Insee Flash Bretagne ·
Janvier 2026 · n° 120
La Bretagne, 9e région française créatrice de richesse
En 2023, 6,2 % de la richesse créée en France métropolitaine hors Île-de-France est produite en Bretagne, une part équivalente à son poids démographique. Depuis 2000, le produit intérieur brut de la région a augmenté de plus d’un tiers, une croissance légèrement plus soutenue qu’au niveau national. La Bretagne se distingue des autres régions françaises par une production de richesse proportionnellement plus élevée dans l’agriculture et la fabrication de denrées alimentaires. Cependant, ces activités traditionnelles sont peu génératrices de valeur ajoutée et pèsent de moins en moins dans l’économie régionale.
Une croissance de plus d’un tiers du PIB breton en un quart de siècle
La richesse créée par tous les agents privés et publics sur un territoire une année donnée est mesurée par le produit intérieur brut (PIB). Celui-ci représente le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes. La variation du PIB d’une année sur l’autre permet de mesurer le taux de croissance économique du territoire concerné.
En 2023, le PIB de la Bretagne s’établit à 119 milliards d’euros, plaçant la région au 9e rang national. La Bretagne se positionne ainsi entre ses deux régions limitrophes, derrière les Pays de la Loire (144 milliards d’euros) et juste devant la Normandie (116 milliards d’euros). Au 1er rang des régions françaises figure l’Île-de-France, avec 860 milliards d’euros.
La Bretagne produit 6,2 % de la richesse de la France métropolitaine hors Île-de-France, une part quasi équivalente à son poids démographique. Le PIB par habitant en Bretagne atteint 34 600 euros, un niveau proche de la moyenne de l’ensemble des régions de province (35 600 euros), mais nettement inférieur à celui des habitants d’Île-de-France (69 300 euros).
Entre 2000 et 2023, le PIB breton a progressé de 34,5 % en volume, soit une croissance annuelle moyenne de 1,3 %, un rythme légèrement supérieur à celui de la France métropolitaine (+1,2 %) et de l’ensemble des régions de province (+1,1 %). La part de la Bretagne dans la production de richesse de l’ensemble des régions de province est ainsi en légère hausse, passant de 6,0 % en 2000 à 6,2 % en 2023 (figure 1).
tableauFigure 1 – Évolution et poids du PIB en volume en Bretagne et en France métropolitaine hors Île-de-France entre 2000 et 2023
| Année | PIB - Bretagne | PIB - France métropolitaine hors Île-de-France | Part Bretagne / France métropolitaine hors Île-de-France (en %) |
|---|---|---|---|
| 2000 | 100,00 | 100,00 | 5,97 |
| 2001 | 101,95 | 101,99 | 5,97 |
| 2002 | 102,81 | 102,79 | 5,97 |
| 2003 | 104,64 | 103,99 | 6,01 |
| 2004 | 110,27 | 107,35 | 6,13 |
| 2005 | 113,07 | 109,06 | 6,19 |
| 2006 | 116,15 | 112,19 | 6,18 |
| 2007 | 117,68 | 114,35 | 6,14 |
| 2008 | 115,45 | 114,27 | 6,03 |
| 2009 | 111,80 | 111,08 | 6,01 |
| 2010 | 111,89 | 111,95 | 5,97 |
| 2011 | 115,98 | 115,39 | 6,00 |
| 2012 | 116,21 | 115,06 | 6,03 |
| 2013 | 117,41 | 115,50 | 6,07 |
| 2014 | 119,53 | 116,64 | 6,12 |
| 2015 | 121,18 | 117,67 | 6,15 |
| 2016 | 122,96 | 118,29 | 6,20 |
| 2017 | 126,52 | 120,75 | 6,25 |
| 2018 | 127,29 | 122,45 | 6,20 |
| 2019 | 130,26 | 124,40 | 6,25 |
| 2020 | 123,87 | 116,57 | 6,34 |
| 2021 | 132,41 | 125,23 | 6,31 |
| 2022 | 132,64 | 127,84 | 6,19 |
| 2023 | 134,46 | 128,52 | 6,24 |
- Note : Données mises à jour en juillet 2025.
- Lecture : En 2023, le PIB de la Bretagne dépasse de 34,5 % son niveau de 2000, contre 28,5 % en France métropolitaine hors Île-de-France. La Bretagne contribue à hauteur de 6,2 % au PIB de France métropolitaine hors Île-de-France en 2023.
- Sources : Insee, Comptes régionaux, base 2020.
graphiqueFigure 1 – Évolution et poids du PIB en volume en Bretagne et en France métropolitaine hors Île-de-France entre 2000 et 2023

- Note : Données mises à jour en juillet 2025.
