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Juin 2022 · n° 138Le littoral des Hauts-de-France : un territoire porté par l’économie maritime Territoires des Hauts-de-France
Au 1er janvier 2018, le littoral des Hauts de France abrite 1 069 800 habitants, soit un habitant sur six de la région. Entre 2013 et 2018, la population baisse légèrement, en moyenne de –0,13 % par an, contre +0,05 % en moyenne régionale. L’excédent des naissances sur les décès ne compense plus le déficit migratoire persistant. La façade littorale favorise la diversité de l’économie via l’exploitation des ressources maritimes et le tourisme. De plus, l’industrie y résiste mieux que dans le reste de la région, notamment dans l’agroalimentaire et la métallurgie.
Cette étude fait partie d'une série de publications sur les territoires des Hauts-de-France.
- Une économie diversifiée grâce à la mer et ses ressources ainsi que le tourisme
- La population décroît et vieillit plus vite
- Le caractère résidentiel se renforce
- Les activités liées à la mer, vecteurs de diversification de l’économie
- Une forte orientation industrielle qui résiste
- Un niveau de vie proche de la moyenne régionale
- Encadré - Un emploi touristique régional sur trois
Une économie diversifiée grâce à la mer et ses ressources ainsi que le tourisme
Le littoral des Hauts-de-France, territoire compris entre la Bresle à l’interface de la Somme et de la Seine-Maritime d’une part et la Flandre maritime dans le Nord à la frontière belge d’autre part, compte 1 069 800 habitants (18 % de la population régionale) répartis au sein de 751 communes organisées en vingt intercommunalités (figure 1). Cet espace correspond à l’un des cinq espaces à enjeux définis dans le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) (Pour en savoir plus).
tableauFigure 1 – Population en 2018 par EPCI et évolution entre 2013 et 2018
Code | Libellé | Population municipale 2018 | Évolution annuelle moyenne de la population 2013 - 2018 (en %) |
---|---|---|---|
200040947 | CC de Flandre Intérieure | 102 759 | 0,3 |
200040954 | CC des Hauts de Flandre | 53 578 | 0,2 |
246200844 | CC de la Région d'Audruicq | 27 817 | 0,6 |
200069029 | CA des Deux Baies en Montreuillois | 65 940 | -0,3 |
246200380 | CC de la Terre des Deux Caps | 22 249 | 0,2 |
246201016 | CC du Pays de Lumbres | 24 153 | 0,2 |
200070936 | CC Ponthieu-Marquenterre | 32 952 | -0,2 |
247600588 | CC des Villes Sœurs | 36 512 | -0,9 |
200018083 | CC de Desvres-Samer | 23 301 | 0,7 |
200072478 | CC Pays d'Opale | 25 267 | 0,2 |
200070944 | CC du Vimeu | 22 536 | -0,5 |
200069722 | CC Interrégionale Aumale - Blangy-sur-Bresle | 21 417 | -0,6 |
200069037 | CA du Pays de Saint-Omer | 105 142 | 0,1 |
245900428 | CU de Dunkerque | 194 655 | -0,4 |
200070993 | CA de la Baie de Somme | 48 930 | -0,5 |
200069672 | CC du Ternois | 37 989 | -0,2 |
200044030 | CC des 7 Vallées | 29 602 | 0 |
200069235 | CC du Haut Pays du Montreuillois | 15 757 | -0,1 |
246200729 | CA du Boulonnais | 112 092 | -0,7 |
200090751 | CA Grand Calais Terres et Mers | 103 893 | 0,1 |
- Source : Insee, recensements de la population de 2013 et 2018.
graphiqueFigure 1 – Population en 2018 par EPCI et évolution entre 2013 et 2018
Bordé par 210 km de côtes aux paysages variés, ce territoire forme, avec la Normandie, la façade maritime Manche Est - Mer du Nord. En dehors des principales Communautés d’Agglomérations (CA) concentrées au nord du territoire (de Dunkerque, Boulogne-sur-mer, Saint-Omer et Calais), cet espace est peu dense. Ainsi, 41 % des habitants vivent dans une commune peu ou très peu dense, contre seulement 23 % à l’échelle régionale et 33 % à l’échelle nationale.
