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Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté · Juillet 2026 · n° 139
Insee Analyses Bourgogne-Franche-ComtéLa place croissante mais fragile de la micro-entreprise en Bourgogne-Franche-Comté

Patrice Perron, Bénédicte Piffaut (Insee)

Fin 2022, la Bourgogne-Franche-Comté compte 60 700 micro-entreprises, soit un tiers des entreprises de moins de 10 salariés. Elles ont connu un essor très rapide et jouent un rôle important sur le marché du travail, notamment dans les territoires ruraux. Les revenus générés par ces activités sont en moyenne trois fois inférieurs au Smic, et le cumul avec un emploi salarié est fréquent. Parmi les micro-entrepreneurs, les plus jeunes privilégient les activités de livraison à domicile ou l’édition de contenus, tandis que les plus âgés s’orientent vers l’hébergement-restauration, la santé ou l’action sociale. Néanmoins, ces entreprises sont particulièrement fragiles : un quart des créateurs de ces structures ne démarre jamais réellement son activité, et seul un tiers atteint cinq ans d’existence.

Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté
No 139
Paru le :Paru le09/07/2026
Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Patrice Perron, Bénédicte Piffaut (Insee)

Un régime fiscal en plein essor

Depuis sa création en 2009, le régime fiscal de la micro-entreprise a connu un succès grandissant. En 2018, le doublement des plafonds de chiffres d’affaires ouvrant droit au statut a amplifié cette dynamique. La part des micro-entreprises au sein de l’ensemble des créations est passée de près de la moitié aux deux tiers entre 2018 et 2025 (encadré 1). Ce boom de la micro-entreprise traduit aussi un changement profond de l’économie et du regard de la société française sur l’entrepreneuriat. Ce type d’entreprises, facile à mettre en place, profite notamment de l’essor du commerce et des services en ligne. Par ailleurs, l’externalisation de certaines fonctions par les entreprises et l’uberisation de l’économie, avec des entreprises qui recourent alors à des micro-entrepreneurs plutôt que de recruter des employés, favorise également leur développement.

Une place importante de la micro-entreprise, mais avec de faibles revenus

Fin 2022, la Bourgogne-Franche-Comté compte 60 700 (TPE) sous ce régime, soit une progression de 23 000 en quatre ans. Les micro-entreprises représentent désormais plus du tiers des TPE contre un quart en France métropolitaine. En 2022, les micro-entreprises ont dégagé un chiffre d’affaires de 807 millions d’euros.

Avec près de 5 % des actifs de la région en 2022, la place des micro-entrepreneurs dans le marché du travail est également loin d’être anecdotique. Par tranche d’âge, la proportion de micro-entrepreneurs est un peu plus forte au début et à la fin de la vie active (encadré 2). Pour les plus jeunes, la création d’entreprise peut être liée à des jobs d’étudiants, comme la livraison à domicile. Pour les plus âgés, il peut s’agir de créer son emploi au moment où le retour à une activité salariée se complexifie, près d’une période de chômage par exemple, et dans l’attente d’un départ à la retraite. Elle peut aussi refléter la volonté de continuer à travailler, permettant de cumuler un revenu d’activité avec une pension de retraite.

L’importance croissante des micro-entrepreneurs dans l’économie locale est néanmoins à relativiser. Pour nombre d’entre eux, les revenus générés par leur micro-entreprise sont faibles et le cumul avec un emploi salarié fréquent. Cette double activité concerne 46 % des micro-entrepreneurs. L’ensemble des revenus dégagés par les micro-entrepreneurs représente 20 500  à temps plein. Malgré une forte progression en quatre ans, ce n’est qu’un peu plus de 8 % de l’emploi des TPE en 2022, contre 5 % quatre ans plus tôt (figure 1).

