Insee
Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes · Mai 2022 · n° 145
Insee Analyses Auvergne-Rhône-AlpesTravailleurs frontaliers : six profils de « navetteurs » vers la Suisse

Ivan Debouzy, Anne Reffet-Rochas (Insee)

En France métropolitaine, en 2018, 424 400 personnes travaillent dans l’un des huit pays frontaliers. 125 100 de ces « navetteurs » résident en Auvergne-Rhône-Alpes et travaillent en Suisse, dont six sur dix dans la commune de Genève. Les quatre EPCI limitrophes du canton de Genève concentrent 62 % des frontaliers de la région. Dans ces territoires à proximité de la frontière helvétique, les problématiques de transport et de logement sont particulièrement importantes. Les travailleurs frontaliers de la région exerçant en Suisse présentent six profils distincts, caractérisés en particulier par la catégorie socioprofessionnelle, les lieux de résidence et de travail, le moyen de transport utilisé, le sexe et l’âge.

Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes
No 145
Paru le : Paru le 17/05/2022

En France, depuis quelques décennies, le travail frontalier prend de plus en plus d’ampleur. En Europe, la France est le pays qui compte le plus de travailleurs frontaliers (résidents travaillant dans un autre de ces pays). Pour les territoires frontaliers, ces déplacements domicile-travail présentent d’importants enjeux, en matière de transports et de logement notamment. En France métropolitaine, en 2018, 424 400 actifs traversent une frontière pour travailler dans l’un des huit pays limitrophes (soit 1,6 % des actifs occupés). Parmi eux, 30 % (soit 126 400 personnes) résident en Auvergne-Rhône-Alpes. Ils représentent 3,8 % des actifs occupés de la région. C’est ainsi le 2e plus gros contingent après celui du Grand Est (43 %, soit 182 900 personnes).

La ville de Genève concentre 60 % des navetteurs vers la Suisse

125 100 frontaliers (sources) résident en Auvergne-Rhône-Alpes et travaillent en Suisse. C’est le plus gros contingent régional de France vers ce pays (62 %), loin devant ceux du Grand Est et de Bourgogne–Franche-Comté (respectivement 19 % et 18 %). Le nombre de navettes domicile-travail entre la région et la Suisse augmente au rythme de 4,7 % par an en moyenne depuis 1999, soit respectivement 4 et 5 fois plus que le nombre de personnes en emploi en Suisse et en Auvergne-Rhône-Alpes. Cette croissance ralentit, mais reste supérieure à celle de l’ensemble des frontaliers de France métropolitaine vers les huit pays frontaliers. Ces flux ont été dynamisés par l’entrée en vigueur depuis 2002 des accords bilatéraux entre la Suisse et les pays de l’Union européenne (UE). Avec un marché du travail attractif et des salaires élevés, le canton de Genève, francophone, polarise 106 000 actifs résidant en Auvergne-Rhône-Alpes. Parmi eux, 75 200 travaillent dans la seule ville de Genève (60 % des frontaliers vers la Suisse). Seulement 15 700 frontaliers d’Auvergne-Rhône-Alpes (13 %) travaillent dans le canton de Vaud. Entre 2013 et 2018, le nombre de navetteurs augmente néanmoins plus fortement vers ce canton que vers celui de Genève (+ 7,2 % par an en moyenne contre + 3,2 %). Les autres cantons n’attirent que peu de frontaliers de la région (3 500 soit 2,8 %), en raison de la barrière des Alpes ou du Léman et de leur éloignement.

Les quatre établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) limitrophes du canton de Genève sont ceux dans lesquels résident le plus de frontaliers (figure 1). Ils en rassemblent plus de six sur dix. La Communauté d’agglomération (CA) du Pays de Gex arrive en tête (24 %), suivie par la CA Annemasse-les Voirons–Agglomération (16 %), la Communauté de communes (CC) du Genevois (12 %) et la CA Thonon Agglomération (11 %). Avec 8 % des frontaliers, la CA du Grand Annecy se situe en 5e position.

Figure 1Nombre de frontaliers travaillant en Suisse et part parmi les personnes en emploi, par EPCI en 2018

