Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur ·
Septembre 2026 · n° 160
Des inégalités de niveau de vie plus fortes que dans les autres régions de France
de province
En 2021, le niveau de vie médian de Provence-Alpes Côte d’Azur est équivalent à celui de France de province. Toutefois, les inégalités sont plus marquées. Le niveau de vie des 10 % les moins aisés est le plus faible des régions de France de province après la Corse tandis que le niveau de vie des 10 % les plus aisés est le plus fort après celui d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Les niveaux de vie médians les plus élevés concernent des bassins de vie en périphérie d’Aix-en-Provence et de Marseille, les cadres s’y installant souvent. Les personnes aisées sont aussi très présentes sur le littoral, dans les Alpilles et le Luberon. À l’inverse, la pauvreté affecte les bassins de vie de l’ouest et du centre de la région d’une part, et le bassin de Marseille d’autre part. Les inégalités de niveau de vie sont particulièrement marquées dans les bassins de vie urbains du littoral et de l’ouest de la région, où elles se sont de plus creusées entre 2012 et 2021.
- Un niveau de vie médian équivalent à celui de France de province
- Des inégalités de niveau de vie plus fortes que dans les autres régions de France de province
- Des niveaux de vie médians élevés en périphérie d’Aix-en-Provence et de Marseille
- Un taux de pauvreté particulièrement élevé dans les bassins de vie de l’ouest de la région
- Des hauts revenus particulièrement présents sur la Côte d’Azur et dans le bassin de vie aixois
- De fortes inégalités de niveau de vie dans les bassins de vie les plus urbains
- Encadré 1 - Au niveau national, un renforcement des inégalités de niveau de vie depuis 2021
- Encadré 2 - Des écarts qui se creusent entre couronnes et pôles
- Encadré 3 - Partenariat
Un niveau de vie médian équivalent à celui de France de province
Le revenu disponible d’un ménage est constitué des divers revenus perçus par ses membres (revenus d’activité, pensions de retraite, revenus du patrimoine…), auxquels s’ajoutent les prestations sociales et dont sont déduits les impôts directs. Le niveau de vie rapporte ce revenu disponible à la composition du ménage, en utilisant les unités de consommation. Cela permet de tenir compte des économies d’échelle liées à la vie en commun, les besoins d’un ménage ne s’accroissant pas en stricte proportion de sa taille. Ainsi, par exemple, un couple avec deux enfants dont le revenu disponible est de 4 200 euros par mois a le même niveau de vie qu’une personne célibataire avec un revenu disponible de 2 000 euros par mois.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, comme en France de province, la moitié des habitants ont, en 2021, un niveau de vie inférieur à 1 900 euros par mois et par unité de consommation (figure 1). Entre 2012 et 2021, ce niveau de vie médian a progressé au même rythme dans la région et en France de province (+9 % en euros constants). Le niveau de vie est une des composantes du pouvoir d’achat des ménages, qui prend aussi en compte le niveau des prix. La région se caractérise notamment par un prix du logement élevé, en particulier sur le littoral, qui pèse sur le reste à vivre des ménages.
tableauFigure 1 – Distribution des niveaux de vie mensuels en 2021 et évolution entre 2012 et 2021
| Période | Distribution | Provence-Alpes-Côte d'Azur | France de province |
|---|---|---|---|
| 2021 (en euros) | Premier décile | 940 | 1 020 |
| Médiane | 1 900 | 1 895 | |
| Dernier décile | 3 430 | 3 255 | |
| Évolution 2012-2021 (en euros constants) | Premier décile | +65 | +65 |
| Médiane | +155 | +150 | |
| Dernier décile | +130 | +100 |
- Note : Les valeurs sont arrondies au multiple de 5 le plus proche.
- Lecture : En 2021 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la moitié des habitants ont un niveau de vie supérieur à 1 900 euros par mois. C’est 155 euros de plus qu’en 2012, en euros constants. Le premier décile est le niveau de vie au-dessous duquel se situent les 10 % des habitants les moins aisés. En 2021, il s’élève en Provence-Alpes-Côte d’Azur à 940 euros par mois. Le dernier décile est le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10 % des habitants les plus aisés. En 2021, il s’élève en Provence-Alpes-Côte d’Azur à 3 430 euros par mois.
- Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2012 et 2021.
graphiqueFigure 1 – Distribution des niveaux de vie mensuels en 2021 et évolution entre 2012 et 2021

- Note : Les valeurs sont arrondies au multiple de 5 le plus proche.