Figure 1Niveau 2022 et évolution 2018-2022 de l’emploi et des revenus des micro-entreprises par département

Niveau 2022 et évolution 2018-2022 de l’emploi et des revenus des micro-entreprises par département
Département (au lieu d’emploi) Ensemble des micro-entreprises Micro-entreprises sans activité salarié
Effectifs Part dans l’effectif des TPE Emplois équivalent Smic Part dans l’emploi des TPE Revenu moyen mensuel brut Effectifs en 2022 Part Revenus moyen mensuel brut en 2022
En 2022 Évolution 2018-2022 En 2022 Évolution 2018-2022
(en nombre) (en %) (en %) (en nombre) (en %) (en €) (en %) (en nombre) (en %) (en €)
Côte-d’Or 13 500 +65,1 35,5 4 800 9,5 630 +27,6 6 700 49,6 900
Doubs 11 000 +61,5 34,6 3 700 8,2 590 +25,5 5 900 53,5 790
Jura 5 800 +59,3 34,4 1 900 7,8 570 +19,4 3 000 53,1 790
Nièvre 3 900 +60,0 34,8 1 200 7,9 560 +22,8 2 300 58,6 720
Haute-Saône 4 700 +54,0 38,1 1 500 8,6 540 +27,2 2 700 56,7 700
Saône-et-Loire 12 000 +64,4 34,8 4 100 8,4 600 +26,4 6 500 54,3 820
Yonne 7 200 +62,2 36,4 2 400 8,6 580 +23,0 4 000 56,0 760
Territoire de Belfort 2 600 +78,5 36,8 900 8,5 570 +19,2 1 400 52,5 790
Bourgogne-Franche-Comté 60 700 +62,7 35,4 20 500 8,5 590 +24,9 32 500 53,6 800
France métropolitaine 1 734 300 +64,8 24,5 640 700 5,7 640 +26,6 916 200 52,8 860
  • Champ : Micro-entrepreneurs de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, Base non-salariés 2022.

Une plus forte densité de micro-entrepreneurs dans le centre de l'ancienne Bourgogne

Fin 2022, la Bourgogne-Franche-Comté compte en moyenne 22 micro-entrepreneurs pour 1 000 habitants dans la région, contre 26 en France métropolitaine. Présentes sur tout le territoire, ces entreprises contribuent à maintenir une offre de service à la population même dans des territoires éloignés des pôles urbains.

Le régime fiscal de la micro-entreprise est plus développé dans les intercommunalités du centre de l’ancienne Bourgogne et à proximité de la côte viticole entre Dijon et Mâcon (figure 2). Ainsi, même si le nombre de micro-entrepreneurs est plus élevé en milieu urbain, leur présence rapportée au nombre d’habitants y est relativement faible. Les agglomérations de Dijon, Beaune, et Mâcon se distinguent toutefois par une densité supérieure à la moyenne régionale. Ce statut est en revanche moins développé dans le nord de la Franche-Comté, aussi bien dans les intercommunalités rurales qu’urbaines. Il en est de même dans la moitié nord de la bande frontalière.

