Une démographie dynamique, malgré une légère baisse des naissances et un niveau élevé de décès

Aurélie Goin, Insee

Depuis 15 ans, les Pays de la Loire connaissent une forte croissance démographique, grâce au dynamisme du solde naturel et à l’arrivée de nouveaux habitants. Ces effets s’atténuent sur la période récente. La croissance de la population ralentit. La baisse des naissances y contribue. Celle-ci s’explique par le fléchissement de la fécondité et la diminution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Avec 2,04 enfants par femme en 2014, les Pays de la Loire demeurent l’une des régions les plus fécondes. Par ailleurs, les décès sont plus nombreux depuis plusieurs années avec l’arrivée des générations du babyboom à des âges élevés à fort taux de mortalité.

Publications grand public
Insee Flash Pays de la Loire – No 62
Paru le : 17/01/2017

Au 1er janvier 2016, la population des Pays de la Loire est estimée à 3 743 982 habitants. La croissance démographique est soutenue depuis 15 ans, de l’ordre de 31 000 habitants supplémentaires chaque année, soit + 0,9 % en moyenne annuelle contre + 0,6 % en France métropolitaine (figure 1). Ce rythme est le 3e plus élevé de France métropolitaine derrière la Corse et l’Occitanie. La croissance n'est cependant pas homogène sur le territoire régional.

Figure 1 – Moindre depuis 2008, le dynamisme démographique de la région se poursuitÉvolution annuelle de la population des Pays de la Loire et de France métropolitaine entre 2000 et 2016 (en %)

Moindre depuis 2008, le dynamisme démographique de la région se poursuit
Pays de la Loire France métropolitaine Pays de Loire, résultats provisoires France métropolitaine, résultats provisoires
2000 0,90 0,62
2001 1,01 0,69
2002 1,00 0,71
2003 1,00 0,70
2004 0,96 0,67
2005 1,05 0,76
2006 1,03 0,72
2007 0,93 0,64
2008 0,79 0,55
2009 0,82 0,53
2010 0,92 0,48
2011 0,83 0,49
2012 0,87 0,48
2013 0,78 0,51
2014 0,81 0,52 0,81 0,52
2015 (p) 0,78 0,49
2016 (p) 0,66 0,41
  • (p) résultats provisoires à fin 2016.
  • Source : Insee, estimations de population.

Figure 1 – Moindre depuis 2008, le dynamisme démographique de la région se poursuitÉvolution annuelle de la population des Pays de la Loire et de France métropolitaine entre 2000 et 2016 (en %)

Une croissance démographique qui ralentit légèrement

Si elle reste soutenue, la hausse de la population régionale ralentit légèrement, passant de 32 600 habitants supplémentaires par an entre 2000 et 2008 à 30 100 entre 2008 et 2014. Les estimations de population de 2015 et de 2016 confirment ce ralentissement : la croissance serait de 26 700 habitants par an entre 2014 et 2016 (sources).

Sur la période 2000-2014, le ralentissement est plus marqué en France métropolitaine que dans les Pays de la Loire. À part les Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, toutes les régions sont concernées. La décélération serait désormais un peu plus forte dans les Pays de la Loire qu’au niveau national.

Dans les Pays de la Loire, la croissance de la population résulte de deux moteurs relativement équilibrés : l'excédent des naissances sur les décès (solde naturel) et celui des arrivées dans la région sur les départs (solde migratoire). Au niveau national, la croissance repose avant tout sur le solde naturel.

La baisse des naissances se poursuit

Sur la période récente, la baisse du nombre de naissances contribue au ralentissement de la croissance démographique. En 2016, 41 320 bébés seraient nés dans les Pays de la Loire (estimation provisoire), soit 730 naissances de moins que l’année précédente. La baisse se poursuit depuis le pic de 2010 (figure 2). Elle est plus marquée qu’au niveau national.

