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Insee Analyses Réunion · Novembre 2026 · n° 110
Insee Analyses RéunionLes unités légales réunionnaises créent 10 milliards d’euros de valeur ajoutée en 2024 Élaboration des statistiques annuelles d’entreprises 2024

Aude Lécroart (Insee)

En 2024, les unités légales réunionnaises marchandes des secteurs non agricoles et non financiers créent 10 milliards d’euros de valeur ajoutée, pour un chiffre d’affaires de 34 milliards d’euros. Leur investissement s’élève à 2,4 milliards d’euros.

À La Réunion, les unités légales sont très majoritairement de petite taille : sept sur dix n’emploient aucun salarié. Toutefois, l’activité économique de l’île est majoritairement portée par les structures de 10 à moins de 250 salariés : elles regroupent 59 % des salariés, réalisent 57 % du chiffre d’affaires et génèrent 49 % de la valeur ajoutée. À eux seuls, les secteurs de l’enseignement-santé humaine-action sociale, des services aux entreprises, du commerce de détail hors véhicules et de la construction créent plus de la moitié de la valeur ajoutée. Le taux de marge s’élève à 29 % pour les structures employeuses ; il varie de 16 % dans le secteur des services aux entreprises à 64 % dans celui des activités immobilières.

En 2024, la valeur ajoutée des secteurs non agricoles et non financiers progresse au même rythme qu’en 2023, dans un contexte de moindre hausse du montant des consommations intermédiaires. Le taux de marge augmente légèrement. En revanche, l’investissement diminue en 2024, notamment dans le secteur des activités immobilières, celui des transports et entreposage, et celui des industries extractives, énergie et activités liées à l’environnement.

Insee Analyses Réunion
No 110
Paru le :Paru le05/11/2026

Cette publication est basée sur la définition juridique de l’entreprise : l’unité légale. Sont fournis en complément des résultats selon la définition économique de l’entreprise, au sens de la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 (encadré).

Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Aude Lécroart (Insee)

65 390 unités légales génèrent une valeur ajoutée de 10 milliards d’euros

En 2024, 65 390  marchandes des secteurs non agricoles et non financiers ont leur siège social à La Réunion (pour comprendre). Elles créent une de 10 milliards d’euros (0,7 % de la valeur ajoutée des entreprises françaises), pour un de 34 milliards d’euros.

Parmi ces unités légales, 60 920 sont (93 %), c’est-à-dire qu’elles jouissent d’une autonomie de décision. Elles génèrent 48 % de la valeur ajoutée totale des unités légales réunionnaises. Les 4 470 autres unités légales (7 %) font partie d’«  au sens économique » selon la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 (encadré). Elles génèrent 52 % de la valeur ajoutée. Parmi elles, 3 540 font partie d’entreprises ayant leur siège social à La Réunion ; elles sont à l’origine de 29 % de la valeur ajoutée globale. Les 930 autres unités légales sont intégrées dans des entreprises ayant leur siège social ailleurs en France et sont à l’origine de 23 % de la valeur ajoutée totale.

Les unités légales de 10 à moins de 250 salariés concentrent l’emploi et la création de richesse

Les unités légales réunionnaises sont très majoritairement de petite taille : sept sur dix n’emploient aucun salarié, comme au niveau national. Les unités employeuses, au nombre de 18 560, emploient au total 134 000 salariés en équivalent temps plein (ETP). Parmi ces unités, 86 % ont moins de 10 salariés, 14 % entre 10 et moins de 250 salariés, et seulement 0,2 % ont 250 salariés ou plus.

Les unités légales de 10 à moins de 250 salariés occupent une place majeure dans l’activité économique de l’île : elles emploient 59 % des salariés, réalisent 57 % du chiffre d’affaires et sont à l’origine de près de la moitié de la valeur ajoutée régionale et de l’investissement total (figure 1). Les 32 unités légales de 250 salariés ou plus en ETP génèrent moins de chiffre d’affaires et de valeur ajoutée que les précédentes. Cependant, elles investissent chacune en moyenne 14 millions d’euros, soit 35 fois plus que les unités légales de 10 à moins de 250 salariés. Ainsi, elles réalisent à elles seules un cinquième des 2,4 milliards d’euros d’investissement total.

