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Insee Flash Bretagne · Mars 2026 · n° 122
Insee Flash BretagneUn Breton sur trois est né dans une autre région française ou à l’étranger

Jean-Marc Lardoux, Yves Le Roho (Insee)

En 2022, un tiers des 3,42 millions de Bretons sont nés hors de la région.
Ces non-natifs de la Bretagne sont originaires essentiellement d’Île-de-France, des régions limitrophes – Pays de la Loire et Normandie – et de l’étranger.

Plus souvent en âge de travailler, les non-natifs sont aussi un peu plus souvent en emploi que les natifs de la région. Les Bretons nés à l’étranger occupent plus fréquemment des emplois moins qualifiés et vivent plus souvent dans un logement social. À l’inverse, ceux nés dans une autre région française assurent plus fréquemment des fonctions de cadres, en lien avec un niveau de diplôme plus élevé que celui des natifs résidant toujours dans la région. Ce phénomène s’observe aussi pour les natifs bretons résidant désormais en dehors de la région : la moitié d’entre eux sont très diplômés et plus d’un tiers y exercent des fonctions de cadres.

Enfin, comme dans les autres régions françaises, la part d’habitants n’étant pas nés dans la région est en augmentation continue : en 1968, seul un Breton sur dix était né hors de la région.

Insee Flash Bretagne
No 122
Paru le :Paru le31/03/2026
Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Jean-Marc Lardoux, Yves Le Roho (Insee)

Un tiers de Bretons non-natifs de la région en 2022

En 2022, sur les 3,42 millions d’habitants que compte la Bretagne, 1,12 million sont nés dans une autre région française ou à l’étranger (figure 1). Ainsi, près d’un Breton sur trois (32,7 %) est non-natif de la région. Cette part de non-natifs se situe entre celles observées dans les deux régions voisines, plus proche toutefois de celle des Pays de la Loire (33,5 %) que de celle de Normandie (27,1 %). En Île-de-France et dans les régions méridionales (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse et Occitanie), plus de quatre habitants sur dix sont non-natifs de leur région de résidence, alors que c’est le cas de moins d’un habitant sur cinq dans les Hauts-de-France.

Figure 1Répartition des Bretons en 2022 selon leur lieu de naissance

Répartition des Bretons en 2022 selon leur lieu de naissance - Lecture : En 2022, 5,6 % des personnes résidant en Bretagne sont nées à l’étranger.
Lieu de naissance Nombre Part (en %)
Bretagne 2 301 700 67,3
Autres régions françaises, dont : 928 400 27,1
Île-de-France 296 700 8,7
Pays de la Loire 151 900 4,4
Normandie 104 700 3,1
Étranger, dont : 192 500 5,6
Afrique 84 600 2,5
Autres pays de l’Union européenne 41 800 1,2
Asie 30 600 0,9
Autres pays d’Europe 22 900 0,7
Ensemble 3 422 600 100,0
  • Lecture : En 2022, 5,6 % des personnes résidant en Bretagne sont nées à l’étranger.
  • Source : Insee, recensement de la population 2022.

À l’échelle des départements, 35,9 % des Morbihannais et 35,3 % des Bretilliens ne sont pas nés en Bretagne. Cette proportion est moindre dans les deux départements non limitrophes d’une autre région : 30,9 % dans les Côtes-d’Armor et 28,3 % dans le Finistère.

De même, 47,1 % des habitants du Morbihan sont nés en dehors du département, une proportion un peu plus élevée qu’en Ille-et-Vilaine (45,2 %) et dans les Côtes-d’Armor (44,2 %). Situé à la pointe ouest de la région, le Finistère comprend une part d’habitants qui ne sont pas nés dans ce département nettement plus faible (36,1 %). Sur ce critère, il se place au 13e rang des départements métropolitains, celui du Nord arrivant en tête avec moins d’un quart (24,5 %) de ses habitants nés en dehors du territoire départemental.

Des Bretons non-natifs principalement originaires d’Île-de-France, des régions limitrophes et de l’étranger

Parmi les 1,12 million de non-natifs de Bretagne y résidant en 2022, plus du quart (26,5 %) sont nés en Île-de-France. Les régions jouxtant la Bretagne sont ensuite les plus représentées : 13,6 % sont originaires des Pays de la Loire et 9,3 % de Normandie. Suivent les autres régions les plus peuplées de la moitié nord du pays : Hauts-de-France (avec 6,9 %) et Grand Est (5,1 %). Seuls 2,2 % des Bretons non-natifs sont originaires des cinq départements d’outre-mer.

Les 192 500 personnes nées dans un pays étranger représentent 17,2 % des non-natifs de la région. Leur proportion dans l’ensemble de la population bretonne (5,6 %) est la plus faible des régions métropolitaines. Près d’un quart (23,3 %) des Bretons nés à l’étranger sont français de naissance, un autre quart de ces natifs de l’étranger ont acquis la nationalité française et un peu plus de la moitié sont d’une autre nationalité.

