Inégalités femmes-hommes Quelques questions
- 1. Quels sont les écarts de salaires entre les femmes et les hommes ?
- 2. Temps partiels et interruptions de carrière : quel partage femmes / hommes ?
- 3. Quels écarts sur la santé, l’espérance de vie entre femmes et hommes ?
- 4. Quelles sont les différences de scolarité entre garçons et filles ?
- 5. Les retraites des femmes : quelles sont les évolutions ?
- 6. Tâches domestiques : quelles évolutions ?
- 7. Quelles violences sexuelles et sexistes sont déclarées ?
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1. Quels sont les écarts de salaires entre les femmes et les hommes ?
En 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 21,8 % à celui des hommes. Cet écart s’explique en partie par le moindre volume de travail annuel des femmes, qui sont à la fois moins souvent en emploi au cours de l’année et davantage à temps partiel. Cependant, même à temps de travail identique, le salaire net moyen des femmes est inférieur à celui des hommes, de 14,0 %. Depuis 1995, les inégalités de revenu salarial se sont réduites d’un tiers : la diminution des écarts de volume de travail d’une part, celle des écarts de salaire en équivalent temps plein (EQTP) d’autre part, ont contribué de concert à cette baisse. En 2024, l’écart de revenu salarial s’est réduit de 0,4 point, plus modérément qu’entre 2019 et 2023 (‑0,9 point par an en moyenne), mais sur le même rythme que la moyenne des trois dernières décennies.
Les différences de salaires s’expliquent également par la répartition genrée des professions : les femmes n’occupent pas les mêmes emplois et ne travaillent pas dans les mêmes secteurs que les hommes et parviennent moins aux postes les plus rémunérateurs, même si avec l’élévation de leur niveau d’études, les femmes accèdent de plus en plus à des emplois de cadres et professions intellectuelles supérieures. Occuper des emplois de cadres ne signifie pas forcément atteindre les plus hautes fonctions. En 2024, les femmes représentent 42 % des postes salariés du privé en EQTP, mais seulement 24 % des 1 % des postes les plus rémunérés. Pour le même emploi exercé dans le même établissement, l’écart de salaire net en EQTP se réduit à 3,6 %.
Références :
Écart de salaire entre femmes et hommes en 2024 − La réduction des écarts de salaires
se poursuit à un rythme proche de sa tendance sur longue période, Insee Focus no377, février 2026
Les salaires dans la fonction publique de l’État en 2024 − Le salaire net moyen croît
de 2,6 % en euros constants, Insee Première no 2100, mai 2026
À noter : L’analyse des écarts de rémunération entre femmes et hommes sera étendue aux secteurs privés et publics début décembre 2026 lors de la parution de l’Insee Références France, Portrait Social consacré aux inégalités Femmes-Hommes
2. Temps partiels et interruptions de carrière : quel partage femmes / hommes ?
Depuis les années soixante-dix, les femmes sont de plus en plus nombreuses à être présentes sur le marché du travail. En 2025, 72 % des femmes de 15 à 64 ans et 78 % des hommes de ces âges sont actifs au sens du Bureau international du travail (BIT) ; en 1975, l’écart était beaucoup plus élevé, avec seulement 55 % des femmes en activité contre 84 % des hommes. Depuis une dizaine d’années, le taux de chômage des femmes est légèrement inférieur à celui des hommes. Dès lors, les taux d’emploi des femmes et des hommes se sont nettement rapprochés.
Toutefois, à la naissance d’un premier enfant, et encore plus à partir du deuxième enfant, ce sont les femmes qui renoncent à leur activité professionnelle. Celles qui sont en emploi salarié travaillent bien plus souvent que les hommes à temps partiel : 26,6 % contre 8,4 % en 2025. Cependant, depuis le début des années 2000, le temps partiel masculin a progressé tendanciellement, gagnant près de 3 points sur la période, alors que celui des femmes, longtemps relativement stable, autour de 32 %, a reculé de 5 points environ sur les huit dernières années. En 2025, les femmes représentent 76,4 % des salariés travaillant à temps partiel.
Le temps partiel est plus répandu au sein des emplois très féminisés, notamment dans le secteur tertiaire ou parmi les employés. Toutefois, à secteur d’activité ou à catégorie socioprofessionnelle donnés, les femmes demeurent plus souvent à temps partiel que les hommes. Ainsi, en 2025, parmi les employés, 35,9 % des femmes sont à temps partiel contre 17,7 % des hommes ; parmi les cadres, c’est le cas de 14,4 % des femmes contre 5,6 % des hommes.
