Le BTP en Corse

Le BTP a un poids particulièrement important dans l’économie corse. Ce secteur a en effet connu une forte croissance dans la première décennie des années 2000, portée notamment par une demande soutenue de logements collectifs et des dépenses publiques élevées. Cependant, bien que moins impacté par la crise qui touche le secteur sur le continent depuis 2009, le marché ralentit à partir de 2010. Cela se traduit progressivement par des pertes d’emplois et une détérioration de la rentabilité économique des entreprises. Dans ce contexte, l’emploi salarié reste très masculin, fortement ouvrier et se caractérise par une main-d’œuvre étrangère importante, originaire de plus en plus d’Europe, en majorité du Portugal. Pourtant, les emplois du secteur sont plus stables que dans le reste de l’économie, très saisonnière. Mais, compte tenu de la structure du tissu productif sur l’île (moins d’emplois qualifiés et de grandes entreprises), les salaires de la construction sont plus faibles qu’en France de province. Le secteur compte également de nombreux non-salariés, en lien notamment avec le succès du statut d’auto-entrepreneur, particulièrement élevé dans la région. Enfin, les plus fortes conséquences de la dégradation dans le BTP sont visibles chez les demandeurs d’emploi qui ont plus que triplé depuis fin 2008.

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Insee Dossier Corse
Paru le : 13/12/2016
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Les salariés du BTP : toujours une prédominance d’ouvriers non-qualifiés

Stéphanie Balzer, Insee

En Corse, les salariés du BTP occupent des postes moins qualifiés et sont moins diplômés que leurs homologues de France de province. En 2013, les trois quarts sont des ouvriers, en majorité non-qualifiés, en particulier dans le gros-œuvre. Ils sont 45 % à ne détenir aucun diplôme, soit une part deux fois plus élevée que sur le continent. Toutefois, le nombre de détenteurs d’un CAP ou d’un BEP a tendance à se développer avec l’entrée des jeunes sur le marché du travail. La faible qualification des salariés du secteur est liée en partie au poids important des étrangers dans les effectifs. Cette main-d’œuvre est de plus en plus d’origine européenne. Enfin, contrairement à l’ensemble de l’économie marchande insulaire, le bâtiment est un secteur où le renouvellement des générations semble assuré. Il demeure en outre très peu féminisé puisque seulement un salarié sur dix qui y travaille est une femme.

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Paru le : 13/12/2016