Insee Focus ·
Avril 2026 · n° 380
Privation matérielle et sociale en 2025 La privation matérielle et sociale reste à un niveau élevé
Début 2025, en France, 13,5 % de la population vivant dans un logement ordinaire se trouve en situation de privation matérielle et sociale. Cette proportion avait augmenté significativement début 2022 dans un contexte de forte inflation et elle reste ancrée depuis quatre ans à un niveau élevé. Elle dépasse ainsi les taux observés au cours de la décennie précédente, c’est-à-dire avant la crise sanitaire.
Les personnes au chômage sont les plus exposées au risque de privation, qui touche 35 % d’entre elles. La part de personnes en emploi subissant des privations a augmenté depuis début 2020, qu’elles soient ouvrières, employées, professions intermédiaires ou cadres.
30 % des personnes vivant dans des familles monoparentales sont en situation de privation matérielle et sociale et 20 % au sein des couples avec trois enfants ou plus. C’est plus qu’avant la crise sanitaire.
Si peu de personnes déclarent être privées de voiture pour raison financière, l’écart d’équipement est élevé : les personnes les plus aisées disposent beaucoup plus souvent d’un véhicule que les plus modestes.
Les personnes vivant une situation de privation matérielle et sociale se déclarent nettement moins satisfaites de leur vie et plus méfiantes envers les autres.
- En 2025, la part des personnes en situation de privation matérielle et sociale est, comme en 2023, à son plus haut niveau depuis douze ans
- Les chômeurs, les familles monoparentales et les locataires du parc social sont les plus exposés
- En 2025, beaucoup plus de personnes se privent de viande et de chauffage que début 2020
- 22 % des personnes n’ont pas les moyens financiers de prendre au moins une semaine de vacances par an
- Un quart des personnes les plus modestes ne disposent pas de voiture
- Le bien-être ressenti dépend du nombre de privations
En 2025, la part des personnes en situation de privation matérielle et sociale est, comme en 2023, à son plus haut niveau depuis douze ans
Début 2025, en France hors Mayotte, 13,5 % des personnes vivant dans un logement ordinaire sont en situation de privation matérielle et sociale, soit 9,0 millions de personnes (figure 1). Sur la seule France métropolitaine, cette proportion est de 13,1 %. Cet indicateur repère les personnes ne pouvant pas couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante parmi treize, comme pouvoir chauffer son logement à la bonne température, s’acheter des vêtements neufs, accéder à Internet ou se réunir avec des amis autour d’un verre ou d’un repas au moins une fois par mois (sources).
Sur les treize privations matérielles ou sociales répertoriées, une majorité de la population n’en déclare aucune (55 %). Cette catégorie est toutefois disparate : 11 % des personnes ne déclarant aucune privation font partie du quart des personnes les plus modestes en niveau de vie, et 40 % font partie du quart des personnes les plus aisées. À l'opposé, 13,5 % de la population cumule au moins cinq privations et vit donc une situation de privation matérielle et sociale, dont 64 % font partie du quart des personnes les plus modestes en niveau de vie.
En France métropolitaine, la part de personnes en situation de privation matérielle et sociale est stable depuis 2022 à un niveau élevé aux alentours de 13 %. Cette part oscillait autour de 12 % pendant la période 2013 à 2020. Elle a ensuite ponctuellement chuté lorsqu’elle a été mesurée début 2021, en raison de la crise sanitaire (mise en place de mesures exceptionnelles en faveur des plus modestes pour maintenir leurs ressources, plus faibles possibilités de consommer dans un contexte de restrictions de déplacements et de fermetures des commerces et services). L’indicateur a rebondi à un niveau élevé début 2022, dans un contexte de forte hausse des prix, venant éroder le pouvoir d’achat des ménages.
