Élections de 2017 : 6,5 % des citoyens ont fait une démarche volontaire pour s’inscrire

Sébastien Durier et Guillaume Touré, division Enquêtes et études démographiques, Insee

Au 15 février 2017, 88,6 % des personnes majeures résidant en France et de nationalité française sont inscrites sur les listes électorales. Au cours des douze derniers mois, 6,5 % de l’électorat potentiel s’est inscrit ou réinscrit sur les listes électorales en faisant une démarche volontaire, le plus souvent du fait d'un changement de commune de résidence. Les cadres et membres des professions intellectuelles supérieures se réinscrivent plus fréquemment à la suite d'une période de non-inscription.

Publications grand public
Insee Focus – No 80
Paru le : 06/03/2017

Moins de nouvelles inscriptions que pour les élections de 2012

Au 15 février 2017, 88,6 % des personnes majeures résidant en France et de nationalité française sont inscrites sur les listes électorales. Ce taux d’inscription est le même que pour les élections nationales de 2012 et reste un peu plus faible que pour celles de 2007 (90,1 %) (figure 1). Parmi les inscrits en 2017, deux groupes peuvent être distingués : d'un côté, les électeurs stables, qui étaient déjà inscrits sur les listes électorales en 2016 et qui n'ont pas changé de commune d'inscription (80,7 % de l'électorat potentiel) et, de l'autre, les « nouveaux inscrits » de la période y compris ceux ayant changé de lieu d’inscription (7,9 % de l'électorat potentiel).

Les « nouvelles inscriptions » peuvent être des inscriptions d'office, pour des jeunes qui atteignent l’âge électoral (18 ans), ou des inscriptions résultant d’une démarche volontaire de la part des personnes : première inscription (hors inscription d’office), réinscription après une période de radiation ou pour changer de lieu de vote. La part des inscrits d'office oscille chaque année entre 1,0 % et 1,5 % de l'électorat potentiel, en fonction notamment de la taille des générations atteignant l'âge électoral. Le taux d'inscription volontaire varie quant à lui fortement en fonction du type d’élection : il s'élève en 2017 à 6,5 %, soit nettement plus que l'an passé (2,6 %), où il n’y avait pas d’élections nationales. Cependant, la mobilisation de 2017 est un peu moins importante que celle des élections présidentielle et législatives de 2012 et de 2007, où respectivement 7,7 % et 8,6 % des citoyens avaient fait une démarche pour s’inscrire ou se réinscrire.

Figure 1 - Évolution du taux d'inscription entre 2006 et 2017

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Figure 1 - Évolution du taux d'inscription entre 2006 et 2017
Taux d'inscription dont électeurs stables dont « nouveaux inscrits »
Ensemble Inscription d'office Démarche volontaire
Ensemble dont changement de lieu d'inscription dont réinscription après interruption ou 1ère inscription
2006 87,7 82,5 5,2 1,4 3,8 2,5 1,3
2007 90,1 80,1 10,0 1,4 8,6 5,7 2,9
2008 89,4 84,8 4,6 1,5 3,1 2,4 0,7
2009 88,5 85,6 2,9 1,4 1,5 1,2 0,3
2010 87,9 84,6 3,3 1,2 2,1 1,7 0,4
2011 87,3 83,8 3,5 1,3 2,2 1,7 0,5
2012 88,7 79,6 9,1 1,4 7,7 5,5 2,2
2013 87,8 85,4 2,4 1,0 1,4 1,1 0,3
2014 88,2 82,7 5,5 1,5 4,0 3,1 0,9
2015 87,9 85,0 2,9 1,0 1,9 1,5 0,4
2016 87,7 83,7 4,0 1,4 2,6 2,0 0,6
2017 88,6 80,7 7,9 1,4 6,5 4,9 1,6
  • Lecture : au 1er mars 2006, 87,7 % des électeurs potentiels étaient inscrits sur les listes électorales : 5,2 % s'étaient nouvellement inscrits au cours des douze derniers mois (y compris après un changement de lieu d'inscription) et 82,5 % étaient déjà inscrits en mars 2005.
  • Champ : les résidents en France (hors Mayotte) de nationalité française et âgés de 18 ans ou plus au 1er mars de chaque année (15 février pour 2017).
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