Les femmes travaillant à temps partiel invoquent bien plus souvent que les hommes des raisons d’ordre familial comme le fait de s’occuper d’enfants ou d’un proche (30,7 % contre 8,0 %). Leur part de temps partiel augmente avec le nombre d’enfants à charge. Les hommes indiquent plus fréquemment que les femmes, comme principal motif de travail à temps partiel, la poursuite d’études ou de formations (11,6 % contre 5,7 %), la recherche d’un complément de revenus (9,5 % contre 4,0 %), des raisons de santé (16,6 % contre 12,0 %) ou encore le fait de n’avoir pas trouvé d’emploi à temps complet (23,3 % contre 20,7 %).
Référence :
Fiche « Temps partiel », Insee Références, Emploi, chômage, revenus du travail, Dares-Insee, juillet 2026
À noter : D’autres éléments seront apportés début décembre 2026 lors de la parution de l’Insee Références France, Portrait Social consacré aux inégalités Femmes-Hommes
Globalement, l’articulation entre vies familiale et professionnelle repose toujours fortement sur les mères et affecte davantage leurs trajectoires professionnelles. Ainsi, les mères de très jeunes enfants réduisent plus fréquemment leur temps de travail que les pères, ce qui creuse les écarts de rémunération en leur défaveur. Elles changent aussi moins souvent d’emploi, ce qui peut restreindre leur évolution de carrière. Par ailleurs, les mères sont plus nombreuses à déclarer ne pas avoir assez de temps pour effectuer correctement leur travail. Enfin, quand les parents ne trouvent pas de solution d’accueil, ce sont surtout les mères qui se chargent d’une garde parentale non choisie. Les pères, quant à eux, augmentent plus fréquemment leur temps de travail après l’arrivée d’un enfant, tendent à travailler plus souvent le soir ou le dimanche. Ils sont également plus nombreux à se dire confrontés à des situations de tension au travail, dans lesquelles leurs marges de manœuvre individuelles ne leur permettent pas de faire face aux exigences qu’ils ressentent dans leur travail.
Par ailleurs, les mères employées ou ouvrières sont plus souvent contraintes que les cadres de cesser leur activité pour s’occuper des enfants. Ainsi, les couples avec une mère sans emploi et un père à temps complet sont trois fois plus nombreux quand la mère est employée ou ouvrière (27 %) que lorsqu’elle est cadre ou de profession intellectuelle supérieure (9 %). Cela s’explique en partie par de plus faibles rémunérations et des conditions d’emploi plus contraignantes (être en contrat à durée déterminée, ne pas pouvoir travailler à domicile ou modifier ses horaires en cas d’imprévus, avoir des horaires irréguliers de semaine en semaine) pouvant justifier une préférence à quitter son activité professionnelle pour garder l’enfant soi-même. De fait, les mères employées ou ouvrières sont plus souvent sans emploi en partie pour une raison « contrainte » en lien avec les enfants : c’est le cas de 11 % d’entre elles, contre 3 % des mères cadres ou de professions intellectuelles supérieures.
Références :
Après la naissance d’un enfant, les conditions de travail diffèrent entre les pères
et les mères, Insee Références, Emploi, chômage, revenus du travail, Dares-Insee, juin 2022
Ouvrir dans un nouvel ongletL’articulation entre vies familiale et professionnelle repose toujours fortement sur
les mères, Études et résultats no 1298, Drees, mars 2024
3. Quels écarts sur la santé, l’espérance de vie entre femmes et hommes ?
En moyenne, les femmes vivent plus longtemps que les hommes : en 2025, l’espérance de vie à la naissance s’élève à 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes. En effet, les hommes ont une plus grande mortalité que les femmes à tous les âges de la vie (y compris à la naissance) ; il est possible que cela découle d’une plus grande exposition des hommes à des comportements à risque, de leur moindre fréquence de consultations médicales, ou encore de facteurs biologiques. Cependant, depuis le milieu des années 1990, les gains d’espérance de vie sont plus élevés pour les hommes que pour les femmes. Compte tenu de ces évolutions, la part des femmes diminue aux âges élevés, même si elles restent majoritaires : au 1er janvier 2026, elles représentent 59,1 % des personnes d’au moins 75 ans, contre 66,1 % au 1er janvier 1995.