Figure 2Nombre de micro-entreprises pour 1 000 habitants par intercommunalité

Nombre de micro-entreprises pour 1 000 habitants par intercommunalité
Code Libellé de l’intercommunalité Emplois équivalent SMIC brut mensuel Micro-entreprises pour 1 000 habitants
200000925 CC de la Plaine Dijonnaise 173,0 19,6
200006682 CA Beaune, Côte et Sud - Communauté Beaune-Chagny-Nolay 560,3 26,4
200039055 CC Ouche et Montagne 121,9 30,0
200039063 CC Forêts, Seine et Suzon 79,7 29,8
200069540 CC Norge et Tille 158,9 24,2
200070894 CC de Gevrey-Chambertin et de Nuits-Saint-Georges 256,9 24,8
200070902 CC Auxonne Pontailler Val de Saône 201,2 21,5
200070910 CC Tille et Venelle 34,7 21,4
200071017 CC des Terres d'Auxois 146,2 27,5
200071173 CC du Pays Arnay Liernais 71,1 25,3
200071207 CC de Pouilly-en-Auxois/Bligny-sur-Ouche 114,1 31,2
200072825 CC Mirebellois et Fontenois 119,9 27,9
242100154 CC des Vallées de la Tille et de l'Ignon 97,8 22,9
242100410 Dijon Métropole 1867,9 25,2
242101434 CC du Pays Châtillonnais 146,9 23,0
242101442 CC de Saulieu 62,8 27,8
242101459 CC du Pays d'Alésia et de la Seine 51,8 20,0
242101491 CC du Montbardois 49,2 20,0
242101509 CC Rives de Saône 226,3 25,4
200023075 CC du Pays de Maîche 109,3 17,5
200065647 CA Pays de Montbéliard Agglomération 755,0 16,7
200068070 CC Loue-Lison 213,7 23,9
200068294 CC des Deux Vallées Vertes 118,7 20,6
200069565 CC des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs 129,3 24,2
242500320 CC de Montbenoît 60,5 19,3
242500338 CC du Grand Pontarlier 203,7 18,6
242500361 CU Grand Besançon Métropole 1367,6 23,0
242504116 CC du Val de Morteau 111,7 16,7
242504181 CC des Portes du Haut-Doubs 159,9 16,3
242504355 CC du Plateau de Russey 28,7 13,5
242504371 CC du Pays de Sancey-Belleherbe 38,5 17,1
242504447 CC du Doubs Baumois 142,3 21,7
242504488 CC Altitude 800 40,7 15,6
242504496 CC du Plateau de Frasne et du Val de Drugeon (CFD) 45,3 21,1
200010650 CA du Grand Dole 377,2 20,0
200026573 CC Haut-Jura Saint-Claude 131,1 23,0
200069615 CC Bresse Haute Seille 175,2 25,0
200069623 CC Champagnole Nozeroy Jura 156,1 20,3
200071116 CA ECLA (Espace Communautaire Lons Agglomération) 315,9 23,5
200071595 CC Arbois, Poligny, Salins, Cœur du Jura 155,8 21,4
200072056 CC Porte du Jura 63,3 21,3
200090579 CC Terre d'Émeraude Communauté 203,9 23,9
243900354 CC de la Station des Rousses-Haut Jura 55,9 25,2
243900420 CC du Val d'Amour 81,9 25,3
243900479 CC Haut-Jura Arcade Communauté 69,2 20,3
243900560 CC Jura Nord 98,2 22,1
243900610 CC La Grandvallière 48,8 25,5
243901089 CC de la Plaine Jurassienne 85,0 23,6
200067429 CC Haut Nivernais-Val d'Yonne 90,7 21,4
200067692 CC Tannay-Brinon-Corbigny 83,9 24,9
200067700 CC Sud Nivernais 81,9 14,2
200067882 CC Bazois Loire Morvan 101,0 24,2
200067890 CC Morvan Sommets et Grands Lacs 111,8 27,3
200067908 CC Amognes Cœur du Nivernais 47,4 22,0
200067916 CC Cœur de Loire 174,8 19,4
200068088 CC Les Bertranges 140,4 19,3
245801063 CC Loire et Allier 37,4 23,2
245804406 CA de Nevers 333,1 16,1
245804497 CC du Nivernais Bourbonnais 45,3 23,8
200036150 CC des Hauts du Val de Saône 64,1 20,5
200036549 CC Val de Gray 127,0 19,3
200041721 CC de la Haute Comté 105,5 18,8
200041853 CC du Pays de Montbozon et du Chanois 56,7 23,9
200041861 CC du Triangle Vert 72,6 22,1
200041879 CC Terres de Saône 84,4 18,4
200041887 CC du Val Marnaysien 141,3 23,5
247000011 CA de Vesoul 183,5 21,0
247000367 CC des Combes 51,2 21,2
247000623 CC des Quatre Rivières 71,7 19,0
247000664 CC du Pays de Lure 145,7 22,3
247000698 CC des Monts de Gy 54,1 20,0
247000706 CC du Pays Riolais 94,6 21,9
247000714 CC du Pays de Villersexel 58,4 19,6
247000722 CC du Pays d'Héricourt 114,9 17,3
247000755 CC du Pays de Luxeuil 90,2 19,0
247000821 CC Rahin et Chérimont 79,1 20,6
247000854 CC des 1000 étangs 65,8 22,7
200040038 CC Saône Doubs Bresse 104,9 24,7
200040293 CC du Clunisois 128,7 30,9
200042414 CC Bresse Revermont 71 94,9 23,0
200069698 CC Mâconnais - Tournugeois 172,7 25,9
200070308 CA Mâconnais Beaujolais Agglomération 637,8 23,6
200070316 CC Entre Arroux, Loire et Somme 122,7 16,4
200070530 CC du Grand Autunois Morvan 304,5 23,7
200070548 CC Brionnais Sud Bourgogne 113,4 21,6
200071538 CC Terres de Bresse 184,4 23,8
200071579 CC Bresse Louhannaise Intercom' 224,3 20,3
200071645 CC Saint Cyr Mère Boitier entre Charolais et Mâconnais 106,1 31,3
200071884 CC Le Grand Charolais 215,2 18,0
247100290 CU Le Creusot Montceau-les-Mines 494,4 17,0
247100589 CA Le Grand Chalon 739,5 20,5
247100639 CC de Marcigny 40,0 18,6
247100647 CC Bresse Nord Intercom' 55,6 29,3
247103765 CC Entre Saône et Grosne 132,1 29,8
247103864 CC de Semur-en-Brionnais 52,1 27,7
247104094 CC Sud Côte Chalonnaise 122,2 26,2
200039642 CC Le Tonnerrois en Bourgogne 105,1 19,0
200039709 CC du Serein 46,6 22,6
200039758 CC Avallon, Vézelay, Morvan 150,3 23,2
200067080 CC Chablis Villages et Terroirs 116,5 21,0
200067114 CA de l'Auxerrois 436,3 21,4
200067130 CC de Puisaye-Forterre 259,6 24,6
200067304 CC Serein et Armance 179,4 19,5
248900334 CA du Grand Sénonais 379,5 19,4
248900383 CC de l'Agglomération Migennoise 74,4 16,5
248900524 CC de l'Aillantais en Bourgogne 86,4 24,9
248900664 CC de la Vanne et du Pays d'Othe 81,9 22,2
248900748 CC du Gâtinais en Bourgogne 152,4 24,0
248900896 CC Yonne Nord 207,9 24,9
248900938 CC du Jovinien 177,8 24,3
200069052 CA Grand Belfort 629,6 18,9
200069060 CC des Vosges du Sud 96,2 22,1
249000241 CC du Sud Territoire 109,6 15,3
  • Source : Insee, Base non-salariés 2022, Recensement de la population 2022.