- Lecture : En 2023, le PIB de la Bretagne dépasse de 34,5 % son niveau de 2000, contre 28,5 % en France métropolitaine hors Île-de-France. La Bretagne contribue à hauteur de 6,2 % au PIB de France métropolitaine hors Île-de-France en 2023.
- Sources : Insee, Comptes régionaux, base 2020.
Sur près d’un quart de siècle, la croissance du PIB a été relativement continue dans la région. Cependant, la Bretagne, tout comme l’ensemble du pays, a dû faire face à trois crises majeures. L’éclatement de la bulle internet en 2002 a freiné la croissance du PIB breton qui n’a véritablement repris son essor qu’en 2004. Ensuite, la crise financière de 2008 a entraîné un recul plus marqué du PIB en Bretagne (-3,2 % en 2009) que dans l’ensemble des régions métropolitaines hors Île-de-France (-2,8 %). Enfin, la Bretagne a été une des régions économiquement les moins touchées par la crise sanitaire de 2020, ce qui s’est traduit par un repli du PIB régional (-4,9 %) nettement moins prononcé que le recul moyen dans l’ensemble des régions de province (-6,3 %). S’en est suivi logiquement une reprise plus modérée dans la région (+6,9 % en 2021 et +0,2 % en 2022) qu’en France métropolitaine hors Île-de-France (+7,4 % en 2021 et +2,1 % en 2022).
Entre 2022 et 2023, la croissance du PIB breton (+1,4 %) est nettement supérieure à la moyenne de celle des régions de province (+0,5 %).
La Bretagne plus présente dans les branches à plus faible valeur ajoutée
Le PIB peut être mesuré par trois méthodes différentes selon l’approche privilégiée. Selon l’optique de la production, il correspond à la somme des valeurs ajoutées (VA) de toutes les activités de production de biens et de services, à laquelle s’ajoutent les impôts et se déduisent les subventions sur les produits. La valeur ajoutée traduit le supplément de valeur apporté par l’unité de production par son activité aux biens et aux services en provenance des tiers.
En 2022, dernier millésime disponible, la VA générée en Bretagne s’élève à 100 milliards d’euros. Elle représente 6,2 % de la VA générée en France métropolitaine hors Île-de-France (1 607 milliards d’euros).
Les services marchands et non marchands sont le moteur principal de la richesse régionale, représentant trois quarts de la production (74,4 % en 2022) (figure 2). À eux seuls, les services marchands génèrent près de la moitié de la VA (49,8 %), un poids légèrement inférieur à celui observé pour l’ensemble des régions de province (51,8 %).
tableauFigure 2 – Répartition de la valeur ajoutée par branche et par secteur d’activité en Bretagne et en France métropolitaine hors Île-de-France en 2022
| Territoire | Agriculture | Industrie | Construction | Services marchands | Services non marchands | |||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Agriculture, sylviculture et pêche | Industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution | Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac | Fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques ; fabrication de machines | Fabrication de matériels de transport | Fabrication d’autres produits industriels (dont cokéfaction et raffinage) | Construction | Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles | Transports et entreposage | Hébergement et restauration | Information et communication | Activités financières et d'assurance | Activités immobilières | Activités spécialisées, scientifiques et techniques et activités de services administratifs et de soutien | Autres activités de services | Administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale | |
| Bretagne | 4,13 | 1,66 | 5,12 | 1,58 | 0,82 | 5,58 | 6,75 | 10,47 | 3,57 | 1,96 | 4,23 | 2,62 | 12,92 | 11,07 | 3,00 | 24,52 |
| France métropolitaine hors Île-de-France | 2,79 | 2,05 | 2,43 | 1,64 | 1,54 | 7,55 | 6,08 | 10,09 | 5,76 | 1,75 | 3,34 | 2,56 | 13,96 | 11,66 | 2,70 | 24,10 |
- Lecture : En 2022, la branche « fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac » contribue à hauteur de 5,1 % à la valeur ajoutée totale de la Bretagne contre 2,4 % en France métropolitaine hors Île-de-France.
- Source : Insee, Comptes régionaux, base 2020.
graphiqueFigure 2 – Répartition de la valeur ajoutée par branche et par secteur d’activité en Bretagne et en France métropolitaine hors Île-de-France en 2022

- Lecture : En 2022, la branche « fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac » contribue à hauteur de 5,1 % à la valeur ajoutée totale de la Bretagne contre 2,4 % en France métropolitaine hors Île-de-France.
- Source : Insee, Comptes régionaux, base 2020.
