En 2013, l’emploi dans le commerce de gros n'a pas retrouvé son niveau d’avant la crise

Xavier Reif, division Commerce, Insee

Les entreprises du commerce de gros réalisent 57 % du chiffre d’affaires du commerce en 2012, soit 805 milliards d’euros. En outre, elles dégagent une valeur ajoutée de 101 milliards d’euros, correspondant à 51 % des résultats du commerce. En particulier, le secteur assure 88 % des exportations du commerce. Les ventes de marchandises stagnent en volume depuis 2011, à un niveau proche de celui d’avant la crise. L’emploi a nettement diminué depuis 2008 et reste orienté à la baisse en 2013.

La moitié de la valeur ajoutée du commerce

En 2012, le commerce de gros (y compris les intermédiaires du commerce) regroupe 157 000 entreprises (figure 1). Il réalise un chiffre d’affaires de 805 milliards d’euros et une valeur ajoutée de 101 milliards d’euros. Il contribue pour 10 % à la valeur ajoutée des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers. Par rapport à l’ensemble du commerce, il représente environ un cinquième des entreprises et un tiers des salariés, mais près de 60 % du chiffre d’affaires et la moitié de la valeur ajoutée. Souvent filiales commerciales de groupes industriels, les grossistes réalisent la quasi-totalité du chiffre d’affaires à l’export du commerce (88 %).

Figure 1 – Chiffres clés du commerce de gros en 2012

Chiffres clés du commerce de gros en 2012
Unités légales Salariés en ETP¹ Chiffre d'affaires hors taxes Chiffre d'affaires à l'export Valeur ajoutée Investissements corporels bruts hors apports
(milliers) (milliards d'euros)
De 0 à 9 salariés en ETP¹ 142,0 171,2 183,5 33,4 20,1 2,2
De 10 à 249 salariés en ETP 14,1 451,9 372,2 55,2 41,4 2,6
250 salariés en ETP ou plus 0,4 289,8 249,0 32,4 39,9 2,2
Ensemble 156,6 912,9 804,7 121,1 101,4 7,1
Ensemble des entreprises du commerce 710,1 2 653,6 1 410,5 137,9 199,8 17,7
Poids des entreprises du commerce de gros2 (en %) 22,0 34,4 57,0 87,8 50,8 40,1
  • 1. Équivalent temps plein. Effectifs hors intérim.
  • 2. Poids des entreprises ayant une activité principale dans le secteur du commerce de gros par rapport à l'ensemble des entreprises du commerce.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Ésane.

Les entreprises du commerce de gros sont pour la plupart des structures de petite taille : 91 % emploient moins de 10 salariés (95 % dans l’ensemble du commerce). Les entreprises individuelles sont moins présentes que dans le reste du commerce (29 % contre 48 %). Les grandes entreprises, de 250 salariés ou plus, sont très peu nombreuses (moins de 1 %), mais réalisent près du tiers du chiffre d’affaires et plus du quart des exportations du secteur.

Au sein du commerce de gros, les secteurs des biens domestiques (meubles, habillement, produits pharmaceutiques, etc.) et des produits alimentaires, boissons et tabac sont ceux qui contribuent le plus fortement à la valeur ajoutée, à hauteur de 24 % et 22 % (figure 2). Le secteur des autres équipements industriels réalise 16 % de la valeur ajoutée et les intermédiaires du commerce, constitués principalement de centrales d’achat, 10 %.

Figure 2 – Principales activités du commerce de gros selon la valeur ajoutée en 2012

Principales activités du commerce de gros selon la valeur ajoutée en 2012
Commerce de gros de biens domestiques 24
Commerce de gros de produits alimentaires, boissons et tabac 22
Commerce de gros de produits agricoles 4
Commerce de gros d'autres équipements industriels 16
Intermédiaires du commerce de gros 10
Commerce de gros de produits TIC* 5
Autres 19
  • * Technologie de l'information et de la communication.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Ésane.