Figure 1 – Répartition des principaux agrégats des unités légales réunionnaises par tranche d’effectifs salariés en ETP* en 2024

(en %)
Répartition des principaux agrégats des unités légales réunionnaises par tranche d’effectifs salariés en ETP* en 2024 ((en %)) - Lecture : En 2024, 72 % des unités légales réunionnaises n’emploient aucun salarié. Ces unités légales sans salarié sont à l’origine de 9 % du chiffre d’affaires régional, de 14 % de la valeur ajoutée régionale et de 18 % de l’investissement total.
Principaux agrégats Sans salarié Moins de 10 salariés 10 à moins de 250 salariés 250 salariés ou plus
Nombre d’unités légales 72 24 4 0
Chiffre d'affaires 9 24 57 11
Valeur ajoutée 14 26 49 11
Investissement 18 16 46 20
  • * Équivalent temps plein.
  • Lecture : En 2024, 72 % des unités légales réunionnaises n’emploient aucun salarié. Ces unités légales sans salarié sont à l’origine de 9 % du chiffre d’affaires régional, de 14 % de la valeur ajoutée régionale et de 18 % de l’investissement total.
  • Champ : Unités légales marchandes ayant leur siège social à La Réunion et relevant des secteurs non agricoles et non financiers.
  • Source : Insee, Ésane 2024.

Figure 1 – Répartition des principaux agrégats des unités légales réunionnaises par tranche d’effectifs salariés en ETP* en 2024

  • * Équivalent temps plein.
  • Lecture : En 2024, 72 % des unités légales réunionnaises n’emploient aucun salarié. Ces unités légales sans salarié sont à l’origine de 9 % du chiffre d’affaires régional, de 14 % de la valeur ajoutée régionale et de 18 % de l’investissement total.
  • Champ : Unités légales marchandes ayant leur siège social à La Réunion et relevant des secteurs non agricoles et non financiers.
  • Source : Insee, Ésane 2024.

Quatre secteurs génèrent plus de la moitié de la valeur ajoutée totale des unités légales

Quatre secteurs génèrent une part importante de la création de la valeur ajoutée : l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale (hors secteur public), les différents services aux entreprises, le commerce de détail hors véhicules et la construction (figure 2). Ces secteurs induisent 53 % de la valeur ajoutée créée par les secteurs non agricoles et non financiers à La Réunion.

L’industrie est à l’origine de 14 % de la valeur ajoutée totale : 5 % pour les industries extractives, de production et de distribution d’eau, d’assainissement et de gestion des déchets, 4 % pour les industries de fabrication d’aliments et de tabac et 4 % pour les autres industries manufacturières. Les unités légales de l’hébergement-restauration génèrent quant à elles 4 % de la valeur ajoutée créée.

Figure 2 – Principales caractéristiques des unités légales réunionnaises par secteur d’activité en 2024