Un électeur potentiel sur vingt a changé de lieu d’inscription

Les trois quarts des « nouveaux inscrits » volontaires en 2017 étaient déjà inscrits en 2016 et ont changé de lieu d'inscription. Ils représentent 4,9 % des électeurs potentiels, soit un sur vingt (figure 2). C'est parmi les 25-44 ans que la proportion est la plus importante : 9,2 % de cette tranche d'âge s'est réinscrite suite à un déménagement. Les jeunes de 18 à 24 ans actualisent un peu plus leur lieu d’inscription pour les élections présidentielle et législatives que les personnes âgées de 45 ans ou plus. Les plus diplômés actualisent nettement plus leur lieu d’inscription que les personnes sans diplôme ou peu diplômées.

Figure 2 - Taux de changement de lieu d'inscription selon l'âge

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Figure 2 - Taux de changement de lieu d'inscription selon l'âge
Ensemble 18 à 24 ans 25 à 44 ans 45 à 64 ans 65 ans ou plus
2006 2,5 2,0 3,9 1,9 1,1
2007 5,7 5,3 10,0 3,7 1,6
2008 2,4 1,9 4,0 1,9 0,9
2009 1,2 0,8 1,9 1,0 0,5
2010 1,7 1,2 2,8 1,6 0,7
2011 1,7 1,1 2,8 1,6 0,9
2012 5,5 4,5 10,3 3,9 1,5
2013 1,1 0,9 1,7 1,0 0,6
2014 3,1 2,3 5,2 2,6 1,4
2015 1,5 1,1 2,3 1,3 0,7
2016 2,0 1,3 3,3 1,6 1,0
2017 4,9 4,1 9,2 3,5 1,6
  • Lecture : parmi les électeurs potentiels au 1er mars 2006, 2,5 % avaient changé de lieu d'inscription au cours des douze derniers mois. Le taux s'élèvait à 2,0 % chez les 18 à 24 ans.
  • Champ : les résidents en France (hors Mayotte) de nationalité française et âgés de 18 ans ou plus au 1er mars de chaque année (15 février pour 2017).
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

Figure 2 - Taux de changement de lieu d'inscription selon l'âge

Lorsque les électeurs déménagent, leur risque de devenir non-inscrit est plus élevé. Ainsi, parmi les personnes qui étaient initialement inscrites et qui ont changé de commune de résidence au cours des cinq dernières années, 4,8 % ne sont plus inscrites en 2017 contre 1,3 % pour celles qui résident toujours dans la même commune (figure 3). Toutefois, de forts écarts apparaissent selon le niveau de diplôme : le risque de désinscription est de 12,4 % pour les personnes sans diplôme, et de seulement 1,7 % pour les diplômés du supérieur.

Figure 3 - Taux d'inscription à la suite d'une mobilité résidentielle

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Figure 3 - Taux d'inscription à la suite d'une mobilité résidentielle
Situation électorale au 15 février 2017
Non-inscrits Inscrits Ensemble
Électeurs n'ayant pas changé de commune de résidence entre 2010 et 2015 1,3 98,7 100,0
Électeurs ayant changé de commune de résidence entre 2010 et 2015 4,8 95,2 100,0
25 à 44 ans 5,4 94,6 100,0
45 à 65 ans 4,0 96,0 100,0
65 ans ou plus 3,6 96,4 100,0
Sans diplôme 12,4 87,6 100,0
Diplôme inférieur au baccalauréat 6,4 93,6 100,0
Diplôme de niveau baccalauréat 4,0 96,0 100,0
Diplôme supérieur au baccalauréat 1,7 98,3 100,0
Agriculteurs, commerçants, artisans, chefs d'entreprise 5,7 94,3 100,0
Cadres et professions libérales 1,6 98,4 100,0
Professions intermédiaires 2,8 97,2 100,0
Employés 6,4 93,6 100,0
Ouvriers 7,6 92,4 100,0
Anciens actifs 3,8 96,2 100,0
Inactifs 9,2 90,8 100,0
  • Lecture : 1,3 % des électeurs de 2010 n'ayant pas changé de commune entre 2010 et 2015 ne sont plus inscrits sur les listes électorales en 2017 ; c'est le cas de 4,8 % des électeurs de 2010 qui ont changé de commune entre 2010 et 2015.
  • Champ : les résidents en France (hors Mayotte) en 2010 et en 2015, inscrits sur les listes électorales en 2010 et âgés de 25 ans ou plus au 15 février 2017.
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