tableauFigure 1 – Proportion de personnes en situation de privation matérielle et sociale de 2013 à 2025
| Année | France métropolitaine | France hors Mayotte |
|---|---|---|
| 2013 | 11,7 | nd |
| 2014 | 12,9 | nd |
| 2015 | 11,8 | nd |
| 2016 | 12,1 | nd |
| 2017 | 11,4 | nd |
| 2018 | 11,9 | nd |
| 2019 | 12,4 | nd |
| 2020 | 12,3 | nd |
| 2021 | 10,5 | nd |
| 2022 | 12,9 | 13,4 |
| 2023 | 13,1 | 13,6 |
| 2024 | 12,7 | 13,0 |
| 2025 | 13,1 | 13,5 |
- nd : non disponible.
- Note : Les données de 2025 sont provisoires.
- Lecture : Début 2025, en France métropolitaine, 13,1 % de la population est en situation de privation matérielle et sociale.
- Champ : France hors Mayotte, ensemble des personnes vivant dans un logement ordinaire.
- Source : Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2013 à 2025.
graphiqueFigure 1 – Proportion de personnes en situation de privation matérielle et sociale de 2013 à 2025

- Note : Les données de 2025 sont provisoires.
- Lecture : Début 2025, en France métropolitaine, 13,1 % de la population est en situation de privation matérielle et sociale.
- Champ : France hors Mayotte, ensemble des personnes vivant dans un logement ordinaire.
- Source : Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2013 à 2025.
Les chômeurs, les familles monoparentales et les locataires du parc social sont les plus exposés
La privation matérielle et sociale touche nettement plus les personnes au chômage que les personnes en emploi ou à la retraite (figure 2). Début 2025, 35 % des chômeurs sont dans cette situation, contre 9 % des personnes en emploi et 9 % des retraités. Toutefois, depuis début 2020, le taux de privation matérielle et sociale des personnes en emploi a augmenté de 1,2 point. Cette augmentation touche toutes les catégories socioprofessionnelles, même si les employés et les ouvriers déclarent toujours nettement plus de difficultés que les cadres : en 2025, 15 % des ouvriers et 14 % des employés sont en situation de privation matérielle et sociale, contre 2 % des cadres.
tableauFigure 2a – Privation matérielle et sociale selon la situation vis-à-vis de l’emploi
| Situation vis-à-vis de l’emploi | 2020 | 2025 |
|---|---|---|
| En emploi, dont : | 7,4 | 8,6 |
| Agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise | 6,7 | 8,3 |
| Cadres | 0,4 | 1,8 |
| Professions intermédiaires | 4,1 | 5,3 |
| Employés | 12,1 | 13,7 |
| Ouvriers | 13,6 | 15,1 |
| Au chômage | 36,4 | 35,4 |
| En retraite | 8,6 | 8,5 |
| Ensemble | 12,3 | 13,1 |
- Note : Les données de 2025 sont provisoires. Les autres inactivités ne sont pas représentées spécifiquement mais figurent dans la ligne « Ensemble ».
- Lecture : Début 2025, 15,1 % des ouvriers en emploi sont en situation de privation matérielle et sociale.
- Champ : France métropolitaine, ensemble des personnes vivant dans un logement ordinaire.
- Source : Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2020 et 2025.
graphiqueFigure 2a – Privation matérielle et sociale selon la situation vis-à-vis de l’emploi

- Note : Les données de 2025 sont provisoires. Les autres inactivités ne sont pas représentées spécifiquement mais figurent dans « Ensemble ».
- Lecture : Début 2025, 15,1 % des ouvriers en emploi sont en situation de privation matérielle et sociale.
- Champ : France métropolitaine, ensemble des personnes vivant dans un logement ordinaire.
- Source : Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2020 et 2025.
