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Insee Focus · Avril 2026 · n° 382
Insee FocusSaison touristique d’hiver 2026 Une saison dynamique portée par la clientèle non résidente

Gilles Valaison (Insee)

La fréquentation des hébergements collectifs de tourisme français pendant la saison hivernale 2026 est supérieure de 1,8 % à celle de la saison 2025, sous l’effet d’un début de saison dynamique. La clientèle non résidente reste le principal moteur de cette attractivité. Portés par une clientèle européenne et américaine toujours plus nombreuse, les hôtels profitent davantage de cette embellie que les autres hébergements touristiques.

Cette hausse de la fréquentation est marquée à Paris et dans les espaces urbains intermédiaires. Le déclin de la fréquentation d’affaires se poursuit, principalement dans les hôtels et en milieu urbain. La fréquentation dans les massifs de montagne est atone, le recul de la clientèle résidente étant compensé par les non-résidents.

Insee Focus
No 382
Paru le :Paru le29/04/2026

Une fréquentation hivernale en hausse, portée par la clientèle non résidente

Avec 87,6 millions de entre décembre 2025 et mars 2026 dans les hôtels et les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT : résidences de tourisme, villages vacances et auberges de jeunesse), la fréquentation des hébergements collectifs de tourisme durant la  2026 est en hausse de 1,8 % par rapport à la saison hivernale précédente (sources). Après une très bonne saison estivale 2025, la fréquentation est restée forte en fin d’année 2025. Le début d’année 2026 est un peu moins dynamique mais reste favorable, portant la fréquentation sur l’ensemble de la période hivernale à 1,6 million de nuitées de plus que celle de la saison hivernale 2025 (figure 1).

Figure 1 – Nuitées de la saison d'hiver dans les hôtels et les autres hébergements collectifs de tourisme

Figure 1 – Nuitées de la saison d'hiver dans les hôtels et les autres hébergements collectifs de tourisme - Lecture : Durant la saison hivernale 2026, les hôtels totalisent 58,9 millions de nuitées.
Hébergements collectifs de tourisme Hiver 2025 Hiver 2026
Nuitées
(en millions)
Non-résidents
(en %)
Nuitées
(en millions)
Non-résidents
(en %)
Hôtels 57,1 34,7 58,9 35,1
Autres hébergements collectifs de tourisme, dont : 28,9 22,7 28,6 25,5
Résidences de tourisme 22,5 23,4 22,5 26,0
Ensemble 86,0 30,7 87,6 32,0
  • Note : Les données 2026 sont provisoires.
  • Lecture : Durant la saison hivernale 2026, les hôtels totalisent 58,9 millions de nuitées.
  • Champ : France, hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme hors campings, de décembre à mars.
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme.

Les hôtels français enregistrent 58,9 millions de nuitées pendant la saison hivernale et portent à eux seuls la hausse de la fréquentation touristique sur la saison (+3,1 % par rapport à la saison précédente, soit 1,8 million de nuitées supplémentaires). La fréquentation des autres hébergements collectifs de tourisme est elle en légère baisse avec 28,6 millions de nuitées, soit 300 000 nuitées de moins que l’hiver précédent (-0,9 %).

La clientèle continue de soutenir la fréquentation des hébergements touristiques en 2026. Le nombre de nuitées des non-résidents augmente ainsi de 1,6 million (+6,1 %), dont 900 000 dans les hôtels. Il avait déjà augmenté de 600 000 nuitées entre 2024 et 2025. Si la fréquentation des est dynamique dans les hôtels avec également 900 000 nuitées de plus qu’en 2025 (+2,5 %), ils sont moins nombreux dans les AHCT avec un million de nuitées de moins sur la période (-4,5 %), dont 600 000 de moins pour les seules résidences de tourisme.

Malgré la vitalité toujours prononcée du tourisme de loisirs, la fréquentation hivernale des hébergements collectifs est encore pénalisée par le déclin continu du tourisme d’affaires qui a baissé d’un tiers en nombre de nuitées entre 2019 et 2025. Le nombre de nuitées de loisir augmente ainsi de 2,8 millions pendant la saison 2026 (+4,6 %), tandis que le tourisme d’affaires perd 1,2 million de nuitées en un an (figure 2).

