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Insee Analyses Pays de la Loire · Septembre 2026 · n° 159
Insee Analyses Pays de la LoirePays de la Loire : des sols plus artificialisés qu’en France métropolitaine Morphologie des territoires et interactions

Perrine Bauer, Daniel Belhumeur (Insee)

Dans les Pays de la Loire, 10,8 % des sols sont artificialisés. Cette part élevée est le résultat du dynamisme démographique et économique passé et actuel de la région, d’un maillage dense et de l’attractivité de son littoral. Ainsi, 900 m2 sont artificialisés par habitant en 2022. La moitié de cette surface est imperméable : habitations, routes, équipements collectifs, établissements professionnels dont les bâtiments agricoles. Les départements ligériens sont davantage artificialisés qu’en France métropolitaine, sauf la Mayenne, moins peuplée. En effet, qu’elles soient rurales ou urbaines, les communes de la région sont plus artificialisées, en particulier sur le littoral. Enfin, 22 % des surfaces artificialisées sont bâties, dont deux tiers sont dédiés au logement et un tiers aux activités économiques.

Insee Analyses Pays de la Loire
No 159
Paru le :Paru le03/09/2026

Cette étude fait partie de la série de publications Pays de la Loire « Morphologie des territoires et interactions ».

Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Perrine Bauer, Daniel Belhumeur (Insee)

Maîtriser l’artificialisation : un enjeu majeur pour l’environnement, la population et les activités économiques

L’ comprend les altérations durables du sol, que l’habitant en soit usager ou non. Elle compte non seulement l’emprise au sol de son habitation, de son local de travail, mais aussi des services, équipements et infrastructures qu’il utilise : routes, commerces, écoles, squares, terrains de sport, cinémas, médecins, etc. S’y ajoutent les sols artificialisés dus aux besoins touristiques ou à vocation nationale et internationale.

Les impacts de l’artificialisation sont nombreux, pour l’environnement, la population et les activités économiques : perte de biodiversité et ruptures des continuités écologiques, risques d’inondation, émergence d’îlots de chaleur, transformation de , etc. Par ailleurs, l’étalement urbain amplifie les temps de déplacement, notamment entre le domicile et le travail, et la facture énergétique des ménages.

La limitation de l'extension urbaine doit permettre d'atteindre l'objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) à l'horizon 2050, inscrit dans la loi Climat et résilience de 2021.

Une région fortement artificialisée

Dans les Pays de la Loire, en 2022, 10,8 % des sols sont artificialisés (figure 1), soit 2,2 points de plus qu’en France métropolitaine. La région se classe au 4e rang pour son , derrière l’Île-de-France, la Bretagne et les Hauts-de-France. La région totalise 3 500 km2 de surfaces artificialisées.

Ce taux de surfaces artificialisées élevé s’explique notamment par la croissance démographique et économique des dernières décennies, dans un contexte où l’optimisation des surfaces à construire était peu prise en compte. Lors de la dernière décennie, le rythme de l’urbanisation est d’ailleurs resté soutenu dans la région ([P.  Bauer et al., 2025 ; pour en savoir plus (4)], [C. Hervy et al., 2023 ; pour en savoir plus (5)]). En outre, la morphologie de la région, avec un faible relief, un maillage serré des villes, ainsi qu’un littoral attractif, a facilité cet étalement urbain.

Figure 1Taux de surfaces artificialisées par région

en %
Taux de surfaces artificialisées par région (en %) - Lecture : En Île-de-France, 20,9 % des surfaces sont artificialisées.
Libellé de région Taux de surfaces artificialisées
Île-de-France 20,9
Bretagne 12,3
Hauts-de-France 11,2
Pays de la Loire 10,8
Normandie 10,6
Provence-Alpes-Côte d'Azur 9,1
Auvergne-Rhône-Alpes 8,3
Nouvelle-Aquitaine 8,3
Occitanie 7,2
Grand Est 7,1
Centre-Val de Loire 7,0
Bourgogne-Franche-Comté 6,0
Corse 3,6
  • Lecture : En Île-de-France, 20,9 % des surfaces sont artificialisées.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : IGN, référentiel OCS GE, millésimes centrés sur 2021.