Les familles monoparentales sont fortement touchées par la privation matérielle et sociale : cette forme de pauvreté concerne 30 % d’entre elles. Les couples avec au moins trois enfants sont également très exposés : 20 % d’entre eux sont dans ce cas, contre 8 % des couples avec un ou deux enfants. Les écarts entre types de ménage se sont creusés depuis 2020 : la situation des couples sans enfant ou avec un ou deux enfants s’est légèrement améliorée, tandis que celle des familles monoparentales et nombreuses s’est dégradée : leur taux de privation matérielle et sociale ont d’abord crû entre début 2020 et début 2023 (+1,3 point pour les familles monoparentales, +1,2 point pour les couples avec au moins trois enfants), dans un contexte de forte hausse des prix. Ces taux ont diminué en 2024 dans un contexte de moindre inflation, mais ils se détériorent de nouveau en 2025 (par rapport à 2023, +1,4 point pour les familles monoparentales et +0,7 point pour les couples avec au moins trois enfants).
Par ailleurs, 32 % des locataires du parc social sont en situation de privation matérielle et sociale contre 19 % des locataires du privé. La part des propriétaires dans ce cas est bien plus faible : 6 % des propriétaires accédants et 4 % des propriétaires non accédants sont en situation de privation matérielle et sociale.
En 2025, beaucoup plus de personnes se privent de viande et de chauffage que début 2020
Depuis cinq ans, les privations sont particulièrement en hausse sur trois postes, dont les prix ont fortement augmenté : la consommation régulière de repas avec des protéines, le chauffage, et le remplacement des meubles.
La part des personnes déclarant se priver de repas avec de la viande, du poisson ou un équivalent végétarien augmente encore cette année et s’établit à 11,2 % début 2025 (figure 3). Ce niveau de privation est bien supérieur à celui observé en 2020 (7,3 % des personnes) : il a fortement augmenté durant les deux années de forte inflation en 2022 et 2023.
tableauFigure 3 – Proportion de personnes ayant déclaré subir une privation selon le type de privation
| Personnes qui déclarent ne pas pouvoir, pour des raisons financières… | Moyenne 2013-2019 | 2020 | 2022 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| Faire face à une dépense non prévue de 1 000 euros | 32,0 | 30,4 | 30,3 | 28,5 | 28,1 |
| Se payer une semaine de vacances dans l’année | 24,0 | 22,2 | 24,3 | 21,2 | 22,2 |
| Remplacer des meubles usés ou abîmés | nd | 15,5 | 16,4 | 17,8 | 18,2 |
| Avoir régulièrement une activité de loisir payante | 14,2 | 16,3 | 15,9 | 15,5 | 15,4 |
| Dépenser une petite somme librement | 15,8 | 14,3 | 13,1 | 12,5 | 12,1 |
| Chauffer suffisamment leur logement | 5,6 | 6,7 | 10,2 | 11,5 | 11,4 |
| Manger de la viande, du poisson ou un équivalent végétarien tous les deux jours | 7,2 | 7,3 | 9,4 | 10,0 | 11,2 |
| S’acheter des vêtements neufs | 9,3 | 9,5 | 10,1 | 10,5 | 10,6 |
| Payer à temps les loyers, intérêts, factures | 9,1 | 9,1 | 9,6 | 10,2 | 9,9 |
| Se retrouver régulièrement avec des amis ou de la famille autour d’un verre ou d’un repas | 6,0 | 7,3 | 6,5 | 6,4 | 6,6 |
| Posséder deux paires de chaussures | 5,8 | 4,2 | 4,1 | 3,4 | 3,8 |
| Disposer d’une voiture | 2,9 | 3,8 | 3,5 | 3,5 | 3,7 |
| Avoir accès à Internet à domicile | 2,1 | 1,8 | 1,5 | 1,2 | 1,3 |
- nd : non disponible.
- Note : Les données de 2025 sont provisoires.
- Lecture : Début 2025, 22,2 % de la population ne peut pas partir en vacances une semaine dans l’année pour des raisons financières.
- Champ : France métropolitaine, ensemble des personnes vivant dans un logement ordinaire.
- Source : Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2013 à 2025.