Figure 2 – Nuitées de la saison d'hiver dans les hôtels et les autres hébergements collectifs de tourisme, selon le motif du séjour

en millions
Figure 2 – Nuitées de la saison d'hiver dans les hôtels et les autres hébergements collectifs de tourisme, selon le motif du séjour (en millions) - Lecture : Durant la saison hivernale 2026, les hôtels et les autres hébergements collectifs de tourisme totalisent 24,2 millions de nuitées pour motif d'affaires.
Motif du séjour Hiver 2025 Hiver 2026
Nuitées loisirs 60,6 63,4
Nuitées d’affaires 25,4 24,2
Ensemble 86,0 87,6
  • Note : Les données 2026 sont provisoires.
  • Lecture : Durant la saison hivernale 2026, les hôtels et les autres hébergements collectifs de tourisme totalisent 24,2 millions de nuitées pour motif d'affaires.
  • Champ : France, hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme hors campings, de décembre à mars.
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme.

Toujours plus de clients européens dans les hôtels

La clientèle résidente est revenue dans les hôtels français et sa fréquentation augmente de +2,5 % sur un an (figure 3). Avec 900 000 nuitées de plus qu’en 2025 (+4,3 % sur un an), la fréquentation en provenance de l’étranger est encore plus dynamique. La clientèle non résidente représente ainsi plus d’une nuitée sur trois dans les hôtels français pendant la saison hivernale 2026.

La clientèle européenne reste majoritaire parmi les non-résidents. Après une saison 2025 en retrait, la clientèle britannique revient dans les hôtels français en 2026 et reste la plus nombreuse avec 3,1 millions de nuitées (+8,2 %). À l’exception de la clientèle espagnole et néerlandaise, la fréquentation depuis les pays voisins augmente en 2026.

Figure 3 – Nuitées hôtelières de la saison d'hiver, par pays de provenance

en millions
Figure 3 – Nuitées hôtelières de la saison d'hiver, par pays de provenance (en millions) - Lecture : Durant la saison hivernale 2026, la clientèle allemande représente 1,5 million de nuitées dans les hôtels.
Pays de provenance Hiver 2025 Hiver 2026
Résidents 37,3 38,2
Non-résidents, dont provenant de : 19,8 20,7
États-Unis 2,6 2,6
Royaume-Uni 2,9 3,1
Allemagne 1,4 1,5
Italie 1,3 1,4
Espagne 1,3 1,3
Belgique 1,2 1,2
Suisse 0,8 1,0
Pays-bas 0,9 0,8
Ensemble 57,1 58,9
  • Note : Les données 2026 sont provisoires.
  • Lecture : Durant la saison hivernale 2026, la clientèle allemande représente 1,5 million de nuitées dans les hôtels.
  • Champ : France, hôtels, de décembre à mars.
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme.

La clientèle des États-Unis, deuxième pays de provenance avec 2,6 millions de nuitées en 2026, est toujours plus nombreuse (2,0 % de plus qu’en 2025). La fréquentation de la clientèle asiatique progresse pour la troisième saison consécutive, grâce notamment à la clientèle chinoise. La fréquentation japonaise et chinoise reste cependant très inférieure à son niveau d’avant la crise sanitaire (1,3 % des nuitées contre 2,3 % avant crise).

Les établissements haut de gamme restent le principal moteur du dynamisme de la fréquentation hôtelière en 2026. Le nombre de nuitées est en hausse de 6,9 % par rapport à l’hiver 2025 dans les hôtels classés 4 ou 5 étoiles, et de 5,5 % dans les hôtels 3 étoiles, alors qu’il stagne dans les hôtels 1 et 2 étoiles (-0,4 %) et diminue de 17,0 % dans l’hôtellerie non classée. Les hôtels classés 4 ou 5 étoiles représentent désormais plus d’une nuitée sur trois pendant la saison hivernale (contre 27 % en 2019).

Une fréquentation atone dans les massifs de montagne

Les hébergements collectifs de tourisme dans les ne profitent pas du dynamisme de la fréquentation en 2026 et restent sensiblement au même niveau qu’en 2025, saison également décevante quant à la fréquentation (figure 4). Les AHCT, qui représentent près de 60 % des nuitées hivernales en montagne, perdent un peu plus de 200 000 nuitées en un an, perte tout juste compensée par la hausse de la fréquentation hôtelière. La clientèle non résidente continue de soutenir la fréquentation touristique en montagne (10,7 % de nuitées supplémentaires) et compense la baisse de la fréquentation résidente qui perd 700 000 nuitées en un an, soit -2,9 %.