Nombre de frontaliers travaillant en Suisse et part parmi les personnes en emploi, par EPCI en 2018 - Lecture : en 2018 dans le Pays de Gex, 29 400 personnes occupent un emploi en Suisse, soit 62 % de la population active en emploi de cet EPCI.
Code libelle Actifs occupés Frontaliers Part de frontaliers (en %)
240100750 Le Pays de Gex 47 459 29 444 62,0
200011773 Annemasse-les Voirons-Agglomération 40 063 19 958 49,8
247400690 Le Genevois 23 172 14 491 62,5
200067551 Thonon Agglomération 39 812 13 652 34,3
200066793 Le Grand Annecy 93 991 9 974 10,6
200071967 Pays d'Évian Vallée d'Abondance 19 626 5 714 29,1
242504116 Le Val de Morteau 10 061 5 125 50,9
200069565 Les Lacs et Montagnes du Haut-Doubs 8 427 4 518 53,6
247400583 Arve et Salève 9 754 4 478 45,9
242500338 Le Grand Pontarlier 12 313 3 834 31,1
247400724 Le Pays Rochois 14 043 3 715 26,5
200023075 Le Pays de Maîche 8 637 3 380 39,1
247400112 Le Pays de Cruseilles 8 230 3 294 40,0
200070852 Usses et Rhône 9 947 3 020 30,4
247400666 Les Quatre Rivières 9 461 2 967 31,4
200065647 Pays de Montbéliard Agglomération 51 204 2 965 5,8
240100891 Le Pays Bellegardien (CCPB) 9 532 2 300 24,1
249000241 Le Sud Territoire 9 627 2 243 23,3
243900354 La Station des Rousses-Haut Jura 3 822 2 104 55,0
200000172 Faucigny-Glières 12 955 2 087 16,1
242504181 Les Portes du Haut-Doubs 12 414 1 601 12,9
200033116 Cluses-Arve et Montagnes 21 076 1 411 6,7
242504355 Le Plateau de Russey 3 377 1 398 41,4
243900479 Le Haut-Jura - ARCADE 3 935 1 287 32,7
247400567 Fier et Usses 7 698 1 176 15,3
200069052 Grand Belfort 40 518 1 126 2,8
247400047 La Vallée Verte 4 020 1 092 27,2
242500320 Montbenoît 3 894 1 043 26,8
200069623 Champagnole Nozeroy Jura 9 433 1 029 10,9
247400740 Rumilly Terre de Savoie 14 603 820 5,6
242504496 Le Plateau de Frasne et du Val de Drugeon (CFD) 2 906 808 27,8
200068674 Grand Lac 32 971 615 1,9
242500361 Grand Besançon Métropole 77 638 597 0,8
200046977 Métropole de Lyon 587 433 594 0,1
243900610 La Grandvallière 2 527 587 23,2
200034882 Pays du Mont-Blanc 21 659 543 2,5
200026573 Haut-Jura Saint-Claude 8 147 461 5,7
242504488 Altitude 800 2 887 460 15,9
200042935 Haut - Bugey Agglomération 25 604 437 1,7
200034098 Les Montagnes du Giffre 6 101 399 6,5
200040350 Bugey Sud 13 637 342 2,5
247400682 Le Haut-Chablais 6 891 339 4,9
247400617 Les Vallées de Thônes 9 456 280 3,0
200069110 Le Grand Chambéry 56 809 266 0,5
200068070 Loue-Lison 10 770 248 2,3
200040715 Grenoble-Alpes-Métropole 184 480 185 0,1
200023372 La Vallée de Chamonix-Mont-Blanc 6 675 167 2,5
242504371 Le Pays de Sancey-Belleherbe 2 312 157 6,8
247000722 Le Pays d'Héricourt 8 451 156 1,9
200090579 Terre d'Émeraude Communauté 10 507 150 1,4
200054807 Aix-Marseille-Provence 724 721 135 0,0
200071751 Le Bassin de Bourg-en-Bresse 55 150 125 0,2
200068294 Les Deux Vallées Vertes 6 448 90 1,4
200069060 Les Vosges du Sud 6 425 83 1,3
243400017 Montpellier Méditerranée Métropole 188 858 80 0,0
247400773 Les Sources du Lac d'Annecy 6 573 79 1,2
200018166 Le Grésivaudan 46 169 78 0,2
200071595 Arbois, Poligny, Salins, Cœur du Jura 8 832 77 0,9
200030195 Nice Côte d'Azur 212 554 74 0,0
244200770 Saint-Etienne Métropole 146 327 60 0,0
242100410 Dijon Métropole 102 952 59 0,1
247000664 Le Pays de Lure 7 700 57 0,7
240600585 Sophia Antipolis 72 736 57 0,1
200068997 Arlysère 26 180 53 0,2
200010650 Le Grand Dole 21 371 53 0,2
200068542 Les Balcons du Dauphiné 34 260 53 0,2
242504447 Le Doubs Baumois 6 873 52 0,8
200068567 Les Vals du Dauphiné 26 666 49 0,2
240100883 La Plaine de l'Ain 35 199 49 0,1
243100518 Toulouse Métropole 346 621 45 0,0
200029999 Rives de l'Ain - Pays du Cerdon 6 482 40 0,6
200068781 Valence Romans Agglo 88 215 40 0,0
200069615 Bresse Haute Seille 8 033 40 0,5
243800604 Porte de l'Isère (C.A.P.I) 45 168 34 0,1
200041887 Le Val Marnaysien 6 493 32 0,5
247000854 Les 1000 étangs 3 205 31 1,0
200070308 Mâconnais Beaujolais Agglomération 31 944 31 0,1
200041010 Cœur de Savoie 16 702 31 0,2
247000821 Rahin et Chérimont 4 744 30 0,6
248300543 Toulon-Provence-Méditerranée 162 033 29 0,0
247000011 Vesoul 12 483 28 0,2
243900420 Le Val d'Amour 3 650 27 0,7
200042414 Bresse Revermont 71 3 867 26 0,7
241300417 Arles-Crau-Camargue-Montagnette 28 763 25 0,1
247100589 Le Grand Chalon 45 623 24 0,1
247000706 Le Pays Riolais 5 965 24 0,4
200071116 ECLA (Espace Communautaire Lons Agglomération) 13 483 23 0,2
243800984 Le Pays Voironnais 40 115 23 0,1
