L’industrie manufacturière en 2016La croissance se poursuit, sans créer d’emploi

Jérôme Laurent, division Industrie et agriculture, Insee

En 2016, la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière croît de 1,5 % en volume, après + 1,1 % en 2015. La fabrication de matériel de transport reste très dynamique grâce aux achats de voitures par les ménages, à la livraison de matériel militaire et aux exportations. La raffinerie est affectée par les mouvements sociaux, et les industries agroalimentaires par les conditions météorologiques qui pénalisent la production agricole. Le déficit commercial de l’industrie manufacturière se creuse. La croissance reste insuffisante pour créer des emplois. Le nombre de salariés diminue alors que le recours à l’intérim poursuit sa progression en sortie de crise. Les entreprises continuent de rétablir leur taux de marge.

La croissance de l’industrie manufacturière se confirme

En 2016, selon les résultats des comptes provisoires (sources), la valeur ajoutée de la branche de l’industrie manufacturière augmente de 1,5 % en volume, après + 1,1 % en 2015 (figure 1). Elle progresse pour la quatrième année consécutive. Ceci ne s’était plus produit depuis la période 2003-2007. En 2016, dans un contexte économique grevé en France par les résultats de l’agriculture, la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière apparaît dynamique. Pour autant, la production manufacturière en volume décélère nettement (+ 0,8 % après + 2,0 % en 2015 et + 1,6 % en 2014 ; figure 2 et encadré).

Figure 1 - Évolution de la valeur ajoutée en volume Accélération de la croissance de l’industrie manufacturière en 2016

Figure 1 - Évolution de la valeur ajoutée en volume
Contributions par branche à l'évolution (en points) Évolution (en %)
Industrie agroalimentaire Fabrication de biens d'équipements Fabrication de matériel de transport Autres industries manufacturières Industrie manufacturière
2001 -0,7 0,3 -0,4 2,1 1,3
2002 0,5 0,1 -0,7 0,0 -0,1
2003 1,1 0,1 0,9 0,3 2,4
2004 0,4 1,2 0,1 0,5 2,3
2005 0,1 0,1 0,5 1,0 1,7
2006 0,0 1,2 -0,1 1,6 2,7
2007 0,4 0,4 0,0 1,4 2,1
2008 -1,6 0,0 -0,3 -1,2 -3,2
2009 0,2 -2,4 -1,6 -2,0 -5,8
2010 0,9 1,3 0,9 -0,7 2,5
2011 0,8 0,7 -0,1 2,5 3,9
2012 -0,3 0,0 0,2 -0,3 -0,4
2013 0,0 0,4 -0,4 0,1 0,1
2014 0,6 0,1 0,0 1,0 1,8
2015 0,2 -0,2 0,1 1,0 1,1
2016 -0,3 0,5 0,7 0,6 1,5
  • Lecture : en 2016, la valeur ajoutée de la branche de l'industrie manufacturière croît de 1,5 % en volume ; la fabrication de matériels de transport contribue pour + 0,7 point à cette croissance, la fabrication de biens d'équipements pour + 0,5 point, les autres industries manufacturières pour + 0,6 point alors que l'industrie agroalimentaire, en recul, contribue négativement pour - 0,3 point.
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

Figure 1 - Évolution de la valeur ajoutée en volumeAccélération de la croissance de l’industrie manufacturière en 2016

Figure 2 - Évolution de la production en volumeForte augmentation de la production de matériel de transport depuis 2013

indice base 100 en 2000
Figure 2 - Évolution de la production en volume
Industrie manufacturière dont industrie agroalimentaire dont fabrication de biens d'équipements dont fabrication de matériel de transport
2000 100,0 100,0 100,0 100,0
2001 101,9 99,8 100,7 107,2
2002 100,0 100,3 96,5 104,3
2003 98,3 99,0 94,0 102,1
2004 100,4 101,8 96,7 106,2
2005 100,9 101,1 96,1 108,9
2006 103,0 102,4 99,6 110,9
2007 104,4 105,1 102,3 107,7
2008 102,2 103,5 101,4 102,9
2009 90,8 102,0 82,4 84,1
2010 94,0 101,3 88,1 94,9
2011 96,9 104,3 92,2 97,5
2012 93,9 101,5 90,0 97,2
2013 92,8 101,1 89,5 97,0
2014 94,3 104,4 89,8 100,7
2015 96,2 105,2 90,3 106,8
2016 97,0 103,7 91,9 111,8
  • Lecture : en 2016, la production de la branche de l'industrie manufacturière croît de 0,8 % en volume (l'indice base 100 passe de 96,2 à 97,0). En particulier, la production croît de 4,6 % dans la fabrication de matériel de transport (l'indice base 100 passe de 106,8 à 111,8).
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