De nombreuses personnes sont dans l’incapacité financière de chauffer suffisamment leur logement (11,4 %) : cette privation est à un niveau bien plus élevé qu’il y a 5 ans (6,7 %), en lien avec la hausse des prix de l’énergie des dernières années.
Enfin, remplacer des meubles usés ou abîmés devient également de plus en plus difficile : 18,2 % de la population subit cette privation en 2025, une part croissante depuis cinq ans (15,5 % en 2020). Cette hausse s’inscrit, elle aussi, dans un contexte d’augmentation du prix des articles d’ameublement intérieur sur la période (+19 % entre janvier 2020 et janvier 2025, contre +15 % pour l’ensemble de l’indice des prix à la consommation).
22 % des personnes n’ont pas les moyens financiers de prendre au moins une semaine de vacances par an
À l’inverse, d’autres privations restent stables ou diminuent depuis cinq ans. La part de personnes déclarant ne pas pouvoir dépenser librement une petite somme pour elles chaque semaine, par exemple pour aller au cinéma, a reculé de 2,2 points par rapport à 2020, et s’établit à 12,1 %. De même, seules 1,3 % des personnes n’ont pas Internet à domicile par manque d’argent en 2025, une part qui a décru de 0,5 point en cinq ans.
22,2 % des personnes déclarent ne pas avoir les moyens financiers de prendre au moins une semaine de vacances par an hors de leur domicile, un taux similaire à 2020.
Un quart des personnes les plus modestes ne disposent pas de voiture
La privation de voiture reste stable et concerne 3 à 4 % de la population depuis 5 ans. Toutefois, l’équipement en voiture est lié à de nombreux facteurs, pas seulement à une contrainte financière : possession d’un permis, place pour se garer, existence de transports en commun, présence d’enfants dans le ménage, etc. Au global, en 2025, 13 % des personnes vivent dans un ménage sans voiture, dont 4 % pour raisons financières (figure 4). En particulier, disposer d’une voiture est beaucoup plus fréquent en zone rurale : 96 % des ruraux disposent d’une voiture, contre 92 % des habitants des zones urbaines de densité intermédiaire et 76 % des habitants des grands centres urbains. Cependant, les plus modestes sont beaucoup plus souvent dépourvus de voiture [Maynaud, 2021], y compris dans le rural. Ainsi, 10 % des personnes les plus modestes (le quart des personnes à plus faible niveau de vie) n’ont pas de voiture pour raisons financières et 15 % n’en disposent pas pour d’autres raisons. Au global, 75 % des personnes les plus modestes disposent d’une voiture, contre 92 % des personnes les plus aisées.
tableauFigure 4 – Part des personnes disposant d’une voiture selon le lieu d’habitation et le niveau de vie du ménage
| Lieu d’habitation | Niveau de vie | Disposer d’une voiture | Ne pas en disposer par manque de moyens financier | Ne pas en disposer pour une autre raison |
|---|---|---|---|---|
| Grand centre urbain | Quart modeste | 62,7 | 16,2 | 21,1 |
| Quart intermédiaire bas | 77,6 | 5,9 | 16,5 | |
| Quart intermédiaire haut | 83,1 | 2,7 | 14,2 | |
| Quart aisé | 83,5 | 1,2 | 15,3 | |
| Ensemble | 76,2 | 6,8 | 17,0 | |
| Urbain de densité intermédiaire | Quart modeste | 78,4 | 8,8 | 12,8 |
| Quart intermédiaire bas | 93,5 | 1,6 | 4,9 | |
| Quart intermédiaire haut | 96,8 | 0,3 | 2,9 | |
| Quart aisé | 98,9 | 0,0 | 1,1 | |
| Ensemble | 91,8 | 2,7 | 5,5 | |
| Rural | Quart modeste | 89,3 | 3,9 | 6,8 |
| Quart intermédiaire bas | 96,1 | 0,7 | 3,2 | |
| Quart intermédiaire haut | 99,4 | 0,0 | 0,6 | |
| Quart aisé | 99,2 | 0,0 | 0,8 | |
| Ensemble | 96,3 | 1,0 | 2,7 | |
| Ensemble | Quart modeste | 74,9 | 10,5 | 14,6 |
| Quart intermédiaire bas | 89,2 | 2,7 | 8,1 | |
| Quart intermédiaire haut | 93,6 | 0,9 | 5,5 | |
| Quart aisé | 92,3 | 0,5 | 7,2 | |
| Ensemble | 87,4 | 3,7 | 8,9 |
- Note : Les données de 2025 sont provisoires.