200039857 Le Pays de Grasse 41 985 23 0,1
200071579 Bresse Louhannaise Intercom' 10 860 23 0,2
200077014 Vienne Condrieu 38 378 23 0,1
200040574 Beaujolais Pierres Dorées 24 020 22 0,1
247000714 Le Pays de Villersexel 3 121 22 0,7
200071538 Terres de Bresse 9 369 21 0,2
200034692 Le Gard Rhodanien 28 538 20 0,1
248400251 Le Grand Avignon (COGA) 70 580 20 0,0
247300528 Val Guiers 5 105 20 0,4
200041853 Le Pays de Montbozon et du Chanois 2 844 20 0,7
200006682 Beaune, Côte et Sud - Communauté Beaune-Chagny-Nolay 22 569 19 0,1
200059392 Bièvre Isère 23 287 19 0,1
246900625 Le Pays de l'Arbresle (CCPA) 17 329 19 0,1
200042497 Dombes Saône Vallée 18 259 18 0,1
200069193 La Dombes 17 768 17 0,1
243900560 Jura Nord 5 219 17 0,3
247300254 Haute-Tarentaise 8 706 17 0,2
246900575 L'Est Lyonnais (CCEL) 19 200 16 0,1
200085751 Entre Bièvre et Rhône 27 469 16 0,1
200040590 Villefranche Beaujolais Saône 28 727 16 0,1
200072056 Porte du Jura 4 265 15 0,4
200040566 L'Ouest Rhodanien 20 318 15 0,1
240100610 La Côtière à Montluel 11 658 15 0,1
200071413 Privas Centre Ardèche 16 851 14 0,1
200040459 Montélimar Agglomération 25 884 14 0,1
200041721 La Haute Comté 6 508 13 0,2
200036549 Val de Gray 7 681 13 0,2
247300668 Le Lac d'Aiguebelette (CCLA) 2 760 13 0,5
240600551 La Riviera Française 31 014 13 0,0
246300701 Clermont Auvergne Métropole 115 928 12 0,0
200071371 Bresse et Saône 11 335 12 0,1
247000698 Les Monts de Gy 2 747 12 0,4
200040111 Cœur de Chartreuse 7 388 12 0,2
200040442 Luberon Monts de Vaucluse 21 341 12 0,1
200040293 Le Clunisois 5 326 11 0,2
200041879 Terres de Saône 5 396 11 0,2
200034700 Durance-Lubéron-Verdon Agglomération 23 589 11 0,0
200065894 Forez-Est 26 779 11 0,0
246900740 Le Pays Mornantais (COPAMO) 13 654 11 0,1
248300493 La Vallée du Garon (CCVG) 13 558 11 0,1
246900757 Saône-Beaujolais 19 952 10 0,1
200067817 Bresse Nord Intercom 2 361 10 0,4
247100647 Val de Saône Centre 9 478 10 0,1
200070118 La Veyle 10 161 10 0,1
200070555 Saint-Marcellin Vercors Isère Communauté 18 463 10 0,1
200070431 Gaillac-Graulhet 28 616 10 0,0
200066124 Le Pays de Luxeuil 5 659 10 0,2
247000755 Les Quatre Rivières 3 606 9 0,3
247000623 Le Pays de l'Ozon 11 904 9 0,1
246900765 Pays d'Uzès 10 283 9 0,1
200034379 Ouche et Montagne 4 931 9 0,2
200039055 Arche Agglo 24 457 9 0,0
200073096 La Plaine Jurassienne 3 608 9 0,2
243901089 Annonay Rhône Agglo 19 278 9 0,0
200072015 Le Diois 4 493 8 0,2
242600534 Les Versants d'Aime 44 030 8 0,0
241100593 Les Combes 38 283 8 0,0
200068104 Le Val de Drôme en Biovallée 5 032 8 0,2
247300817 Les Sorgues du Comtat 3 177 8 0,3
247000367 Le Creusot Montceau-les-Mines 13 135 8 0,1
242600252 Saint-Pourçain Sioule Limagne 19 736 8 0,0
248400293 Enclave des Papes-Pays de Grignan 32 524 7 0,0
247100290 Roannais Agglomération 13 164 7 0,1
200071389 Gevrey-Chambertin et de Nuits-Saint-Georges 8 296 7 0,1
200040681 Le Triangle Vert 37 141 7 0,0
200035731 Miribel et du Plateau 13 855 7 0,1
200070894 Porte de Drômardèche 4 748 7 0,1
200041861 Les Hauts du Val de Saône 10 872 7 0,1
240100800 Saint Cyr Mère Boitier entre Charolais et Mâconnais 18 696 6 0,0
200040491 Saône Doubs Bresse 3 070 6 0,2
200036150 Auxonne Pontailler Val de Saône 3 394 6 0,2
200071645 Bièvre Est 5 274 6 0,1
200040038 Le Grand Autunois Morvan 9 936 6 0,1
200070902 Les Vallées d'Aigueblanche 9 816 6 0,1
243801073 Le Piémont Cévenol 13 353 6 0,0
200070530 Lyon Saint Exupéry en Dauphiné 3 465 6 0,2
247300015 Le Crestois et de Pays de Saillans Cœur de Drôme 8 391 6 0,1
200034411 L'Alta Rocca 12 538 6 0,0
243800935 Sud Côte Chalonnaise 5 912 6 0,1
200040509 Val Vanoise 3 125 5 0,2
242000495 Les Vallons du Lyonnais (CCVL) 4 941 5 0,1
247104094 Les Gorges de l'Ardèche 4 859 5 0,1
200040798 Les Albères, de la Côte Vermeille et de l'Illibéris 14 097 5 0,0
246900724 Le Grand Pic Saint-Loup 5 247 5 0,1
200039808 Vichy Communauté 17 546 5 0,0
200043602 Mâconnais - Tournugeois 20 916 5 0,0
200022986 Cœur de Tarentaise 29 015 5 0,0
200071363 Le Canton de la Chambre 6 405 5 0,1
200069698 Le Massif du Vercors 4 402 5 0,1
200023299 Loire Forez Agglomération 3 280 5 0,2
247300361 Drôme Sud Provence 5 467 5 0,1
243801024 Pays des Vans en Cévennes 46 100 5 0,0
  • Lecture : en 2018 dans le Pays de Gex, 29 400 personnes occupent un emploi en Suisse, soit 62 % de la population active en emploi de cet EPCI.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2018.