- Lecture : En 2021 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la moitié des habitants ont un niveau de vie supérieur à 1 900 euros par mois. C’est 155 euros de plus qu’en 2012, en euros constants. Le premier décile est le niveau de vie au-dessous duquel se situent les 10 % des habitants les moins aisés. En 2021, il s’élève en Provence-Alpes-Côte d’Azur à 940 euros par mois. Le dernier décile est le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10 % des habitants les plus aisés. En 2021, il s’élève en Provence-Alpes-Côte d’Azur à 3 430 euros par mois.
- Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2012 et 2021.
Le niveau de vie médian masque de fortes disparités. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 17,4 % des habitants sont pauvres en 2021, soit un taux de pauvreté nettement supérieur à celui de France de province (14,7 %). La région se place au quatrième rang derrière la Corse, les Hauts-de-France et l’Occitanie. De surcroît, les personnes pauvres de la région le sont un peu plus qu’au niveau national. En particulier, dans la région, les 10 % des habitants les moins aisés ont un niveau de vie inférieur à 940 euros par mois, contre 1 020 euros en France de province. C’est le niveau le plus faible après la Corse (930 euros).
À l’autre extrémité de la distribution, les 10 % des habitants les plus aisés ont un niveau de vie supérieur à 3 430 euros par mois. C’est le plus haut niveau des régions de France de province après Auvergne-Rhône-Alpes (3 560 euros). L’Île-de-France se distingue par un niveau encore plus élevé (4 220 euros).
Entre 2012 et 2021, le seuil au-dessus duquel se situent les 10 % des habitants les plus aisés a augmenté de 130 euros en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cette hausse est deux fois plus forte que l’évolution du seuil plafond des 10 % les moins aisés (+65 euros sur la même période), mais un peu plus faible que celle du niveau de vie médian (+155 euros).
Des inégalités de niveau de vie plus fortes que dans les autres régions de France de province
Dans la région, les inégalités de niveau de vie sont plus fortes que dans les autres régions de France de province, hors Corse où elles sont équivalentes. Le niveau de vie moyen des 20 % des habitants les plus aisés y est 4,8 fois plus élevé que celui des 20 % les moins aisés. En France de province, ce ratio est de 4,1. Il atteint 6,2 en Île-de-France, en raison du niveau de vie particulièrement élevé des plus aisés.
En 2021, les inégalités (mesurées par ce ratio) s’établissent à un niveau similaire à celui observé en 2012, ces deux années se distinguant par les niveaux d’inégalités les plus élevés de la période (encadré 1). Elles avaient diminué entre 2012 et 2017, avant de repartir globalement à la hausse jusqu’en 2021, et ce à un rythme plus soutenu dans la région qu’au niveau national (figure 2).
tableauFigure 2 – Évolution entre 2012 et 2021 du niveau de vie médian et des inégalités, en euros constants
| Période | Niveau de vie médian – Provence-Alpes-Côte d’Azur | Niveau de vie médian - France de province | Rapport entre le niveau de vie moyen des 20 % les plus aisés et des 20 % les moins aisés - Provence-Alpes-Côte d’Azur | Rapport entre le niveau de vie moyen des 20 % les plus aisés et des 20 % les moins aisés - France de province |
|---|---|---|---|---|
| 2012 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| 2013 | 100,8 | 101,5 | 97,3 | 97,2 |
| 2014 | 101,7 | 102,5 | 98,0 | 97,8 |
| 2015 | 104,2 | 104,1 | 98,4 | 97,8 |
| 2016 | 104,1 | 103,9 | 97,1 | 96,7 |
| 2017 | 104,4 | 104,3 | 95,9 | 95,8 |
| 2018 | 105,7 | 105,9 | 99,3 | 96,8 |
| 2019 | 105,6 | 105,6 | 99,3 | 96,8 |
| 2020 | 108,3 | 108,2 | 97,2 | 95,6 |
| 2021 | 108,9 | 108,5 | 101,4 | 98,9 |
- Lecture : En 2021, le niveau de vie médian en Provence-Alpes-Côte d’Azur a augmenté de 8,9 % par rapport à 2012, en euros constants. En France de province la hausse a été de 8,5 %. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le rapport entre le niveau de vie moyen des 20 % des habitants les plus aisés et celui des 20 % les moins aisés est en hausse de 1,4 % entre 2012 et 2021 tandis qu’en France de province ce rapport baisse de 1,1 % sur 9 ans.
- Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi.
graphiqueFigure 2 – Évolution entre 2012 et 2021 du niveau de vie médian et des inégalités, en euros constants

- Lecture : En 2021, le niveau de vie médian en Provence-Alpes-Côte d’Azur a augmenté de 8,9 % par rapport à 2012, en euros constants. En France de province la hausse a été de 8,5 %. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le rapport entre le niveau de vie moyen des 20 % des habitants les plus aisés et celui des 20 % les moins aisés est en hausse de 1,4 % entre 2012 et 2021 tandis qu’en France de province ce rapport baisse de 1,1 % sur 9 ans.
- Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi.
Des niveaux de vie médians élevés en périphérie d’Aix-en-Provence et de Marseille
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les bassins de vie où le niveau de vie médian des habitants est le plus élevé se situent en périphérie des grands centres urbains. Ainsi, dans les bassins littoraux jouxtant Marseille, comme ceux de la Côte bleue (Sausset-les-Pins, Le Rove) ou de Cassis, et dans ceux d’Aix-en-Provence et de sa périphérie, le niveau de vie médian est supérieur à 2 170 euros mensuels (figure 3). Ces territoires se caractérisent par une forte part de cadres.
tableauFigure 3 – Niveau de vie médian dans les bassins de vie de Provence-Alpes-Côte d’Azur
| Code | Bassin de vie 2022 | Niveau de vie médian mensuel en 2021 |
|---|---|---|
| 04019 | Barcelonnette | 1 790 |
| 04049 | Château-Arnoux-Saint-Auban | 1 810 |
| 04070 | Digne-les-Bains | 1 850 |
| 04088 | Forcalquier | 1 770 |
| 04094 | Gréoux-les-Bains | 1 920 |
| 04112 | Manosque | 1 880 |
| 04143 | Oraison | 1 890 |
| 04166 | Riez | 1 750 |
| 04173 | Saint-André-les-Alpes | 1 710 |
| 04209 | Sisteron | 1 800 |
| 05006 | L'Argentière-la-Bessée | 1 780 |
| 05023 | Briançon | 1 840 |
| 05040 | Chorges | 1 820 |
| 05046 | Embrun | 1 830 |
| 05061 | Gap | 1 870 |
| 05065 | Guillestre | 1 800 |
| 05070-93 | Laragne-Montéglin (Partie régionale) | 1 790 |
| 05132-93 | Saint-Bonnet-en-Champsaur (Partie régionale) | 1 810 |
| 05170 | Tallard | 1 890 |
| 05179-93 | Veynes (Partie régionale) | 1 710 |
| 06029 | Cannes | 2 000 |
| 06033 | Carros | 1 970 |
| 06048 | Contes | 2 040 |
| 06083 | Menton | 1 970 |
| 06088 | Nice | 1 920 |
| 06099 | Puget-Théniers | 1 730 |
| 13001 | Aix-en-Provence | 2 170 |
| 13004-93 | Arles (Partie régionale) | 1 700 |
| 13022 | Cassis | 2 280 |
| 13035 | Eyguières | 2 140 |
| 13037 | La Fare-les-Oliviers | 2 220 |
| 13047 | Istres | 1 920 |
| 13050 | Lambesc | 2 270 |
| 13051 | Lançon-Provence | 2 230 |
| 13053 | Mallemort | 2 060 |
| 13054 | Marignane | 1 890 |
| 13055 | Marseille | 1 800 |
| 13056 | Martigues | 1 860 |
| 13063 | Miramas | 1 770 |
| 13074 | Peyrolles-en-Provence | 2 040 |
| 13078 | Port-Saint-Louis-du-Rhône | 1 720 |
| 13080 | Le Puy-Sainte-Réparade | 2 230 |
| 13084 | La Roque-d'Anthéron | 1 950 |
| 13088 | Le Rove | 2 290 |
| 13096 | Saintes-Maries-de-la-Mer | 1 710 |
| 13097 | Saint-Martin-de-Crau | 2 010 |
| 13100 | Saint-Rémy-de-Provence | 1 960 |
| 13103 | Salon-de-Provence | 1 990 |
| 13104 | Sausset-les-Pins | 2 520 |
| 13105 | Sénas | 1 940 |
| 83007 | Aups | 1 750 |
| 83012 | Barjols | 1 720 |
| 83019 | Bormes-les-Mimosas | 1 970 |
| 83023 | Brignoles | 1 750 |
| 83032 | Carcès | 1 770 |
| 83036 | Cavalaire-sur-Mer | 1 990 |
| 83042 | Cogolin | 1 840 |
| 83050 | Draguignan | 1 840 |
| 83055 | Fayence | 1 960 |
| 83061 | Fréjus | 1 940 |
| 83064 | Garéoult | 2 040 |
| 83071 | La Londe-les-Maures | 2 020 |
| 83072 | Lorgues | 1 930 |
| 83073 | Le Luc | 1 820 |
| 83081 | Montauroux | 2 160 |
