Vigilance orange sur la croissance Note de conjoncture - septembre 2026

 

Note de conjoncture
Paru le :Paru le10/09/2026
Paul Rodier (ENS-PSL), Gaston Vermersch
Note de conjoncture- Septembre 2026
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L’erreur moyenne de prévision de croissance trimestrielle des Notes de conjoncture est de 0,2 point, sans biais à la hausse ou à la baisse

Paul Rodier (ENS-PSL), Gaston Vermersch

La prévision de la Note de conjoncture vise à anticiper les agrégats macroéconomiques des comptes nationaux pour le trimestre coïncident et jusqu’à un horizon de deux trimestres, à partir de données d’enquêtes, d’indicateurs quantitatifs et d’équations modélisant le comportement des agents économiques. La qualité de la prévision peut s’apprécier par l’absence de biais de prévision à la hausse ou à la baisse, ainsi que par un critère de précision, mesuré par l’erreur moyenne de prévision.

La prévision de croissance de la Note de conjoncture ne présente pas de biais significatif à la hausse ou à la baisse sur longue période (depuis 2000) pour le trimestre coïncident et le trimestre suivant. Par ailleurs, l’erreur moyenne de prévision se réduit à mesure que l’horizon de prévision se rapproche, en cohérence avec la réduction du risque de chocs ou de retournements du cycle économique et l’intégration d’indicateurs conjoncturels plus à jour. En moyenne depuis 2010, l’erreur de prévision de croissance trimestrielle s’établit à 0,2 point. Depuis 2022 toutefois, la croissance annuelle s’est révélée en moyenne plus élevée dans les comptes annuels provisoires par rapport à la prévision réalisée en juin, essentiellement en raison d’événements ponctuels non anticipés lors de la prévision du deuxième trimestre, comme le redémarrage massif des centrales nucléaires au printemps 2023 ou le redécollage de la production aéronautique au printemps 2025.

La prévision d’inflation a présenté de l’inertie pendant l’épisode inflationniste de 2021-2022 : la vitesse de diffusion du choc énergétique à l’inflation sous-jacente, puis celle de la désinflation à partir du printemps 2023 ont été sous-estimées.

La prévision d’évolution annuelle des salaires a été surestimée depuis la crise sanitaire, mais cette erreur de prévision traduit un réel changement de tendance, le salaire moyen par tête réel n’ayant toujours pas retrouvé en 2026 son niveau de 2021. À l’inverse, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages a surpris à la hausse par rapport à la prévision, sauf en 2025, du fait notamment d’un emploi particulièrement dynamique et d’une sous-estimation de la progression des revenus du patrimoine, composante du pouvoir d’achat volatile et donc plus difficile à prévoir dans un contexte de forts mouvements de taux.

Afin d’illustrer l’incertitude structurelle à la prévision, un graphique de risques autour de la prévision est proposé pour la prévision de croissance et d’inflation sous-jacente. La croissance nulle au deuxième trimestre 2026 a nettement surpris à la baisse par rapport à la prévision de +0,3 % de la Note de conjoncture de juin 2026 : la réalisation se situe dans l’intervalle de confiance à 90 % des réalisations attendues. De même, la prévision d’inflation sous-jacente a nettement surpris à la baisse à l’été par rapport au scénario de la Note de juin, se situant à la limite de l’intervalle de confiance à 90 %, essentiellement en raison de l’absence de transmission à cette date de la hausse des coûts de kérosène au prix des billets d’avion.

Note de conjoncture

Paru le :10/09/2026