Portrait des seniors du Grand Est : une population moins touchée par la pauvreté

Coralie Ramaye, Insee

En 2013, près d’une personne sur quatre est âgée de plus de 60 ans dans le Grand Est. Les seniors sont plus présents en milieu urbain qu’en milieu rural. Depuis 1982, la part des personnes âgées a progressé plus fortement dans le Grand Est qu’en France métropolitaine. En 2013, près de trois quarts des seniors sont propriétaires de leur logement et près de sept sur dix vivent en maison individuelle. Le logement en maison diminue avec l’avancée en âge au profit du logement en communauté.

Plus souvent non salariés que les autres actifs en emploi, les seniors sont sur-représentés dans les métiers d’agriculteur, d’artisan, de commerçant ou de chef d’entreprise. Le niveau de vie des seniors dans la région est proche du niveau national, mais ils sont moins touchés par la pauvreté.

En 2013, la région Grand Est compte 1 329 200 seniors âgés de plus de 60 ans, soit 23,9 % de sa population contre 24,2 % en France métropolitaine (figure 1). Le Grand Est est la troisième région métropolitaine la moins âgée derrière les Hauts-de-France (21,7 %) et l’Île-de-France (18,9 %).

Comme en France métropolitaine, les seniors sont moins présents dans les grandes aires urbaines de la région que dans les aires de petite et de moyenne taille ou dans les espaces hors de leur influence (figure 2). Dans les grandes aires urbaines telles que Toul, Reims, Strasbourg, Haguenau, Bâle-Saint-Louis, Sélestat, Metz ou Nancy, la part des seniors est inférieure à la moyenne régionale. À l’inverse, elle peut dépasser un tiers de la population dans les aires de plus petite taille. C’est par exemple le cas des aires de Nogent, Vittel ou Arcis-sur-Aube. Pour certaines d’entre elles, la forte proportion de seniors s’explique en partie par un nombre important de places d’hébergements pour personnes âgées, comme les aires de Ligny-en-Barrois (Meuse) ou de Brienne-le-Château (Aube). Par ailleurs, la proportion de seniors est particulièrement élevée dans certaines communes peu peuplées et à l’écart des grandes aires urbaines. C‘est notamment le cas des communes à la frontière sud de la région et au sud-est des Ardennes.

Ces disparités distinguent les territoires de la région. La population est relativement jeune dans le Sillon lorrain ou dans les départements rhénans. En revanche, elle est plus âgée dans les départements ruraux tels que la Haute-Marne (29,1 % de seniors), les Vosges (27,7 %), l’Aube (26,3 %) et la Meuse (26,1 %). Dans ces derniers, le vieillissement est renforcé par le départ massif des jeunes, qui quittent ces départements peu pourvus en structures d’enseignement du supérieur et dont le marché du travail local offre moins d’opportunités.

Figure 1 – Moins de seniors dans le Grand Est

Moins de seniors dans le Grand Est
Régions Part des 60 ans ou plus (en %)
Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine 23,9
Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes 28,4
Auvergne et Rhône-Alpes 24,0
Bourgogne et Franche-Comté 27,2
Bretagne 26,3
Centre-Val de Loire 26,7
Corse 27,7
Île-de-France 18,9
Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées 27,1
Nord-Pas-de-Calais-Picardie 21,7
Normandie 25,2
Pays de la Loire 24,5
Provence-Alpes-Côte d'Azur 27,3
  • Lecture : en 2013, les seniors âgés de 60 ans ou plus représentent 18,9 % de la population en Île-de-France.
  • Source : Insee, recensement de la population 2013, exploitation complémentaire au lieu de résidence.

Figure 1 – Moins de seniors dans le Grand EstPart des 60 ans et plus (en %)

Figure 2 – Des seniors plus présents hors des grandes aires urbainesPart des seniors dans le Grand Est

Lecture : en 2013, l'aire urbaine de Strasbourg, tout comme celle de Reims, compte 21,0 % de seniors.

Source : Insee, recensement de la population 2013, exploitation complémentaire au lieu de résidence.

Des seniors de plus en plus nombreux

L’avancée en âge des générations nombreuses du baby-boom, nées entre 1946 et 1975, amplifiée par l’allongement de la durée de vie, modifie profondément la structure par âge de la population. Celle-ci est vieillissante dans toutes les régions de France métropolitaine.

