Insee Flash Pays de la Loire ·
Janvier 2026 · n° 159
Le fioul, un mode de chauffage en diminution, mais encore répandu en milieu rural
En 2022, dans les Pays de la Loire, 8 % des résidences principales sont chauffées au fioul. Cette part est en nette diminution depuis 2006, sous l’effet du renouvellement du parc de logements, de la transition énergétique et de la hausse du prix des combustibles. Toutefois, des disparités existent entre les cinq départements ligériens. Les logements chauffés au fioul, plus souvent de grande taille ou anciens, restent davantage présents dans les territoires ruraux. Les ménages qui utilisent principalement ce mode de chauffage sont plus fréquemment propriétaires ou âgés de 75 ans ou plus. En particulier, un retraité sur huit possède encore une chaudière au fioul. Parmi les actifs, les agriculteurs sont les plus nombreux à recourir à ce type de chauffage.
Cette publication fait partie de l'opération coordonnée « Les résidences principales chauffées au fioul » qui donne lieu à une publication nationale et des publications régionales.
- Chauffage au fioul : un impact élevé sur les émissions de gaz à effet de serre
- Le chauffage au fioul, plus répandu dans les territoires ruraux
- Davantage de chauffage au fioul dans les logements contruits avant 1970
- Les propriétaires se chauffent plus souvent au fioul
- Un retraité sur huit se chauffe au fioul
- Encadré – Moins de fioul et plus d'électricité depuis 1975
Chauffage au fioul : un impact élevé sur les émissions de gaz à effet de serre
Les émissions du secteur résidentiel, deuxième émetteur de gaz à effet de serre (GES), sont principalement liées aux modes de chauffage des logements. Le chauffage contribue ainsi à 62 % des émissions des GES du secteur résidentiel [Air Pays de la Loire, 2025 ; pour en savoir plus (2)]. Plus spécifiquement, l'usage de produits pétroliers, dont le fioul, engendre l'émission de 29 % des GES du secteur résidentiel. Pour atteindre les objectifs de baisse des émissions de GES et la neutralité carbone, la loi climat et résilience, adoptée en 2021, interdit l'installation de nouvelles chaudières au fioul depuis le 1er juillet 2022.
Dans les Pays de la Loire, 141 150 ménages chauffent leur domicile principalement au fioul, soit 8,0 % des ménages ligériens en 2022. Cette part est proche de celle de France métropolitaine (8,5 %) et de 5 points inférieure à celle de Bourgogne-Franche-Comté, région où l'usage du fioul est le plus répandu [Prenel, 2023 ; pour en savoir plus (5)].
Depuis 2006, la part du chauffage au fioul diminue pour tous les types de logements de la région, comme en France métropolitaine (encadré). En effet, 18,3 % des résidences principales ligériennes étaient chauffées au fioul en 2006 (contre 17,9 % en France métropolitaine).
Le chauffage au fioul, plus répandu dans les territoires ruraux
Dans les territoires ruraux, en 2022, 13,7 % des résidences principales utilisent le fioul comme mode de chauffage principal, nettement moins qu’en France métropolitaine (16,6 %). Ainsi, 110 200 logements sont concernés. À l'opposé, dans les territoires urbains de la région, 3,2 % des résidences principales sont chauffées au fioul, soit 2 points de moins qu'en France métropolitaine.
Au sein de la région, la Mayenne et la Vendée sont les départements les plus ruraux : respectivement 64 % et 65 % des habitants de ces départements vivent dans des communes rurales. Le chauffage au fioul y est le plus répandu, avec 13,6 % et 12,0 % des logements concernés. À l'inverse, en Loire-Atlantique, seuls 31 % des habitants vivent dans des communes rurales et 4,2 % des résidences principales sont équipées en chaudière au fioul. Les départements du Maine-et-Loire et de la Sarthe sont dans des situations intermédiaires. Avec respectivement 57 % et 56 % des habitants vivant dans des communes rurales, la part des résidences qui utilisent le fioul pour se chauffer est respectivement de 9,4 % et 8,1 %.
Les territoires où le recours au fioul est le plus marqué se situent au nord de la région, notamment dans les communautés de communes (CC) du Bocage Mayennais ou du Mont des Avaloirs, ainsi qu’à l’est de la Vendée, comme les CC du Pays de Pouzauges ou du Pays de la Châtaigneraie (figure 1). Dans ces intercommunalités principalement rurales, un quart des logements sont chauffés au fioul, soit trois fois plus que la moyenne régionale.