Figure 1Taux de surfaces artificialisées par région

  • Lecture : En Île-de-France, 20,9 % des surfaces sont artificialisées.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : IGN, référentiel OCS GE, millésimes centrés sur 2021.

900 m2 artificialisés par habitant, dont la moitié imperméable

En 2022, dans les Pays de la Loire, 900 m2 de sols sont artificialisés par habitant, contre 719 m2 en France métropolitaine (figure 2).

Figure 2Surface artificialisée par habitant, selon le type de sol

m2 par habitant
Surface artificialisée par habitant, selon le type de sol (m2 par habitant) - Lecture : En 2022, dans les Pays de la Loire, 455 m2 des sols artificialisés pour chaque habitant sont imperméables, dont 201 m2 de bâti. De plus, 445 m2 par habitant sont perméables, dont 382 m2 pour la végétation.
Type de sol Bâti Revêtement à usage routier Autres revêtements imperméables Végétation Sols perméables sans végétation
Pays de la Loire 201 186 68 382 63
France métropolitaine 149 147 45 328 50
  • Lecture : En 2022, dans les Pays de la Loire, 455 m2 des sols artificialisés pour chaque habitant sont imperméables, dont 201 m2 de bâti. De plus, 445 m2 par habitant sont perméables, dont 382 m2 pour la végétation.
  • Sources : Insee, recensement de la population (RP) 2022 ; IGN, référentiel OCS GE, millésimes centrés sur 2021.

Figure 2Surface artificialisée par habitant, selon le type de sol

  • Lecture : En 2022, dans les Pays de la Loire, 455 m2 des sols artificialisés pour chaque habitant sont imperméables, dont 201 m2 de bâti. De plus, 445 m2 par habitant sont perméables, dont 382 m2 pour la végétation.
  • Sources : Insee, recensement de la population (RP) 2022 ; IGN, référentiel OCS GE, millésimes centrés sur 2021.

La surface artificialisée par habitant est nettement plus faible en Île-de-France (204 m2 par habitant), malgré un taux de surfaces artificialisées deux fois plus élevé. En effet, la densité de population y est très forte et l’habitat très majoritairement collectif. Les Hauts-de-France, avec un taux de surfaces artificialisées à peine plus élevé que celui des Pays de la Loire (11,2 %), ne comptent que 600 m2 par habitant, pour les mêmes raisons. À l’inverse, cette surface est la plus élevée en Nouvelle-Aquitaine, avec 1 150 m2 de sols artificialisés par habitant.

La moitié des sols artificialisés, dans la région comme au niveau national, sont . Ils empêchent l’absorption de l’eau et peuvent contribuer aux risques d’inondation, notamment par ruissellement des eaux de pluie. Ils rassemblent principalement les et les routes, mais également d’autres types de sols imperméables, tels les parkings.

L’autre moitié est , principalement constituée de . En effet, les espaces herbacés autour du bâti, résidentiel comme économique, et certains parcs publics, sont considérés comme artificialisés, puisqu’ils ont perdu certaines de leurs fonctionnalités écologiques. Les (chemins, carrières, débords routiers, etc.) sont aussi des sols perméables.

Davantage d’artificialisation dans tous les départements ligériens, sauf en Mayenne

En Loire-Atlantique, 13,7 % de sols sont artificialisés, département ligérien le plus concerné et au 13e rang des départements métropolitains (figure 3). L’artificialisation y est marquée par une forte part du bâti, supérieure à celle de la région (25 % contre 22 %) alors que celle des routes est inférieure (19 % contre 21 %). En Vendée, 11,7 % des sols sont artificialisés dont 53 % sont imperméables. Le Maine-et-Loire est dans la moyenne régionale (10,5 %).