En 1982, le Grand Est comptait deux fois moins de personnes âgées de plus de 60 ans que de personnes âgées de moins de 20 ans. Avec un rapport de 49 seniors pour 100 jeunes, le Grand Est a une population plus jeune que la France métropolitaine ou que la France de province (respectivement 59 et 60 pour 100). En 2013, les seniors sont légèrement plus nombreux que les jeunes au sein de la région. L’indice de vieillissement (définitions) s’élève à 101 pour 99 au niveau national et 106 en France de province. Le Grand Est se place ainsi au 9e rang des 13 régions de France métropolitaine derrière la Normandie (102) et devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (97).

Les départements du Bas-Rhin, de la Marne, du Haut-Rhin et de la Meurthe-et-Moselle sont les plus jeunes du Grand Est avec un indice de vieillissement en dessous de la moyenne nationale (respectivement 92, 94, 97 et 99). À l’inverse, la Haute-Marne est le département où le phénomène de vieillissement est le plus marqué (133, soit 133 seniors pour 100 jeunes), suivi des Vosges (120). Entre 1982 et 2013, ces deux départements ont connu un accroissement du déséquilibre intergénérationnel plus important (respectivement + 80 points et + 63 points d’indice).

L’évolution du rapport entre les moins de 20 ans et les plus de 60 ans résulte à la fois de la diminution du nombre de jeunes et de l’augmentation du nombre de seniors (- 334 800 jeunes et + 517 700 seniors entre 1982 et 2013 dans la région). Entre 1982 et 2013, la part des personnes âgées de plus de 60 ans a progressé de 8 points dans le Grand Est pour 7 points en France métropolitaine. Dans la région, la Haute-Marne connaît la plus forte progression des départements métropolitains (+ 12 points). Cette hausse est également forte en Moselle et dans les Vosges (+ 10 points), les plaçant dans le peloton de tête. Cette augmentation de la part des seniors en Haute-Marne et dans les Vosges est accentuée par la baisse de la population en âge de travailler (respectivement - 15,6 % et - 5,0 % entre 1982 et 2013).

Si les tendances actuelles d’espérance de vie et de mobilités résidentielles se poursuivaient, la part des seniors dans la région continuerait de croître au cours des prochaines années. En 2040, les personnes âgées de plus de 60 ans représenteraient un tiers de la population de la région (figure 3). Celles de plus de 80 ans progresseraient de 4 points par rapport à 2013 pour atteindre 10 % en 2040.

Ces tendances démographiques apportent un éclairage dans l’orientation des politiques en faveur des personnes âgées. Leur prise en charge nécessite la mise en place de politiques sociales adaptées et d’aides financières telles que l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), destinée aux personnes de 60 ou plus en perte d’autonomie, dans un contexte de restriction budgétaire.