Figure 1Nombre de frontaliers travaillant en Suisse et part parmi les personnes en emploi, par EPCI en 2018

  • Lecture : en 2018 dans le Pays de Gex, 29 400 personnes occupent un emploi en Suisse, soit 62 % de la population active en emploi de cet EPCI.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2018.

Deux enjeux majeurs : les déplacements domicile-travail et le logement

Les déplacements domicile-travail constituent une problématique capitale pour les acteurs publics locaux. Pour se rendre au travail, les frontaliers d’Auvergne-Rhône-Alpes utilisent davantage leur véhicule que les actifs en emploi de la région (79 % contre 74 % en 2018), participant ainsi à une concentration en CO₂ particulièrement forte dans l'Ain et la Haute-Savoie. Proposer à ces frontaliers une alternative à la voiture individuelle, adaptée à leurs besoins, contribuerait à limiter ces émissions, à désengorger les voies d’accès à la Suisse et à améliorer leur qualité de vie. Dans cet objectif, poursuivre le développement des transports en commun est un levier essentiel (encadré), notamment avec les mises en service fin 2019 du Léman Express et du tramway Annemasse-Genève. La prochaine mise en service de deux nouveaux bateaux de passagers sur le lac Léman augmentera l’offre de la Compagnie générale de navigation vers Lausanne et Nyon (2 400 navetteurs en 2018). Ce dispositif de transports en commun sera complété par la mise en circulation, en 2025, du tramway du Genevois. Un autre levier repose sur le développement de la mobilité douce. La voie verte du Grand Genève, dont la réalisation se poursuit depuis 2010, en est un grand projet. Elle relie sur près de 38 kilomètres Bonne (au sud-est d’Annemasse) à Saint-Genis-Pouilly (dans le Pays de Gex), en passant par le centre de Genève.

Un deuxième enjeu d’importance concerne le logement. En effet, l’augmentation du nombre de frontaliers et leurs salaires plus élevés accroissent les tensions sur le marché du logement (disponibilité et prix). L’offre de logements doit donc être adaptée pour répondre aux besoins d’habitants aux profils et aux pouvoirs d’achat très divers.