Principales caractéristiques des unités légales réunionnaises par secteur d’activité en 2024 - Lecture : En 2024, les 2 483 unités légales réunionnaises du secteur des transports-entreposage emploient 10 147 salariés en ETP ; elles génèrent une valeur ajoutée de 635 millions d’euros, soit 6 % de la valeur ajoutée totale. Parmi l’ensemble des unités légales réunionnaises, 18 563 sont employeuses et 24 085 sont des micro-entrepreneurs (dont certains peuvent également être employeurs).
Secteurs d’activité Unités légales Effectifs salariés en ETP* Chiffre d'affaires Valeur ajoutée Excédent brut d'exploitation Investissement Répartition de la valeur ajoutée Part des unités légales employeuses
(en nombre) (en millions d’euros) (en %)
Ensemble 65 389 133 736 34 042 10 062 3 443 2 350 100 28
dont : unités légales employeuses 18 563 133 736 31 034 8 647 2 418 1 931 86 100
dont : micro-entrepreneurs 24 085 627 462 291 286 0 3 4
Extraction, énergie, environnement 1 449 3 293 1 375 487 292 276 5 10
Fabrication d'aliments, tabac 1 174 7 669 1 930 453 102 107 4 57
Autre industrie manufacturière 2 827 6 989 1 407 452 110 91 4 35
Construction 7 382 15 656 3 194 1 085 261 117 11 40
Commerce et réparation de véhicules 1 938 5 736 2 476 391 119 42 4 40
Commerce de gros hors véhicules 2 456 6 581 5 452 679 223 70 7 36
Commerce de détail hors véhicules 6 428 20 981 7 686 1 155 301 101 11 41
Transports-entreposage 2 483 10 147 1 816 635 184 249 6 39
Hébergement et restauration 4 095 11 055 1 263 443 82 130 4 47
Information et communication 1 802 2 705 844 346 178 80 3 22
Activités immobilières 2 416 2 318 977 605 363 771 6 14
Activités scientifiq. et techniq. ; serv. admin. et de soutien 11 985 23 632 2 723 1 484 350 206 15 22
Enseignement, santé humaine et action sociale 13 108 13 209 2 425 1 624 782 70 16 16
Autres activités de services 5 846 3 766 473 224 96 39 2 20
  • * Équivalent temps plein.
  • Lecture : En 2024, les 2 483 unités légales réunionnaises du secteur des transports-entreposage emploient 10 147 salariés en ETP ; elles génèrent une valeur ajoutée de 635 millions d’euros, soit 6 % de la valeur ajoutée totale. Parmi l’ensemble des unités légales réunionnaises, 18 563 sont employeuses et 24 085 sont des micro-entrepreneurs (dont certains peuvent également être employeurs).
  • Champ : Unités légales marchandes ayant leur siège social à La Réunion et relevant des secteurs non agricoles et non financiers.
  • Source : Insee, Ésane 2024.

La valeur ajoutée induite par les unités légales est répartie entre les ménages qui perçoivent des salaires, les administrations publiques qui collectent des cotisations sociales et des impôts (nets de subventions) et les unités légales elles-mêmes. Ces dernières en conservent une partie pour financer leurs investissements et rémunérer le capital, notamment les dirigeants non salariés et les actionnaires.

En 2024, la rémunération du travail représente 63 % de la valeur ajoutée (50 % pour les salaires et 13 % pour les cotisations sociales), et les impôts sur la production nets des subventions, 3 %. La part restant aux unités légales, l’, atteint 34 % (figure 3).

Cette répartition de la valeur ajoutée diffère selon le secteur, car elle reflète les différences de structure de production entre travail et capital. Par exemple, certains secteurs comme les activités immobilières mobilisent relativement plus de moyens financiers que de main-d’œuvre. En 2024, dans ce secteur, la part des salaires et cotisations dans la valeur ajoutée est la plus faible (25 %). Inversement, dans le secteur des transports-entreposage, la rémunération de la main-d’œuvre (salaires et cotisations) s’élève à 85 % de la valeur ajoutée.

Figure 3 – Répartition de la valeur ajoutée des unités légales réunionnaises selon ses composantes par secteur d’activité en 2024