Figure 2 – Principales activités du commerce de gros selon la valeur ajoutée en 2012

Des salaires plus élevés et moins de temps partiel que dans le reste du commerce

En 2012, le commerce de gros emploie plus d’un million de salariés, soit environ 910 000 postes en équivalent temps plein (ETP). Parmi eux, 13 % travaillent à temps partiel, une proportion deux fois plus faible que dans l’ensemble du commerce (26 %) et qui va de pair avec un taux de féminisation moins élevé. Plus généralement, la main-d’œuvre du secteur présente de fortes spécificités par rapport au reste du commerce : les actifs sont plus âgés, avec notamment seulement 17 % de 15-29 ans (25 % dans l’ensemble du commerce) ; les non-salariés sont en plus faible proportion (8 % contre 14 %). En outre, les ouvriers (26 %) sont plus nombreux que les employés (17 %), compte tenu notamment de la présence d’ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport ainsi que des chauffeurs. La situation est inverse dans l’ensemble du commerce (19 % d’ouvriers et 33 % d’employés). La part des cadres et professions intermédiaires est aussi plus élevée dans le commerce de gros (57 % contre 48 %). Au total, le salaire annuel brut en ETP est nettement supérieur, en moyenne, à celui de l’ensemble du commerce : 41 500 euros contre 32 500 euros.

Un taux de marge commerciale de 21 % en 2012

Le taux de marge commerciale indique le profit brut réalisé sur les activités commerciales. Il s’établit à 20,9 % en 2012 (figure 3), en légère hausse par rapport à 2011 (+ 0,6 point). Il reste inférieur à celui de l’ensemble du commerce (22,7 %) du fait de la présence des intermédiaires du commerce de gros, dont le faible taux de marge commerciale (4,9%) s’apparente plutôt à une commission.

Figure 3 – Taux de marge commerciale* en 2012

en %
Taux de marge commerciale* en 2012
Ensemble du Commerce de gros 20,9
Commerce de gros de produits alimentaires, boissons et tabac 27,5
Commerce de gros de biens domestiques 32,0
Commerce de gros d'autres équipements industriels 24,6
Autres Commerces de gros spécialisés 19,5
Intermédiaires du Commerce de gros 4,9
  • * Voir définitions.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Ésane.

Figure 3 – Taux de marge commerciale* en 2012

Le taux de marge d’exploitation correspond à la part restante de la richesse créée par le secteur après rémunération du facteur travail. Il baisse très légèrement entre 2011 et 2012 (– 0,2 point) malgré la hausse du taux de marge commerciale. En effet, l’emploi, qui s’ajuste plus lentement, résiste en moyenne sur l’année 2012 alors que son coût a augmenté. Le taux de profitabilité baisse également légèrement, atteignant 2,1 % en 2012 après 2,3 % en 2011.

Les ventes ont retrouvé leur niveau d’avant-crise mais pas l’emploi

Les ventes de marchandises en volume du commerce de gros baissent légèrement en 2012 (– 0,3 %) après la reprise de 2011 (+ 3,8 %). En 2013, elles augmenteraient faiblement, de 0,4 % (figure 4), et resteraient ainsi à un niveau voisin de celui de 2007. Les ventes de produits agricoles, les plus volatiles sur les huit dernières années, progresseraient fortement (+ 7,2 %) suite au repli des prix (– 5 %). Celles d’équipements de l’information et de la communication diminueraient sensiblement (– 3,9 %). Ce secteur resterait néanmoins le plus dynamique sur la période 2005-2013, avec une croissance annuelle moyenne de 4,5 % en volume. C’est un secteur aux évolutions fluctuantes, dépendant de l’investissement des entreprises, et donc plus sensible au cycle économique que les commerces de gros en biens domestiques et en produits alimentaires. Dans ces derniers secteurs, les ventes sont directement liées à la consommation des ménages.

Figure 4 – Ventes de marchandises en volume

indice base 100 en 2005
Ventes de marchandises en volume
2005 100,0
2006 101,5
2007 103,9
2008 105,4
2009 99,3
2010 99,9
2011 103,7
2012 103,4
2013 103,8
  • Note : les données 2013 sont provisoires.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes commerciaux de la nation.