Figure 3 – En 2040, un habitant du Grand Est sur trois est un senior

en effectifs
En 2040, un habitant du Grand Est sur trois est un senior
Âge Population réelle en 2013 Population projetée en 2040
0 61 876 60 553
1 62 254 60 074
2 64 541 60 345
3 65 631 60 542
4 65 474 60 539
5 66 864 60 296
6 65 948 60 179
7 65 724 60 193
8 66 529 60 291
9 65 572 60 411
10 66 546 60 542
11 67 360 60 861
12 67 180 61 259
13 66 299 61 338
14 67 129 61 648
15 66 953 62 162
16 66 152 62 534
17 65 816 63 207
18 68 086 63 624
19 68 153 64 154
20 67 705 64 781
21 68 374 64 983
22 68 637 65 371
23 67 473 64 929
24 68 387 65 112
25 66 448 65 032
26 66 922 64 298
27 66 481 65 663
28 67 616 65 799
29 67 612 66 210
30 68 681 67 292
31 69 257 66 939
32 68 582 67 773
33 66 998 66 860
34 66 041 65 100
35 66 751 65 571
36 66 854 64 984
37 67 129 66 675
38 70 593 67 671
39 74 102 68 929
40 76 332 67 282
41 77 232 65 800
42 76 628 65 668
43 77 333 66 237
44 77 072 65 278
45 77 413 64 744
46 78 327 63 470
47 77 885 66 818
48 78 933 68 626
49 78 936 68 856
50 80 112 70 278
51 79 181 68 765
52 77 068 69 717
53 76 339 70 779
54 76 732 68 244
55 76 021 67 521
56 76 679 65 200
57 75 344 68 831
58 74 598 68 669
59 74 730 67 526
60 73 009 63 429
61 71 928 60 607
62 72 532 61 182
63 70 919 59 341
64 68 908 60 079
65 62 568 63 656
66 57 390 66 449
67 53 297 68 714
68 47 302 68 133
69 42 376 66 022
70 41 893 65 245
71 41 583 64 242
72 41 775 63 566
73 41 468 65 121
74 41 442 63 232
75 41 895 64 163
76 40 703 62 492
77 39 234 59 632
78 38 084 58 466
79 36 495 56 989
80 36 320 55 914
81 34 499 52 899
82 33 050 51 039
83 30 236 48 606
84 27 604 45 867
85 23 658 43 889
86 22 267 40 297
87 19 686 38 042
88 16 811 33 586
89 14 617 31 464
90 12 441 27 633
91 9 738 23 912
92 6 984 19 903
93 4 837 15 671
94 3 465 9 766
95 2 064 7 850
96 1 520 6 033
97 1 389 4 413
98 972 3 107
99 et plus 2 198 7 534
  • Lecture : en 2013, 36 300 personnes sont âgées de 80 ans dans le Grand Est. En 2040, le nombre de personnes du même âge s'élèverait à 55 900.
  • Source : Insee, recensement de la population 2013, exploitation complémentaire au lieu de résidence ; projection Omphale 2010 (scénario central).

Figure 3 – En 2040, un habitant du Grand Est sur trois est un seniorRépartition de la population selon l'âge en 2013 et en 2040 dans le Grand Est

Deux tiers des seniors propriétaires d’une maison individuelle

Les seniors sont davantage propriétaires de leur logement que l’ensemble de la population. En 2013, plus de 70 % des plus de 60 ans de la région ont accédé à la propriété, soit près de 10 points de plus que les 30-59 ans (figure 4). Toutefois, la part des seniors propriétaires diminue avec l’avancée en âge. Dans la région comme en France métropolitaine, plus de 75 % des seniors de moins de 70 ans sont propriétaires de leur logement contre 65 % à partir de 80 ans.

Les seniors vivent plus souvent en maison individuelle qu’en appartement. Ainsi, près de sept seniors sur dix occupent une maison contre six sur dix pour l’ensemble de la population régionale. Comme pour l’ensemble de la population, cette préférence pour la maison individuelle est plus marquée pour les seniors de la région qu’au niveau national (69,4 % contre 67,1 % en France métropolitaine). Elle est en partie liée au caractère rural de certains territoires du Grand Est. Dans les départements les moins urbanisés tels que la Meuse ou la Haute-Marne, la maison constitue l’habitat privilégié pour plus de 80 % des seniors contre un peu plus de 60 % dans le Bas-Rhin. Par ailleurs, 25,7 % des seniors de la région vivent en appartement, soit 2 points de moins qu’en France métropolitaine. Les autres (4,4 % dans la région et 4,6 % dans l’hexagone) vivent principalement hors d’un logement ordinaire, dans différents types de communautés, (établissements de santé, maisons de retraite, communautés religieuses,…). Avec l’âge, la part de personnes résidant en appartement reste stable, tandis que celle des personnes vivant en maison individuelle diminue au profit du logement en communauté.

En outre, si entre 60 et 79 ans les seniors vivent majoritairement en couple sans enfant dans un logement ordinaire, à partir de 80 ans ils vivent principalement seuls ou en communauté. Dans le Grand Est, 43,1 % des personnes de 80 ans ou plus vivent seules et 13,6 % vivent en communauté (respectivement 42,4 % et 13,6 % en France métropolitaine) pour seulement 23,7 % et 1,7 % des 60-79 ans (respectivement 24,6 % et 1,7 % en France métropolitaine). Le recours à la communauté est surtout visible à partir de 80 ans, reflétant la nécessité de bénéficier de services au quotidien et des difficultés plus importantes à vivre de manière autonome dans une maison.