L’Afrique est le continent d’origine de 44,0 % des Bretons nés à l’étranger et près de la moitié d’entre eux sont nés en Algérie, au Maroc ou en Tunisie. Ensuite, un tiers (33,6 %) des Bretons nés à l’étranger sont originaires d’un autre pays d’Europe, 21,7 % au sein de l’Union européenne (UE) et 11,9 % en dehors. Plus en détail, 13 000 Bretons sont nés au Royaume-Uni, 8 200 au Portugal, 7 000 en Allemagne et 6 800 en Roumanie. Enfin, 15,9 % des Bretons originaires de l’étranger sont nés en Asie (dont 6 200 en Turquie et 3 900 au Vietnam) et 6,5 % en Amérique ou en Océanie.

En France, la répartition des résidents nés à l’étranger est un peu différente, avec une plus forte proportion d’habitants d’origine africaine (50,5 %) et une plus faible part de personnes nées dans un pays européen hors UE (7,2 %).

Des non-natifs de la région plus souvent en âge de travailler et en emploi

En 2022, 45,5 % des Bretons nés en Bretagne sont âgés de 18 à 59 ans. Cette part est de 57,5 % pour les Bretons nés dans une autre région française et atteint 62,5 % pour ceux nés à l’étranger.

Sur l’ensemble des 2,90 millions de Bretons âgés de 15 ans ou plus, 48,9 % sont des actifs ayant un emploi, 5,1 % sont à la recherche d’un emploi, 31,7 % sont des retraités ou préretraités et 14,3 % sont des autres personnes inactives. Cette répartition selon l’activité varie en fonction de la région de naissance. Les Bretons nés en Bretagne occupent un peu moins souvent un emploi (48,1 %), sont moins fréquemment au (4,0 %), mais plus souvent retraités ou préretraités (33,4 %), tandis que les Bretons non-natifs sont plus fréquemment des actifs en emploi (50,4 %) ou au chômage (6,9 %), mais beaucoup moins souvent retraités ou préretraités (28,6 %). Plus précisément, ceux nés dans une autre région française sont plus fréquemment des actifs ayant un emploi (51,1 %), alors que ceux nés à l’étranger sont moins souvent en activité (47,1 %) et plus fréquemment au chômage (10,4 %) ou inactifs (20,0 %).

La répartition par catégorie socioprofessionnelle des actifs en emploi diffère également fortement suivant l’origine des Bretons (figure 2). Les Bretons originaires d’une autre région française occupent plus fréquemment des postes de cadres (23,4 % contre 13,4 % pour ceux nés en Bretagne), en lien avec un niveau de diplôme plus élevé. Ils sont en effet plus du tiers (36,3 %) à être titulaire d’un diplôme de niveau 6 ou plus, comparé à 24,3 % pour ceux nés dans la région. Les grandes villes comme Rennes ou Brest attirent ces cadres pour occuper des fonctions métropolitaines (conception-recherche, prestations intellectuelles, commerce inter-entreprises, gestion et culture-loisirs). Cette présence proportionnellement plus élevée de cadres et de diplômés nés dans une région autre que celle où ils résident s’observe également pour les natifs de Bretagne habitant en dehors de leur région d’origine (encadré). Les Bretons nés dans la région occupent plus fréquemment des professions intermédiaires ou des postes d’employés ou d’ouvriers. En outre, 2,9 % sont agriculteurs, représentant près de 90 % des personnes exerçant cette profession dans la région. Les Bretons natifs de l’étranger sont pour leur part proportionnellement plus nombreux parmi les ouvriers.

Figure 2Répartition par catégorie socioprofessionnelle des Bretons en emploi en 2022 selon leur lieu de naissance

(en %)
Répartition par catégorie socioprofessionnelle des Bretons en emploi en 2022 selon leur lieu de naissance ((en %))
Lieu de naissance Artisan, commerçant, chef d’entreprise Cadre Profession intermédiaire Employé Ouvrier Agriculteur
Nés en Bretagne 6,8 13,4 26,7 26,6 23,6 2,9
Nés dans une autre région française 7,0 23,4 27,7 23,9 17,2 0,8
Nés à l’étranger 9,0 17,4 17,8 21,8 33,3 0,7
Ensemble 7,0 16,7 26,5 25,5 22,2 2,1
  • Source : Insee, recensement de la population 2022.

Figure 2Répartition par catégorie socioprofessionnelle des Bretons en emploi en 2022 selon leur lieu de naissance

  • Source : Insee, recensement de la population 2022.

Les natifs de l’étranger plus présents dans le logement social

Les écarts observés selon la région de naissance concernant l’âge, l’activité ou le niveau de diplôme se retrouvent également dans les conditions de logement.

