Economie et Statistique n°345

Le téléphone : un facteur d'intégration sociale - Les vacances des Français - Evaluation des dispositifs publics d'insertion

Economie et Statistique
Paru le : 01/11/2001
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Le téléphone : un facteur d'intégration sociale

Carole-Anne Rivière

L'étude des relations téléphoniques complète la connaissance de la sociabilité des Français dont l'analyse se limitait jusqu'ici à celle des relations en face à face. Par rapport à celui-ci, le réseau de la sociabilité téléphonique se révèle plus restreint et moins diversifié : le téléphone passe le cercle relationnel au tamis et ne conserve qu'un noyau d'intimes. Contre toute attente, la concentration géographique des interlocuteurs téléphoniques est presque aussi grande que celle des autres relations : un sur deux vit à moins de dix kilomètres. La fréquence de contact téléphonique est un indicateur de la qualité d'un lien social moins partiel que la fréquence de rencontre : tout d'abord, le lien téléphonique renforce celui en face à face (plus on voit les gens, plus on les appelle). Ensuite, il peut également s'y substituer : notamment dans le cas des proches parents que l'on appelle souvent et longtemps lorsqu'on ne peut les voir à cause de l'éloignement géographique. Le lien téléphonique contribue à l'intégration sociale dans des contextes de solitude ou d'isolement en face à face. Le téléphone joue en effet un rôle de compensation : les groupes sociaux qui passent le plus de temps au téléphone sont ceux qui sont exposés à une plus grande fragilité de leurs relations en face à face (personnes vivant seules ou dépourvues de travail). Enfin, le téléphone accentue une forte intégration préexistante : c'est notamment le cas pour les personnes pourvues d'un niveau de formation élevé, dont la pratique téléphonique s'exerce en direction d'un réseau d'interlocuteurs étendu et diversifié (pratique extensive), et se cumule à d'autres formes de sociabilité très intenses.

Economie et Statistique
No 345
Paru le : 01/11/2001