Figure 2 - Évolution de la production en volumeForte augmentation de la production de matériel de transport depuis 2013

La fabrication de matériel de transport porte la croissance

En 2016, la fabrication de matériel de transport est la principale contributrice à la croissance en volume de l’industrie manufacturière, à moitié pour la valeur ajoutée et aux neuf dixièmes pour la production. Plusieurs facteurs dynamisent la branche. Ainsi, la hausse des ventes de voitures neuves profite en partie aux constructeurs français, dont les modèles représentent près d’une vente sur deux en France. Par ailleurs, la production de matériel aéronautique continue de croître, grâce à un niveau historique des carnets de commandes, équivalent de cinq années de production. La hausse est cependant moins soutenue que les années précédentes, certains fournisseurs ne parvenant pas à suivre la cadence imposée par les avionneurs. Cette branche reste portée par la croissance de l’aviation de ligne ; elle profite aussi, en 2016, d’un rebond dans le domaine de la défense. La construction navale française est également dynamique, ayant misé sur le militaire et le haut de gamme en matière civile, dans un contexte d’effondrement au niveau mondial de l’activité dans le domaine civil. Au total, au sein de la fabrication de matériel de transport, seule la fabrication de matériel ferroviaire semble rencontrer quelques difficultés, se traduisant par une baisse de la production.

La croissance de la fabrication de matériel de transport bénéficie à deux autres branches manufacturières qui contribuent à son processus de production : la chimie et la fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques et de machines. Ces deux branches tirent également parti de l’amélioration du marché de la construction et de la fermeté de la consommation des ménages en équipements du logement et en produits de beauté.

Une production en berne dans le raffinage et les industries agroalimentaires

À l’inverse, l’année 2016 s’avère difficile pour le raffinage et les industries agroalimentaires (IAA). Ainsi, alors que le prix moyen du pétrole brut reste orienté à la baisse, la production de raffinage diminue, du fait des mouvements sociaux qui ont affecté la moitié des sites en mai.

Quant aux industries agroalimentaires, elles sont pénalisées par la baisse de la production agricole, liée à la fois aux conditions météorologiques et aux crises des filières animales. Toutes les branches des IAA sont concernées par cette diminution, hormis les préparations et conserves à base de poisson. Notamment, la production de boissons recule, alors qu’elle est habituellement le moteur de la croissance des IAA. Elle est pénalisée en 2016 par la baisse de la consommation de boissons rafraîchissantes et les faibles vendanges, dues à des conditions climatiques défavorables (printemps pluvieux, épisodes de gel et de grêle), en particulier en Champagne. Les fabrications de viandes et produits à base de viande souffrent d’une moindre consommation des ménages, accompagnée de surcroît, pour les viandes de volailles, par l’épidémie de grippe aviaire. La production de produits laitiers pâtit de la diminution de la collecte de lait due à la sécheresse estivale et à la mise en œuvre du plan européen de réduction volontaire de la production. Les conditions climatiques défavorables ont nui à la qualité des céréales et des légumes et, par ricochet, à la production de produits de travail du grain et de préparations à base de fruits et légumes.

Une demande intérieure tirée par les investissements et par la consommation des ménages

En 2016, la demande intérieure en produits manufacturés est portée par les investissements et par la consommation des ménages, qui reste à un bon niveau, alors que les consommations intermédiaires ralentissent fortement.