Emploi frontalier vers la Suisse : six profils de navetteurs

Les navetteurs vers la Suisse peuvent être répartis en six profils, selon leurs caractéristiques personnelles et professionnelles, leurs lieux de travail et de résidence et les moyens de transport qu’ils utilisent (Pour comprendre) .

La catégorie socioprofessionnelle des frontaliers apparaît comme une variable particulièrement explicative de la typologie utilisée (figure 2). Plus précisément, les cadres et professions intellectuelles supérieures constituent la catégorie socioprofessionnelle la plus surreprésentée par rapport à l’ensemble des actifs en emploi de la région (+ 7 points), devant les professions intermédiaires (+ 4 points). Parmi les frontaliers, les hommes sont également plus représentés (+ 6 points).

Figure 2Répartition des frontaliers de chaque profil de la typologie selon la catégorie socioprofessionnelle

en %
Répartition des frontaliers de chaque profil de la typologie selon la catégorie socioprofessionnelle (en %) - Lecture : parmi le profil « des ouvriers assez qualifiés, empruntant davantage leur véhicule personnel », 61 % sont des ouvriers, 8 % sont des employés, 25 % exercent une profession intermédiaire, 2 % sont cadres ou exercent une profession intellectuelle supérieure et 4 % sont artisans, commerçants ou chefs d’entreprise.
Catégories socioprofessionnelles Profils Ensemble
Des employés exerçant surtout à Genève Des jeunes occupant des postes peu qualifiés et assez précaires Des ouvriers assez qualifiés, empruntant davantage leur véhicule personnel Des professions intermédiaires attirées par le secteur de la santé et de l’action sociale Des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés Des cadres, français, plutôt jeunes
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise 4,5 0,8 4,5 0,2 0,8 1,5 2,7
Cadres et professions intellectuelles supérieures 12,9 3,4 1,6 14,0 87,8 75,3 24,7
Professions intermédiaires 25,0 16,0 25,2 65,1 7,5 19,5 31,2
Employés 52,2 47,6 7,7 20,0 3,6 2,3 23,1
Ouvriers 5,4 32,2 61,0 0,7 0,2 1,4 18,2
Ensemble des frontaliers 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Lecture : parmi le profil « des ouvriers assez qualifiés, empruntant davantage leur véhicule personnel », 61 % sont des ouvriers, 8 % sont des employés, 25 % exercent une profession intermédiaire, 2 % sont cadres ou exercent une profession intellectuelle supérieure et 4 % sont artisans, commerçants ou chefs d’entreprise.
  • Champ : frontaliers résidant en Auvergne-Rhône-Alpes et travaillant en Suisse.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2018, exploitation complémentaire.

Figure 2Répartition des frontaliers de chaque profil de la typologie selon la catégorie socioprofessionnelle

  • Lecture : parmi le profil « des ouvriers assez qualifiés, empruntant davantage leur véhicule personnel », 61 % sont des ouvriers, 8 % sont des employés, 25 % exercent une profession intermédiaire, 2 % sont cadres ou exercent une profession intellectuelle supérieure et 4 % sont artisans, commerçants ou chefs d’entreprise.
  • Champ : frontaliers résidant en Auvergne-Rhône-Alpes et travaillant en Suisse.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2018, exploitation complémentaire.

En lien avec le rayonnement international de Genève, la part des personnes déclarant une autre nationalité que la nationalité française au sein des frontaliers est largement supérieure à celle des actifs occupés de la région (19 % contre 6 %). Parmi eux, les 10 100 ressortissants suisses arrivent en tête. Tout en conservant leur travail en Suisse, une partie de ces frontaliers helvètes viennent trouver en France des conditions de logement plus favorables. D’autres frontaliers de nationalité suisse peuvent être des binationaux ayant également la nationalité française.

Des cadres, français, plutôt jeunes

Parmi les frontaliers d’Auvergne-Rhône-Alpes travaillant en Suisse, un premier profil concerne avant tout des cadres et professions intellectuelles, très diplômés. Ce sont principalement des hommes, vivant en couple, le plus souvent avec enfants. Ils travaillent à temps complet et majoritairement dans les fonctions métropolitaines.

Ces 22 400 frontaliers (18 % des navetteurs) sont quasiment exclusivement français et âgés majoritairement de moins de 40 ans. Ils ont un emploi sans limite de durée, par exemple comme ingénieurs et cadres d’étude, recherche et développement en informatique. Ils travaillent pour plus d’un sur deux en dehors de la commune de Genève, et se rendent très souvent au travail en voiture (pour 84 % d’entre eux). Ils sont surreprésentés dans la CA du Grand Annecy (3 900 actifs y résident, soit 17 % des frontaliers de ce profil, contre 8 % pour l’ensemble des frontaliers) et par là même gros utilisateurs quotidiens de l’A41 reliant Annecy au poste frontière de Bardonnex.