- Lecture : Début 2025, dans les communes rurales, 89,3 % des personnes modestes disposent d’une voiture personnelle. 3,9 % n’en disposent pas pour raisons financières, et 6,8 % pour d’autres raisons.
- Champ : France métropolitaine, ensemble des personnes vivant dans un logement ordinaire.
- Source : Insee, enquête Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2025.
graphiqueFigure 4 – Part des personnes disposant d’une voiture selon le lieu d’habitation et le niveau de vie du ménage

- Note : Les données de 2025 sont provisoires.
- Lecture : Début 2025, dans les communes rurales, 89,3 % des personnes modestes disposent d’une voiture personnelle. 3,9 % n’en disposent pas pour raisons financières, et 6,8 % pour d’autres raisons.
- Champ : France métropolitaine, ensemble des personnes vivant dans un logement ordinaire.
- Source : Insee, enquête Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2025.
Le bien-être ressenti dépend du nombre de privations
Les personnes âgées de 16 ans ou plus en situation de privation matérielle et sociale font état d’un mal-être beaucoup plus présent que les autres adultes [Albouy et al., 2023].
Début 2025, en France métropolitaine, les personnes évaluent à 7,2 sur 10 la satisfaction dans la vie qu’elles mènent actuellement (figure 5). Les personnes qui subissent des privations sont moins satisfaites de leur vie : les personnes qui déclarent au moins 5 privations évaluent en moyenne leur satisfaction à 5,5 sur 10, tandis que celles qui n’en déclarent aucune attribuent une note moyenne de 7,7 sur 10.
tableauFigure 5a – Satisfaction dans la vie selon la privation matérielle et sociale
| Satisfaction dans la vie | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 | Répartition 2025 (en %) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Aucune privation | 7,7 | 7,2 | 7,5 | 7,7 | 7,7 | 7,7 | 57,6 |
| 1 ou 2 privations | 7,1 | 6,7 | 6,9 | 7,0 | 7,0 | 7,0 | 20,6 |
| 3 ou 4 privations | 6,4 | 6,2 | 6,4 | 6,5 | 6,4 | 6,4 | 9,7 |
| En situation de privation matérielle et sociale – 5 privations ou plus | 5,4 | 5,1 | 5,4 | 5,6 | 5,4 | 5,5 | 12,1 |
| Ensemble | 7,2 | 6,8 | 7,0 | 7,2 | 7,1 | 7,2 | 100,0 |
- Note : Les données de 2025 sont provisoires. Dans toute la série, la pondération classique de SRCV est utilisée, et non la pondération plus précise sur le bien-être (qui n’est disponible qu’en version définitive).
- Lecture : Début 2025, les personnes en situation de privation matérielle et sociale attribuent une note de satisfaction de 5,5 sur 10 à la vie qu’elles mènent actuellement.
- Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 16 ans ou plus et vivant dans un logement ordinaire.
- Source : Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2020 à 2025.
graphiqueFigure 5a – Satisfaction dans la vie selon la privation matérielle et sociale

- Note : Les données de 2025 sont provisoires. Dans toute la série, la pondération classique de SRCV est utilisée, et non la pondération plus précise sur le bien-être (qui n’est disponible qu’en version définitive).