| 83091 | Pierrefeu-du-Var | 2 130 |
| 83104 | Rians | 1 900 |
| 83106 | Rocbaron | 2 020 |
| 83107 | Roquebrune-sur-Argens | 2 080 |
| 83115 | Sainte-Maxime | 1 950 |
| 83116 | Saint-Maximin-la-Sainte-Baume | 2 000 |
| 83119 | Saint-Tropez | 2 150 |
| 83121 | Salernes | 1 800 |
| 83137 | Toulon | 1 930 |
| 83148 | Vidauban | 1 810 |
| 84003 | Apt | 1 760 |
| 84007-93 | Avignon (Partie régionale) | 1 730 |
| 84019-93 | Bollène (Partie régionale) | 1 730 |
| 84031 | Carpentras | 1 800 |
| 84035 | Cavaillon | 1 760 |
| 84054 | L'Isle-sur-la-Sorgue | 1 930 |
| 84071 | Maubec | 2 030 |
| 84087 | Orange | 1 820 |
| 84089 | Pertuis | 1 980 |
| 84106-93 | Sainte-Cécile-les-Vignes (Partie régionale) | 1 950 |
| 84123-93 | Sault (Partie régionale) | 1 700 |
| 84133 | La Tour-d'Aigues | 2 000 |
| 84137-93 | Vaison-la-Romaine (Partie régionale) | 1 840 |
| 84138-93 | Valréas (Partie régionale) | 1 660 |
- Note : Les bassins de vie de l’étude sont ceux dont le pôle de services le plus peuplé est situé dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Concernant les bassins de vie dont une partie se situe hors de la région, seules les communes de la région sont considérées (par exemple, pour le bassin de vie d’Avignon, Villeneuve-lès-Avignon est exclue). Les niveaux de vie médians ont été arrondis à la dizaine.
- Lecture : En 2021, dans le bassin de vie de Barcelonnette, la moitié des habitants vivant dans un logement ordinaire ont un niveau de vie supérieur à 1 790 euros.
- Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2021.
graphiqueFigure 3 – Niveau de vie médian dans les bassins de vie de Provence-Alpes-Côte d’Azur

- Note : Les bassins de vie de l’étude sont ceux dont le pôle de services le plus peuplé est situé dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Concernant les bassins de vie dont une partie se situe hors de la région, seules les communes de la région sont considérées (par exemple, pour le bassin de vie d’Avignon, Villeneuve-lès-Avignon est exclue). Les niveaux de vie médians ont été arrondis à la dizaine.
- Lecture : En 2021, dans le bassin de vie de Barcelonnette, la moitié des habitants vivant dans un logement ordinaire ont un niveau de vie supérieur à 1 790 euros.
- Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2021.
Dans des bassins de vie du littoral varois et azuréen, notamment de Saint-Tropez et de son arrière-pays, du nord de Salon-de-Provence, des parcs naturels des Alpilles, du Luberon et du massif de la Sainte-Baume, le niveau de vie médian est également élevé, supérieur à 1 950 euros mensuels. La présence de retraités aisés sur la Côte d’Azur et dans son arrière-pays, ainsi que celle des cadres, qui résident plus fréquemment dans les zones périurbaines ou à proximité de technopoles comme celle de Sophia-Antipolis, expliquent ce niveau élevé. À l’échelle des agglomérations, le niveau de vie médian est plus élevé dans les couronnes que dans les pôles (encadré 2).
Dans les bassins de vie du nord-ouest de la région, tels ceux de Vaison-la-Romaine, Carpentras ou Cavaillon, la hausse des niveaux de vie entre 2012 et 2021 a été particulièrement forte (au-delà de 11 % en euros constants), permettant à ces bassins de réduire les écarts par rapport aux autres bassins de vie. Les niveaux de vie y demeurent toutefois inférieurs au niveau régional, oscillant entre 1 700 et 1 840 euros en 2021. Dans ceux d’Avignon et du centre et du nord-est de la région, les niveaux de vie médians étaient en 2012 plus bas que la moyenne. Leur hausse a été moins marquée que pour l’ensemble des bassins de vie, accentuant l'écart avec les bassins aux niveaux de vie plus élevés.