Des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés

Un second profil de frontaliers présente des caractéristiques communes au profil précédent : cadres et professions intellectuelles, haut niveau de diplôme, hommes, en couple, souvent avec enfants, travail à temps complet et pour plus d’un sur deux dans les fonctions métropolitaines. Il s’en distingue toutefois sur d’autres points. Les frontaliers de ce second profil de cadres sont beaucoup moins nombreux (6 000, soit 5 % de l’ensemble des frontaliers) et, pour trois sur cinq, au moins quadragénaires. En outre, sept sur dix indiquent une nationalité étrangère au recensement et, parmi eux, 85 % sont européens, les Britanniques et les Italiens étant plus nombreux que les Suisses. Parmi eux, certains sont des frontaliers binationaux ayant également la nationalité française.

Ils résident presque tous dans le pourtour genevois et, pour les deux tiers, dans la CA du Pays de Gex. Ils travaillent essentiellement à Genève ou à Meyrin et un peu plus d’un sur deux emprunte son véhicule personnel pour se rendre au travail. Un quart utilise un vélo (y compris à assistance électrique), en raison de distances domicile-travail assez réduites (ils habitent au plus près de la frontière), de la forte croissance du réseau cyclable du canton de Genève depuis 1980, et de différentes mesures incitatives mises en place par ce canton et par les entreprises qui y sont implantées. Ils travaillent souvent comme chercheurs, ingénieurs ou cadres dans des secteurs d’activité à haute valeur ajoutée : extra-territoriales (par exemple celles du Cern) ou spécialisées, scientifiques et techniques ou encore financières et d’assurance. Enfin, la moitié des conjoints de ceux qui sont en couple travaillent également en Suisse.

Des professions intermédiaires attirées par le secteur de la santé et de l’action sociale

26 000 frontaliers (soit 21 %) forment le troisième profil, qui compte surtout des professions intermédiaires. Ce sont plutôt des femmes (à 80 %, plus fort taux de l’ensemble des profils), de nationalité française. Plus de six sur dix ont moins de 40 ans et une majorité a un diplôme de niveau bac+3 ou plus. Les frontaliers de ce profil sont ceux qui occupent le plus souvent une fonction présentielle (60 % contre 40 % pour l’ensemble des actifs occupés de la région). Ils travaillent, pour plus d’un sur deux, dans le secteur de l’administration publique, de l’enseignement, de la santé humaine et de l’action sociale. Près d’un quart d’entre eux sont infirmiers et assimilés (contre 5 % pour l’ensemble des frontaliers). Le secteur de la santé et de l’action sociale (figure 3) est l’un de ceux qui offrent le plus d’emplois dans le canton de Genève. Les navetteurs de ce profil travaillent pour près d’un sur deux à temps partiel et même à 56 % dans le secteur de la santé et de l’action sociale (contre 31 % pour les actifs d’Auvergne-Rhône-Alpes de ce secteur). Ils travaillent majoritairement à Genève, et pour 21 % d’entre eux dans le canton de Vaud. C’est le plus gros contingent vers ce canton. Les frontaliers de ce profil sont aussi les plus nombreux à utiliser les transports en commun (5 500 personnes).

Figure 3Part du plus gros secteur d’activité dans lequel travaillent les frontaliers, selon leur profil

en %
Part du plus gros secteur d’activité dans lequel travaillent les frontaliers, selon leur profil (en %) - Lecture : 44 % des frontaliers du profil « des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés » travaillent dans le secteur des activités extra-territoriales.
Profil Secteur Part
Des employés exerçant surtout à Genève Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles 17
Des jeunes occupant des postes peu qualifiés et assez précaires Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles 22
Des ouvriers assez qualifiés, empruntant davantage leur véhicule personnel Industrie manufacturière 26
Des professions intermédiaires attirées par le secteur de la santé et de l’action sociale Santé humaine et action sociale 38
Des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés Activités extra-territoriales 44
Des cadres, français, plutôt jeunes Industrie manufacturière 21
Ensemble des frontaliers Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles 14
  • Lecture : 44 % des frontaliers du profil « des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés » travaillent dans le secteur des activités extra-territoriales.
  • Champ : frontaliers résidant en Auvergne-Rhône-Alpes et travaillant en Suisse.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2018.

Figure 3Part du plus gros secteur d’activité dans lequel travaillent les frontaliers, selon leur profil

  • Lecture : 44 % des frontaliers du profil « des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés » travaillent dans le secteur des activités extra-territoriales.
  • Champ : frontaliers résidant en Auvergne-Rhône-Alpes et travaillant en Suisse.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2018.