Figure 4 – Ventes de marchandises en volume

Tandis que les ventes de marchandises du commerce de gros rejoignent presque leur niveau d’avant-crise en volume, l’emploi reste durablement plus faible (figure 5). Fin 2013, les effectifs salariés (hors intérim) baissent de 4 points par rapport à la fin 2008 : la forte baisse de 2009 n’a pas été compensée par la très légère amélioration des années 2011 et 2012. Cette diminution entre 2008 et 2013 tranche avec la stabilité des années 2002 à 2008 et la croissance sensible de la 2e partie des années 1990. La déconnexion entre l’évolution de l’emploi et celle des ventes semble liée à l’entrée d’entreprises moins intensives en emplois que les entreprises pérennes.

Figure 5 – Évolution de l'emploi salarié, hors intérim

indice base 100 en 2000
Évolution de l'emploi salarié, hors intérim
2000T1 100,0
2000T2 100,6
2000T3 101,4
2000T4 102,0
2001T1 102,5
2001T2 103,0
2001T3 103,2
2001T4 103,5
2002T1 103,7
2002T2 103,3
2002T3 103,5
2002T4 103,4
2003T1 103,3
2003T2 103,1
2003T3 103,1
2003T4 103,2
2004T1 103,2
2004T2 102,9
2004T3 102,6
2004T4 102,6
2005T1 102,8
2005T2 103,4
2005T3 103,4
2005T4 103,3
2006T1 103,2
2006T2 103,0
2006T3 103,0
2006T4 102,9
2007T1 103,0
2007T2 103,2
2007T3 103,3
2007T4 103,7
2008T1 103,9
2008T2 103,8
2008T3 103,8
2008T4 103,2
2009T1 102,4
2009T2 101,5
2009T3 100,5
2009T4 100,1
2010T1 99,9
2010T2 99,7
2010T3 99,7
2010T4 99,7
2011T1 100,0
2011T2 100,2
2011T3 100,2
2011T4 100,3
2012T1 100,2
2012T2 100,2
2012T3 100,2
2012T4 99,7
2013T1 99,4
2013T2 99,0
2013T3 98,8
2013T4 98,7
2014T1 98,7
2014T2 98,6
  • Note : les données 2013 sont provisoires. Les titulaires de contrats d’intérim ne sont pas classés dans les secteurs d’activité qui les emploient effectivement, mais systématiquement dans l’activité de travail temporaire.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, estimations d'emploi.

Figure 5 – Évolution de l'emploi salarié, hors intérim

Sources

Cette étude s'appuie sur trois sources :

- Le dispositif statistique Ésane (Élaboration des statistiques annuelles d'entreprises).

- Les comptes commerciaux de la nation. Ils s'insèrent dans le dispositif d'ensemble des comptes nationaux français. Les résultats de l'année 2012, définitifs, sont issus du système d'information sur les statistiques structurelles d'entreprises. Ceux de 2013 sont encore provisoires et ont été obtenus à partir des indices de chiffres d'affaires calculés par l'Insee.

- Les estimations d'emploi.

Définitions

Le commerce de gros est principalement décrit dans la division 46 « Commerce de gros, à l'exception des automobiles et des motocycles » de la NAF rev.2. Le commerce de gros des automobiles et des motocycles est inclus dans la division 45.

Le concept d’entreprise repose sur la notion d’unité légale et non sur celle définie par la loi de modernisation de l'économie du 18 décembre 2008.

Taux de marge commerciale : rapport de la marge commerciale sur les ventes de marchandises.

Taux de marge d’exploitation : rapport de l’excédent brut d’exploitation à la valeur ajoutée.

Taux de profitabilité : rapport du résultat net comptable au chiffre d’affaires.

Pour en savoir plus

Andrieux V. et al., « Le commerce en 2013 : l’activité reste freinée par la faiblesse de la demande intérieure », Insee Première n° 1504, juin 2014.

Diard K. et al., « Le commerce en 2012 : le secteur n’échappe pas à la crise », Insee Première n° 1457, juillet 2013.

Andrieux V. et al., « La situation du commerce en 2013 », Document de travail, Insee, décembre 2014.

Andrieux V. et al., « La situation du commerce en 2012 », Document de travail, Insee, décembre 2013.