Figure 4 – Plus de deux tiers des seniors vivent en maison individuelleRépartition de la population du Grand Est selon l'âge et le type de logement (en %)

Plus de deux tiers des seniors vivent en maison individuelle
Ensemble de la population Population des 15-59 ans Population des 60 ans ou plus
Ensemble 60-69 ans 70-79 ans 80 ans ou plus
Répartition selon le statut d'occupation du logement :
- Propriétaires 60,7 56,8 73,3 75,3 76,2 65,3
- Locataires 34,9 39,0 20,7 22,3 19,7 18,6
- Logés gratuitement 2,0 2,2 1,7 1,3 1,6 2,5
- Autres (résidences pour personnes âgées, à vocation sociale,...) 2,4 2,1 4,4 1,1 2,5 13,6
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Répartition selon le type de logement :
- Maison 62,3 59,0 69,4 72,2 71,5 60,9
- Appartement 34,9 38,5 25,7 26,3 25,5 24,6
- Communauté 2,4 2,1 4,4 1,1 2,5 13,6
- Autres (chambre d'hôtel, foyer,...) 0,4 0,4 0,5 0,4 0,4 0,9
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Lecture : en 2013, 65,3 % des seniors âgés de 80 ans ou plus sont propriétaires de leur logement. Par ailleurs, 60,9 % des 80 ans ou plus vivent dans une maison, 24,6 % occupent un appartement et 13,6 % sont en communauté.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2013, exploitation complémentaire au lieu de résidence.

Un maintien dans la vie active très dépendant de la profession exercée

Le passage de l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans comme la révision des conditions de départ anticipé (préretraites, retraites anticipées pour carrière longue, refonte puis suppression de la dispense de recherche d’emploi) ont favorisé le maintien des seniors parmi les actifs, en emploi ou au chômage. Dans le Grand Est, le taux d’activité des seniors est de 7,0 % en 2013 contre 4,7 % en 2008 et leur taux de chômage de 8,6 % en 2013 contre 6,6 % en 2008. Ces taux d’activité et de chômage des seniors sont légèrement inférieurs à ceux de la France métropolitaine (respectivement 8,0 % et 8,8 % en 2013). Dans la région, parmi les 93 690 actifs âgés de plus de 60 ans en 2013, 85 650 sont en emploi. Ils représentent 3,8 % de l’ensemble des actifs occupés, soit 0,5 point de moins qu’en France métropolitaine.

Les seniors, comme l’ensemble des actifs en emploi de la région, travaillent surtout dans le commerce, les transports et les services divers (40,0 % d’entre eux). Ils sont également nombreux à exercer dans les administrations publiques, l’enseignement, la santé et l’action sociale (38,1 % d’entre eux contre 33,1 % pour l’ensemble des actifs occupés de la région).

S’agissant de leur profession, un quart des seniors en emploi occupent des postes d’employés (contre 29,2 % pour l’ensemble des actifs occupés). L’expérience facilite l’accès aux fonctions d’encadrement : 22,5 % des seniors sont cadres contre 13,1 % pour l’ensemble des actifs en emploi de la région. Ces parts sont inférieures de 4 points à la moyenne nationale en raison de la structure du tissu productif de la région plus orientée vers l’industrie où les postes d’encadrement sont moins fréquents que dans le tertiaire. Par ailleurs, les seniors sont sur-représentés dans les métiers d’agriculteur et d’artisan, commerçant et chef d’entreprise. En effet, 5,6 % des plus de 60 ans sont agriculteurs, 12,4 % sont artisans, commerçants ou chefs d’entreprise contre respectivement 1,8 % et 5,6 % pour l’ensemble des actifs en emploi de la région. Ces métiers sont surtout exercés par les indépendants, qui prolongent plus souvent leur activité au-delà de l’âge légal de départ à la retraite. Ainsi, 27,1 % des seniors en emploi sont non salariés contre 10 % pour l’ensemble des actifs occupés du Grand Est. Par ailleurs, plus de 60 % sont en contrat à durée indéterminée (plus de 75 % pour l’ensemble des actifs occupés). Seul 9,3 % d’entre eux occupent un emploi précaire (contrat à durée déterminée, intérim, stage, apprentissage, qualification, emploi aidé) contre 13,5 % pour l’ensemble des actifs en emploi de la région (figure 5 et figure 6).