Un taux de pauvreté particulièrement élevé dans les bassins de vie de l’ouest de la région
Dans la région, les bassins de vie où la pauvreté est la plus fréquente sont ceux de Marseille, de l’ouest et du centre. Le bassin de vie marseillais concentre un quart des personnes pauvres de la région, avec près de 218 000 personnes concernées. En 2021, le taux de pauvreté y atteint 22,9 %, soit le taux le plus élevé des bassins de vie de la région après celui d’Arles (23,3 %).
Dans l’ouest de la région, la pauvreté est également fréquente, par exemple dans le bassin de vie d’Avignon (22,4 %). C’est aussi le cas dans le centre de la région, notamment dans les bassins de vie d’Aups (22,1 %) et de Saint-André-les-Alpes (21,2 %) où elle affecte plus souvent les retraités particulièrement présents dans ces territoires [Argouarc’h et al., 2023 ; pour en savoir plus (5)]. Dans les bassins de vie du sud-ouest de la région et quelques bassins de vie du nord du Var et des Alpes-Maritimes, la baisse du taux de pauvreté entre 2012 et 2021 a réduit l’écart avec les bassins de vie plus aisés, mais la pauvreté y reste plus fréquente qu’en moyenne régionale. Dans les Alpes, où la pauvreté est moins répandue, elle a diminué autour de Gap mais a progressé dans les bassins de vie de Briançon et Guillestre. La pauvreté est également faible mais en hausse dans le bassin de vie de Menton.
Des hauts revenus particulièrement présents sur la Côte d’Azur et dans le bassin de vie aixois
La région se caractérise également par une forte présence d’habitants à hauts revenus. Les niveaux de vie de ces habitants sont les plus élevés dans les bassins de vie de Saint-Tropez, Cavalaire-sur-Mer, Cassis, Sainte-Maxime, Aix-en-Provence et Lambesc, ainsi que pour les bassins de vie situés sur la Côte bleue, dans les Alpilles et le Luberon. Les niveaux de vie y dépassent 3 800 euros par mois pour les 10 % des habitants les plus aisés et avoisinent, voire dépassent, 5 000 euros pour les 5 % des habitants les plus aisés. Des niveaux également élevés sont observés sur le reste du littoral de Menton à Hyères, l’arrière-pays cannois, qui comprend la technopole de Sophia-Antipolis, et le nord-est d’Aix-en-Provence. Dans les bassins de vie de grandes villes comme Nice ou Marseille, certains quartiers concentrent aussi de nombreux ménages aisés. Entre 2012 et 2021, le niveau de vie des 10 % des habitants les plus aisés augmente le plus dans les territoires où le niveau de vie médian augmente également fortement (par exemple à Saint-Tropez, Sausset-les-Pins, Cassis ou Lambesc).
Dans la région, pour les 1 % des habitants aux revenus les plus élevés, deux profils se dégagent [Durieux, Zampini, 2020 ; pour en savoir plus (6)]. Un premier profil regroupe des ménages dont les revenus proviennent principalement du patrimoine. Ces ménages sont plus âgés. Leurs revenus sont les plus élevés. Ils sont plus souvent situés sur le littoral azuréen, de Nice à Hyères. Un second profil réunit des ménages dont le salaire est la première source de revenu. Ils sont plus jeunes. Ces ménages résident souvent dans les pôles d’emploi où la part des cadres des fonctions métropolitaines est élevée comme à Nice, à Aix-en-Provence, dans les 7e et 8e arrondissements de Marseille, autour de la technopole de Sophia-Antipolis et à proximité de Monaco. La concentration des ménages actifs à hauts salaires dans des pôles de compétitivité hautement qualifiés est, depuis les années 2000, le principal moteur de la polarisation des revenus en France [Bonnet, D'Albi, Sotura, 2025 ; pour en savoir plus (7)].
De fortes inégalités de niveau de vie dans les bassins de vie les plus urbains
Les inégalités de niveau de vie sont marquées sur le littoral et dans l’ouest de la région. Elles culminent dans les bassins de vie touristiques de Saint-Tropez, des Alpilles, du Luberon et de Sainte-Maxime. Le niveau de vie moyen des 20 % des habitants les plus aisés y est plus de six fois supérieur à celui des 20 % les moins aisés (contre 4,8 en moyenne dans la région). Ces inégalités sont aussi marquées dans les bassins de vie les plus urbains comme ceux de Nice, Marseille, Cannes ou Aix-en-Provence, où ce rapport avoisine ou dépasse 5 (figure 4).