(en %)
Répartition de la valeur ajoutée des unités légales réunionnaises selon ses composantes par secteur d’activité en 2024 ((en %)) - Lecture : En 2024, dans le secteur des transports-entreposage, sur 100 euros de valeur ajoutée créée, 65 sont versés aux salariés, 20 aux organismes sociaux sous forme de cotisations sociales. Par ailleurs, le secteur a perçu 14 euros de subventions nettes d’impôts sur la production. Au final, les entreprises du secteur dégagent en moyenne 29 euros d’excédent brut d'exploitation (EBE). En moyenne, sur l’ensemble des secteurs, les impôts nets de subventions atteignent 3 % de la valeur ajoutée des unités légales réunionnaises.
Secteurs d’activité Salaires Cotisations Impôts nets de subventions Excédent brut d’exploitation
Transports et entreposage 65 20 -14 29
Hébergement et restauration 73 7 1 19
Activités scientifiq. et techniq. ; serv. admin. et de soutien 60 15 1 24
Autre industrie manufacturière 61 14 1 24
Construction 57 17 2 24
Commerce de détail hors véhicules 57 13 4 26
Fabrication d'aliments, tabac 59 11 8 23
Commerce et réparation de véhicules 51 14 4 30
Ensemble 50 13 3 34
Autres activités de services 53 10 -5 43
Commerce de gros hors véhicules 40 12 15 33
Enseignement, santé humaine et action sociale 35 16 1 48
Information et communication 36 10 3 51
Extraction, énergie, environnement 29 8 3 60
Activités immobilières 18 7 15 60
  • Lecture : En 2024, dans le secteur des transports-entreposage, sur 100 euros de valeur ajoutée créée, 65 sont versés aux salariés, 20 aux organismes sociaux sous forme de cotisations sociales. Par ailleurs, le secteur a perçu 14 euros de subventions nettes d’impôts sur la production. Au final, les entreprises du secteur dégagent en moyenne 29 euros d’excédent brut d'exploitation (EBE). En moyenne, sur l’ensemble des secteurs, les impôts nets de subventions atteignent 3 % de la valeur ajoutée des unités légales réunionnaises.
  • Champ : Unités légales marchandes ayant leur siège social à La Réunion et relevant des secteurs non agricoles et non financiers.
  • Source : Insee, Ésane 2024.

Figure 3 – Répartition de la valeur ajoutée des unités légales réunionnaises selon ses composantes par secteur d’activité en 2024

  • Lecture : En 2024, dans le secteur des transports-entreposage, sur 100 euros de valeur ajoutée créée, 65 sont versés aux salariés, 20 aux organismes sociaux sous forme de cotisations sociales. Par ailleurs, le secteur a perçu 14 euros de subventions nettes d’impôts sur la production. Au final, les entreprises du secteur dégagent en moyenne 29 euros d’excédent brut d'exploitation (EBE). En moyenne, sur l’ensemble des secteurs, les impôts nets de subventions atteignent 3 % de la valeur ajoutée des unités légales réunionnaises.
  • Champ : Unités légales marchandes ayant leur siège social à La Réunion et relevant des secteurs non agricoles et non financiers.
  • Source : Insee, Ésane 2024.

Le taux de marge des unités légales employeuses s’élève à 29 %

Le mesure la proportion de la qui reste à l’unité légale après avoir payé les salaires et cotisations sociales.

À La Réunion en 2024, le taux de marge de l’ensemble des secteurs non agricoles et non financiers s’élève à 35 %.

Pour autant, le taux de marge se mesure le plus souvent sur les seules unités légales employeuses puisque celui des structures sans salarié atteint fréquemment 100 %. Par exemple, l’entrepreneur individuel, bien qu’il puisse comptabiliser une partie de ses revenus ou de ses cotisations sociales obligatoires en charges de personnel, se rémunère le plus souvent sur le résultat de son entreprise sans retenir de charges de personnel. Ainsi, le taux de marge pour l’ensemble des unités légales employeuses s’élève à 29 % (figure 4). Il varie de 16 % dans le secteur des services aux entreprises à 64 % dans celui des activités immobilières. L’écart entre le taux de marge des unités légales employeuses et le taux de marge total est particulièrement marqué dans le secteur de l’enseignement-santé humaine et action sociale (-19 points) et ceux des services aux entreprises (-8 points), en raison de la présence de nombreuses unités légales sans salarié dans ces secteurs.

Qu’il soit faible ou élevé, le taux de marge n’induit pas nécessairement une rentabilité économique du même niveau. Un taux de marge élevé peut se traduire par un faible lorsque l’activité nécessite un capital d’exploitation important pour produire. C’est le cas pour les activités immobilières : leur rentabilité économique est la plus faible des secteurs (3 % contre 9 % pour l’ensemble des unités légales employeuses), alors que leur taux de marge est le plus élevé.

Au contraire, pour les activités demandant peu de moyens matériels mais à forte plus-value intellectuelle, un taux de marge élevé se traduit souvent par une rentabilité économique très forte, comme dans l’enseignement, santé humaine et action sociale (37 %).