Par rapport à l’an passé, les ménages consacrent une plus forte part de leur budget à l’acquisition de voitures et de biens d’équipements électriques et électroniques alors que celle des dépenses consacrées à la nourriture, à l’habillement et aux carburants diminue.

Les investissements en produits manufacturés s’accélèrent. En effet, la formation brute de capital fixe des administrations publiques bondit de plus de 20 % pour ces produits. Cette hausse se concentre dans la fabrication de matériel de transport. Dans les faits, l’État prend livraison en 2016 de matériels militaires dont l’acquisition est prévue par une loi pluriannuelle de programmation militaire.

L’investissement des entreprises non financières en produits manufacturés demeure dynamique malgré un léger ralentissement, en particulier en matériel de transport et en produits informatiques et électroniques. Après trois années de baisse consécutives, les investissements en machines et équipements croissent à nouveau, facilités par des conditions de financement avantageuses.

Le rythme des exportations ralentit

La croissance en volume des exportations de biens manufacturés reste soutenue, mais décélère par rapport à l’année précédente : + 3,0 % en 2016 après + 4,1 % en 2015. Les exportations de matériel de transport sont particulièrement élevées. À la faveur d’une maîtrise des coûts permise par le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), mais aussi des accords de compétitivité conclus au sein des entreprises, l’industrie automobile française profite du redressement du marché européen. Le plus grand navire de croisière au monde, « Harmony of the Seas », construit à Saint-Nazaire, a été livré à une compagnie américaine. Les livraisons aéronautiques et spatiales sont à un niveau record. À l’inverse, les exportations en produits métallurgiques diminuent dans un marché européen morose. Outre la baisse de la production, les exportations de produits agroalimentaires sont pénalisées par la contraction de la demande mondiale de produits laitiers, notamment en Asie, et par la diminution des ventes de champagne et mousseux en Europe. Enfin, les exportations de produits pétroliers raffinés baissent fortement, en lien avec la production.

Le déficit commercial se creuse

Bien qu’également en ralentissement, la croissance en volume des importations de biens manufacturés reste forte (+ 4,4 % en 2016, + 5,5 % en 2015), supérieure à celle des exportations. La demande intérieure stimule les importations. En effet, la consommation des ménages s’est réorientée vers des produits pour l’essentiel importés : téléphones mobiles (avec la sortie de nouveaux modèles en 2016), meubles, jouets et chaussures-maroquinerie. Par ailleurs, le marché français des ventes de voitures se modifie : la part des voitures de gamme « moyenne supérieure » et « luxe » gagne 3 points en 2016, au détriment de la gamme « économique » ; elles représentent désormais 20 % du marché. Ceci profite aux marques allemandes (Audi, Mercedes, BMW) ; les clients de Volkswagen lui sont par ailleurs restés fidèles, malgré la polémique ayant affecté ce constructeur. Les importations de voitures en provenance de Roumanie augmentent en raison de l’essor de Dacia (filiale du groupe Renault) sur le marché français.

Outre la consommation des ménages, les investissements des sociétés non financières ont dopé les importations : d’une part, par l’achat de machines industrielles et, d’autre part, par l’acquisition de matériels aéronautiques et spatiaux en provenance des États-Unis (Boeing 777 et 787, satellites).

En valeur, le solde du commerce extérieur de l’industrie manufacturière se dégrade donc sensiblement, de – 17,7 milliards en 2015 à – 23,5 milliards en 2016 (figure 3). La fabrication de matériel de transport, l’industrie chimique, les industries agroalimentaires et l’industrie pharmaceutique sont et restent les seules branches excédentaires (figure 4). Par ailleurs, seuls l’industrie pharmaceutique, le raffinage et le textile améliorent leur solde commercial ; le premier par une baisse des importations de médicaments, le deuxième en raison de la diminution du prix des hydrocarbures.