En Bretagne, plusieurs branches des services marchands se distinguent par une contribution à la VA supérieure à celle observée dans l’ensemble des régions de province. La branche de l’information et de la communication, très présente dans les pôles urbains, occupe une place plus importante dans l’économie régionale : elle représente 4,2 % de la VA, contre 3,3 % pour la France métropolitaine hors Île-de-France. Le commerce et la réparation d’automobiles et de motocycles (10,5 % de la VA régionale contre 10,1 % dans l’ensemble des régions de province), les autres activités de services (3,0 % contre 2,7 %) et l’hébergement-restauration (2,0 % contre 1,8 %) affichent également des poids légèrement supérieurs dans la région.
Inversement, la branche des transports et entreposage est beaucoup moins présente en Bretagne (3,6 % contre 5,8 %). Les activités immobilières et celles spécialisées, scientifiques et techniques, de services administratifs et de soutien pèsent également moins dans l’ensemble de la VA de la région. Les activités financières et d’assurance contribuent autant à la VA en Bretagne que dans l’ensemble des régions de province (2,6 %).
Les services non marchands regroupant l’administration publique, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale sont légèrement surreprésentés dans la région en comparaison avec l’ensemble France métropolitaine hors Île-de-France (24,5 % contre 24,1 %).
Les activités industrielles sont un peu moins présentes en Bretagne (14,8 % comparé à 15,2 % dans l’ensemble des régions de province), mais surtout elles se démarquent dans leur composition. Les poids respectifs des industries extractives, de la fabrication d’équipements électriques, électroniques et informatiques, de la fabrication de matériels de transport et d’autres produits industriels sont tous plus faibles dans l’économie bretonne. En revanche, la fabrication de denrées alimentaires est plus de deux fois plus présente dans la région qu’au niveau de l’ensemble de la France métropolitaine hors Île-de-France (5,1 % contre 2,4 %). La VA générée par la fabrication de denrées alimentaires en Bretagne est d’ailleurs la plus forte des régions métropolitaines. À elle seule, la Bretagne produit 11,9 % de la VA de cette branche.
Les activités agricoles sont, elles aussi, nettement plus représentées dans la région (4,1 % contre 2,8 % en France métropolitaine hors Île-de-France).
Autre secteur traditionnel de l’économie bretonne, la construction pèse légèrement plus dans la constitution de la VA en Bretagne que dans l’ensemble des régions de province (6,8 % contre 6,1 %).
Les branches d’activité plus présentes en Bretagne se caractérisent, pour la plupart, par le fait de générer peu de valeur ajoutée. C’est en particulier le cas de l’agriculture, de la fabrication de denrées alimentaires et de la construction. Cette plus grande présence des secteurs à faible VA dans la région contribue à expliquer une productivité apparente du travail (ratio entre le PIB et l’emploi) inférieure en Bretagne au niveau observé en France métropolitaine hors Île-de-France. En 2022, le PIB par emploi atteint ainsi 74 600 euros en Bretagne, contre 80 500 euros pour l’ensemble des régions de province.
L’agriculture et les activités industrielles pèsent de moins en moins dans la richesse produite en Bretagne
Entre 2000 et 2022, la VA bretonne augmente en moyenne de 2,8 % par an. Cette progression de la VA est la plus élevée dans les secteurs de la construction (+3,4 %), des services marchands (+3,1 %) et non marchands (+2,9 %). À l’inverse, le rythme annuel de progression observé dans l’agriculture et l’industrie (+2,1 %) est inférieur à celui de l’ensemble de l’économie bretonne. Mécaniquement, la contribution de ces deux secteurs dans la VA régionale diminue entre 2000 et 2022, de 2,5 points pour l’industrie et de 0,7 point pour l’agriculture.
Sources
Les données de cette étude proviennent des comptes régionaux publiés en base 2020.
Définitions
La croissance « en volume » du PIB est l’évolution de cette grandeur une fois retiré l’effet de l’évolution des prix. Les PIB régionaux en volume sont estimés à partir du PIB national en volume à l’aide de la structure des valeurs ajoutées régionales en volume.
Une branche (ou branche d’activité) regroupe des unités de production homogènes, c’est-à-dire qui fabriquent des produits (ou produisent des services) qui appartiennent au même item de la nomenclature d’activité économique considérée. Au contraire, un secteur regroupe des unités statistiques (entreprises, unités légales) classées selon leur activité principale.
Pour en savoir plus
(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.
(2) Insee, « Produits intérieurs bruts régionaux et valeurs ajoutées régionales de 2000 à 2023 », Chiffres détaillés.
(3) Lardoux J.‑M., Marcault C., « 3ᵉ trimestre 2025 : l’activité économique régionale est en hausse, mais l’emploi reste atone », Insee Conjoncture Bretagne no 57, janvier 2026.
(4) Gerardin M., Héricher C., « Ventiler le PIB national au niveau des régions, “façon puzzle” », article du blog de l’Insee, octobre 2022.