Économie et Statistique n°427-428

Globalisation et flux d'emploi - L'impact d'exonérations fiscales sur la création d'établissements et l'emploi en France rurale - Réduction et crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile - Les incitations fiscales aux dons

Economie et Statistique
Paru le : 27/05/2010
Consulter

Globalisation et flux d'emploi : que peut dire une approche comptable ?

Muriel Barlet, Didier Blanchet et Laure Crusson

Les effets de l’internationalisation sur l’emploi peuvent s’envisager sous deux angles. Le premier s’intéresse aux effets sur l’emploi global. Il oblige à prendre en compte le fait que l’internationalisation se traduit à la fois par des destructions et des créations d’emploi car c’est leur solde qui est pertinent au niveau macroéconomique. L’autre approche se focalise sur les seules destructions, qui correspondent à la part du phénomène qui est effectivement ressentie par les salariés concernés. C’est sur cette composante que nous mettons l’accent dans cet article. Une évaluation fréquemment citée est celle d’Aubert et Sillard (2005). Leur évaluation s’appuyait sur l’analyse de données microéconomiques d’entreprise et débouchait sur un flux annuel d’environ 15 000 destructions. Ce chiffre est significatif mais il ne couvre que le secteur industriel et ne capte qu’une partie de ce que l’on entend souvent par délocalisation. Nous examinons ici une évaluation alternative fondée sur les données de la comptabilité nationale par branche. Cette évaluation s’inspire de la méthode dite du contenu en emploi des échanges internationaux, mais, appliquée aux flux d’emploi plutôt qu’aux stocks, elle en évite les principaux écueils. Sur la période 2000-2005, l’internationalisation aurait été à l’origine de 36 000 disparitions annuelles d’emplois en moyenne, avec des fluctuations importantes selon la phase du cycle économique. L’estimation reste néanmoins tributaire d’un certain nombre de conventions et, par nature, elle ne porte que sur une seule des deux facettes de l’internationalisation, puisqu’elle ne chiffre pas les créations d’emploi qui compensent ces destructions.

Economie et Statistique
No 427-428
Paru le : 27/05/2010