Figure 3 - Commerce extérieur de produits manufacturés en valeurLe déficit commercial se creuse en 2016

en milliards d'euros
Figure 3 - Commerce extérieur de produits manufacturés en valeur
Solde commercial Exportations Importations
2000 12,0 309,6 297,6
2001 19,7 317,4 297,7
2002 21,2 314,3 293,1
2003 18,0 305,3 287,3
2004 12,9 324,2 311,3
2005 2,4 340,4 338,0
2006 3,5 370,2 366,7
2007 -9,6 382,9 392,5
2008 -8,9 392,2 401,1
2009 -12,6 328,1 340,7
2010 -20,1 367,7 387,8
2011 -31,5 398,8 430,3
2012 -21,8 412,7 434,5
2013 -15,2 415,7 430,9
2014 -20,8 419,6 440,4
2015 -17,7 440,4 458,1
2016 -23,5 444,2 467,7
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

Figure 3 - Commerce extérieur de produits manufacturés en valeurLe déficit commercial se creuse en 2016

Figure 4 - Solde du commerce extérieur selon les branches manufacturières en valeurDégradation quasi-générale en 2016

en milliards d'euros
Figure 4 - Solde du commerce extérieur selon les branches manufacturières en valeur
2015 2016
Total industrie manufacturière -17,7 -23,5
Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques -15,1 -15,5
Fabrication de textiles, industries en habillement, cuir et chaussure -14,6 -14,3
Autres industries manufacturières - réparation et installation de machines et d'équipements -7,4 -8,8
Cokéfaction et raffinage -8,7 -6,9
Métallurgie et fabrication de produits métalliques sauf machines et équipements -5,9 -6,2
Fabrication de produits en caoutchouc et plastique et autres produits minéraux non métalliques -5,4 -5,8
Fabrication d'équipements électriques -4,9 -5,7
Travail du bois, industries du papier et imprimerie -4,1 -4,2
Fabrication de machines et équipements non classés ailleurs -2,4 -4,0
Industrie pharmaceutique 4,1 5,0
Fabrication de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac 6,4 5,4
Industrie chimique 12,5 11,9
Fabrication de matériel de transport 27,8 25,6
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

Figure 4 - Solde du commerce extérieur selon les branches manufacturières en valeurDégradation quasi-générale en 2016

Une croissance insuffisante pour créer de l’emploi

Au 31 décembre 2016, 2,8 millions de salariés (sources) travaillent dans le secteur de l’industrie manufacturière. C’est 11 % de l’ensemble de l’économie. À ceux-ci s’ajoutent environ 271 000 intérimaires. En prenant en compte l’ensemble de ces effectifs, l’emploi manufacturier est quasiment stable en 2016.

Ainsi, la croissance en volume de l’industrie manufacturière s’est améliorée, mais ne suffit pas à créer de l’emploi. En effet, dans ce secteur, les gains de productivité apparente du travail restent importants, quoique nettement inférieurs à leur niveau d’avant-crise. En 2016, ils s’élèvent à 1,3 % et subviennent à eux seuls à la croissance de l’activité.

Si l’emploi est stable, les chefs d’entreprises tendent à faire davantage appel au travail intérimaire plutôt qu'à pérenniser des emplois par l’embauche. En 2016, le nombre d’intérimaires dans l’industrie manufacturière augmente une nouvelle fois fortement : de près de 9 %, soit au même rythme que l’année précédente. Le taux de recours à l’intérim atteint ainsi un pic historique à 8,9 % (figure 5). Il dépasse même 10 % dans la fabrication de matériel de transport et la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique.

Figure 5 - Taux de recours à l'intérim*Le recours à l'intérim dans l'industrie manufacturière atteint un niveau historique en 2016

en %
Figure 5 - Taux de recours à l'intérim*
Industrie manufacturière dont industrie agroalimentaire dont fabrication de biens d'équipements dont fabrication de matériel de transport
2000 7,5 5,8 9,2 8,8
2001 6,4 6,2 6,5 7,2
2002 6,9 6,9 6,5 9,2
2003 7,1 6,7 7,6 8,5
2004 7,4 6,4 8,3 8,9
2005 7,3 6,9 7,9 7,8
2006 7,6 7,2 8,8 7,2
2007 8,0 7,7 7,9 9,1
2008 5,7 7,3 6,0 4,9
2009 6,1 7,4 5,6 6,0
2010 8,4 7,9 9,2 9,0
2011 7,5 7,1 7,7 9,0
2012 6,4 7,3 6,6 6,1
2013 7,0 7,2 7,2 7,3
2014 7,5 7,8 7,1 8,7
2015 8,2 8,1 7,4 10,7
2016 8,9 8,2 8,0 12,4
  • * Part de l'emploi intérimaire dans l'emploi salarié y compris emploi intérimaire.
  • Champ : France, secteur de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, estimations d'emploi au 31 décembre, données corrigées des variations saisonnières.