Figure 4 – Nuitées de la saison d'hiver selon les espaces touristiques

Figure 4 – Nuitées de la saison d'hiver selon les espaces touristiques - Lecture : Durant la saison hivernale 2026, les hébergements du massif des Alpes totalisent 18,4 millions de nuitées.
Espaces touristiques Hiver 2025 Hiver 2026
Nuitées
(en millions)
Non-résidents
(en %)
Nuitées
(en millions)
Non-résidents
(en %)
Massifs de montagne, dont : 24,9 28,9 24,9 32,0
Alpes 18,4 34,2 18,4 37,4
Massif central 1,9 8,6 1,9 9,1
Pyrénées 1,6 16,9 1,6 20,3
Jura 0,6 15,5 0,6 21,4
Vosges 0,7 26,3 0,8 27,3
Corse 0,2 10,9 0,2 11,9
Littoral hors montagne 9,9 18,5 10,1 19,7
Hors littoral et montagne 51,3 33,8 52,6 34,3
Ensemble 86,0 30,7 87,6 32,0
  • Note : Les données 2026 sont provisoires.
  • Lecture : Durant la saison hivernale 2026, les hébergements du massif des Alpes totalisent 18,4 millions de nuitées.
  • Champ : France, hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme hors campings, de décembre à mars.
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme.

Avec 18,4 millions de nuitées en 2026, les Alpes représentent près des trois quarts de la fréquentation des massifs de montagne. La fréquentation y est atone, comme dans la plupart des massifs. Seules les Vosges tirent leur épingle du jeu avec une fréquentation en hausse en 2026 (+5,3 %).

Le hors montagne, moins prisé pendant la saison hivernale, profite un peu plus du dynamisme de la saison 2026 et voit sa fréquentation augmenter légèrement (+2,0 % par rapport à la saison 2025).

Paris est le principal moteur du tourisme urbain

La fréquentation urbaine de la saison 2026 est contrastée. Avec une hausse de 8,3 % de leur fréquentation, ce sont les communes qui profitent le plus du dynamisme hivernal (+1,6 million de nuitées par rapport à l’hiver précédent). La clientèle non résidente reste dynamique dans l’urbain intermédiaire et les communes , mais ne soutient pas la fréquentation dans l’urbain dense. Néanmoins, la fréquentation de Paris s’accroît de près de 400 000 nuitées de plus qu’en 2025. La capitale concentre le tiers de la fréquentation dans l’ avec 14,0 millions de nuitées pendant l’hiver 2026.

L’attractivité touristique des grandes villes est pénalisée par une fréquentation en baisse dans les AHCT, qui perdent 600 000 nuitées dans l’urbain dense. Les hôtels restent le mode d’hébergement privilégié en milieu urbain, avec près de quatre nuitées sur cinq en hébergements collectifs dans l’urbain dense.

Le chiffre d’affaires augmente entre les hivers 2025 et 2026

Le chiffre d’affaires du secteur de l’hébergement durant l’hiver 2026 augmente par rapport à l’hiver 2025, de plus de 5 % en valeur (figure 5). Cette hausse s’explique principalement par un effet volume : l’indice des prix à la consommation correspondant augmente de 2 % sur la période.

Le chiffre d’affaires de la restauration, autre secteur économique clef pour mesurer l’activité touristique, augmente très fortement (+10 %), bien au-delà de l’évolution des prix (+1 %). Le chiffre d’affaires du secteur des remontées mécaniques augmente également fortement, alors que l’évolution des prix y demeure inférieure à 2 %. Cette forte augmentation est à rapprocher de l’enneigement très important de tous les massifs, bien meilleur qu’en 2025.

Figure 5 – Évolution des chiffres d’affaires et des prix à la consommation entre les hivers 2025 et 2026

en %
Figure 5 – Évolution des chiffres d’affaires et des prix à la consommation entre les hivers 2025 et 2026 (en %) - Lecture : Entre l’hiver 2025 et l’hiver 2026, le chiffre d’affaires du secteur de la restauration a augmenté de 9,8 % ; dans le même temps, les prix ont augmenté de 1,4 %.
Indice Hébergement Restauration Remontées mécaniques
Indice de chiffre d’affaires 5,5 9,8 7,7
Indice des prix à la consommation 1,8 1,4 1,9
  • Notes : Pour cette figure, l’hiver 2026 couvre les mois de décembre 2025 à février 2026, il en va de même pour l’hiver 2025. Les données 2026 sont provisoires.
  • Lecture : Entre l’hiver 2025 et l’hiver 2026, le chiffre d’affaires du secteur de la restauration a augmenté de 9,8 % ; dans le même temps, les prix ont augmenté de 1,4 %.
  • Champ : France, secteurs de l’hébergement, de la restauration et des remontées mécaniques.
  • Source : Insee, indice de chiffre d’affaires (ICA) et indice des prix à la consommation (IPC).