Cadres et professions intellectuelles supérieures se réinscrivent plus souvent après une période de non-inscription

Parmi les « nouveaux inscrits » volontaires de 2017, un quart n’ont jamais été inscrits dans le passé ou se réinscrivent après une période de non-inscription. Ils représentent 1,6 % des électeurs potentiels. En rapportant leur nombre à la population des non-inscrits en 2016, on mesure un taux de sortie de la non-inscription. Ainsi, 12,4 % des non-inscrits se sont mobilisés pour pouvoir participer aux élections de 2017. Ils étaient 15,6 % et 18,7 % pour les élections présidentielle et législatives de 2012 et 2007 (figure 4). Cette moindre mobilisation se manifeste notamment chez ceux qui étaient inscrits à l’élection présidentielle précédente : en 2017, parmi les personnes non inscrites l’année précédente mais qui étaient inscrites à l’élection présidentielle précédente, 27,5 % se sont réinscrites, alors qu’elles étaient respectivement 35,0 % et 37,4 % dans ce cas en 2012 et 2007.

Figure 4 - Taux de sortie de la non-inscription

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Figure 4 - Taux de sortie de la non-inscription
2007 2012 2017
Âge au 1er mars 25 à 44 ans 25,2 20,2 17,4
45 à 64 ans 14,5 13,5 10,2
65 ans ou plus 4,2 4,0 2,9
Sexe Homme 18,1 15,3 12,1
Femme 19,4 15,8 12,8
Lieu de naissance Né en France métropolitaine 20,8 16,1 13,6
Né dans un département d'outre-mer 19,2 8,6 6,1
Né à l'étranger 12,6 15,2 10,2
Diplôme Aucun diplôme 11,4 8,7 4,8
Inférieur au baccalauréat 15,5 12,7 11,5
Baccalauréat 25,4 20,0 19,9
Diplôme du supérieur 31,9 28,1 23,7
Profession et catégorie sociale Agriculteur, commerçant, artisan, chef d'entreprise 24,1 15,3 13,7
Cadre ou profession libérale 33,4 33,5 28,0
Profession intermédiaire 29,8 25,2 21,2
Employé 24,5 18,6 15,9
Ouvrier 17,1 14,6 11,0
Ancien actif 4,8 5,1 3,5
Inactif 10,4 9,0 5,8
Inscription à l'élection présidentielle précédente Jamais inscrit 15,8 10,6 7,7
N'était plus inscrit 26,9 15,4 15,3
Était inscrit 37,4 35,0 27,5
Mode de cohabitation Adulte vivant avec ses parents 20,5 9,4 6,9
Adulte d'un couple sans enfant 16,6 16,5 13,8
Adulte d'un couple avec enfant 22,5 20,4 16,4
Adulte d'une famille monoparentale 21,5 15,1 11,3
Personne vivant hors famille dans un ménage de plusieurs personnes 16,3 14,1 10,7
Personne vivant seule 17,7 12,7 10,3
Personne vivant hors ménage 3,0 2,9 2,2
Ensemble 18,7 15,6 12,4
  • Lecture : 25,2 % des individus âgés de 25 à 44 ans au 1er mars 2007 qui n'étaient pas ou plus inscrits en 2006, se sont réinscrits pour les élections de 2007.
  • Champ : les résidents en France (hors Mayotte) de nationalité française et âgés de 25 ans ou plus au 1er mars de chaque année (au 15 février pour 2017).
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

La sortie de la non-inscription est très diversifiée socialement. Les cadres et membres des professions intellectuelles supérieures ou des professions intermédiaires sont les plus enclins à se réinscrire ; à l’inverse, les ouvriers ou les inactifs restent plus fréquemment non inscrits. La réinscription augmente avec le niveau de diplôme et décroît en fonction de l’âge. Être en couple est aussi un facteur favorisant la réinscription, qui, dans la majorité des cas, se fait alors à deux.