Figure 5 - Taux de recours à l'intérim*Le recours à l'intérim dans l'industrie manufacturière atteint un niveau historique en 2016

14 500 emplois salariés en moins

Hors intérim, en revanche, l’industrie manufacturière perd 14 500 emplois salariés en 2016, soit une baisse de 0,5 % (figure 6). Le rythme des pertes d’emplois s’atténue toutefois par rapport aux trois années précédentes (– 1,2 % chaque année).

Figure 6 - Évolution de l'emploi salarié hors intérimEn 2016, les effectifs baissent de 0,5 % dans l'industrie manufacturière

indice base 100 en 2000
Figure 6 - Évolution de l'emploi salarié hors intérim
Industrie manufacturière dont industrie agroalimentaire dont fabrication de biens d'équipements dont fabrication de matériel de transport
2000 100,0 100,0 100,0 100,0
2001 99,6 100,9 98,9 101,7
2002 97,4 101,1 95,0 100,6
2003 94,8 101,4 90,4 100,9
2004 92,3 99,9 87,5 101,3
2005 90,0 98,9 86,5 99,3
2006 88,5 97,8 86,1 97,0
2007 87,2 97,1 85,6 94,7
2008 85,2 95,8 83,7 92,3
2009 80,7 95,3 78,0 87,5
2010 78,4 95,2 74,8 84,1
2011 78,0 95,1 74,4 85,0
2012 77,3 94,8 74,0 85,1
2013 76,3 94,7 72,9 84,1
2014 75,3 95,0 72,0 82,1
2015 74,4 95,1 70,5 81,1
2016 74,0 95,7 69,2 80,9
  • Champ : France, secteur de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, estimations d'emploi au 31 décembre, données corrigées des variations saisonnières.

Figure 6 - Évolution de l'emploi salarié hors intérimEn 2016, les effectifs baissent de 0,5 % dans l'industrie manufacturière

Au sein de l’industrie manufacturière, l’emploi salarié diminue plus rapidement dans la fabrication d’équipements électriques et la fabrication de machines et équipements, davantage en raison de leurs gains de productivité qu’au recours à l’intérim. En 2016, seuls trois secteurs créent des emplois : les industries agroalimentaires, l’industrie pharmaceutique et, nouvellement, l’industrie textile ; ces trois secteurs se caractérisent par un moindre recours au travail intérimaire, relativement aux autres secteurs manufacturiers.

Ainsi, avec des effectifs toujours en baisse, les frais de personnel augmentent très peu dans l’industrie manufacturière (+ 0,3 % en 2016), à un rythme bien moins élevé que l’excédent brut d’exploitation (+ 1,9 %). De ce fait, les entreprises du secteur continuent de restaurer leur taux de marge (36,8 % en 2016, 36,4 % en 2015). Celui-ci retrouve en moyenne son niveau d’avant-crise (figure 7). Le taux de marge se redresse particulièrement dans deux secteurs qui contribuent fortement à la croissance de l’industrie manufacturière : la fabrication de matériel de transports et la fabrication de biens d’équipement.

Figure 7 - Taux de margeRestauration des marges dans les activités manufacturières

en %
Figure 7 - Taux de marge
Industrie manufacturière dont industrie agroalimentaire dont fabrication de biens d'équipements dont fabrication de matériel de transport
2000 39,3 51,5 43,9 38,1
2001 38,6 50,5 43,4 39,0
2002 37,5 50,7 40,9 39,8
2003 36,8 50,3 38,4 37,4
2004 36,4 52,2 37,9 33,6
2005 35,5 49,9 33,7 35,0
2006 35,4 48,0 32,5 35,7
2007 37,0 49,3 34,3 36,1
2008 34,9 48,1 31,1 34,0
2009 32,5 46,3 27,5 30,7
2010 33,0 44,8 30,0 35,5
2011 34,3 45,8 31,1 32,0
2012 34,0 44,5 30,9 35,6
2013 34,6 45,7 29,7 35,9
2014 34,5 46,5 30,2 27,7
2015 36,4 46,4 33,7 35,5
2016 36,8 45,4 37,1 42,0
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2010.