Figure 4 – Taux de marge et taux de rentabilité économique des unités légales réunionnaises employeuses par secteur d’activité en 2024

(en %)
Taux de marge et taux de rentabilité économique des unités légales réunionnaises employeuses par secteur d’activité en 2024 ((en %)) - Lecture : En 2024, le taux de marge des unités légales employeuses relevant du secteur de l’extraction, énergie, environnement s’élève à 57 % et leur taux de rentabilité économique à 11 %.
Secteurs d’activité Taux de marge Taux de rentabilité économique
Ensemble 29 9
Extraction, énergie, environnement 57 11
Fabrication d'aliments, tabac 25 6
Autre industrie manufacturière 23 8
Construction 20 15
Commerce et réparation de véhicules 30 15
Commerce de gros hors véhicules 37 12
Commerce de détail hors véhicules 26 13
Transports-entreposage 24 8
Hébergement et restauration 17 10
Information et communication 51 11
Activités immobilières 64 3
Activités scientifiques et techniques ; services administratifs et de soutien 16 10
Enseignement, santé humaine et action sociale 30 37
Autres activités de services 31 25
  • Lecture : En 2024, le taux de marge des unités légales employeuses relevant du secteur de l’extraction, énergie, environnement s’élève à 57 % et leur taux de rentabilité économique à 11 %.
  • Champ : Unités légales marchandes employeuses ayant leur siège social à La Réunion et relevant des secteurs non agricoles et non financiers.
  • Source : Insee, Ésane 2024.

La valeur ajoutée progresse au même rythme qu’en 2023

En 2024 à La Réunion, la valeur ajoutée des unités légales marchandes des secteurs non agricoles et non financiers augmente à un rythme comparable à celui de l’an dernier (+4,5 % en 2024 après +4,2 % en 2023). En revanche, le chiffre d’affaires progresse de manière plus modérée (+1,9 % en 2024 après +5,3 % en 2023). Le montant des est toujours orienté à la hausse en 2024 (+0,8 %). Cependant, cette hausse est bien plus modérée qu’en 2023 (+5,8 %), année marquée par une forte augmentation des prix des matières premières et de l’énergie, dans un contexte de tensions géopolitiques et de perturbations des chaînes d’approvisionnement. C’est particulièrement important à La Réunion, où une part importante des biens intermédiaires et de consommation est importée. Dans l’ensemble, le taux de marge des unités légales employeuses réunionnaises augmente de 1 point en 2024 par rapport à 2023, et leur rentabilité économique est stable en moyenne.

En revanche, l’investissement diminue en 2024 (-7,5 % par rapport à 2023), notamment dans trois secteurs : les activités immobilières (en lien avec la baisse de construction de logements), les transports et entreposage après plusieurs années de forte hausse, et les industries extractives, de l’énergie et des activités liées à l’environnement. Dans ce dernier secteur, la baisse fait suite à des investissements passés plus conséquents, dans un contexte de transformation du système énergétique réunionnais (conversion des centrales électriques à la biomasse et transition vers une production électrique presque entièrement renouvelable).

Encadré – Composition du tissu économique réunionnais selon l’approche économique de l’entreprise

Le passage d’une définition purement juridique de l’entreprise, l’unité légale, à une définition économique de l’entreprise au sens de la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 modifie profondément la description du tissu productif réunionnais des secteurs non agricoles et non financiers.

Ainsi, selon la définition économique de l’entreprise, le tissu économique réunionnais en 2024 se compose de 61 990 entreprises ayant leur siège ou leur tête de groupe à La Réunion :

  • 60 920 entreprises avec une seule unité légale ;
  • 1 070 entreprises regroupant 3 540 unités légales localisées à La Réunion et 240 unités légales localisées en France hors Réunion.

En appliquant cette définition économique, ces 61 990 entreprises réunionnaises génèrent en 2024 7,9 milliards d’euros de valeur ajoutée contre 10,1 milliards selon l’approche juridique. Cet écart de 2,2 milliards d’euros entre les deux approches s’explique par la non prise en compte, dans l’approche économique, des 930 unités légales réunionnaises faisant partie des 330 entreprises localisées hors de La Réunion, qui génèrent 2,3 milliards de valeur ajoutée. À l’inverse, l’inclusion dans l’approche économique des 240 unités légales non réunionnaises appartenant à une entreprise réunionnaise (non comptées dans la définition juridique) ne joue que très peu, celles-ci ne réalisant que 0,1 milliard d’euros de valeur ajoutée.

