Economie et Statistique n°378-379 - Bilan Formation-Emploi De l'école à l'emploi : parcours

Economie et Statistique
Paru le : 01/07/2005
Consulter

L'accès au premier emploi au cours des années 1990 : le cas des apprentis et des lycéens

Liliane Bonnal, David Clément et Sylvie Mendes

La loi quinquennale de décembre 1993 marque le début d'une mutation de l'apprentissage à la fois quantitative avec une forte augmentation des effectifs et structurelle avec une banalisation des diplômes de niveau supérieur au CAP. Il est donc légitime de s'interroger sur le rôle de la filière de formation dans la primo-insertion autour de cette date charnière. Cet article, qui s'inscrit dans l'ensemble des travaux sur le chômage des jeunes de bas niveau scolaire ayant préparé un diplôme professionnel, se propose de mesurer l'évolution de l'insertion, au cours des années 1990, des jeunes hommes ayant quitté le système éducatif après avoir préparé, dans un lycée professionnel ou par apprentissage, un diplôme de niveau CAP ou BEP. Une première analyse montre que l'apprentissage est la filière de formation la plus souvent choisie par des jeunes qui ont un parcours scolaire chaotique et souhaitent se spécialiser dans les métiers de l'industrie. La réussite au diplôme, quel que soit le mode de formation choisi, reste un fort déterminant de la primo-insertion : elle augmente la probabilité de sortie immédiate vers l'emploi et réduit la durée de chômage. De plus, la formation par apprentissage est un atout sur le marché du travail, aussi bien en termes d'accès immédiat à l'emploi qu'en termes de sortie du chômage. La formation « sur le tas », c'est-à-dire le savoir-faire donné à l'apprenti par son maître d'apprentissage, est ainsi valorisée. L'embellie économique de la fin des années 1990, accompagnée d'une amélioration de l'image véhiculée par la formation par apprentissage, ne fait qu'accentuer ces effets. L'étude des facteurs sociodémographiques montre que, dans une moindre mesure, l'insertion des jeunes peut dépendre du contexte familial.

Economie et Statistique
No 378-379
Paru le : 01/07/2005