Economie et Statistique n°341-342 - L'investissement et le financement des entreprises

Economie et Statistique
Paru le : 01/07/2001
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Peut-on expliquer l'investissement à partir de ses déterminants traditionnels au cours de la décennie 90 ?

Jean-Baptiste Herbet

Dans les années récentes, les périodes de croissance ou les épisodes de récession se sont généralement accompagnés d'un mouvement concomitant de l'investissement. En revanche, la reprise de 1995 ne se traduit pas par une hausse de l'investissement conforme à ce que l'on aurait pu attendre du lien habituellement observé entre l'investissement et la valeur ajoutée. Les deux années qui suivent font aussi apparaître des évolutions contradictoires entre ces deux grandeurs macro-économiques. Les modèles théoriques usuels, notamment le principe de l'accélérateur, n'expliquent pas la déconnexion qui s'est opérée au cours de cette période entre l'investissement prévu et l'investissement effectivement réalisé. La prise en compte d'autres déterminants de l'investissement que l'anticipation de la croissance des débouchés, comme la profitabilité des entreprises ou le coût et les conditions de financement de l'investissement, enrichissent le pouvoir explicatif des modèles traditionnellement retenus. La comparaison d'une chronique de l'investissement sur la période 1980-2000 tenant compte de ces nouvelles variables avec l'investissement effectivement constaté dans les comptes nationaux montre en effet que le modèle reproduit la réalité de façon globalement satisfaisante. Il a fallu notamment attendre le rétablissement de la profitabilité des entreprises à partir de 1997 pour voir s'estomper les effets de la crise de l'investissement enregistrée les années précédentes. La restauration des marges des entrepreneurs semble avoir également favorisé l'accumulation du capital dans les principaux pays développés.

Economie et Statistique
No 341-342
Paru le : 01/07/2001