Économie et Statistique n°426

L'enquête Cadre de vie et sécurité dans la série des données sur la victimation - Les négociations salariales en France - Internationalisation et localisation des services

Economie et Statistique
Paru le : 31/03/2010
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De l'instantané au long métrage L'enquête Cadre de Vie et Sécurité dans la série des données sur la victimation

Lisa Miceli, Sophie Névanen, Philippe Robert et Renée Zauberman

L’intérêt essentiel des enquêtes de victimation repose sur leur mise en série, la plus longue possible. C’est un objectif auquel s’astreignent tous les pays qui ont recours à ce genre d’enquêtes. Pour cette raison, on étudie ici le raccordement des nouvelles enquêtes Cadre de Vie et Sécurité (CVS) aux données nationales de victimation préexistantes en France, dont les enquêtes du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) et celles de l'Insee sur les conditions de vie des ménages dites EPCVM. Ce raccordement s’avère possible, malgré plusieurs difficultés et un certain nombre de zones d’ombre. Il permet de confirmer la poursuite de la baisse des atteintes contre les biens. En ce qui concerne celles contre les personnes, l’exercice confirme la stagnation à un niveau modeste des agressions physiques et la vigoureuse envolée des agressions verbales. La comparaison des enquêtes de victimation avec les statistiques de la police, séries construites par la direction centrale de la Police judiciaire à partir des procès-verbaux dressés pour crimes et délits par la gendarmerie et la police, montre qu’il existe, au moins en tendance, une certaine cohérence à propos des atteintes aux biens, mais ce n’est pas le cas pour les atteintes aux personnes. Les données policières nous semblent surestimer en valeur absolue les violences sérieuses et sous-estimer celles de faible gravité. Cette divergence entre les deux sources tient probablement aux conséquences statistiques d’évolutions législatives qui ont élargi le périmètre du délit de coups et blessures volontaires, à la faible propension des victimes à informer la police (renvoi ou « reporting ») des violences les moins graves, et enfin à l’exclusion des infractions les plus bénignes, les contraventions, du champ de la statistique policière.

Economie et Statistique
No 426
Paru le : 31/03/2010