Figure 7 - Taux de margeRestauration des marges dans les activités manufacturières

Encadré

Une production de 755 milliards d’euros

La production de l’industrie manufacturière s’élève en 2016 à 755 milliards d’euros. Par rapport à 2015, elle diminue en valeur de 1,1 % alors qu’elle croît en volume de 0,8 %. En effet, les prix se réduisent de 1,9 %. Une des causes premières est la baisse du prix moyen des hydrocarbures et, par ricochet, des produits issus du raffinage et de la chimie.

Ainsi, la production en valeur baisse fortement dans le raffinage, l’industrie chimique et l’industrie pharmaceutique. À l’inverse, elle progresse de plus de 4 % dans la fabrication de matériel de transport, seule branche apparaissant dynamique selon ce critère.

Sources

L’étude mobilise trois sources principales.

Les comptes nationaux annuels (base 2010) permettent de retracer les évolutions de 2000 à 2016 de la valeur ajoutée des branches industrielles et des échanges extérieurs des produits manufacturiers, à un niveau agrégé de la nomenclature NAF rév. 2 (niveau A38). Le compte de l’année 2015 est semi-définitif et celui de 2016 provisoire.

Les estimations d’emploi de l’Insee fournissent l’évolution des effectifs salariés par secteur d’activité depuis l’année 2000. Le volume de travail temporaire par secteur d’activité est issu de l’exploitation par la Dares des fichiers Pôle emploi des déclarations mensuelles des agences d’intérim.

Définitions

Les industries manufacturières sont des industries de transformation des biens, c’est-à-dire principalement des industries de fabrication pour compte propre. Mais elles concernent aussi la réparation et l’installation d’équipements industriels, ainsi que des opérations en sous-traitance pour un tiers donneur d’ordre. Cette activité correspond à la section C de la nomenclature NAF rév. 2.

La valeur ajoutée est égale à la valeur de la production diminuée des consommations intermédiaires.

Le solde du commerce extérieur (CAF/FAB) retracé dans les comptes nationaux est la différence entre la valeur des exportations FAB (franco à bord) et celle des importations CAF (coût, assurance, fret) entre deux pays (ou deux zones).

La productivité apparente du travail est ici calculée en rapportant la valeur ajoutée en volume à la somme de l’emploi salarié et de l’emploi intérimaire. Compte tenu des données disponibles, pour l’analyse des évolutions, l’emploi sectoriel est assimilé à un emploi par branche.

Pour en savoir plus

Debauche É., Arnaud F., Gallot P., « Les comptes de la Nation en 2016 - Le PIB croît de 1,2 %, le pouvoir d’achat des ménages accélère », Insee Première n° 1650, mai 2017.

Méot T., « Les services marchands en 2016 : la croissance gagne en vigueur », Insee Première n° 1653, juin 2017.

Andrieux V. et al., « Le commerce en 2016. La reprise amorcée en 2014 ne se dément pas », Insee Première n° 1655, juin 2017.

Casset-Hervio H., Lubatti G., Reynaud D., « L’agriculture en 2016 », Insee Première n° 1656, juillet 2017.

Rignols É., « L’industrie manufacturière en Europe de 1995 à 2015 : sa part dans l’économie recule, sauf en Allemagne », Insee Première n° 1637, mars 2017.

Laurent J., « L’industrie manufacturière : une reprise de l’activité confirmée en 2015 », Insee Focus n° 72, décembre 2016.

Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, « En 2016, la production en volume des IAA a diminué après deux années de faible hausse », Agreste Synthèses - Industries agroalimentaires n° 2017/304, mai 2017.

Douanes, « Le chiffre du commerce extérieur - Année 2016 », décembre 2016.