Figure 2Nombre de micro-entreprises pour 1 000 habitants par intercommunalité

  • Source : Insee, Base non-salariés 2022, Recensement de la population 2022.

Le cumul d’une activité de micro-entrepreneur avec un emploi salarié est plus fréquent au sein des aires d’influence de Dijon et de Besançon, où l’offre d’emplois salariés est importante. En revanche, il est plus rare dans les intercommunalités rurales peu denses et à faible revenu. C’est le cas notamment dans la Nièvre et l’Yonne, où la part de micro-entrepreneurs sans activité salariée avoisine ou dépasse parfois 60 %. Ces territoires ruraux, éloignés des grands pôles d’emplois, affichent souvent une densité de micro-entrepreneurs supérieure à la moyenne régionale. C’est aussi le cas dans les intercommunalités du nord et de l’ouest de la Haute-Saône.

Prépondérance des activités de services

En Bourgogne-Franche-Comté, un micro-entrepreneur sur trois travaille dans l’enseignement, la santé action sociale ou les autres services aux ménages. Ces secteurs sont nettement moins représentés au sein des TPE, tous statuts d’entreprises confondus, où ils ne concernent qu’une entreprise sur quatre. Les micro-entrepreneurs sont également surreprésentés dans les services aux entreprises. À l’inverse, ils sont moins présents dans l’immobilier, la finance et l’assurance, ou l’hébergement-restauration. Comme pour les TPE, leur présence dans les secteurs industriels reste limitée, à l’exception notable de l’installation-réparation de machines et d’équipements, la joaillerie et l’habillement.