Figure 5 – Composition du tissu économique réunionnais selon les approches juridique et économique de l’entreprise au sens de la LME* en 2024

Composition du tissu économique réunionnais selon les approches juridique et économique de l’entreprise au sens de la LME* en 2024 - Lecture : Dans l’approche juridique de l’entreprise (champ de l’étude), pour La Réunion, on considère toutes les unités légales (UL) implantées à La Réunion : 60 920 UL indépendantes, 3 540 UL appartenant à une entreprise réunionnaise et 930 UL appartenant à une entreprise non réunionnaise. Dans la définition économique de l’entreprise pour La Réunion (champ de l’encadré), seules sont retenues les entreprises au sens LME dont le siège est à La Réunion : 60 920 entreprises correspondant à des UL indépendantes et 1 070 entreprises réunionnaises composées de 3 540 UL implantées à La Réunion et 240 UL situées hors Réunion. Les 14 430 UL appartenant à des entreprises non réunionnaises ne sont pas comptabilisées dans la définition juridique ni dans la définition économique de l’entreprise pour La Réunion.
Tissu économique réunionnais selon l’entreprise au sens de la LME* Nombre d’entreprises au sens de la LME* Nombre d’unités légales
à La Réunion hors de La Réunion
Entreprises réunionnaises 62 316 /// ///
avec une seule unité légale localisée à La Réunion 60 919 60 919 ///
avec des unités légales localisées à La Réunion et en dehors 1 066 3 541 239
Entreprises non réunionnaises ayant des unités légales à La Réunion 331 929 14 430
  • * LME : loi de modernisation de l’économie.
  • /// : Absence de résultat due à la nature des choses.
  • Lecture : Dans l’approche juridique de l’entreprise (champ de l’étude), pour La Réunion, on considère toutes les unités légales (UL) implantées à La Réunion : 60 920 UL indépendantes, 3 540 UL appartenant à une entreprise réunionnaise et 930 UL appartenant à une entreprise non réunionnaise. Dans la définition économique de l’entreprise pour La Réunion (champ de l’encadré), seules sont retenues les entreprises au sens LME dont le siège est à La Réunion : 60 920 entreprises correspondant à des UL indépendantes et 1 070 entreprises réunionnaises composées de 3 540 UL implantées à La Réunion et 240 UL situées hors Réunion. Les 14 430 UL appartenant à des entreprises non réunionnaises ne sont pas comptabilisées dans la définition juridique ni dans la définition économique de l’entreprise pour La Réunion.
  • Source : Insee, Ésane 2024.

Figure 5 – Composition du tissu économique réunionnais selon les approches juridique et économique de l’entreprise au sens de la LME* en 2024

  • * LME : loi de modernisation de l’économie.
  • /// : Absence de résultat due à la nature des choses.
  • Lecture : Dans l’approche juridique de l’entreprise (champ de l’étude), pour La Réunion, on considère toutes les unités légales (UL) implantées à La Réunion : 60 920 UL indépendantes, 3 540 UL appartenant à une entreprise réunionnaise et 930 UL appartenant à une entreprise non réunionnaise. Dans la définition économique de l’entreprise pour La Réunion (champ de l’encadré), seules sont retenues les entreprises au sens LME dont le siège est à La Réunion : 60 920 entreprises correspondant à des UL indépendantes et 1 070 entreprises réunionnaises composées de 3 540 UL implantées à La Réunion et 240 UL situées hors Réunion. Les 14 430 UL appartenant à des entreprises non réunionnaises ne sont pas comptabilisées dans la définition juridique ni dans la définition économique de l’entreprise pour La Réunion.
  • Source : Insee, Ésane 2024.
Publication rédigée par :Aude Lécroart (Insee)

Pour comprendre

Le dispositif Ésane combine des données administratives et des données obtenues à partir d'unités légales enquêtées. Il couvre les unités légales marchandes dont le siège est implanté à La Réunion, hors secteurs financier et agricole. Ces unités peuvent avoir diverses formes juridiques : société (SARL, SAS,…), entreprise individuelle ou association.