Dans la Sarthe, 9,5 % des surfaces sont artificialisées. Néanmoins, la végétation résidentielle regroupe 36 % de ces surfaces, contre 31 % dans la région, quand le bâti est moins présent (19 % contre 22 %). Les sols y sont également plus perméables (55 %) que dans la région.

Enfin, en Mayenne, 7,6 % des surfaces sont artificialisées, moins qu’en France métropolitaine. Elles comportent moins de végétation résidentielle (29 %) et plus de routes (23 %) que dans la région. Les terres agricoles, non artificialisées, occupent une grande part du département (encadré 1). Néanmoins le taux de surfaces artificialisées de la Mayenne est élevé comparé à d’autres départements similaires en termes de population et de morphologie comme la Nièvre (4,6 %), l’Indre (5,1 %), ou le Loir-et-Cher (6,9 %), et proche des Deux-Sèvres (8,0 %).

Si l’on rapporte la surface artificialisée au nombre d’habitants, le classement des départements ligériens s’inverse, avec 1 288 m2 par habitant en Mayenne, soit deux fois plus qu’en Loire-Atlantique (652 m2 par habitant).

À l’échelle des intercommunalités, le taux de surfaces artificialisées varie de 6 % à 40 %. Néanmoins, dans la région, l’artificialisation est plus homogène sur le territoire qu'en France : les 10 % de communes les plus artificialisées le sont 4 fois plus que les 10 % les moins artificialisées. En effet, peu de communes ligériennes ont un faible taux de surfaces artificialisées, contrairement à d’autres régions, comme la Corse.