Les choix sectoriels sont aussi dépendants de l’âge. Les moins de 25 ans se tournent davantage vers les secteurs du transport-entreposage, de l’information-communication et des études techniques. Parmi les jeunes, ces secteurs concentrent 28 % des micro-entrepreneurs. Ce n’est que 11 % pour les entrepreneurs de 25 à 64 ans. Ils comprennent en particulier les activités de livraison de repas à domicile, d’influenceurs ou de conseil. À l’inverse, les plus de 55 ans privilégient les activités liées à l’hébergement-restauration, l’action sociale, la santé et les activités juridiques et comptables.

Des revenus dégagés trois fois inférieurs au Smic

En 2022, les micro-entrepreneurs de la région âgés de 15 à 64 ans dégagent de leur activité un revenu brut mensuel de 590 euros, soit environ un tiers du Smic. Ce faible revenu d’activité est en partie lié à la nature même de ce régime fiscal qui impose des plafonds de chiffre d’affaires. Avec le relèvement de ces derniers, le revenu d’activité dans la région comme ailleurs en France a progressé de 25 % entre 2018 et 2022, presque trois fois plus vite que le Smic.

Les revenus d’activité varient fortement selon que le micro-entrepreneur exerce ou non un autre emploi. Les micro-entrepreneurs ayant un emploi salarié dégagent en moyenne 360 euros de revenu mensuel avec leur seule entreprise, contre 800 euros pour ceux sans activité salariée en parallèle. Les revenus dépendent également de l’activité exercée. Dans certains secteurs, ils dépassent 1 000 euros par mois pour les micro-entrepreneurs sans autre activité. C’est le cas des activités immobilières, des activités juridiques ou comptables, de l’information-communication ou de la construction (figure 3). Les revenus sont en revanche faibles dans des secteurs comme le commerce ou les services aux ménages.

Même si la répartition sectorielle est similaire dans l’ensemble des départements, le revenu des micro-entrepreneurs sans cumul d’activité diffère. Il varie de 700 euros dans la Nièvre ou en Haute-Saône à 900 euros en Côte-d’Or. Avec un réservoir de population et donc de clients potentiels plus substantiel, les micro-entrepreneurs de Côte-d’Or dégagent davantage de chiffre d’affaires.

Figure 3Revenu mensuel des micro-entrepreneurs sans activité salariée, pour les principaux secteurs d’activité

Revenu mensuel des micro-entrepreneurs sans activité salariée, pour les principaux secteurs d’activité
Secteur d'activité Revenu mensuel brut en euros Nombre
Textile-Habillement 230 500
Transports et entreposage 430 520
Autres industries manufacturières ; réparation et installation de machines et d'équipements 580 820
Autres activités de services 580 4 210
Commerce 640 5 010
Arts, spectacles et activités récréatives 660 910
Services administratifs et de soutien 730 1 910
Hébergement et restauration 770 1 120
Enseignement 870 1 400
Activités spécialisées, scientifiques ou techniques 880 1 310
Santé 980 1 090
Construction 1 070 5 050
Informatique-Communication 1 170 580
Activités juridiques et comptables 1 250 1 180
Activités immobilières 1 470 820
  • Champ : Micro-entrepreneurs de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, Base non-salariés 2022.

Figure 3Revenu mensuel des micro-entrepreneurs sans activité salariée, pour les principaux secteurs d’activité

  • Champ : Micro-entrepreneurs de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, Base non-salariés 2022.

Des projets souvent moins ancrés dans la durée

Parmi les micro-entreprises ayant été immatriculées au premier semestre 2018, un quart n’a jamais démarré son activité économique. C’est nettement moins pour les , dont les créateurs sont plus souvent expérimentés.

La part des micro-entreprises n’ayant jamais eu d’activité varie fortement selon le secteur d’activité. Elle est particulièrement élevée, environ 40 %, dans le transport-entreposage et le commerce. À l’inverse, seuls 13 % des micro-entreprises déclarées dans la santé humaine et l’action sociale sont dans ce cas.

