Géographie ou Revenus : les effets distributifs de la taxation carbone
Cette publication a été complétée le 26 mars 2026. Elle intègre maintenant des résultats utilisant une classification alternative sur le lieu de résidence, dans laquelle les communes rurales et urbaines sont distinguées à partir de la grille de densité de l’Insee. Ces résultats sont présentés en annexe.
Les effets distributifs de la taxation carbone sont cruciaux pour son acceptabilité politique et dépendent à la fois des inégalités de revenus et de facteurs géographiques. En utilisant des données d’enquêtes et administratives françaises, nous montrons que les ménages ruraux consacrent une part de leur consommation 2,8 fois plus élevée aux combustibles fossiles que les ménages urbains, et travaillent dans des entreprises qui émettent 2,7 fois plus de gaz à effet de serre. Nous intégrons ces éléments dans un modèle spatial à agents hétérogènes avec choix endogènes de migration et d’accumulation de richesse. Après une augmentation des taxes carbone, nous estimons que les ménages ruraux subissent des pertes de bien-être 20 % plus élevées que les ménages urbains. Ces pertes sont amplifiées à court terme par une baisse des salaires, mais partiellement compensées à long terme par la migration et la baisse des prix de l'immobilier. Par rapport à des transferts uniformes, cibler à la fois le revenu et la localisation géographique augmente les gains de bien-être médians d’un tiers de plus que ceux obtenus par le seul ciblage du revenu. Nous concluons que les mécanismes de taxation du carbone doivent tenir compte des disparités spatiales afin d’améliorer leur acceptabilité politique.