Figure 2 – Une diminution des naissances depuis le pic de 2010 Évolution du nombre de naissances dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2016 (base 100 en 2000)

Une diminution des naissances depuis le pic de 2010
Pays de la Loire France métropolitaine Pays de la Loire, résultats provisoires France métropolitaine, résultats provisoires
2000 100,00 100,00
2001 98,20 99,49
2002 97,64 98,29
2003 98,56 98,28
2004 99,92 99,12
2005 101,04 99,95
2006 104,27 102,85
2007 102,59 101,46
2008 103,28 102,75
2009 103,32 102,41
2010 104,40 103,59
2011 102,30 102,34
2012 101,66 101,99
2013 100,60 100,86
2014 99,16 100,78 99,16 100,78
2015 95,00 98,00
2016 (p) 94,00 96,00
  • (p) résultats provisoires à fin 2016.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 2 – Une diminution des naissances depuis le pic de 2010 Évolution du nombre de naissances dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2016 (base 100 en 2000)

La natalité résulte de deux facteurs : le nombre de femmes en âge de procréer et leur fécondité. Depuis le milieu des années 1990, le nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans, période où les femmes sont les plus fécondes, a tendance à diminuer. Dans les Pays de la Loire, cette baisse est plus marquée depuis deux ans. En 2014, 451 500 femmes ont entre 20 et 40 ans dans les Pays de la Loire, soit 4 040 de moins qu’un an auparavant. L’indicateur conjoncturel de fécondité (définitions) a fortement progressé entre 2000 et 2010 ; depuis, il diminue régulièrement (figure 3). Dans la région, il demeure nettement supérieur au niveau national. En 2014, il s’élève à 2,04 enfants par femme dans la région. Les Pays de la Loire sont la 3e région la plus féconde avec l’Île-de-France, derrière Provence-Alpes-Côte-d’Azur et les Hauts-de-France. La Mayenne demeure le département le plus fécond de la région, avec 2,14 enfants par femme en 2014. Depuis 2010, la baisse de la fécondité est plus marquée dans ce département ; l'indicateur conjoncturel de fécondité y est désormais proche de celui de la Sarthe (2,13). La Mayenne est néanmoins le 9e département de France métropolitaine le plus fécond. À l’inverse, la fécondité est la plus faible de la région en Loire-Atlantique (2,00 enfants par femme en 2014). Elle y demeure néanmoins supérieure au niveau national.

Figure 3 – Une fécondité en baisse depuis 2010 mais supérieure au niveau nationalIndicateur conjoncturel de fécondité dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2014 (en nombre d’enfants par femme)

Une fécondité en baisse depuis 2010 mais supérieure au niveau national
Pays de la Loire France métropolitaine
2000 2,01 1,87
2001 1,98 1,88
2002 1,98 1,86
2003 2,00 1,87
2004 2,03 1,90
2005 2,06 1,92
2006 2,12 1,98
2007 2,09 1,96
2008 2,11 1,99
2009 2,11 1,99
2010 2,13 2,02
2011 2,10 2,00
2012 2,09 1,99
2013 2,07 1,97
2014 2,04 1,98
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil, estimations de population.

Figure 3 – Une fécondité en baisse depuis 2010 mais supérieure au niveau nationalIndicateur conjoncturel de fécondité dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2014 (en nombre d’enfants par femme)

Des décès qui demeurent à un niveau élevé

En 2016, le nombre de décès diminue tant au niveau national que dans les Pays de la Loire : 33 320 Ligériens seraient décédés (estimation provisoire), soit 540 de moins qu’en 2015 (figure 4). L'année 2015 avait été marquée par une forte hausse des décès (+ 2 750, soit + 8,8 % par rapport à 2014). Comme au niveau national, la baisse de 2016 ne compense pas cette importante augmentation. Ces deux dernières années s’inscrivent dans la tendance à la hausse amorcée au début des années 2010, avec l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité. Le niveau de décès résulte à la fois de la taille des générations et de la mortalité à chaque âge. En 2015, s’étaient ajoutés des événements conjoncturels défavorables (épidémie de grippe importante et épisodes de canicule). En 2016, l’épidémie de grippe et les deux épisodes de canicule ont eu peu d’impact sur la mortalité au niveau national.