Outre cette plus grande difficulté à concrétiser leur projet, les micro-entrepreneurs ont également plus de difficultés à assurer la pérennité de leur entreprise. Dans la région, cinq ans après, seul un tiers des micro-entrepreneurs exerce toujours son activité sous ce régime fiscal. Pour les autres, la quasi-totalité a en fait cessé complètement son activité. Seule une faible proportion, moins de 5 % en Bourgogne-Franche-Comté comme en France, a transformé son activité en entreprise individuelle. Dans le cas d’une entreprise classique, deux sur trois sont encore en activité cinq ans après leur création. Parmi les micro-entrepreneurs de moins de 25 ans lors de la création, seuls 20 % poursuivent leur activité au-delà de cinq ans (figure 4). Cette part très faible s’explique notamment par le caractère transitoire de la création au moment des études. Une fois diplômés, nombre d’entre eux abandonnent leur activité pour un emploi salarié plus rémunérateur ou pour la création d’une entreprise classique. En revanche, les créations réalisées par des micro-entrepreneurs de plus de 50 ans sont plus pérennes, même si plus de la moitié d’entre elles ont cessé leur activité avant leur cinquième anniversaire. Cette part augmente légèrement pour les micro-entrepreneurs qui s’installent encore plus tard, souvent au moment du départ à la retraite ou dans les années qui suivent. Si l’âge des micro-entrepreneurs peut avoir une influence sur la pérennité de leur activité, leur sexe n’en a pas.

Figure 4Taux pérennité des micro-entreprises à 5 ans, par tranche d’âge de leur créateur

(en %)
Taux pérennité des micro-entreprises à 5 ans, par tranche d’âge de leur créateur ((en %))
Âge Taux de Pérennité à 5 ans
Moins de 25 ans 21,8
de 25 à moins de 30 ans 29,8
de 30 à moins de 35 ans 33,0
de 35 à moins de 40 ans 33,9
de 40 à moins de 45 ans 35,4
de 45 à moins de 50 ans 38,8
de 50 à moins de 55 ans 44,1
de 55 à 64 ans 41,2
  • Source : Insee, SINE 2018.

Figure 4Taux pérennité des micro-entreprises à 5 ans, par tranche d’âge de leur créateur

  • Source : Insee, SINE 2018.

Encadré 1 - Statut fiscal de la micro-entreprise : un cadre simplifié pour favoriser la création d’entreprises

La loi de Modernisation de l’Économie du 4 août 2008 a facilité la création d’entreprises, avec le nouveau statut d’auto-entrepreneur, en réduisant les démarches administratives, en simplifiant la comptabilité et en clarifiant les coûts pour les entrepreneurs individuels. En 2014, le terme de micro-entrepreneur devient officiel. Le micro-entrepreneur bénéficie d’une franchise de TVA et son revenu soumis à l’impôt est notamment estimé forfaitairement à partir du chiffre d’affaires.

Dès 2009, la moitié des créations se faisait sous ce statut. Le chiffre d’affaires était alors plafonné à 80 000 euros pour la vente de biens et 32 000 euros pour des prestations de services. En 2018, ces seuils ont plus que doublés et le statut s’ouvre à certaines activités libérales non réglementées. En 2022, les plafonds atteignent respectivement 176 200 et 77 700 euros.

Les cotisations sociales sont calculées à partir du chiffre d’affaires déclaré et les micro-entrepreneurs bénéficient d’une réduction de 50 % sur les cotisations sociales lors de la première année d’existence. Depuis le 1er juillet 2026, cet abattement est divisé par deux.

Encadré 2 - Des créateurs souvent plus jeunes et moins diplômés

Au premier semestre 2018, le profil des nouveaux micro-entrepreneurs diffère nettement de celui des créateurs d’entreprises classiques. 31 % des micro-entrepreneurs ont moins de 30 ans, contre 18 % pour les autres entreprises. Ils sont également un peu plus nombreux au sein des plus de 50 ans. La création d’une micro-entreprise permet notamment de générer son propre emploi à un moment où l’insertion dans le monde du travail peut devenir plus difficile.