La population décroît et vieillit plus vite
Entre 2013 et 2018, le territoire a perdu 6 700 habitants (–0,13 % en moyenne par an contre +0,05 % en moyenne régionale) (figure 2). L’excès des naissances sur les décès (solde naturel), longtemps moteur de la croissance démographique, s’est réduit de moitié en 10 ans (+0,16 % par an entre 2013 et 2018 contre +0,31 % entre 2008 et 2013). Désormais, il ne compense plus le déficit migratoire persistant (près de –0,3 % par an depuis les années 1990), qui concerne principalement les jeunes générations.
tableauFigure 2 – Principaux indicateurs démographiques et économiques
Grand Littoral | Hauts-de-France | France métropolitaine | |
---|---|---|---|
Population au 1ᵉʳ janvier 2018 | 1 069 768 | 6 004 108 | 64 844 037 |
Taux de croissance annuel moyen entre 2013 et 2018 (%) | -0,13 | 0,05 | 0,36 |
Part des moins de 20 ans (%) | 25,0 | 26,0 | 24,0 |
Part des 65 ans ou plus (%) | 19,7 | 17,8 | 20,0 |
Nombre d’actifs occupés au lieu de résidence | 397 900 | 2 277 520 | 26 461 370 |
Nombre d’emplois au lieu de travail | 373 960 | 2 121 300 | 26 008 940 |
Taux d’activité des 15-64 ans (%) | 71,0 | 71,4 | 74,3 |
Part d’actifs ayant un emploi dans la population des 15 à 64 ans (%) | 59,6 | 59,7 | 64,7 |
Taux de chômage au sens du recensement de la population (%) | 16,1 | 16,4 | 13,0 |
Taux de pauvreté (%) | 17,2 | 18,0 | 14,6 |
Niveau de vie médian (euros) | 19 760 | 20 110 | 21 730 |
Part des diplômés de l’enseignement supérieur (%) | 21,6 | 25,1 | 30,9 |
- Sources : Insee, recensement de la population de 2013 et 2018 - Fichier localisé social et fiscal (FiLoSoFi) en géographie au 01/01/2019.
Conséquence de la réduction du solde naturel et du déficit migratoire des jeunes générations, la population vieillit plus rapidement qu’en moyenne régionale. En 2018, un habitant du littoral sur cinq a plus de 65 ans, contre un sur six à l’échelle régionale. À l’inverse, les moins de 25 ans, pèsent 30 % de la population contre 32 % en Hauts-de-France.
Le caractère résidentiel se renforce
En 2018, le littoral offre 373 960 emplois, soit 18 % du total régional, une part équivalente au poids démographique du territoire. Toutefois, en dix ans, 12 200 emplois ont disparu sur le territoire, soit un recul de 3 %, plus significatif qu’en moyenne régionale (– 1,8 %).
Dans le même temps, le chômage a progressé de 2 points sur la période, passant de 14 % à 16 % des actifs (rejoignant le niveau régional), touchant principalement les femmes (17 %) et les jeunes de 15 à 24 ans (35 %).
Enfin, les navettes domicile-travail s’intensifient, passant de 11 % d’actifs travaillant en dehors du territoire à 13 % sur la même période. À l’inverse, les entrées progressent peu (de 7 % à 7,5 %). Ces évolutions traduisent le mouvement progressif de résidentialisation du territoire.
Les activités liées à la mer, vecteurs de diversification de l’économie
À la faveur de sa géographie, le littoral des Hauts-de-France profite d’une économie diversifiée, notamment tournée vers la mer. Les activités des différents ports sont très complémentaires, ce qui constitue un atout pour la région, dans un contexte de forte concurrence internationale, exercée notamment par les grands ports d’Europe du Nord. Dunkerque est le premier port industriel et le premier site pour le fret ferroviaire national, Boulogne-sur-Mer se distingue par ses activités liées à la pêche et à la transformation des produits aquatiques tandis que Calais est orienté vers le transport maritime et la gestion des infrastructures. Ainsi, les trois principaux réservoirs d’emplois du territoire se concentrent dans les intercommunalités correspondantes avec 82 600 salariés pour Dunkerque, 44 300 pour Boulogne-sur-Mer et 41 600 pour Calais. Le tourisme contribue également à la diversification de l’économie du territoire (encadré).