Figure 3Taux de surfaces artificialisées et nombre d’habitants, par EPCI

Taux de surfaces artificialisées et nombre d’habitants, par EPCI - Lecture : En 2022, le taux de surfaces artificialisées d’Angers Loire Métropole est de 22,3 %, pour 308 800 habitants.
Code EPCI Libellé EPCI Taux de surfaces artificialisées (en %) Nombre d’habitants en 2022
244400404 Nantes Métropole 40,0 684 000
247200132 Communauté urbaine Le Mans Métropole 35,5 209 700
248500191 Communauté de communes de l'Île de Noirmoutier 30,3 9 300
200071165 Communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération 22,7 58 500
244400644 Communauté d'agglomération de la Région Nazairienne et de l'Estuaire (CARENE) 22,3 131 300
244900015 Communauté urbaine Angers Loire Métropole 22,3 308 800
244400610 Communauté d'agglomération de la Presqu'île de Guérande Atlantique (Cap Atlantique) 20,0 77 700
200023778 Communauté d'agglomération du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie 19,6 53 200
248500258 Communauté de communes Océan Marais de Monts 16,9 20 200
200067866 Communauté de communes Sèvre et Loire 15,5 49 900
200067635 Communauté d'agglomération Clisson Sèvre et Maine Agglo 15,1 57 200
248500589 Communauté d'agglomération La Roche-sur-Yon Agglomération 14,7 98 500
247200447 Communauté de communes Orée de Bercé - Belinois 14,2 19 500
200083392 Communauté d'agglomération Laval Agglomération 13,9 114 900
200067346 Communauté d'agglomération Pornic Agglo Pays de Retz 13,6 69 300
248500621 Communauté de communes du Pays des Herbiers 12,9 30 700
200068963 Communauté de communes Maine Cœur de Sarthe 12,7 21 900
200070233 Communauté d'agglomération Terres de Montaigu 12,7 50 500
200071629 Communauté de communes Challans-Gois Communauté 12,5 50 700
200072734 Communauté de communes Estuaire et Sillon 12,3 41 100
244400586 Communauté de communes du Sud Estuaire 12,1 31 100
244400438 Communauté de communes Grand Lieu Communauté 12,1 42 000
248500662 Communauté de communes du Pays de Mortagne 12,0 28 200
247200629 Communauté de communes du Val de Sarthe 11,8 30 400
200000438 Communauté de communes du Pays de Pontchâteau Saint-Gildas-des-Bois 11,7 36 700
244400503 Communauté de communes d'Erdre et Gesvres 11,5 68 100
247200421 Communauté de communes du Sud Est Manceau 11,3 17 900
200071678 Communauté d'agglomération Cholet Agglomération 11,1 104 700
200071918 Communauté de communes du Pays de Saint-Fulgent - Les Essarts 10,9 29 100
246100663 Communauté urbaine d'Alençon 10,6 55 400
200071934 Communauté de communes Pays de Fontenay-Vendée 10,6 35 700
200071900 Communauté de communes Vendée Grand Littoral 10,5 36 400
200071553 Communauté de communes Loire Layon Aubance 10,4 57 200
248500530 Communauté de communes du Pays des Achards 10,4 20 200
200072882 Communauté de communes de Vie et Boulogne 10,3 46 300
200071876 Communauté d'agglomération Saumur Val de Loire 10,1 98 200
200072684 Communauté de communes Le Gesnois Bilurien 10,1 30 300
200060010 Communauté d'agglomération Mauges Communauté 9,8 122 400
247200090 Communauté de communes du Pays Sabolien 9,7 28 300
243500741 Communauté d'agglomération Redon Agglomération 9,7 67 100
244400552 Communauté de communes du Pays d'Ancenis 9,4 69 700
247200348 Communauté de communes du Pays Fléchois 9,3 27 000
248500340 Communauté de communes Pays de Chantonnay 9,3 23 200
200068955 Communauté de communes Anjou Loir et Sarthe 9,1 28 300
248500464 Communauté de communes du Pays de Pouzauges 8,9 23 200
200071546 Communauté de communes Sud Retz Atlantique 8,7 25 600
248500415 Communauté de communes du Pays de la Châtaigneraie 8,4 15 600
248500563 Communauté de communes Vendée, Sèvre, Autise 8,3 16 200
200073260 Communauté de communes Sud Vendée Littoral 8,3 55 600
247200686 Communauté de communes du Pays de l'Huisne Sarthoise 8,3 28 400
245300447 Communauté de communes du Pays de Château-Gontier 8,0 29 900
244400537 Communauté de communes de Nozay 7,8 16 400
244400453 Communauté de communes Pays de Blain Communauté 7,8 16 900
244900809 Communauté de communes Anjou Bleu Communauté 7,6 34 500
244900882 Communauté de communes Baugeois Vallée 7,6 34 600
200070373 Communauté de communes Loir-Lucé-Bercé 7,5 23 200
200055887 Communauté de communes Mayenne Communauté 7,5 36 600
200071868 Communauté de communes des Vallées du Haut-Anjou 7,4 36 500
200072700 Communauté de communes Haute Sarthe Alpes Mancelles 7,3 22 500
200072726 Communauté de communes Châteaubriant-Derval 7,2 44 700
200073112 Communauté de communes Sud Sarthe 7,1 22 600
200040475 LBN Communauté 7,0 17 800
200048551 Communauté de communes du Pays de Craon 6,9 28 600
245300389 Communauté de communes du Bocage Mayennais 6,7 18 300
200072676 Communauté de communes Maine Saosnois 6,5 27 500
200072718 Communauté de communes de la Champagne Conlinoise et du Pays de Sillé 6,5 17 900
245300355 Communauté de communes de l'Ernée 6,4 20 300
245300223 Communauté de communes du Pays de Meslay-Grez 6,3 13 800
200072692 Communauté de communes des Vallées de la Braye et de l'Anille 6,2 14 800
200033298 Communauté de communes des Coëvrons 5,6 26 700
200042182 Communauté de communes du Mont des Avaloirs 5,6 15 500
  • Lecture : En 2022, le taux de surfaces artificialisées d’Angers Loire Métropole est de 22,3 %, pour 308 800 habitants.
  • Sources : Insee, RP 2022 ; IGN, référentiel OCS GE, millésimes centrés sur 2021.