Les micro-entrepreneurs sont aussi moins diplômés. Près de quatre sur dix sont sans diplôme ou avec un diplôme inférieur au baccalauréat, contre trois sur dix pour les autres créateurs d’entreprises. À l’opposé, ceux ayant au moins un bac+5 se dirigent plus fréquemment vers la création d’entreprises classiques.

La création d’entreprises suit souvent une première expérience dans le monde du travail. Ainsi, deux nouveaux micro-entrepreneurs sur trois ont déjà travaillé. 70 % étaient employés ou ouvriers, soit 13 points de plus que pour les autres créateurs.

Figure 5Profil des créateurs selon l’âge, le niveau de diplôme et le type d’entreprise au 1er semestre 2018

Répartition (en %)
Profil des créateurs selon l’âge, le niveau de diplôme et le type d’entreprise au 1er semestre 2018 (Répartition (en %))
Profil des créateurs Micro-entreprises Entreprises classiques
Âge Moins de 30 ans 31,0 17,6
30 ans à moins de 50 ans 47,8 63,4
50 ans et plus 21,2 19,0
Diplôme Sans diplôme ou inférieur au bac 38,1 30,0
Bac à bac+4 48,2 48,9
Bac+5 et plus, grandes écoles 13,7 21,1
  • Source : Insee, SINE 2018.

Figure 5Profil des créateurs selon l’âge, le niveau de diplôme et le type d’entreprise au 1er semestre 2018

  • Source : Insee, SINE 2018.
Publication rédigée par :Patrice Perron, Bénédicte Piffaut (Insee)
Publication rédigée par :Patrice Perron, Bénédicte Piffaut (Insee)

Sources

La base non-salariés (BNS) comptabilise l’ensemble des emplois non salariés, y compris ceux exercés à titre secondaire. Elle ne comprend pas les conjoints collaborateurs ni les aidants familiaux. Elle est constituée à partir des données s’appuyant notamment sur les déclarations sociales des indépendants auprès de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) et, pour la sphère agricole, de la caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA).

Le Système d’informations sur les nouvelles entreprises (SINE) a enquêté les entreprises du secteur marchand non agricole, créées au 1er semestre 2018 et qui ont eu au moins un mois d’existence : l’année de la création, trois puis cinq ans plus tard. Celles ayant le statut de micro-entreprise sont dissociées des entreprises « classiques ». Les questions portent sur le profil des créateurs, les raisons de la création, les aides perçues, les difficultés rencontrées, le type d’activité, l’évolution du chiffre d’affaires, l’évolution de l’emploi.

Définitions

Les très petites entreprises (TPE) regroupent les entreprises qui emploient moins de 10 salariés, n’appartiennent pas à un groupe (sauf s’il s’agit d’un groupe de type microentreprise au sens de la Loi de modernisation de l’économie) et ont un chiffre d’affaires ou un total de bilan inférieur à 2 millions d’euros.

Une entreprise est dite active économiquement, si elle a donné des signes d’activité depuis moins de deux ans (création, chiffre d’affaires, embauche d’un salarié, cotisations sociales).

Le nombre d’emplois équivalent Smic correspond à la somme des revenus d’activité, estimés à partir du chiffre d’affaires, après abattements fiscaux, rapportée au Smic brut annuel.

Les entreprises classiques comprennent les sociétés et les entreprises individuelles n’ayant pas le statut de micro-entreprise.

Pour en savoir plus

(1) Richet D., « Micro‑entrepreneurs immatriculés en 2018 : moins de trois sur dix encore actifs cinq ans après », Insee Première no 2069, septembre 2025.

(2) Fiche « Emploi et revenus d’activité des micro-entrepreneurs », in Emploi et revenus des indépendants, coll. « Insee Référence », édition 2025.

(3) La conjoncture en Bourgogne-Franche-Comté.