Santé, action sociale, culturelle et sportive : croissance de l'emploi, rajeunissement des effectifs sauf pour les médecins

Mélanie Chassard, Pierre-Stéphane Lèbre, Insee

En Bourgogne-Franche-Comté, le domaine de la santé, de l'action sociale, culturelle et sportive est celui où l'emploi a le plus progressé entre 2008 et 2013. Dans la santé, le rajeunissement des professions paramédicales et médicales est en cours, notamment chez les infirmiers. Cette dynamique n'est pas encore enclenchée pour les médecins, professions où les actifs sont en moyenne plus âgés : seul un médecin sur six est débutant en Bourgogne-Franche-Comté. Il faudra pourtant pallier le départ de quelque 6 000 médecins et professions assimilées dans la région entre 2010 et 2020.

Insee Flash Bourgogne-Franche-Comté
No 26
Paru le : 24/03/2017

Rassemblant plus de 120 000 personnes en Bourgogne-Franche-Comté, le domaine de la santé, de l'action sociale, culturelle et sportive se compose de métiers très variés. Les professions spécifiques de la santé, tels que médecins, pharmaciens, infirmiers ou encore aides-soignants et les professions para-médicales représentent les trois quarts des effectifs du domaine. Les professionnels de l'action sociale, culturelle et sportive forment le quart restant. Ce domaine sera moins confronté que les autres à la problématique des départs à la retraite. En effet, la part des seniors dans les actifs occupés en 2009 y est plus faible qu'ailleurs. Entre 2010 et 2020, 31 000 actifs, soit 28 % des personnes en emploi devraient ainsi avoir quitté définitivement le marché du travail, contre 32 % pour l’ensemble des professions.

Les médecins et métiers assimilés font exception : 44 % d'entre eux avaient 50 ans ou plus en 2009. Compte tenu de départs en fin de carrière plus tardifs dans ces professions, les retraits devraient s'échelonner au rythme régulier de 3 % par an sur toute la période. Au total, environ 6 000 médecins, dentistes pharmaciens et professions équivalentes auront cessé d'exercer dans la région en un peu plus de dix ans (figure 1).

Figure 1 – Des départs en fin de carrière nombreux dans la santé entre 2010 et 2015 Débuts et fins de carrière en Bourgogne-Franche-Comté pour les métiers du domaine de la santé

Des départs en fin de carrière nombreux dans la santé entre 2010 et 2015 
Domaines et familles professionnels période 2010-2015 période 2016-2020 Période 2006 - 2012
Départs cumulés Taux de retrait (%) Départs cumulés Taux de retrait (%) Part des actifs en début de carrière (%)
global annuel moyen global annuel moyen parmi les actifs en emploi parmi les embauches
Aides-soignants 3 300 12,8 2,0 3 800 14,5 2,8 25 54
Infirmiers, sages-femmes 3 400 13,9 2,2 3 500 14,5 2,7 33 63
Médecins et assimilés 3 300 21,0 3,2 2 800 17,8 3,3 17 37
Professions para-médicales 2 200 14,3 2,2 1 800 11,7 2,2 34 78
Professionnels de l'action sociale et de l'orientation 2 200 16,2 2,5 1 800 13,4 2,5 28 46
Professionnels de l'action culturelle, sportive et surveillants 1 500 9,1 1,5 1 200 7,4 1,4 41 69
Ensemble du domaine santé, action sociale, culturelle et sportive 15 900 14,3 2,3 14 900 13,5 2,6 30 60
Ensemble des domaines profesionnels 161 100 14,4 2,3 201 800 18,0 3,4 22 47
  • Sources : Insee, recensement de la population 2009, enquêtes emploi en continu 2006-2012, modèle de microsimulation.

Figure 2 – Un profil de formation très spécifique pour les métiers de la santé, diffus pour les autresProfil de formation des 32 000 actifs en début de carrière en emploi dans le domaine de la santé, de l’action sociale, culturelle et sportive

  • Sources : Insee, recensement de la population 2009, enquêtes emploi en continu 2006-2012, modèle de microsimulation

Un domaine en plein essor

Les métiers de la santé et de l'action sociale, culturelle et sportive ont été parmi les plus créateurs d'emploi au cours des dernières années. En Bourgogne-Franche-Comté, ils ont été ceux où l'emploi a le plus progressé entre 2008 et 2013 (+ 12,3 %).

Ces métiers, en plein essor, attirent les jeunes actifs. En particulier, les surveillants et professionnels de l'action culturelle et sportive bénéficient d'une progression très soutenue de l'emploi, de 11,4 % entre 2008 et 2013. Les recrutements de débutants y sont parmi les plus dynamiques : plus de deux actifs sur trois en poste depuis moins d'un an sont en début de carrière. Ces métiers, souvent des emplois d'attente ou transitoires pour les jeunes, sont occupés par de nombreux débutants issus de cursus de formation très variés.

Figure 3 – La zone d'emploi de Chatillon davantage touchée par les cessations d'activité

  • Sources : Insee, recensement de la population 2009, enquêtes emploi en continu 2006-2012, modèle de microsimulation

Le renouvellement des médecins pas encore amorcé, malgré des besoins importants

L'emploi est dynamique dans le secteur de la santé ; il progresse de 18,4 % pour le métier d'aides-soignants, de 14,4 % pour celui d'infirmier, de 11,4 % pour les professions para-médicales. Cette progression de l'emploi est plus contenue pour les médecins et professions assimilées (+ 5,3 %). À l'exception de ces derniers, le recrutement d'actifs en début de carrière sur les professions de la santé est dynamique. Ainsi, parmi les actifs en poste depuis moins d'un an sur une profession para-médicale, 78 % ont moins de onze ans d'ancienneté ; cette part s'élève à 63 % pour les infirmiers et 54 % pour les aides-soignants. Ces recrutements d'actifs en début de carrière conduisent à un rajeunissement de ces professions : un infirmier sur trois est en début de carrière, un aide-soignant sur quatre.

Pour les médecins, le renouvellement des effectifs par des jeunes diplômés n'est pas autant amorcé : 37 % des médecins recrutés ont moins de onze ans d'ancienneté. Ainsi, un médecin sur six est en début de carrière dans la région. Pourtant la profession est vieillissante et les cessations d'activité vont se poursuivre.

Le lien entre l'emploi et la formation est direct pour les professionnels de la santé : ces métiers, réglementés par le code de la santé publique, requièrent un diplôme spécifique. Les zones les moins denses de la région, déjà confrontées à des difficultés d'accès aux soins, risquent d'être les premières touchées par le déficit de médecins alors même que la population y est plus âgée. En effet, les jeunes médecins s'installent de préférence dans les zones urbaines. Le desserrement du numerus clausus peut assurer le renouvellement des effectifs de la profession. Toutefois, compte tenu de la longueur des études, le nombre de jeunes médecins n’augmentera pas rapidement dans les prochaines années.

Pour en savoir plus

Chassard M., Lèbre P-S., « Un actif sur trois aura cessé son activité entre 2010 et 2020 », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 10, septembre 2016

Chassard M., Lèbre P-S., « Actifs en début de carrière : la variété des métiers exercés dépend de la formation reçue », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 13, janvier 2017