- Lecture : Début 2025, les personnes en situation de privation matérielle et sociale attribuent une note de satisfaction de 5,5 sur 10 à la vie qu’elles mènent actuellement.
- Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 16 ans ou plus et vivant dans un logement ordinaire.
- Source : Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2020 à 2025.
De même, plus les personnes subissent des privations, plus elles sont méfiantes envers autrui : le niveau de confiance envers les inconnus des personnes qui sont en situation de privation matérielle et sociale est de 3,0 sur 10 alors qu’il s’établit à 4,5 pour les personnes qui ne déclarent aucune privation. Le niveau de confiance envers autrui est sensible aux contextes de tensions nationales et internationales : la note moyenne baisse de 0,3 point début 2025, après avoir connu un premier creux début 2022. Cette baisse de la confiance envers autrui concerne toutes les catégories de la population : les femmes comme les hommes, les chômeurs comme les personnes en emploi ou les retraités, les plus jeunes comme les plus âgés, les ruraux comme les urbains, et les personnes subissant des privations comme les autres.
Sources
L’enquête Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) est la version française de l’enquête European Union - Statistics on Income and Living Conditions (EU-Silc), en partie subventionnée par l’Union européenne. Chaque année depuis 2004, des ménages résidant dans un logement ordinaire en France sont interrogés : les personnes résidant en communauté (établissements pour personnes âgées, foyers de travailleurs, etc.) et les personnes sans abri ou en habitation mobile (1,4 million de personnes vivent hors logement ordinaire en 2022 en France hors Mayotte, source RP) ne sont pas concernées, et n’entrent donc pas dans les moyennes présentées dans cette étude.
En 2025, plus de 17 000 ménages, soit environ 38 000 personnes, ont répondu à l’enquête.
L’enquête SRCV, historiquement conduite en France métropolitaine, a été étendue aux départements d’outre-mer hors Mayotte depuis 2022.
L’enquête permet de mesurer les situations de privation matérielle et sociale, en interrogeant sur treize éléments considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable :
• Au niveau individuel :
1. ne pas pouvoir s’acheter de vêtements neufs pour des raisons financières ;
2. ne pas posséder deux paires de chaussures en bon état pour des raisons financières ;
3. ne pas pouvoir se réunir avec des amis ou de la famille autour d’un verre ou d’un
repas au moins une fois par mois pour des raisons financières ;
4. ne pas pouvoir dépenser une petite somme pour soi-même sans avoir à consulter les
autres membres du ménage ;
5. ne pas pouvoir avoir régulièrement une activité de loisir payante par manque de
moyens financiers ;
6. ne pas avoir accès à Internet pour un usage privé par manque de moyens financiers.
• Au niveau du ménage :
7. avoir des arriérés de traites d’achats à crédit, loyers, emprunts ou factures d’eau,
de gaz, d’électricité ou de téléphone ;
8. ne pas pouvoir faire face à des dépenses imprévues d’un montant d’environ 1 000 euros ;
9. ne pas pouvoir chauffer suffisamment son logement pour des raisons financières ;
10. ne pas pouvoir se payer une semaine de vacances dans l’année hors du domicile ;
11. ne pas pouvoir remplacer des meubles usés ou abîmés pour des raisons financières ;
12. ne pas pouvoir manger de la viande ou du poisson (ou équivalent végétarien) tous
les deux jours pour des raisons financières ;
13. ne pas pouvoir disposer d’une voiture personnelle pour des raisons financières.
Est considérée comme privée une personne ayant au moins cinq privations sur les treize. La méthode de calcul diffère légèrement au niveau français et européen, car les non-réponses ne sont pas traitées de la même manière.
Les questions relatives aux privations concernent les douze mois précédant l’interrogation pour les retards et difficultés de paiement, mais des périodes indéfinies et a priori plus étendues pour les privations prenant sens avec la répétition (impossibilité de se payer une semaine de vacances par an, par exemple). Pour certains des treize éléments, le questionnaire de l’enquête recueille non seulement l’incapacité financière à se procurer un bien ou un service donné, mais également l’absence de ce bien ou service pour d’autres raisons.