Figure 3Taux de surfaces artificialisées et nombre d’habitants, par EPCI

  • Lecture : En 2022, le taux de surfaces artificialisées d’Angers Loire Métropole est de 22,3 %, pour 308 800 habitants.
  • Sources : Insee, RP 2022 ; IGN, référentiel OCS GE, millésimes centrés sur 2021.

Les communes urbaines comme rurales plus artificialisées qu’en France

Que les communes soient , elles sont davantage artificialisées dans la région qu’en France métropolitaine, en particulier dans les communes urbaines denses (+7 points) comme Le Mans, Angers ou Saint-Herblain (figure 4).

Figure 4Taux de surfaces artificialisées selon les espaces ruraux et urbains

(en %)
Taux de surfaces artificialisées selon les espaces ruraux et urbains ((en %)) - Lecture : En 2022, dans les communes urbaines denses des Pays de la Loire, 64 % des surfaces sont artificialisées, contre 57 % en France métropolitaine.
Libellé Pays de la Loire France métropolitaine
Urbain dense 64 57
Urbain intermédiaire 23 22
Rural périurbain 10 8
Rural non périurbain 8 5
  • Lecture : En 2022, dans les communes urbaines denses des Pays de la Loire, 64 % des surfaces sont artificialisées, contre 57 % en France métropolitaine.
  • Source : IGN, référentiel OCS GE, millésimes centrés sur 2021.

Figure 4Taux de surfaces artificialisées selon les espaces ruraux et urbains

  • Lecture : En 2022, dans les communes urbaines denses des Pays de la Loire, 64 % des surfaces sont artificialisées, contre 57 % en France métropolitaine.
  • Source : IGN, référentiel OCS GE, millésimes centrés sur 2021.

Dans ces communes, deux tiers de la surface globale est artificialisée, soit six fois plus que la moyenne régionale. Les surfaces artificialisées sont principalement du bâti résidentiel, puis des routes, la végétation n’arrivant qu’en troisième place. Bien que la densification soit une solution pour limiter l’étalement urbain, conserver des sols non artificialisés permet de lutter contre les îlots de chaleur, mais aussi de préserver une continuité des sols (trames brunes) et du couvert végétal (trames vertes), nécessaire à la biodiversité.

Les communes urbaines intermédiaires, telles que Laval, Saint-Nazaire ou Les Herbiers, sont deux fois plus artificialisées (23 %) que la moyenne régionale. La végétation résidentielle y est toutefois le premier poste d’artificialisation, les sols artificialisés sont donc plus perméables que dans les communes urbaines denses.

À l’inverse, les communes rurales sont les moins artificialisées : 8 % dans le rural non périurbain comme Montval-sur-Loir ou Saint-Jean-de-Monts, et 10 % dans le rural périurbain tel que Le Cellier ou L’Huisserie. Dans ces communes, l’artificialisation est portée par la végétation résidentielle, devant les routes. Lorsqu’elles sont sous l’influence d’une grande ville, la demande de foncier pour le développement économique et résidentiel des pôles urbains implique davantage d’artificialisation.

Les communes rurales ligériennes sont toutefois plus artificialisées qu’en France métropolitaine, particulièrement dans le rural non périurbain. Au final, les communes rurales concentrent 71 % des surfaces artificialisées de la région.

Par ailleurs, les communes littorales sont deux fois plus artificialisées que la moyenne régionale (22 %). Ces communes ont une part du bâti plus élevée (30 %), en lien avec les résidences secondaires, les infrastructures et les commerces pour les touristes. Les zones de marais littoraux sont quant à elles moins artificialisées. En effet, certaines d’entre elles sont non constructibles, ou comportent des espaces naturels protégés. Le taux de surfaces artificialisées du littoral ligérien est proche de celui de la Bretagne (21 %), mais inférieur aux communes littorales des Hauts-de-France (25 %) et de Provence-Alpes-Côte d’Azur (24 %).