Dans le bassin de vie de Marseille, ces inégalités découlent surtout du faible niveau de vie des 20 % les moins aisés (le plus faible niveau des bassins de vie de la région). En revanche, dans le bassin de vie d’Aix-en-Provence, ces inégalités proviennent des plus aisés, tandis que le niveau de vie des plus modestes est également parmi les plus élevés de la région. Dans les Alpes, les inégalités sont les moins marquées de la région, les ménages à hauts revenus et la pauvreté y étant moins fréquents.
tableauFigure 4 – Rapport entre le niveau de vie moyen des 20 % des habitants les plus aisés et celui des 20 % les moins aisés dans les bassins de vie
| Code | Bassin de vie 2022 | Rapport en 2021 |
|---|---|---|
| 04019 | Barcelonnette | 3,9 |
| 04049 | Château-Arnoux-Saint-Auban | 3,4 |
| 04070 | Digne-les-Bains | 3,7 |
| 04088 | Forcalquier | 4,5 |
| 04094 | Gréoux-les-Bains | 3,8 |
| 04112 | Manosque | 5,1 |
| 04143 | Oraison | 3,5 |
| 04166 | Riez | 4,0 |
| 04173 | Saint-André-les-Alpes | 3,9 |
| 04209 | Sisteron | 3,8 |
| 05006 | L'Argentière-la-Bessée | 3,8 |
| 05023 | Briançon | 3,8 |
| 05040 | Chorges | 3,5 |
| 05046 | Embrun | 3,9 |
| 05061 | Gap | 3,7 |
| 05065 | Guillestre | 3,6 |
| 05070-93 | Laragne-Montéglin (Partie régionale) | 3,7 |
| 05132-93 | Saint-Bonnet-en-Champsaur (Partie régionale) | 3,6 |
| 05170 | Tallard | 3,6 |
| 05179-93 | Veynes (Partie régionale) | 3,6 |
| 06029 | Cannes | 5,2 |
| 06033 | Carros | 3,8 |
| 06048 | Contes | 3,4 |
| 06083 | Menton | 5,2 |
| 06088 | Nice | 5,4 |
| 06099 | Puget-Théniers | 4,1 |
| 13001 | Aix-en-Provence | 4,9 |
| 13004-93 | Arles (Partie régionale) | 4,5 |
| 13022 | Cassis | 5,0 |
| 13035 | Eyguières | 3,9 |
| 13037 | La Fare-les-Oliviers | 3,4 |
| 13047 | Istres | 3,4 |
| 13050 | Lambesc | 4,3 |
| 13051 | Lançon-Provence | 3,5 |
| 13053 | Mallemort | 3,8 |
| 13054 | Marignane | 3,7 |
| 13055 | Marseille | 5,3 |
| 13056 | Martigues | 4,0 |
| 13063 | Miramas | 3,8 |
| 13074 | Peyrolles-en-Provence | 3,6 |
| 13078 | Port-Saint-Louis-du-Rhône | 3,7 |
| 13080 | Le Puy-Sainte-Réparade | 4,2 |
| 13084 | La Roque-d'Anthéron | 4,0 |
| 13088 | Le Rove | 4,1 |
| 13096 | Saintes-Maries-de-la-Mer | 4,9 |
| 13097 | Saint-Martin-de-Crau | 4,3 |
| 13100 | Saint-Rémy-de-Provence | 6,8 |
| 13103 | Salon-de-Provence | 4,1 |
| 13104 | Sausset-les-Pins | 4,5 |
| 13105 | Sénas | 3,7 |
| 83007 | Aups | 4,9 |
| 83012 | Barjols | 3,9 |
| 83019 | Bormes-les-Mimosas | 5,0 |
| 83023 | Brignoles | 4,0 |
| 83032 | Carcès | 4,4 |
| 83036 | Cavalaire-sur-Mer | 5,4 |
| 83042 | Cogolin | 4,2 |
| 83050 | Draguignan | 4,2 |
| 83055 | Fayence | 4,5 |
| 83061 | Fréjus | 4,6 |
| 83064 | Garéoult | 3,5 |
| 83071 | La Londe-les-Maures | 4,1 |
| 83072 | Lorgues | 4,6 |
| 83073 | Le Luc | 3,9 |
| 83081 | Montauroux | 4,5 |
| 83091 | Pierrefeu-du-Var | 3,7 |
| 83104 | Rians | 3,3 |
| 83106 | Rocbaron | 3,2 |
| 83107 | Roquebrune-sur-Argens | 4,2 |
| 83115 | Sainte-Maxime | 6,1 |
| 83116 | Saint-Maximin-la-Sainte-Baume | 3,9 |
| 83119 | Saint-Tropez | 11,7 |
| 83121 | Salernes | 4,7 |
| 83137 | Toulon | 4,4 |
| 83148 | Vidauban | 3,8 |
| 84003 | Apt | 4,8 |
| 84007-93 | Avignon (Partie régionale) | 4,4 |
| 84019-93 | Bollène (Partie régionale) | 3,8 |
| 84031 | Carpentras | 4,5 |
| 84035 | Cavaillon | 4,7 |
| 84054 | L'Isle-sur-la-Sorgue | 4,2 |
| 84071 | Maubec | 6,1 |
| 84087 | Orange | 4,0 |
| 84089 | Pertuis | 3,9 |
| 84106-93 | Sainte-Cécile-les-Vignes (Partie régionale) | 3,8 |
| 84123-93 | Sault (Partie régionale) | 4,2 |
| 84133 | La Tour-d'Aigues | 4,2 |
| 84137-93 | Vaison-la-Romaine (Partie régionale) | 4,5 |
| 84138-93 | Valréas (Partie régionale) | 4,0 |
- Note : Les bassins de vie de l’étude sont ceux dont le pôle de services le plus peuplé est situé dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Concernant les bassins de vie dont une partie se situe hors de la région, seules les communes de la région sont considérées (par exemple, pour le bassin de vie d’Avignon, Villeneuve-lès-Avignon est exclue).