Figure 5 – Un prolongement de la vie active pour les seniors non salariés

en %
Un prolongement de la vie active pour les seniors non salariés
CDI Emplois à durée limitée Non-salariés
Ensemble des actifs occupés 76,5 13,5 10,0
15 à 59 ans 77,0 13,7 9,3
60 à 64 ans 66,9 8,7 24,4
65 ans ou plus 53,4 11,3 35,3
  • Lecture : en 2013, dans la région Grand Est, 66,9 % des actifs en emploi âgés de 60 à 64 ans sont en CDI, 8,7 % ont un emploi à durée limitée et 24,4 % sont non salariés.
  • Source : Insee, recensement de la population 2013, exploitation complémentaire au lieu de travail.

Figure 5 – Un prolongement de la vie active pour les seniors non salariésRépartition de la population active occupée selon les conditions d'emploi

Figure 6 – Une baisse rapide de l'emploi des seniors entre 60 ans et 65 ans

en %
Une baisse rapide de l'emploi des seniors entre 60 ans et 65 ans
Âge CDI Emplois à durée limitée Non-salariés Actifs occupés
60 ans 23,1 2,2 5,8 31,0
61 ans 14,3 1,7 4,7 20,6
62 ans 10,6 1,5 3,9 16,0
63 ans 8,0 1,2 3,4 12,6
64 ans 5,8 1,1 3,2 10,1
65 ans 3,1 0,7 2,3 6,1
66 ans 2,5 0,6 1,7 4,9
67 ans 1,8 0,5 1,8 4,1
68 ans 1,6 0,4 1,4 3,4
69 ans 1,4 0,3 1,1 2,7
  • Lecture : en 2013, dans la région Grand Est, 31 % des personnes âgées de 60 ans sont des actifs occupant un emploi contre 2,7 % de celles âgées de 69 ans.
  • Source : Insee, recensement de la population 2013, exploitation complémentaire au lieu de résidence.

Figure 6 – Une baisse rapide de l'emploi des seniors entre 60 ans et 65 ansRépartition des seniors actifs occupés de 60 à 69 ans selon les conditions d'emploi

Une pauvreté monétaire des seniors moins prononcée dans le Grand Est

L’avancée en âge entraîne généralement une augmentation progressive des revenus, liée en partie à l’acquisition d’expérience. En 2013, le niveau de vie médian des ménages dont le référent fiscal est âgé de 60 à 74 ans s’élève ainsi à 22 070 euros par an et par unité de consommation (UC), contre 20 240 euros pour l’ensemble de la population du Grand Est (figure 7). Il est plus faible pour les 75 ans ou plus (19 910 euros) dont le revenu se compose à plus de 80 % de retraites et de pensions. Les niveaux de vie des seniors de la région sont légèrement inférieurs à ceux de la France métropolitaine.

Les inégalités de revenus peuvent se mesurer par le rapport entre le revenu des plus riches (dernier décile) et celui des plus modestes (premier décile). Dans la région, parmi les 60-74 ans, les 10 % les moins favorisés disposent ainsi d’un revenu 3,2 fois moins élevé que celui des 10 % des plus aisés (définitions). Pour les 75 ans ou plus, ce rapport est de 2,7. Les écarts de revenus entre les plus riches et les plus pauvres sont particulièrement importants dans les départements où les niveaux de vie des plus aisés sont élevés. Dans la Marne et le Haut-Rhin, parmi les 60 à 74 ans, les 10 % les plus modestes ont un revenu 3,4 fois inférieur à celui des 10 % les plus riches. Pour les 75 ans ou plus, la Marne et le Bas-Rhin détiennent les plus grands écarts de revenu (rapport respectivement de 2,9 et 2,8).