Le bâti représente 22 % des sols artificialisés, surtout pour des logements

Dans la région, le bâti occupe 780 km2, soit 22 % des surfaces artificialisées.

Les deux tiers du bâti sont dédiés au logement, qu’il soit un habitat principal, secondaire ou vacant. L’emprise au sol des maisons est majoritaire (61 % du bâti), part plus forte qu’en France (59 %), en lien avec une préférence régionale historique pour l’habitat individuel. À l’inverse, les logements collectifs ne représentent que 5 % du bâti, soit deux fois moins qu’en France métropolitaine. Cette part est la plus faible des régions métropolitaines et égale à celle du Centre-Val de Loire et de la Bretagne. L’habitat collectif limite l’emprise de l’urbanisation liée aux logements. Les ventes immobilières fournissent un levier pour limiter l’artificialisation en rénovant et adaptant les logements aux besoins actuels et futurs (encadré 2).

Un tiers du bâti est dédié aux activités économiques, dont la moitié pour le secteur primaire

Dans la région, un tiers des surfaces bâties est dédié aux activités économiques, en reflet du tissu économique local.

Ainsi, 17 % du bâti sert au secteur primaire, qui comprend notamment l’agriculture et la sylviculture. Les Pays de la Loire se placent en deuxième position, derrière la Bretagne (20 % du bâti). En effet, dans la région, le bâti primaire est plus élevé qu’en France métropolitaine (11 %). La région a plusieurs spécificités agricoles dont l’élevage et le maraîchage. Ainsi, dans les communautés de communes (CC) du bocage Mayennais ou de l’Ernée, où l’élevage est très présent, l’agriculture utilise 40 % du bâti. Dans la CC Sèvre et Loire, spécialisée dans la production légumière, le bâti primaire est deux fois plus présent que dans la région, avec notamment des serres agricoles permanentes. Néanmoins, dans ces intercommunalités, le taux de surfaces artificialisées reste faible.

L’industrie représente 5 % du bâti, davantage qu’au niveau national (4 %). Cette part atteint 10 % dans la communauté d’agglomération de Cholet et dans la CC du Pays Sabolien, toutes deux orientées vers ce secteur.

Enfin, le secteur tertiaire (commerces et services) représente 12 % du bâti, soit la part la plus faible des régions métropolitaines. Il avoisine 20 % dans les grandes intercommunalités de la région.

Encadré 1 : Plus de terres agricoles, moins de terres sylvicoles

Dans les Pays de la Loire, les terres agricoles pèsent pour 71 % de la surface régionale, contre 53 % en France métropolitaine. Cette part atteint 79 % en Mayenne, le département ayant la plus forte part de terres agricoles en France, et 74 % en Vendée. À l’inverse, 13 % des sols de la région sont des terres sylvicoles, deux fois moins que le national (32 %). Si cette part est très faible en Vendée (9 %), elle atteint 21 % dans la Sarthe. Bien que non artificialisées, les terres agricoles et sylvicoles sont directement impactées par l’activité humaine. De plus, dans la région, peu d’espaces restent naturels : 3 % de et 2 % de .

Encadré 2 : Mutations immobilières : des opportunités de réaménagement du bâti

Lors des mutations immobilières en cours et à venir, des opportunités sont offertes de transformer des parcelles avec des grandes maisons et jardins en petits collectifs, plus adaptés aux tailles des ménages actuels (2,2 personnes par ménage en 2022, contre 2,7 en 1990) et aux enjeux de sobriété foncière. En particulier, les ménages de 60 à 85 ans habitent plus souvent que les autres un logement très sous-occupé, hérité de leur parcours de vie. L’arrivée aux âges de forte mortalité de ces générations va remettre sur le marché immobilier un nombre significatif de logements.

Encadré 3 : Partenariat

Cette étude est issue d’un partenariat entre la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement des Pays de la Loire et l’Insee.