En revanche, dans les intercommunalités urbaines telles que Nantes Métropole, Le Mans Métropole, Angers Loire Métropole ou encore la CARENE (Communauté d’agglomération de la Région Nazairienne et de l’Estuaire), cette part est inférieure à 3 %. Par ailleurs, les territoires urbains littoraux ont également un recours plus limité au fioul, avec moins de 5 % des logements concernés.
tableauFigure 1 – Part des résidences principales chauffées au fioul par intercommunalité en 2022
| Code | Libellé | Part des résidences principales chauffées au fioul |
|---|---|---|
| 200000438 | Communauté de communes du Pays de Pontchâteau Saint-Gildas-des-Bois | 7,1 |
| 200023778 | Communauté d'agglomération du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie | 7,1 |
| 200033298 | Communauté de communes des Coëvrons | 15,2 |
| 200040475 | LBN Communauté | 12,8 |
| 200042182 | Communauté de communes du Mont des Avaloirs | 24,5 |
| 200048551 | Communauté de communes du Pays de Craon | 16,4 |
| 200055887 | Communauté de communes Mayenne Communauté | 15,4 |
| 200060010 | Communauté d'agglomération Mauges Communauté | 19,3 |
| 200067346 | Communauté d'agglomération Pornic Agglo Pays de Retz | 6,3 |
| 200067635 | Communauté d'agglomération Clisson Sèvre et Maine Agglo | 10,9 |
| 200067866 | Communauté de communes Sèvre et Loire | 9,7 |
| 200068955 | Communauté de communes Anjou Loir et Sarthe | 8,9 |
| 200068963 | Communauté de communes Maine Cœur de Sarthe | 9,8 |
| 200070233 | Communauté d'agglomération Terres de Montaigu | 13,6 |
| 200070373 | Communauté de communes Loir-Lucé-Bercé | 11,8 |
| 200071165 | Communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération | 3,6 |
| 200071546 | Communauté de communes Sud Retz Atlantique | 11,3 |
| 200071553 | Communauté de communes Loire Layon Aubance | 15,1 |
| 200071629 | Communauté de communes Challans-Gois Communauté | 10,9 |
| 200071678 | Communauté d'agglomération Cholet Agglomération | 9,0 |
| 200071868 | Communauté de communes des Vallées du Haut-Anjou | 14,0 |
| 200071876 | Communauté d'agglomération Saumur Val de Loire | 13,3 |
| 200071900 | Communauté de communes Vendée Grand Littoral | 10,2 |
| 200071918 | Communauté de communes du Pays de Saint-Fulgent - Les Essarts | 17,4 |
| 200071934 | Communauté de communes Pays de Fontenay-Vendée | 14,5 |
| 200072676 | Communauté de communes Maine Saosnois | 17,9 |
| 200072684 | Communauté de communes Le Gesnois Bilurien | 10,7 |
| 200072692 | Communauté de communes des Vallées de la Braye et de l'Anille | 13,4 |
| 200072700 | Communauté de communes Haute Sarthe Alpes Mancelles | 20,0 |
| 200072718 | Communauté de communes de la Champagne Conlinoise et du Pays de Sillé | 15,3 |
| 200072726 | Communauté de communes Châteaubriant-Derval | 11,1 |
| 200072734 | Communauté de communes Estuaire et Sillon | 6,3 |
| 200072882 | Communauté de communes de Vie et Boulogne | 12,3 |
| 200073112 | Communauté de communes Sud Sarthe | 10,0 |
| 200073260 | Communauté de communes Sud Vendée Littoral | 13,8 |
| 200083392 | Communauté d'agglomération Laval Agglomération | 7,5 |
| 243500741 | Communauté d'agglomération Redon Agglomération | 11,6 |
| 244400404 | Nantes Métropole | 1,5 |
| 244400438 | Communauté de communes Grand Lieu Communauté | 5,7 |
| 244400453 | Communauté de communes Pays de Blain Communauté | 10,3 |
| 244400503 | Communauté de communes d'Erdre et Gesvres | 6,2 |
| 244400537 | Communauté de communes de Nozay | 7,9 |
| 244400552 | Communauté de communes du Pays d'Ancenis | 10,9 |
| 244400586 | Communauté de communes du Sud Estuaire | 4,8 |
| 244400610 | Communauté d'agglomération de la Presqu'île de Guérande Atlantique (Cap Atlantique) | 3,6 |
| 244400644 | Communauté d'agglomération de la Région Nazairienne et de l'Estuaire (CARENE) | 2,8 |
| 244900015 | Communauté urbaine Angers Loire Métropole | 3,0 |
| 244900809 | Communauté de communes Anjou Bleu Communauté | 14,3 |