Référence :
Bilan démographique 2025 − En 2025, le solde naturel en France est négatif pour la
première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Insee Première no2087, janvier 2026
En 2024, à 65 ans, les hommes peuvent espérer vivre 10,5 ans sans incapacité et les femmes 11,8 ans. L’espérance de vie sans incapacité à 65 ans a progressé d’1 an et 9 mois depuis 2008, pour les femmes comme pour les hommes. Cependant, l’essentiel de cette hausse a eu lieu entre 2008 et 2019, car depuis 2019 l’indicateur n’a progressé que de 4 mois pour les femmes et de 1 mois pour les hommes. Depuis 2008, l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans a crû plus vite que l’espérance de vie au même âge. Aussi, parmi les années restant à vivre à 65 ans, la part de celles qui seront vécues sans incapacité croît depuis 2008 : entre 2008 et 2024, elle est passée de 45 % à 50 % pour les femmes et de 48 % à 53 % pour les hommes.
Les femmes ont ainsi une espérance de vie à la naissance plus longue que les hommes mais ces années supplémentaires ne sont pas beaucoup plus vécues en bonne santé. À la naissance, en 2024, les femmes peuvent espérer vivre 64,1 ans sans incapacité et les hommes, 63,7 ans. Ainsi, si les femmes ont une espérance de vie à la naissance de 5 ans et 7 mois supérieure aux hommes, l’écart n’est que de 5 mois pour l’espérance de vie sans incapacité. Depuis 2008, l’espérance de vie sans incapacité à la naissance a diminué de 5 mois pour les femmes ; pour les hommes, elle a augmenté de 12 mois.
Référence :
Ouvrir dans un nouvel ongletL’espérance de vie sans incapacité à 65 ans est de 11,8 ans pour les femmes et de
10,5 ans pour les hommes en 2024, Études et résultats no 1363, Drees, janvier 2026
Malgré une espérance de vie supérieure à celle des hommes, les femmes ont en France une perception moins positive de leur état de santé. En moyenne en 2019, parmi les personnes âgées de 16 ans ou plus, 65 % des femmes se considèrent en bonne ou très bonne santé, contre 69 % des hommes. Ces écarts de perception sont en moyenne plus élevés parmi les moins diplômés (titulaires d’un certificat d’études primaires ou non diplômés) que parmi les diplômés du supérieur (10 points contre 2 points).
Le recours aux soins varie aussi beaucoup selon le sexe. En 2019, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir eu recours dans l’année à un médecin, alors que les écarts sont minimes pour les hospitalisations. Ainsi, en 2019, 88 % des femmes ont consulté un médecin généraliste depuis moins d’un an, contre 80 % des hommes ; 60 % des femmes ont consulté un dentiste ou un orthodontiste, contre 54 % des hommes. L’écart entre les femmes et les hommes apparaît le plus fort pour le recours à un médecin spécialiste (53 % des femmes contre 42 % des hommes). Une partie de celui-ci est imputable aux suivis médicaux gynécologiques liés à la contraception, la grossesse ou la ménopause. Au‑delà de 65 ans, les comportements de recours aux soins des hommes se rapprochent de ceux des femmes.
Référence :
Fiche « Santé et recours aux soins », Drees, Insee Références, Femmes et hommes, l’inégalité en question, mars 2022
A noter : L’analyse relative aux espérances de vie sans incapacité des femmes et des hommes, complétée par des éléments sur les limitations fonctionnelles et la perte d’autonomie, sera actualisée début décembre 2026 lors de la parution de l’Insee Références France, Portrait Social consacré aux inégalités Femmes-Hommes
Les risques professionnels diffèrent également selon le genre. Au travail, les hommes sont plus exposés aux sollicitations physiques, comme porter des charges lourdes ou travailler dans un environnement agressif. Ils sont davantage présents dans les métiers les plus soumis à la pénibilité physique et ils y sont aussi plus confrontés que les femmes exerçant ce type de métier. Les femmes sont plus exposées aux risques psychosociaux. Elles exercent plus souvent des métiers de service, exposant à des contraintes d’organisation du temps de travail, à des exigences émotionnelles ou encore à une faible latitude décisionnelle. En outre, dans les métiers mixtes, dans les métiers féminisés de service et les métiers masculinisés ouvriers, où les risques professionnels sont les plus élevés, les femmes sont davantage confrontées que les hommes à tous les risques (travail intense, conflits de valeur, instabilité du poste, manque d’autonomie et de reconnaissance, etc.) à l’exception de la pénibilité physique.