Les personnes modestes tendent à ajuster leurs attentes et leurs déclarations en fonction de leurs possibilités réelles. « Les attentes des individus concernant leur bien-être matériel tendent à augmenter avec le revenu et à diminuer avec la pauvreté de long terme (ce qu’on appelle les « préférences adaptatives »), et par conséquent, les personnes pauvres peuvent déclarer qu’elles ne désirent pas des choses qu’il leur est impossible d’obtenir. » [Ouvrir dans un nouvel ongletEurostat, 2009]
La privation matérielle et sociale est définie quel que soit l’âge des individus. Or seules les personnes de 16 ans ou plus sont interrogées dans l’enquête. Il est donc nécessaire d’estimer les privations individuelles des enfants de moins de 16 ans : la méthode retenue est de considérer qu’ils sont concernés par une privation si au moins la moitié des individus de 16 ans ou plus de leur ménage sont concernés par cette privation. Cette méthode constitue toutefois une approximation : les privations affectent en effet inégalement tous les membres d’un même ménage ; dans de nombreux ménages, les parents sont les premiers à se priver et privilégient quand ils le peuvent les dépenses destinées aux enfants [Gleizes, Pla, 2025]. Pour prendre en compte cet effet, la contrainte suivante a été ajoutée dans l’estimation : seul un enfant dont le ménage présente au moins trois privations parmi la liste de sept privations définies au niveau ménage pourra subir au moins cinq privations sur les treize.
En 2023, les questions permettant de recueillir l’impossibilité financière de remplacer des meubles ont été reformulées afin de se conformer aux recommandations européennes, changeant fortement le niveau de cette privation. Pour pouvoir comparer les évolutions dans le temps, l’effet de cette modification a été rétropolé par imputations probablilistes.
Définitions
L’indicateur de privation matérielle et sociale de l’Union européenne est défini comme la part de personnes vivant dans un logement ordinaire ne pouvant pas couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante sur treize considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable.
La satisfaction dans la vie est une évaluation subjective que les personnes font de leur bien-être, en réponse à la question suivante : « Indiquez sur une échelle allant de 0 (« pas du tout satisfait ») à 10 (« entièrement satisfait ») votre satisfaction concernant la vie que vous menez actuellement ».
Le niveau de confiance envers les inconnus est également évalué sur une échelle, de 0 « pas du tout confiance » à 10 « totalement confiance ». La formulation de la question est la suivante : « dans quelle mesure faites-vous confiance aux gens que vous ne connaissez pas ? ».
Pour en savoir plus
Retrouvez plus de données en téléchargement.
Gleizes F., Pla A., « En 10 ans, un peu moins d’enfants en situation de privation matérielle », Insee Focus no 366, novembre 2025.
Gleizes F., Solard J. « Privation matérielle et sociale en 2024 – Une personne sur huit est en situation de privation matérielle et sociale », Insee Focus no 353, mai 2025.
Martin H., « Pauvreté monétaire, privation et difficultés financières : des situations qui ne se recouvrent que partiellement », Insee Analyses no 107, avril 2025.
Tavernier J.-L., « Peut-on mesurer le ressenti des phénomènes économiques et sociaux ? », le blog de l’Insee, octobre 2024.
Albouy V., Gleizes F., Solard J., « La part des personnes en situation de privation matérielle et sociale augmente en 2022 », Insee Focus no 304, juillet 2023.
Mainaud T., « En 2017, les ménages consacrent 11 % de leur revenu disponible à la voiture », Insee Première no 1855, avril 2021.
Eurostat, Ouvrir dans un nouvel onglet “What can be learned from deprivation indicators in Europe?” , Statistical working papers, juin 2009.