Des ouvriers assez qualifiés, empruntant davantage leur véhicule personnel

Avec 30 800 frontaliers, le quatrième profil représente le quart des navetteurs, majoritairement des ouvriers. Ce sont les frontaliers qui résident le plus loin de la frontière. Seulement 15 % d’entre eux habitent dans la CA du Pays de Gex (la plus faible part sur l’ensemble des profils). Même si 48 % travaillent à Genève, plus de 10 000 d’entre eux exercent leur activité professionnelle dans le reste du canton et plus de 4 000 dans le canton de Vaud. Des trajets domicile-travail potentiellement assez longs en transports en commun les conduisent à emprunter massivement leur voiture (90 %, plus forte part). Du fait de leur impossibilité à télétravailler, ils sont particulièrement concernés par la problématique des transports. Ce sont plutôt des hommes, français, en majorité peu diplômés : 59 % sont titulaires au plus d’un CAP, BEP ou équivalent (contre 36 % pour l’ensemble des actifs occupés de la région). Ils exercent une activité professionnelle à temps plein, pour quasiment la moitié dans la construction ou le secteur « industrie manufacturière, industries extractives et autres ». Dans ce dernier secteur (incluant la haute horlogerie et la mécatronique), certains métiers ou compétences sont particulièrement recherchés de l’autre côté de la frontière. Les ouvriers de ce profil sont ainsi plus qualifiés que l’ensemble des ouvriers en activité en Auvergne-Rhône-Alpes (75 % contre 59 %). 40 % d’entre eux travaillent dans les fonctions productives et 25 % dans les fonctions transversales. Ce sont de loin, les frontaliers les plus représentés sur ces deux types de fonction d’emploi.

Des jeunes occupant des postes peu qualifiés et assez précaires

Le cinquième profil ne regroupe que 4 800 frontaliers (soit 4 %). Il rassemble principalement des employés et des ouvriers très jeunes : 86 % ont moins de 25 ans (contre 5 % pour l’ensemble des frontaliers). 74 % des navetteurs de ce profil vivent chez leurs parents ou sont en colocation (contre 6 % pour l’ensemble des frontaliers). Ils sont peu diplômés et, pour certains, en cours de formation (près d’un quart sont inscrits dans un établissement d’enseignement, dont plus de la moitié comme apprentis). Leur emploi reste assez précaire : pour 43 % d’entre eux, il est à durée limitée et pour près d’un tiers à temps partiel. Ils exercent majoritairement dans les secteurs du commerce et de la réparation d’automobiles et de motocycles, de l’hébergement et de la restauration et des activités de services administratifs et de soutien. Bien qu’il s’agisse de professions peu qualifiées, ces emplois en Suisse assurent à ces jeunes un salaire intéressant par rapport à un emploi équivalent en France.

Dans ce profil, un navetteur sur trois utilise les transports en commun : c’est la plus forte part, vraisemblablement du fait d’un moindre accès à un véhicule personnel pour ces jeunes actifs. Dans la CA Annemasse-les Voirons-Agglomération, où réside presque un quart des navetteurs de ce profil, plus d’un sur deux emprunte quotidiennement les transports publics, assez développés dans cet EPCI.

Des employés exerçant surtout à Genève

Avec 35 100 navetteurs, le sixième profil est le plus fourni. Ce sont en majorité des employés, peu diplômés, occupant par exemple des postes d’employé administratif d’entreprise. 76 % travaillent dans la commune de Genève (part la plus élevée), où se trouve une forte concentration d’entreprises, notamment dans le secteur tertiaire. 36 % des navetteurs de ce profil indiquent une nationalité étrangère au recensement de la population et, parmi eux, les Suisses devancent largement les Portugais et les Italiens. Ils représentent d’ailleurs 71 % des frontaliers helvètes de la région. Les navetteurs de cette classe sont les plus âgés (68 % ont au moins 40 ans, 21 % au moins 55) et 61 % sont des femmes. Enfin, 55 % des conjoints de ceux qui sont en couple travaillent également en Suisse (plus forte proportion).

Encadré - Des nouveaux frontaliers plus jeunes, provenant majoritairement de l’étranger et davantage utilisateurs des transports en commun

En 2018, 6 800 nouveaux frontaliers, actifs en Suisse, sont venus s’installer en Haute-Savoie ou dans l’Ain.

Ces nouveaux navetteurs sont plus jeunes que l’ensemble des frontaliers et indiquent davantage une nationalité étrangère.

3 900 proviennent de l’étranger, dont 2 700 de Suisse. Parmi ces arrivées de la Confédération helvétique, les Français sont presque aussi nombreux que les Suisses.