Référence :
Ouvrir dans un nouvel ongletMétiers « de femmes », métiers « d’hommes » : en quoi les conditions de travail des
femmes et des hommes diffèrent-elles ?, Dares, Insee Références, Femmes et hommes, l’inégalité en question, mars 2022
4. Quelles sont les différences de scolarité entre garçons et filles ?
En début de CP, en 2025, les filles sont plus performantes que les garçons dans la plupart des compétences évaluées en mathématiques et dans toutes les compétences évaluées en français. Les écarts les plus marqués concernent la part d’enfants ayant acquis la compétence de compréhension orale de phrases et de reconnaissance des différentes écritures d’une lettre (6,2 et 5,9 points en faveur des filles). En mathématiques, les filles présentent de meilleures performances que les garçons dans cinq des sept compétences évaluées, l’écart le plus important concernant l’exercice de géométrie « reproduire un assemblage » (+ 3,3 points).
Un renversement est observé en début de CE1 en mathématiques, où les garçons présentent alors de meilleures performances que les filles. À l’exception de la compétence « calculer mentalement », toutes les différences sont à l’avantage des garçons, pour des écarts allant jusqu’à 14 points (pour la compétence « additionner »). En français toutefois, les filles continuent à présenter de meilleures performances, pour six des huit compétences évaluées (entre 2,8 et 5,0 points d’écart). Ces différences se confirment tout au long de la scolarité élémentaire.
Références :
Ouvrir dans un nouvel ongletFilles et garçons sur le chemin de l'égalité, de l'école à l'enseignement supérieur, édition 2026, Depp
Ouvrir dans un nouvel ongletRepères et références statistiques (RERS), édition 2025, Depp
Ouvrir dans un nouvel ongletÉvolution des écarts de performances entre filles et garçons en mathématiques, au
fil du temps et de la scolarité, Note d'Information no25-04, Depp, février 2025
Au collège, les filles ont de meilleurs résultats que les garçons : à la session 2025 du diplôme national du brevet (DNB), 88,6 % d’entre elles obtiennent le diplôme contre 82,5 % des garçons.
Référence :
Ouvrir dans un nouvel ongletRésultats définitifs de la session 2025 du diplôme national du brevet, Note d'Information no26-04, Depp, février 2026
Au lycée et en apprentissage, les filles et les garçons suivent des parcours différents. Que ce soit dans la voie générale, technologique ou professionnelle, les filles s’orientent moins vers les filières scientifiques, sauf celles liées au secteur de la santé. Elles sont plus souvent admises au baccalauréat que les garçons et obtiennent davantage de mentions, quelle que soit la série. Les orientations dans l’enseignement supérieur prolongent les choix d’orientation effectués au lycée. Les femmes sont plus souvent inscrites en université que les hommes, sauf en sciences et Staps, et s’orientent moins souvent vers les filières sélectives (à l’exception des études de médecine).
Référence :
Ouvrir dans un nouvel ongletFilles et garçons sur le chemin de l'égalité, de l'école à l'enseignement supérieur, édition 2026, Depp
Dans la population en âge de travailler, les femmes sont globalement plus diplômées que les hommes. En 2025, la part des femmes bachelières ou disposant d’un diplôme supérieur dépasse celle des hommes dans toutes les tranches d’âge. Notamment parmi les personnes âgées de 35 à 44 ans, 73 % des femmes sont diplômées d’au moins le baccalauréat, contre 67 % des hommes. L’écart est encore plus fort pour les diplômes du supérieur (54 % contre 45 % pour les hommes).
Référence :
Diplôme le plus élevé selon l'âge et le sexe – Données 2025, Insee, chiffres clés, mars 2026
5. Les retraites des femmes : quelles sont les évolutions ?
En 2022, les femmes perçoivent en moyenne 1 272 euros de pension nette de retraite, soit 24 % de moins que les hommes (1 674 euros). Ce montant inclut, outre la pension de droit direct, la pension de réversion et la majoration de pension pour trois enfants ou plus. En prenant en compte uniquement la pension de droit direct, versée au titre de l’activité professionnelle passée, l’écart entre femmes et hommes s’élève à 39 % pour les 65 ans ou plus. Cet écart se réduit cependant au fil des générations et des années : pour l’ensemble des retraités, il est passé de 46 % en 2004 à 37 % en 2019.
Pour les femmes, le montant moyen de la pension de droit direct progresse au fil des générations grâce à l’accroissement de leur participation au marché du travail. Il atteint ainsi 1 126 euros nets pour les retraitées de 65 à 69 ans, contre 765 euros pour celles âgées de 85 ans ou plus. Cette différence s’explique pour l’essentiel par des carrières plus longues et des salaires plus élevés, mais aussi par des dispositifs comme l’assurance vieillesse des parents au foyer (mise en place en 1972) qui ont permis aux mères de valider des trimestres supplémentaires. Chez les hommes, les différences selon l’âge sont nettement moins marquées.