Publication rédigée par :Perrine Bauer, Daniel Belhumeur (Insee)
Publication rédigée par :Perrine Bauer, Daniel Belhumeur (Insee)

Sources

Le référentiel Occupation du sol à grande échelle (OCS GE) produit par l’IGN découpe le territoire en polygones. Cette étude se base sur le millésime 2022 de l’OCS GE dans les Pays de la Loire, mais les données de France métropolitaine sont centrées sur 2021 [O. Pégaz-Blanc et al., 2026 ; pour en savoir plus (2)]. Cette source détaille, par polygone de sol, deux dimensions : la couverture (ligneuse, herbacée, eau, bâti, etc.) et l’usage (résidentiel, production secondaire, sylviculture, etc.) [Données complémentaires ; données]. L’artificialisation au sens légal est principalement calculée sur ces deux dimensions, calcul adapté pour prendre en compte le décret du 27 novembre 2023 relatif à l'évaluation et au suivi de l'artificialisation des sols.

Le recensement de la population (RP) 2022 permet de connaître la population résidente des zonages étudiés.

Les données géolocalisées des fichiers démographiques sur les logements et les individus (Fidéli) permettent de distinguer dans les sols bâtis à destination résidentielle, ceux dus à un habitat collectif (immeubles) de ceux en habitat individuel (maisons).

Définitions

L’artificialisation est définie par le Code de l’urbanisme comme l'altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage.

Le taux de surfaces artificialisées correspond à la somme des surfaces artificialisées des communes du zonage concerné, rapportée à la somme de leurs superficies totales.

Le zonage communal en espaces urbains et ruraux est construit à partir de la grille de densité et des aires d’attraction des villes. Il distingue dans ces deux catégories les zones urbaines denses et de densité intermédiaire, ainsi que les zones rurales sous influence ou non d’un grand pôle urbain [Bauer P et al., 2026 ; pour en savoir plus (6)].

En croisant la couverture et l’usage des sols, l’étude classe les sols en plusieurs types.

Les sols non artificialisés sont de plusieurs natures :

  • Les terres agricoles correspondent à des terrains avec végétation pour la culture ou l’élevage, y compris en jachères ;
  • Les terres sylvicoles correspondent à des terrains avec végétation pour la production d’arbres y compris les pépinières, à des fins économiques ;
  • Les bois et prairies sont des terrains de végétation herbacée ou ligneuse mais à l’état naturel, sans usage économique ;
  • Les sables, rochers et eaux sont des sols couverts de minéraux (sable, pierres), non arables ou des terrains recouverts d’eau (lacs, marais, lit d’étiage).

Les sols artificialisés recouvrent tout le reste :

  • Les sols perméables comprennent la végétation herbacée, à usage résidentiel ou autre, hormis la production primaire (jardins d’ornement, petits parcs, pelouse de foot, espaces verts de camping, etc.) et les sols stabilisés ou compactés ;
  • Les sols imperméables. D’une part le bâti, à usage résidentiel ou économique, comprend les immeubles et les bureaux, les maisons, les stabulations pour les vaches, les gymnases, les écoles, les centres commerciaux, etc. D’autre part le non bâti imperméable : les routes et autres terrains asphaltés, bétonnés ou pavés (parking, places publiques).

Pour en savoir plus

(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.

(2) Pégaz-Blanc O. et al., « Près de 60 % des surfaces bâties sont dédiées à l’habitat individuel », mai 2026, Insee Première no 2103.

(3) Péoc’h C., « Ouvrir dans un nouvel ongletPhénomènes d’urbanisation en région Pays de la Loire en 2025 », Dreal Pays de la Loire, mars 2026.

(4) Bauer P. et al., « L’activité économique consomme 4 400 hectares de 2011 à 2020 », Insee Analyses Pays de la Loire no 144, octobre 2025.

(5) Hervy C. et al., « Une consommation d’espace élevée, liée à l’augmentation des ménages », Insee Analyses Pays de la Loire no 112, février 2023.

(6) Bauer P et al., « Atlas des zonages des Pays de la Loire », Insee Dossier Pays de la Loire no 16, mars 2026.