Enfin, les régions de l’ouest de la France, et tout particulièrement la Bretagne, affichent des taux de sortie de la non-inscription plus élevés que les autres régions (figure 5). Les taux de l’Île-de-France et de la région Auvergne-Rhônes-Alpes sont également parmi les plus élevés, en raison des forts niveaux de réinscription dans les départements de Paris, du Rhône et des Hauts-de-Seine.

Figure 5 - Taux de sortie de la non-inscription selon la région de résidence

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Figure 5 - Taux de sortie de la non-inscription selon la région de résidence
Région de résidence
Guadeloupe 4,5
Martinique 2,6
Guyane 5,7
La Réunion 4,4
Île-de-France 13,5
Centre-Val de Loire 11,4
Bourgogne-Franche-Comté 11,8
Normandie 13,6
Hauts-de-France 11,7
Grand Est 10,9
Pays de la Loire 15,0
Bretagne 15,5
Nouvelle-Aquitaine 13,4
Occitanie 10,6
Auvergne-Rhône-Alpes 13,4
Provence-Alpes-Côte d'Azur 11,8
Corse 8,6
  • Lecture : 15,5 % des personnes résidant en Bretagne qui n'étaient pas ou plus inscrites en 2016 se sont inscrites pour les élections de 2017.
  • Champ : les résidents en France (hors Mayotte) de nationalité française et âgés de 25 ans ou plus au 15 février 2017.
  • Source : Insee, échantillon démographique permanent.

Figure 5 - Taux de sortie de la non-inscription selon la région de résidence

Sources

L'échantillon démographique permanent est un panel d’individus, nés certains jours de l’année, qui rassemble année après année des informations en provenance notamment de l’état civil, de la situation électorale, des réponses aux enquêtes annuelles de recensement et des données socio-fiscales. En croisant ces différentes sources, il permet d’estimer pour la population résidente les taux d’inscription au fichier électoral et d'étudier les comportements d'inscription.

Définitions

Les taux d’inscription sur les listes électorales sont en théorie estimés en rapportant le nombre d’électeurs inscrits sur les listes au nombre d’électeurs potentiels, c’est-à-dire les individus âgés de 18 ans ou plus, de nationalité française et jouissant de leurs droits civils et politiques. La situation électorale est établie au 1er mars de chaque année (15 février pour 2017). En pratique, l’électorat potentiel est évalué à partir de l’enquête annuelle de recensement et comprend donc les résidents en France (hors Mayotte) en janvier, de nationalité française, ayant 18 ans ou plus le 1er mars (15 février pour 2017) et n’étant pas décédés à cette date. Les personnes en situation d’incapacité électorale (suite à une condamnation ou à une mise sous tutelle) sont ici incluses dans la population des électeurs potentiels. Si elles étaient exclues, les taux d’inscription seraient supérieurs de 0,6 point en moyenne, avec de forts écarts selon l’âge : 0,3 point pour les 18 à 39 ans et environ 2 points pour les personnes âgées de 80 ans ou plus, davantage concernées par les mises sous tutelles.

Pour en savoir plus

Villette C., Hervy C., « Des échéances électorales légèrement moins mobilisatrices qu’en 2012 », Insee Focus n° 79, mars 2017.

Durier S., Touré G., « En 2014, 85 % des jeunes Français de 18 à 24 ans étaient inscrits sur les listes électorales », Insee Focus n° 22, mars 2015.

Des données complémentaires sont disponibles dans le fichier Excel joint à cette publication, en haut de page.