Figure 5 – Évolution des chiffres d’affaires et des prix à la consommation entre les hivers 2025 et 2026

  • Notes : Pour cette figure, l’hiver 2026 couvre les mois de décembre 2025 à février 2026, il en va de même pour l’hiver 2025. Les données 2026 sont provisoires.
  • Lecture : Entre l’hiver 2025 et l’hiver 2026, le chiffre d’affaires du secteur de la restauration a augmenté de 9,8 % ; dans le même temps, les prix ont augmenté de 1,4 %.
  • Champ : France, secteurs de l’hébergement, de la restauration et des remontées mécaniques.
  • Source : Insee, indice de chiffre d’affaires (ICA) et indice des prix à la consommation (IPC).
Publication rédigée par :Gilles Valaison (Insee)

Sources

L’enquête de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme est réalisée tous les mois par l’Insee.

L’enquête de fréquentation dans l’hôtellerie est effectuée auprès d’un échantillon d’hôtels de France métropolitaine et des DROM. Le champ de l’enquête couvre l’ensemble des hôtels à vocation touristique ayant 5 chambres ou plus, qu’ils soient classés ou non.

L’enquête de fréquentation dans les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT) est réalisée auprès d’un échantillon d’hébergements en France métropolitaine. Ce type d’hébergement comprend les résidences de tourisme et villages vacances classés Atout-France, les résidences hôtelières de chaîne (type appart’hôtels), les maisons familiales (agrément), les Auberges de jeunesse, centres sportifs et centres internationaux de séjour (agrément).

Les résultats de la saison hivernale ne concernent pas les campings.

L’indice de chiffre d’affaires du secteur de l’hébergement correspond à celui du poste 55 de la nomenclature d’activités française (NAF rev. 2, niveau division). Pour la restauration, il s’agit du poste 56 et pour les remontées mécaniques, du poste 49.39C (NAF rev. 2, niveau sous-classe).

L’indice des prix à la consommation correspond pour le secteur de l’hébergement à celui du code 11.2 de la nomenclature COICOP des fonctions de consommation des ménages, pour la restauration, du code 11.1.1 et pour les remontées mécaniques, du code 09.4.1.2.

Définitions

Le nombre de nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits consécutives dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

La saison hivernale correspond à la période de quatre mois comprise entre décembre et mars. La saison hivernale 2026 (décembre 2025-mars 2026) est comparée ici à la saison 2025 (décembre 2024-mars 2025).

Les non-résidents sont les personnes qui, quelle que soit leur nationalité, ont leur domicile principal à l’étranger.

Un touriste est une personne qui se rend dans un lieu distinct de son environnement habituel pour une période inférieure à douze mois consécutifs, à des fins de loisirs ou pour affaires, et pour un motif principal autre que celui d’exercer une activité rémunérée dans le lieu visité. Ne sont inclus dans le champ de l’enquête que les touristes passant au moins une nuit dans un établissement d’hébergement collectif.

Les résidents sont les personnes qui, quelle que soit leur nationalité, ont leur domicile principal en France.

Les massifs de montagne regroupent les communes de France Métropolitaine classées au titre de la « loi montagne » par l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires. Ces massifs englobent, non seulement les zones de montagne, mais aussi les zones qui leur sont immédiatement contiguës : piémonts, voire plaines si ces dernières assurent la continuité du massif. Cet élargissement prend en compte les interactions et les échanges entre les territoires d'altitude et les plaines.

Le littoral regroupe les communes classées en « loi littoral » par la Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature. Sont ici retenues comme communes « littorales » les communes riveraines de la mer seule, riveraines de la mer et d’un lac ou riveraines de la mer et d’un estuaire, non classées en massif de montagne.

La typologie urbain-rural s’appuie sur celle de la grille de densité communale. Dans son premier niveau à trois catégories, la grille de densité permet ainsi de distinguer trois types de communes : les communes urbaines denses, les communes urbaines de densité intermédiaire et les communes rurales.