En Bretagne, 70,8 % des résidents sont propriétaires de leur logement. Cette part atteint 75,5 % pour les natifs de la région. Elle est nettement moins élevée pour les Bretons nés dans une autre région française (64,1 %) et encore moindre chez les Bretons natifs de l’étranger (45,8 %).

Inversement, la part de locataires de logements du secteur libre et du secteur social est, de fait, plus élevée parmi les personnes nées hors Bretagne. Mais une distinction majeure s’observe dans l’occupation des logements sociaux. En effet, 26,7 % des Bretons natifs de l’étranger sont locataires d’un logement social, alors que c’est le cas de 8,7 % des Bretons natifs de la région et de 8,2 % des personnes nées dans une autre région française.

De plus en plus de Bretons nés hors de la région

En 1968, près de neuf résidents bretons sur dix (89,7 %) étaient nés dans la région (figure 3). Depuis, cette part n’a cessé de se réduire, passant à 82,4 % en 1990, 75,0 % en 2006, 70,7 % en 2016 et 67,3 % en 2022. En parallèle, la part des Bretons nés dans une autre région française a continûment augmenté, passant de 8,7 % en 1968 à 27,1 % en 2022. Il en est de même pour les Bretons nés à l’étranger : de 1,6 % en 1968, leur part est passée à 5,6 % en 2022. Cette augmentation continue de la part des non-natifs du territoire parmi les résidents s’observe dans toutes les régions françaises.

Figure 3Évolution de 1968 à 2022 de la population bretonne selon le territoire de naissance

(en %)
Évolution de 1968 à 2022 de la population bretonne selon le territoire de naissance ((en %))
Année Lieu de naissance
En Bretagne Dans une autre région française À l’étranger
1968 89,7 8,7 1,6
1975 87,1 11,1 1,8
1982 84,4 13,5 2,1
1990 82,3 15,3 2,4
1999 78,5 18,7 2,8
2006 75,0 21,4 3,6
2011 72,4 23,4 4,2
2016 70,7 24,6 4,7
2022 67,3 27,1 5,6
  • Source : Insee, recensements de la population 1968 à 2022.

Figure 3Évolution de 1968 à 2022 de la population bretonne selon le territoire de naissance

  • Source : Insee, recensements de la population 1968 à 2022.

Encadré - Un tiers des actifs nés en Bretagne et résidant en dehors de la région sont des cadres

Parmi les 358 700 actifs en emploi nés en Bretagne et habitant dans une autre région française, plus de la moitié résident en Île-de-France (26,4 %) ou dans les Pays de la Loire (25,1 %). Ils occupent des emplois de cadres (35,0 %) mais aussi de profession intermédiaire (30,2 %), d’employé (19,5 %) ou, pour 15,3 % d’entre eux, d’ouvrier, artisan commerçant, chef d’entreprise ou agriculteur. Ainsi, plus du tiers de ces Bretons de naissance résidant en dehors de la région occupent un emploi de cadre, alors que cette part est de 13,4 % pour les natifs habitant toujours en Bretagne. Les natifs habitant hors de la région sont en effet plus diplômés : ils sont pour la moitié d’entre eux (49,8 %) titulaires d’un diplôme de niveau 6 ou plus, contre un quart (24,3 %) de ceux qui habitent encore en Bretagne. En particulier, parmi les personnes nées en Bretagne et habitant en Île-de-France, 50,7 % sont cadres et 63,9 % ont un diplôme de niveau 6 ou plus.

Publication rédigée par :Jean-Marc Lardoux, Yves Le Roho (Insee)
Publication rédigée par :Jean-Marc Lardoux, Yves Le Roho (Insee)

Sources

Cette étude est réalisée à partir des données des recensements de la population de 1968 à 2022. Ces données permettent d’effectuer des analyses selon le lieu de naissance des personnes et s’interprètent avec les précautions suivantes :

  • pour les personnes qui sont nées en dehors de la région Bretagne, la date d’installation dans la région est inconnue ;
  • une personne née en Bretagne et y résidant en 2022 a pu quitter la région au cours de sa vie avant d’y revenir ;
  • le lieu de naissance n’est pas nécessairement la commune de résidence des parents.

Le taux de chômage au sens du recensement de la population correspond à la part de personnes qui se déclarent au chômage parmi la population active lors du recensement. Il n’est pas comparable au taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) issu de l’enquête Emploi.

Pour en savoir plus

(1) Lardoux J.‑M., Mevel A., « En 2025, une population bretonne toujours en croissance malgré la poursuite de la baisse des naissances et de la hausse des décès », Insee Flash Bretagne no 121, février 2026.

(2) Bertin S., Jolivet S., « En Bretagne, les travailleurs immigrés sont de plus en plus présents dans l’agroalimentaire », Insee Analyses Bretagne no 135, septembre 2025.