Economie et Statistique n°387

La région parisienne entre 1975 et 1999 : une mutation géographique et économique - Informatique, organisation du travail et interactions sociales - L'État et la cellule familiale sont-ils substituables dans la prise en charge des chômeurs en Europe ?

Economie et Statistique
Paru le : 01/05/2006
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L'État et la cellule familiale sont-ils substituables dans la prise en charge des chômeurs en Europe ? Une comparaison s'appuyant sur le panel européen

Olivia Ekert-Jaffe (Ined), Isabelle Terraz (Université de Strasbourg)

La prise en charge des chômeurs repose à la fois sur l'État et sur la famille. Les données du panel européen sur la période 1995-2000 mettent en évidence une opposition entre les pays du Nord de l'Europe, où le rôle de l'État est prépondérant, et ceux du Sud où l'apport de la famille pallie une intervention de l'État moins généreuse. Les taux de prise en charge respectifs par la famille et l'État prennent en compte le salaire potentiel qui serait perçu par un chômeur s'il reprenait un emploi. Dans la plupart des pays de l'Europe des dix, la compensation de l'État apparaît plus forte lorsque celle de la famille ne l'est pas et assez faible lorsque la famille contribue fortement. Cette « substituabilité » plus ou moins prononcée d'un État à l'autre s'explique en partie par le poids, variable d'un pays à l'autre, des différentes configurations familiales des ménages de chômeurs : les jeunes vivant au sein de la cellule familiale et les conjoints sont davantage pris en charge par la famille, alors que les chefs de ménage et les personnes seules sont essentiellement tributaires de l'État. L'apport familial ne compense pas entièrement les disparités de prise en charge par l'État constatées d'un pays à l'autre : le niveau de vie des chômeurs reste fortement contrasté et continue de refléter la disparité des systèmes d'indemnisation du chômage. Sur la période, le Danemark est le pays où les chômeurs sont le mieux pris en charge par l'État tandis que, à l'autre extrême, la famille, très présente dans les pays du Sud, ne compense pas la faiblesse de l'indemnisation par l'État. En France, la combinaison d'une prise en charge publique et familiale débouche sur un taux de compensation moyen élevé des pertes liées au chômage. Dans tous les pays, l'apport familial améliore sensiblement la situation relative de certaines catégories de chômeurs, particulièrement celle des femmes appartenant à un couple et des jeunes adultes restés au domicile parental.

Economie et Statistique
No 387
Paru le : 01/05/2006