- Lecture : Dans le bassin de vie de Barcelonnette, les 20 % des habitants les plus aisés ont en moyenne en 2021 un niveau de vie 3,9 fois supérieur à celui des 20 % des habitants les moins aisés.
- Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2021.
graphiqueFigure 4 – Rapport entre le niveau de vie moyen des 20 % des habitants les plus aisés et celui des 20 % les moins aisés dans les bassins de vie

- Note : Les bassins de vie de l’étude sont ceux dont le pôle de services le plus peuplé est situé dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Concernant les bassins de vie dont une partie se situe hors de la région, seules les communes de la région sont considérées (par exemple, pour le bassin de vie d’Avignon, Villeneuve-lès-Avignon est exclue).
- Lecture : Dans le bassin de vie de Barcelonnette, les 20 % des habitants les plus aisés ont en moyenne en 2021 un niveau de vie 3,9 fois supérieur à celui des 20 % des habitants les moins aisés.
- Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi 2021.
Entre 2012 et 2021, les inégalités de niveaux de vie moyens entre les 20 % des habitants les plus aisés et les 20 % les moins aisés se sont creusées dans un quart des bassins de vie de la région. Ce creusement concerne essentiellement les bassins de vie déjà les plus inégalitaires : ceux de la Côte d’Azur, du Luberon, des Alpilles et du nord-est varois ainsi que d’Aix-en-Provence et de Marseille. En revanche, ces inégalités ont reculé au centre de la région, où elles étaient déjà moindres, ainsi qu’au nord-ouest du Vaucluse.
Encadré 1 - Au niveau national, un renforcement des inégalités de niveau de vie depuis 2021
Au niveau territorial, les niveaux de vie ne peuvent être observés que de 2012 à 2021 (sources). En revanche, la référence au niveau national, la source Enquête Revenus Fiscaux et Sociaux (ERFS), offre une perspective temporelle plus longue.
Depuis le début des années 2000, les évolutions des niveaux de vie ont été marquées par plusieurs crises économiques. Sur cette période, les inégalités ont globalement crû. Ces crises ont touché notamment les niveaux de vie des ménages modestes. Les revenus des ménages les plus aisés sont également affectés, du fait principalement de fluctuations des revenus du patrimoine. Malgré ces chocs, le niveau de vie médian en euros constants a globalement augmenté depuis 1996. Les années 2010 à 2012 et 2021 à 2023, marquées par les conséquences des crises des subprimes (2008-2009) et sanitaire (2020-2021), se caractérisent par des inégalités de niveau de vie élevées. En 2023, au niveau national, les 20 % des habitants les plus aisés ont un niveau de vie moyen 4,5 fois supérieur à celui des 20 % les moins aisés alors que ce ratio oscillait entre 4,0 et 4,2 au cours de la décennie 2000. Par ailleurs, en 2023, 15,4 % des individus sont pauvres. Il s’agit du taux le plus élevé depuis 1996, année où débute la série [Rieg, Rousset, 2025 ; pour en savoir plus (3)]. Les pics d’inflation de ces dernières années ont également pesé sur la capacité des ménages à faire face à certaines dépenses, notamment pour les moins aisés. Ainsi, le nombre de personnes en situation de privation matérielle et sociale est en augmentation depuis 2022 en France [Gleizes, Solard, 2026 ; pour en savoir plus (2)].