Le champ de cette étude intègre les micro-entrepreneurs. En raison d’un calcul simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu, peu d’informations comptables sont connues sur ces unités. Malgré leur nombre important (24 090 à La Réunion en 2024), leur chiffre d’affaires ne représente que 1 % de l’ensemble : ces unités n’ont donc qu’un impact très limité sur les résultats.

Les données présentées dans cette publication sont issues du fichier Ésane 2024. Les chiffres 2023 utilisés pour la comparaison ont été recalculés suivant la même méthode (2024). Ces chiffres peuvent différer de ceux publiés dans l'Insee Analyses Réunion no 103 [Lécroart, 2025 ; pour en savoir plus (5)], qui se basent sur la méthode 2023.

Publication rédigée par :Aude Lécroart (Insee)

Définitions

L’unité légale correspond à la notion strictement juridique de l’entreprise (un numéro Siren). Une unité légale indépendante est une unité légale non détenue majoritairement par une autre unité légale déclarant une liasse fiscale en France.

La notion d’entreprise au sens de la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 permet de dépasser la notion strictement juridique de l’entreprise. Elle prend notamment en compte le développement croissant de l’organisation en groupes. L’entreprise est définie comme « la plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes ».

La valeur ajoutée est égale à la valeur du chiffre d’affaires (ventes de marchandises et production vendue de biens et de services) diminuée des consommations intermédiaires (charges d’exploitation dont achat de marchandises et de matières premières, production stockée ou immobilisée et autres produits d’exploitation). La valeur ajoutée aux coûts des facteurs est égale à la valeur ajoutée de laquelle on déduit les impôts sur la production et à laquelle on ajoute les subventions d’exploitation.

L’excédent brut d’exploitation est égal à la valeur ajoutée aux coûts des facteurs de laquelle sont déduits les frais de personnel.

Le taux de marge est la proportion de la valeur ajoutée au coût des facteurs qui reste à l’unité légale une fois ses frais de personnels réglés : excédent brut d’exploitation / valeur ajoutée au coût des facteurs.

Le taux de rentabilité économique rapporte l’excédent brut d’exploitation à la somme des immobilisations brutes corporelles et incorporelles et du besoin de fonds de roulement.

La somme au dénominateur est appelée « actif économique » ou « capital économique » : elle représente en effet les moyens engagés par l'unité légale dans les cycles d'exploitation et d'investissement, autrement dit ce dont l’unité légale a besoin pour fonctionner.

Les immobilisations corporelles sont les actifs physiques destinés à être utilisés durablement par l'unité légale comme moyens de production : terrains, constructions, installations techniques, matériel et outillage industriels, etc. Les immobilisations incorporelles sont les actifs immatériels non financiers détenus par l'unité légale : fonds commercial et autres immobilisations incorporelles (frais d'établissement, frais de développement, concessions, brevets, avances et acomptes sur immobilisations incorporelles).

Le besoin en fonds de roulement représente la partie des besoins d'exploitation non assurée par les ressources d'exploitation.

Pour en savoir plus

(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.

(2) Insee, « Élaboration des Statistiques Annuelles d’Entreprises (Ésane) - Principales caractéristiques des entreprises à La Réunion de 2012 à 2024 », Chiffres détaillés, novembre 2026.

(3) Insee, « Les entreprises en France - espace thématique », Insee Références, octobre 2026.

(4) Insee, « L’essentiel sur… les entreprises », Chiffres-clés, janvier 2026.

(5) Lécroart A., « Élaboration des statistiques annuelles d’entreprises 2023 - Les unités légales réunionnaises créent 9,5 milliards d’euros de valeur ajoutée en 2023 », Insee Analyses Réunion no 103, octobre 2025.

(6) Insee, « Bilan économique 2024 de La Réunion - En 2024, la croissance économique marque le pas », Insee Conjoncture Réunion no 38, juillet 2025.