| 244900882 | Communauté de communes Baugeois Vallée | 10,7 |
| 245300223 | Communauté de communes du Pays de Meslay-Grez | 15,8 |
| 245300355 | Communauté de communes de l'Ernée | 21,0 |
| 245300389 | Communauté de communes du Bocage Mayennais | 25,9 |
| 245300447 | Communauté de communes du Pays de Château-Gontier | 8,8 |
| 246100663 | Communauté urbaine d'Alençon | 15,7 |
| 247200090 | Communauté de communes du Pays Sabolien | 6,3 |
| 247200132 | Communauté urbaine Le Mans Métropole | 2,8 |
| 247200348 | Communauté de communes du Pays Fléchois | 7,3 |
| 247200421 | Communauté de communes du Sud Est Manceau | 11,1 |
| 247200447 | Communauté de communes Orée de Bercé - Belinois | 10,5 |
| 247200629 | Communauté de communes du Val de Sarthe | 7,6 |
| 247200686 | Communauté de communes du Pays de l'Huisne Sarthoise | 11,0 |
| 248500191 | Communauté de communes de l'Île de Noirmoutier | 11,4 |
| 248500258 | Communauté de communes Océan Marais de Monts | 11,8 |
| 248500340 | Communauté de communes Pays de Chantonnay | 19,6 |
| 248500415 | Communauté de communes du Pays de la Châtaigneraie | 25,6 |
| 248500464 | Communauté de communes du Pays de Pouzauges | 28,4 |
| 248500530 | Communauté de communes du Pays des Achards | 11,5 |
| 248500563 | Communauté de communes Vendée, Sèvre, Autise | 20,0 |
| 248500589 | Communauté d'agglomération La Roche-sur-Yon Agglomération | 7,1 |
| 248500621 | Communauté de communes du Pays des Herbiers | 15,6 |
| 248500662 | Communauté de communes du Pays de Mortagne | 15,7 |
- Note : Les informations ne sont pas représentées pour l’Île-d’Yeu, qui n’appartient à aucune intercommunalité.
- Source : Insee, Recensement de la population (RP) 2022.
graphiqueFigure 1 – Part des résidences principales chauffées au fioul par intercommunalité en 2022

- Note : Les informations ne sont pas représentées pour l’Île-d’Yeu, qui n’appartient à aucune intercommunalité.
- Source : Insee, Recensement de la population (RP) 2022.
Davantage de chauffage au fioul dans les logements contruits avant 1970
Dans les Pays de la Loire comme en France métropolitaine, les résidences les plus anciennes sont davantage équipées de chaudières au fioul : 13,1 % des logements ligériens construits avant 1970, contre 1,5 % de ceux construits en 2006 ou après (figure 2).
Les logements chauffés au fioul sont en large majorité des maisons. Ces dernières constituent 95,0 % des résidences principales chauffées au fioul, soit 134 200 logements, la même tendance qu'au niveau national. De fait, plus les résidences sont grandes, plus elles sont chauffées au fioul : 10,7 % des logements de plus de 80 m2, et même 11,8 % des logements de plus de 120 m2.
tableauFigure 2 – Résidences principales utilisant principalement le mode de chauffage au fioul selon l’ancienneté du logement
| Année d’achèvement du logement | Pays de la Loire | France métropolitaine |
|---|---|---|
| Avant 1919 | 16,6 | 14,1 |
| De 1919 à 1945 | 12,2 | 10,7 |
| De 1946 à 1970 | 11,0 | 11,5 |
| De 1971 à 1990 | 9,1 | 9,0 |
| De 1991 à 2005 | 5,4 | 5,9 |
| 2006 et après | 0,6 | 1,0 |
- Source : Insee, Recensement de la population (RP) 2022.
graphiqueFigure 2 – Résidences principales utilisant principalement le mode de chauffage au fioul selon l’ancienneté du logement

- Source : Insee, Recensement de la population (RP) 2022.
Les propriétaires se chauffent plus souvent au fioul
Dans les Pays de la Loire, les propriétaires utilisent plus souvent le fioul pour se chauffer que les locataires (respectivement 10,6 % contre 3,3 %). Les locataires du parc privé se chauffent également davantage au fioul que ceux du parc social : 4,7 % des logements de ce type, contre 1,2 %. En effet, une partie du parc locatif dans le logement social a été réhabilitée, notamment dans le cadre des actions contre la précarité énergétique [Delhomme, Trivière, 2025 ; pour en savoir plus (3)].