Une forte orientation industrielle qui résiste
En 2018, le littoral compte près de 67 000 emplois industriels, soit 17 % des emplois du territoire, contre 14 % dans la région et 12 % en France métropolitaine. Dans les communautés de communes (CC) d’Aumale-Blangy-sur-Bresle et du Vimeu, un poste sur deux demeure industriel.
Ainsi, un peu plus d’un emploi industriel sur cinq des Hauts-de-France est situé dans le territoire en 2018. En particulier, la métallurgie (3,9 % contre 1,9 % en moyenne régionale) et l’industrie agroalimentaire (3,7 % des emplois contre 2,4 %) y sont surreprésentées. Le secteur de la fabrication de produits métalliques regroupe 13 500 salariés dont près de 4 000 pour Arcelor Mittal à Grande-Synthe. L’agroalimentaire totalise 14 000 emplois, avec pour principal employeur Herta (1 000 salariés) à Saint-Pol-sur-Ternoise. Cette forte orientation industrielle contribue à la présence de 102 500 ouvriers dans le territoire. Ils occupent ainsi 28 % des emplois contre 24 % et 20 % dans la région et en France métropolitaine.
Un niveau de vie proche de la moyenne régionale
En 2018, le niveau de vie annuel médian s’élève à 19 760 € sur le littoral, soit 340 € de moins qu’à l’échelle régionale. Dans ce territoire, les revenus issus des pensions, retraites et rentes sont surreprésentés (31 % contre 28 % dans la région) contrairement aux salaires (60 % contre 64 %). Au sein de cet espace, le revenu médian varie de 18 730 € dans la CA du Grand Calais Terres et Mers à 22 000 € dans la CC de Flandre intérieure.
Dans l’ensemble, la pauvreté y est légèrement inférieure à la moyenne régionale (respectivement 17 % et 18 %). Cependant, comme dans la région, elle affecte plus significativement les jeunes, 28 % des ménages dont le référent fiscal a moins de 30 ans étant en situation de pauvreté (29 % au niveau régional).
Encadré - Un emploi touristique régional sur trois
Près d’un emploi touristique sur trois de la région des Hauts-de-France est localisé dans les territoires littoraux. Ainsi, ces emplois y sont nettement mieux représentés (3,8 % sur le total des emplois) qu’en moyenne régionale (2,4 %), mais un peu moins qu’au niveau national (4,0 %). Avec 485 000 lits répartis dans 65 100 résidences secondaires, 231 hôtels et 334 campings, le territoire dispose d’une capacité d’accueil touristique importante. Il se distingue aussi par le poids très élevé des campings dans la capacité touristique : 27 % contre 14 % à l’échelle nationale.
Définitions
Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.
Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes entrées sur un territoire donné et le nombre de personnes qui en sont sorties, au cours de la période considérée.
Le taux de chômage au sens du recensement de la population est la proportion du nombre de chômeurs au sens du recensement dans la population active au sens du recensement.
Au recensement, les personnes actives ayant un emploi peuvent être comptées à leur lieu de résidence ou à leur lieu de travail. Au lieu de résidence, on parle de population active ayant un emploi. Au lieu de travail, on parle d’emploi au lieu de travail ou plus brièvement d’emploi.
Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation.
Le taux de pauvreté correspond à la proportion d’individus dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian de la population française.
Pour en savoir plus
Sur le site insee.fr : Rubriques Dossier complet, Comparateur de territoire, Ouvrir dans un nouvel ongletStatistiques locales
Sur le site Piver Hauts-de-France : Ouvrir dans un nouvel onglet11ᵉ rencontre territoriale « Le Littoral des Hauts-de-France », 1ᵉʳ mars 2022
Ouvrir dans un nouvel ongletLe littoral des Hauts-de-France : des enjeux de complémentarités et de solidarités territoriales, Repères Hauts-de-France, n°23, septembre 2020
31 000 emplois directs dans les infrastructures portuaires, Insee analyses Hauts-de-France, n°132, décembre 2021
Les Hauts-de-France désormais dépassés par la Nouvelle-Aquitaine, Insee analyses Hauts-de-France, n°133, décembre 2021