Les générations les plus âgées, dont la carrière professionnelle a bénéficié des décennies de croissance, sont moins touchées par la pauvreté. Elles le sont encore moins quand le patrimoine est pris en compte, ce qui n’est pas le cas ici. En 2013, 14,0 % de la population du Grand Est vit sous le seuil de pauvreté, soit avec un revenu disponible inférieur à 1 010 euros par mois et par UC (définitions). Pour les personnes vivant dans un ménage dont le référent fiscal est âgé de 60 à 74 ans, ce taux est de 8,1 % et de 7,0 % pour les 75 ans ou plus. Les seniors de la région sont moins touchés par la pauvreté qu’en France métropolitaine où les taux s’élèvent à 9,3 % pour les 60-74 ans et 8,9 % pour les 75 ans ou plus. C’est dans le Grand Est et le Centre-Val-de-Loire que le taux de pauvreté pour les 75 ans ou plus est le plus faible. Dans la région, la pauvreté des seniors est plus importante dans les départements où le taux de pauvreté est globalement élevé. Il atteint 11,4 % pour les 60-74 ans dans les Ardennes et 10,3 % pour les 75 ans ou plus dans la Haute-Marne. À l’inverse, la pauvreté est plus faible dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin avec un taux de 6,8 % pour les 60-74 ans dans le Bas-Rhin et de 5,3 % pour les 75 ans ou plus dans le Haut-Rhin.

Figure 7 – Une pauvreté moins marquée pour les générations les plus âgéesComparaison des taux de pauvreté selon l’âge du référent fiscal en 2013

Une pauvreté moins marquée pour les générations les plus âgées
Grand Est France métropolitaine
Taux de pauvreté Niveau de vie médian 1er décile (D1) 9e décile (D9) Rapport interdécile (D9/D1) Taux de pauvreté Niveau de vie médian 1er décile (D1) 9e décile (D9) Rapport interdécile (D9/D1)
Moins de 30 ans 24,8 16 846 8 553 27 089 3,2 22,8 17 255 8 742 27 699 3,2
30 à 39 ans 17,9 19 073 9 910 32 407 3,3 16,7 19 382 10 100 33 485 3,3
40 à 49 ans 16,5 19 516 10 250 35 071 3,4 16,9 19 316 10 106 35 808 3,5
50 à 59 ans 12,2 22 358 11 260 40 498 3,6 14,0 21 790 10 600 40 800 3,8
60 à 74 ans 8,1 22 068 12 793 40 661 3,2 9,3 22 205 12 351 41 881 3,4
75 ans ou plus 7,0 19 911 13 008 35 022 2,7 8,9 20 051 12 430 37 523 3,0
Ensemble 14,0 20 241 10 825 36 452 3,4 14,5 20 185 10 640 37 290 3,5
  • Le niveau de vie médian des 75 ans ou plus est inférieur à celui des 60-74 ans dans le Grand Est comme en France métropolitaine.
  • Pour l’ensemble de la population de la région, les 10 % les plus riches perçoivent un revenu 3,4 fois plus élevé que les 10 % les plus pauvres.
  • Lecture : en 2013, dans la région Grand Est, 24,8 % des personnes vivant au sein d’un ménage dont le référent fiscal est âgé de moins de 30 ans vit sous le seuil de pauvreté contre 7,0 % pour les personnes vivant dans un ménage dont le référent fiscal a 75 ans ou plus.
  • Source : Insee, fichier localisé social et fiscal 2013.

Définitions

Les seniors désignent les personnes âgées de plus de 60 ans.

L’indice de vieillissement est une mesure de l’équilibre intergénérationnel, il rapporte la population des plus de 60 ans à celle des moins de 20 ans. Un indice de 100 indique que les plus de 60 ans et les moins de 20 ans sont présents dans les mêmes proportions sur le territoire. Plus l’indice est élevé, plus le vieillissement est important.

Les déciles d’une distribution permettent de calculer des rapports interdéciles :

  • le rapport D9/D1 met en évidence l’écart entre le haut et le bas de la distribution ; c’est une des mesures de l’inégalité de cette distribution ;
  • le rapport D9/D5 compare le haut de la distribution à la valeur médiane ;
  • le rapport D5/D1 compare la médiane au bas de la distribution.

Pour en savoir plus

Cahuc P., Hairault J.-O.,et Prost C., « L'emploi des seniors, un choix à éclairer et à personnaliser », Les notes du conseil d'analyse économique n° 32, mai 2016.

Bourgeois J., Mirault A., « Habitat des seniors francs-comtois : prédominance de la maison individuelle et faible mobilité résidentielle », Insee Franche-Comté n° 5, janvier 2015.

Dubreuil J.-M., « Les seniors aquitains : davantage en milieu rural et sur le littoral », Insee Aquitaine n° 1, juillet 2014.

Gass C., Moreau S., « Maintenir en emploi des seniors alsaciens devenus plus nombreux », Chiffres pour l'Alsace n° 49, février 2014.