Entre 2006 et 2022, l’utilisation du fioul pour se chauffer baisse le plus fortement pour les locataires d’un logement du parc social (-71 %). Cette baisse est plus faible pour les locataires d'un logement du parc privé (-52 %) et pour les propriétaires (-45 %).
Par ailleurs, le mode de chauffage au fioul augmente avec la durée d'occupation du logement. Ainsi, 15,6 % des résidences principales occupées depuis plus de 20 ans sont chauffées au fioul, contre 4,2 % de celles occupées depuis moins de 10 ans.
Un retraité sur huit se chauffe au fioul
Dans la région, 11,8 % des retraités habitent un logement chauffé au fioul. En effet, l’usage du fioul augmente avec l’âge des occupants : 15,5 % des ménages composés d’au moins une personne de plus de 75 ans l’utilisent, contre 6,7 % pour les autres. Pour les personnes les plus âgées, l’usage du fioul comme mode de chauffage principal diminue depuis 2006, mais plus lentement : -7,7 points entre 2006 et 2022, contre -10,9 points pour les autres ménages.
Parmi les actifs, le chauffage au fioul est plus répandu chez les agriculteurs : 20,8 % d’entre eux vivent dans des résidences chauffées au fioul, contre 4,8 % des cadres. Dans presque toutes les professions, les Ligériens utilisent moins souvent le fioul pour se chauffer que les habitants de France métropolitaine. Seuls les ouvriers se chauffent autant au fioul qu'en France métropolitaine (6,9 %).
Encadré – Moins de fioul et plus d'électricité depuis 1975
En 1975, les deux tiers des ménages se chauffent au fioul dans les Pays de la Loire (65 %), tout comme en France (63 %). Entre 1975 et 2022, son usage baisse fortement, aussi bien en France métropolitaine que dans la région. Cette baisse est particulièrement marquée sur la période 1975-1990, pendant laquelle la part du fioul chute alors à 27 % dans la région (28 % en France). En effet, les chocs pétroliers de 1973 et 1979, ainsi que les réglementations thermiques qui ont suivi, ont incité les particuliers à changer leur mode de chauffage pour privilégier d’autres types d'énergies, notamment l’électricité (figure 3). Pour les résidences occupées depuis moins de 10 ans, l'électricité est le mode de chauffage le plus répandu (45,5 %, contre 29,5 % pour les résidences occupées depuis plus de 20 ans).
tableauFigure 3 – Part du type d'énergie utilisée pour le chauffage des logements dans les Pays de la Loire
| Année RP | Fioul | Gaz | Électricité |
|---|---|---|---|
| 1975 | 65,4 | 30,2 | 2,9 |
| 1982 | 45,8 | 37,4 | 15,5 |
| 1990 | 27,4 | 39,4 | 30,2 |
| 1999 | 22,2 | 42,6 | 33,1 |
| 2006 | 19,5 | 41,3 | 36,3 |
| 2011 | 14,8 | 41,7 | 40,8 |
| 2016 | 12,1 | 42,3 | 42,5 |
| 2022 | 8,7 | 43,4 | 44,4 |
- Note : Les logements pris en compte sont ceux qui disposent d'un chauffage central. Il n'est possible de comptabiliser les résidences principales selon le principal type d'énergie qu'elles utilisent que depuis le recensement de la population 1982.
- Source : Insee, RP de 1975 à 2022.
graphiqueFigure 3 – Part du type d'énergie utilisée pour le chauffage des logements dans les Pays de la Loire

- Note : Les logements pris en compte sont ceux qui disposent d'un chauffage central. Il n'est possible de comptabiliser les résidences principales selon le principal type d'énergie qu'elles utilisent que depuis le recensement de la population 1982.
- Source : Insee, RP de 1975 à 2022.
Pour en savoir plus
(1) Fidani G., Méreau B., Mora V., « 2,6 millions de résidences principales encore chauffées au fioul en 2022 », Insee Première no 2088, janvier 2026.
(2) Air Pays de la Loire, « Ouvrir dans un nouvel ongletBASEMIS, inventaire 2008 à 2022 : conso. et prod. d'énergie renouvelable, émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques en Pays de la Loire », mars 2025.
(3) Delhomme I., Trivière S., « Logement : un ménage ligérien sur six confronté à la vulnérabilité énergétique », Insee Analyses Pays de la Loire no 139, janvier 2025.
(4) Delhomme I., Le Bihan E., « Des émissions de gaz à effet de serre liées aux spécificités sectorielles des territoires », Insee Analyses Pays de la Loire no 131, août 2024.
(5) Prenel C., « Le chauffage au fioul, encore très répandu en zone rurale », Insee Flash Bourgogne-France-Comté no 163, janvier 2023.