Les pensions de réversion, fondées sur les droits à la retraite du conjoint décédé, contribuent à diminuer les écarts entre sexes, en particulier pour les retraités les plus âgés. En moyenne, ces droits constituent 20 % de la retraite totale des femmes âgées de 65 ans ou plus, contre seulement 1 % pour les hommes. Les femmes sont plus souvent veuves en raison d’une plus grande longévité. De plus, leurs droits directs sont globalement un peu plus faibles que ceux des hommes, ce qui les rend plus souvent éligibles que ces derniers à une pension de réversion.
Au‑delà de la pension de retraite, certaines personnes peuvent bénéficier du minimum vieillesse en cas de faibles revenus. Fin 2024, 754 460 personnes perçoivent l’allocation supplémentaire du minimum vieillesse (ASV) ou l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa). Les personnes isolées représentent 77 % des allocataires et 51 % sont des femmes seules.
Les femmes de la génération 1950 sont parties à la retraite plus tard que les hommes de leur génération : 60,8 ans contre 59,9 ans pour les hommes. Elles sont davantage contraintes que les hommes de liquider leur pension à 65 ans ou au‑delà (19 % dans la génération 1950, contre 10 % des hommes) pour éviter une décote, en raison de carrières plus souvent incomplètes. En outre, elles sont moins souvent éligibles aux dispositifs de départs anticipés, notamment pour carrière longue.
Références :
Fiche « Retraites et minimum vieillesse », Insee-Drees, Insee Références, Femmes et hommes, l’inégalité en question, mars
2022
Ouvrir dans un nouvel ongletMinimum vieillesse : données 2024, Drees
A noter : L’analyse des niveaux de retraite des femmes et des hommes sera actualisée début décembre 2026 lors de la parution de l’Insee Références France, Portrait Social consacré aux inégalités Femmes-Hommes. Des informations plus récentes sont disponibles dans les ouvrages de la Drees - Ouvrir dans un nouvel ongletLes retraités et les retraites et Ouvrir dans un nouvel ongletMinimas sociaux et prestations de solidarité, sans analyse détaillée.
6. Tâches domestiques : quelles évolutions ?
Le travail domestique (préparation des repas, courses d’alimentation, lessive) et le temps consacré aux enfants restent inégalement répartis entre les femmes et les hommes, même si entre le milieu des années 1980 et 2010, les inégalités se sont réduites : les hommes s’impliquent davantage dans l’éducation des enfants (environ 20 minutes de plus par jour en moyenne) et les femmes délaissent progressivement les tâches ménagères (près de 70 minutes en moins par jour) au profit du temps passé auprès des enfants (13 minutes de plus par jour). Pour autant, en 2010, les femmes effectuaient les deux tiers des tâches domestiques et consacraient aux enfants un temps équivalent à plus du double de celui des hommes.
Pendant le premier confinement, les femmes ont continué d’assumer la plus grande part des tâches domestiques et parentales, même quand elles travaillaient à l’extérieur. Des ajustements entre femmes et hommes ont certes eu lieu, notamment un investissement accru des hommes en couple avec enfants dont la femme travaillait à l’extérieur durant le confinement. Cependant, ces ajustements de crise ne remettent pas en cause le fonctionnement de la sphère familiale, qui continue de reposer massivement sur des normes de genre et sur le temps féminin. D’ailleurs, l’analyse conjointe des pratiques domestiques au sein du couple, telles que les personnes les perçoivent, et des stéréotypes de genre, montre que plus les personnes adhèrent à ces stéréotypes, moins elles déclarent un partage égalitaire des tâches.
Un meilleur partage des congés autour de la naissance est souvent évoqué comme levier vers une meilleure répartition des tâches domestiques. À cet égard, le recours au congé de paternité parmi les pères éligibles est passé de 68 % en 2013 à 71 % en 2021 : il s’accroît pour tous sur la période, que les pères soient en emploi stable ou précaire, mais surtout pour les travailleurs indépendants. Toutefois, selon une enquête qualitative menée auprès de pères ayant un enfant né en 2021, à distance de la période du congé de paternité (en 2023), le retour au travail des deux parents marque un tournant vers une asymétrie dans la répartition des tâches ménagères et parentales au sein du couple, parfois résolue par l’externalisation d’une partie d’entre elles. L’investissement domestique des pères se retrouve souvent conditionné à leurs horaires de travail et ils ont tendance à privilégier les activités parentales plaisantes (jeux, lecture, sorties), priorisant un temps « de qualité » avec leur enfant, dans une logique où le temps passé avec lui est contraint par les impératifs professionnels.
