoral et d’étudier les comportements d’inscription.

Définitions

Les taux d’inscription sur les listes électorales sont en théorie estimés en rapportant le nombre d’électeurs inscrits sur les listes au nombre d’électeurs potentiels, c’est-à-dire les individus âgés de 18 ans ou plus, de nationalité française et jouissant de leurs droits civils et politiques. La situation électorale est établie au 1er mars de chaque année. En pratique, l’électorat potentiel est évalué à partir de l’enquête annuelle de recensement et comprend donc les résidents en France (hors Mayotte) en janvier, de nationalité française, ayant 18 ans ou plus le 1er mars et n’étant pas décédés à cette date. Les personnes en situation d’incapacité électorale (suite à une condamnation ou à une mise sous tutelle) sont ici incluses dans la population des électeurs potentiels. Si elles étaient exclues, les taux d’inscription seraient supérieurs de 0,6 point en moyenne, avec de forts écarts selon l’âge : ils augmenteraient de 0,3 point pour les 18 à 39 ans et d’environ 2 points pour les personnes âgées de 80 ans ou plus, davantage concernées par les mises sous tutelle.

Pour en savoir plus

Villette C., Hervy C., « Recul du nombre d’électeurs en 2018 », Insee Focus n° 112, mai 2018.

Durier S., Touré G., « Élections de 2017 : 6,5 % des citoyens ont fait une démarche volontaire pour s’inscrire », Insee Focus n° 80, mars 2017.

Durier S., Touré G., « En 2014, 85 % des jeunes Français de 18 à 24 ans étaient inscrits sur les listes électorales », Insee Focus n° 22, mars 2015.

Des données complémentaires sont disponibles dans le fichier Excel joint à cette publication, en haut de page.