Encadré 2 - Des écarts qui se creusent entre couronnes et pôles
En 2021, le niveau de vie médian dans les couronnes des aires d’attraction des villes est plus élevé qu’en moyenne régionale (2 040 euros mensuels, contre 1 900 euros) et croît en général avec la population de l’aire considérée. Entre 2012 et 2021, il a progressé dans les couronnes au même rythme qu’en moyenne régionale (+ 9 % en euros constants). À l’inverse, dans les communes-centres des pôles, il est bien plus bas et s’établit à 1 740 euros mensuels en 2021. Il a progressé un peu moins vite (+8 %) qu’en moyenne régionale, ce qui a creusé l’écart. Ces constats sont particulièrement marqués dans l’aire d’attraction d’Avignon. Le niveau de vie médian dans le pôle d’Avignon n’a augmenté que de 4 %, pour s’établir à 1 540 euros mensuels en 2021, alors que dans sa couronne la hausse a été de 11 % pour atteindre le niveau régional (1 900 euros).
Dans les couronnes, le revenu moyen des 20 % des habitants les plus aisés est 4,3 fois supérieur à celui des 20 % les moins aisés en 2021. Dans les communes-centres des pôles, ce rapport est de 5,1. La part de personnes pauvres (23 %) y est près de deux fois supérieure à celle des couronnes (12 %).
Encadré 3 - Partenariat
Cette étude a été réalisée en partenariat avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Sources
Les fichiers du Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) sont issus du rapprochement des données fiscales exhaustives en provenance de la Direction générale des finances publiques et des données sur les prestations sociales (CNAF, CNAV, MSA). Ce rapprochement permet de reconstituer un revenu déclaré et un revenu disponible avec les prestations réellement perçues. Il permet ainsi de mesurer la distribution de revenu, le taux de pauvreté ainsi que des indicateurs d’inégalités de revenu. Le champ se limite aux ménages ordinaires.
Définitions
Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d'un même ménage. On attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.
Le niveau de vie médian désigne le montant pour lequel la moitié des personnes a un niveau inférieur et l'autre moitié a un niveau supérieur.
Le seuil de pauvreté est fixé par convention à 60 % du niveau de vie médian de la population. En 2021, il correspond à un revenu disponible de 1 154 euros par mois pour une personne vivant seule avec la source Filosofi. Le taux de pauvreté monétaire correspond à la proportion d'individus en situation de pauvreté monétaire.
Le bassin de vie constitue le plus petit territoire sur lequel les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants. Les bassins de vie de cette étude sont ceux dont le pôle de services le plus peuplé est situé dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pour les bassins de vie dont une partie se situe hors de la région, seules les communes de la région sont considérées. Le contour des bassins de vie retenu pour les données 2021 et 2012 est celui des bassins de vie en géographie 2022.
Une aire d’attraction des villes (AAV) définit l’étendue de l’influence d’une ville sur les communes environnantes, mesurée par les déplacements domicile-travail. Une aire est un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué d’un pôle de population et d’emploi, et d’une couronne qui regroupe les communes dont au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle. Dans cette étude, pour les aires d’attraction des villes s’étendant sur plusieurs régions (cas du pôle d’Avignon par exemple), les résultats sont donnés pour la partie de ces aires située en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Pour en savoir plus
(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.
(2) Gleizes F., Solard J., « Privation matérielle et sociale en 2025 : la privation matérielle et sociale reste à un niveau élevé », Insee Focus no 380, avril 2026.
(3) Rieg C., Rousset A., « Niveau de vie et pauvreté en 2023 : taux de pauvreté et inégalités s’accroissent fortement », Insee Première no 2063 – juillet 2025.
(4) Martin H., « Depuis le milieu des années 1990, les inégalités de niveau de vie augmentent nettement avant redistribution mais de manière plus limitée après redistribution », Les revenus et le patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2024.
(5) Argouarc’h J., et al., « Panorama de la pauvreté en Provence-Alpes-Côte d’Azur : une diversité de situations individuelles et territoriales », Insee Dossier Provence-Alpes-Côte d'Azur no 12, octobre 2023.
(6) Durieux S., Zampini C., « Très hauts revenus : des ménages très présents dans les Alpes-Maritimes », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur no 63, mai 2020.
(7) Bonnet F., D'Albis H., Sotura A., "Ouvrir dans un nouvel onglet Structural Change and Spatial Concentration of High-income Earners: Evidence from French Regions since 1960 ". ESSEC Working Papers, no 2509, 2025.