Référence :
Évolution des inégalités entre les femmes et les hommes : faut-il se réjouir ou se
désoler ?, Insee, billet de blog, mars 2025
En 2016, parmi les personnes en emploi vivant avec au moins un enfant mineur dans le ménage, 73 % des femmes déclarent faire plus de 7 heures de travail ménager par semaine, contre 31 % des hommes. 32 % d’entre elles indiquent même en effectuer plus de 12 heures par semaine, contre 8 % des hommes. 69 % des femmes à temps complet en couple vivant avec au moins un enfant mineur consacrent plus de 7 heures au travail ménager, quel que soit l’âge de l’enfant. À temps partiel, cette part monte à 85 % quand au moins un enfant a moins de 3 ans et s’élève à 79 % avec des enfants plus âgés. La part des hommes à temps complet et en couple effectuant autant de travail ménager est de 35 % seulement avec un jeune enfant, et diminue à 28 % avec des enfants plus âgés. À la tête d’une famille monoparentale, les pères déclarent plus souvent consacrer plus de 7 heures hebdomadaires au travail ménager (c’est le cas de 54 % d’entre eux), moins cependant que les mères dans la même situation (72 %).
Référence :
Fiche « Articuler emploi et famille », Insee Références, Femmes et hommes, l’inégalité en question, mars 2022
A noter : Des analyses portant sur des données plus récentes seront réalisées lorsque les résultats de l’enquête Emploi du temps 2025-2026 de l’Insee, réalisée tous les dix ans et permettant l’analyse du temps passé aux différentes activités de la vie quotidienne, seront disponibles.
En 2024, l’opinion sur la répartition de la charge mentale au sein du couple, c’est-à-dire organiser et gérer ce qui se passe dans l’espace domestique, dépend sensiblement du sexe de la personne interrogée. Selon le Baromètre d’opinion de la Drees, 59 % des femmes disent assurer elles-mêmes l’essentiel de la charge mentale, contre 9 % des hommes. La perception d'un partage égal de la charge mentale divise également les deux sexes : 50 % des hommes déclarent un partage égal, contre seulement 34 % des femmes.
Référence :
Ouvrir dans un nouvel ongletLe Baromètre d’opinion de la Drees, Drees, août 2026
A noter : Des analyses sur la répartition de la charge mentale au sein des couples et sur sa perception selon l’âge, le sexe et la situation familiale seront ajoutées début décembre 2026 lors de la parution de l’Insee Références France, Portrait Social consacré aux inégalités Femmes-Hommes
7. Quelles violences sexuelles et sexistes sont déclarées ?
Entre 2011 et 2018, en moyenne par an, 2 % des personnes âgées de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes de violences physiques l’année précédant l’enquête. Les jeunes sont les premières victimes de ces violences : 4 % des 18 à 29 ans déclarent de telles atteintes. Ces fréquences diminuent ensuite avec l’âge, sans différence notable selon le sexe. Les femmes sont cependant davantage victimes de violences commises au sein du ménage. En effet, la moitié des femmes victimes a subi des violences physiques en provenance d’une personne vivant dans le même logement qu’elles au moment des faits, contre un quart des hommes victimes.
Entre 2011 et 2018, les femmes sont quatre fois plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir subi des violences sexuelles : en moyenne annuelle, 0,9 % des femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes d’attouchements, de rapports sexuels forcés ou de tentatives de rapport sexuel forcé l’année précédant l’enquête, contre 0,2 % des hommes. Les jeunes femmes en sont davantage victimes : 1,7 % des femmes âgées de 18 à 29 ans déclarent avoir subi des violences sexuelles, contre 0,4 % des femmes âgées de 60 à 75 ans.
Référence :
« Les femmes, premières victimes des violences conjugales » encadré de la vue d’ensemble « Femmes et hommes : une lente décrue des inégalités »,
Insee Références, Femmes et hommes, l’inégalité en question, mars 2022
A noter : Des analyses sur les violences physiques ou sexuelles déclarées seront ajoutées début décembre 2026 lors de la parution de l’Insee Références France, Portrait Social consacré aux inégalités Femmes-Hommes