Figure 4 – Des décès à un niveau plus élevé depuis 2012 Évolution du nombre de décès dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2016 (base 100 en 2000)

Des décès à un niveau plus élevé depuis 2012
Pays de la Loire France métropolitaine Pays de la Loire, résultats provisoires France métropolitaine, résultats provisoires
2000 100,00 100,00
2001 99,69 100,06
2002 100,85 100,82
2003 106,57 104,08
2004 97,64 96,00
2005 99,45 99,41
2006 98,48 97,33
2007 101,05 98,17
2008 102,93 100,28
2009 103,86 101,42
2010 104,57 101,81
2011 103,68 100,81
2012 109,94 105,39
2013 110,62 105,23
2014 108,06 103,07
2015 118,00 110,00 118,00 110,00
2016(p) 116,00 108,00
  • (p) résultats provisoires à fin 2016.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 4 – Des décès à un niveau plus élevé depuis 2012 Évolution du nombre de décès dans les Pays de la Loire et en France métropolitaine entre 2000 et 2016 (base 100 en 2000)

Une espérance de vie plus longue qu’au niveau national

Dans les conditions de mortalité de 2014, dans les Pays de la Loire, un homme vivrait en moyenne 79,5 ans, soit en moyenne plus d’un trimestre supplémentaire par an au cours des dix dernières années. L’espérance de vie des femmes demeure nettement supérieure : en 2014, elle s’élève à 85,9 ans. L’écart d’espérance de vie entre hommes et femmes continue de se réduire : il était de 7,3 ans en 2004, contre 6,4 ans en 2014.

Dans les Pays de la Loire, l’espérance de vie est supérieure à la moyenne nationale pour les deux sexes. Parmi les mieux classées pour l’espérance de vie des femmes, la région se situe dans la médiane pour les hommes (6e rang). L’espérance de vie est plus élevée en Maine-et-Loire et en Mayenne tant pour les hommes que pour les femmes.

Sources

Les statistiques d’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Pour 2016, il s’agit d’une estimation provisoire basée sur les évènements enregistrés au cours des dix premiers mois de l’année. Les naissances et les décès sont comptabilisés au lieu de domicile respectivement de la mère et du défunt (évènements dits domiciliés).

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il fixe les niveaux de référence pour les années où il est disponible. Pour les années 2015 et 2016, les estimations de population sont provisoires : la population du dernier recensement (soit 2014) est actualisée grâce à des estimations du solde naturel (différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès) et du solde migratoire (différence entre le nombre de personnes qui entrent sur le territoire et le nombre de personnes qui en sortent). Le solde migratoire de 2014 est estimé par la moyenne des trois derniers soldes apparents définitifs (2011, 2012 et 2013). Ce solde est reporté pour 2015 et 2016 de façon provisoire.

Définitions

L’indicateur conjoncturel de fécondité est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur peut être interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtraient tout au long de leur vie les taux de fécondité par âge observés cette année-là. Il s’agit d’un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de l’année considérée.

L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée. Il s’agit d’un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge de l’année considérée.

Pour en savoir plus

Bellamy V., Beaumel C., « Bilan démographique 2016 – À nouveau en baisse, la fécondité atteint 1,93 enfant par femme en 2016 », Insee Première, n° 1630, janvier 2017.

Capelle D., Rodrigues A., « Pays de la Loire : un fort dynamisme démographique », Insee Flash Pays de la Loire, n° 61, janvier 2017.

Le Graët A., « Naissances dans les Pays de la Loire : de plus en plus de mères après 40 ans », Insee Flash Pays de la Loire, n° 49, septembre 2016.

Aguer O., Goin A., « Une démographie dynamique malgré un léger ralentissement », Insee Analyses Pays de la Loire, n° 27, janvier 2016.

Masson L., « La fécondité en France résiste à la crise », in France, portrait social, Insee Références, édition 2015, pp. 11-23.