Les autres nouveaux navetteurs proviennent principalement du reste de la région, d’Île-de-France ou de trois régions où les frontaliers sont nombreux, Bourgogne-Franche-Comté, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Grand Est.

Ces nouveaux navetteurs empruntent plus les transports en commun (24 % contre 13 %). Ils s’installent davantage dans la CA du Pays de Gex (+ 11 points), la CA Annemasse-les Voirons-Agglomération et la CC du Genevois (+ 3 points chacune). Ils travaillent aussi un peu plus dans le canton de Vaud (+ 4 points) et un peu moins dans celui de Genève (hors ville de Genève). La répartition des profils de ces nouveaux navetteurs diffère de celle de l’ensemble des frontaliers, principalement à l’avantage des profils « des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés » et « des jeunes occupant des postes peu qualifiés et assez précaires », au détriment du profil « des ouvriers assez qualifiés, empruntant davantage leur véhicule personnel » (figure 4).

Figure 4Part de chacun des profils de frontaliers

en %
Part de chacun des profils de frontaliers (en %) - Lecture : les frontaliers du profil « des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés » représentent 5 % de l’ensemble des frontaliers, mais 9 % des nouveaux navetteurs résidant dans l’Ain ou en Haute-Savoie.
Profils Ensemble des frontaliers Nouveaux frontaliers de l’Ain et de la Haute-Savoie
Des cadres, français, plutôt jeunes 18 18
Des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés 5 9
Des professions intermédiaires attirées par le secteur de la santé et de l’action sociale 21 22
Des ouvriers assez qualifiés, empruntant davantage leur véhicule personnel 25 17
Des jeunes occupant des postes peu qualifiés et assez précaires 4 8
Des employés exerçant surtout à Genève 28 26
  • Lecture : les frontaliers du profil « des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés » représentent 5 % de l’ensemble des frontaliers, mais 9 % des nouveaux navetteurs résidant dans l’Ain ou en Haute-Savoie.
  • Champ : frontaliers résidant en Auvergne-Rhône-Alpes et travaillant en Suisse.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2018.

Figure 4Part de chacun des profils de frontaliers

  • Lecture : les frontaliers du profil « des cadres, possédant une nationalité étrangère, plus âgés » représentent 5 % de l’ensemble des frontaliers, mais 9 % des nouveaux navetteurs résidant dans l’Ain ou en Haute-Savoie.
  • Champ : frontaliers résidant en Auvergne-Rhône-Alpes et travaillant en Suisse.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2018.
Publication rédigée par : Ivan Debouzy, Anne Reffet-Rochas (Insee)

Pour comprendre

La typologie des frontaliers a été élaborée par une analyse en composantes multiples suivie d’une classification ascendante hiérarchique sur des critères de catégorie socioprofessionnelle, de diplôme, de sexe, d’âge, de nationalité, de mode de cohabitation, de secteur d’activité, de part de temps partiel, d’aire d’attraction de ville de résidence, de lieu regroupé de travail en Suisse et de moyen de transport pour se rendre au travail.

Afin de diminuer le nombre de modalités de certaines variables et pour écarter des modalités concernant trop peu d’individus, le champ couvert par la typologie est hors « agriculture, sylviculture et pêche » et hors « exploitants agricoles ».

Sources

L’étude porte sur les frontaliers résidant en Auvergne-Rhône-Alpes et travaillant en Suisse en 2018. Les résultats présentés ici proviennent essentiellement du Recensement de la population 2018. Les données sur les personnes actives occupées en Suisse sont issues de l’office fédéral de la statistique publique suisse. Par ailleurs, les situations de double nationalité ne sont pas connues dans le recensement français.

Définitions

Dans cette étude, sauf mention particulière, le terme de « frontalier » ou de « navetteur »

désigne une personne résidant en Auvergne-Rhône-Alpes et déclarant travailler en Suisse au recensement. Cette notion est différente des frontaliers mesurés par les offices statistiques suisses à l’aide des permis de travail.

Les « nouveaux frontaliers » venus s’installer dans l’Ain et la Haute-Savoie (encadré) ne prennent pas en compte les 400 navetteurs ayant déménagé d’un de ces départements vers l’autre.

L’analyse des fonctions remplies par les actifs résulte de leurs professions, qui peuvent être réparties en quatre groupes de fonctions : métropolitaines (conception-recherche, prestations intellectuelles, commerce inter-entreprises, gestion et culture-loisirs), de production concrète (agriculture, BTP et fabrication), présentielles (distribution, services de proximité, éducation et formation, santé et action sociale et administration publique) et transversales (transport et logistique et entretien-réparation).

Pour en savoir plus

« Près de la Suisse, un ménage sur deux perçoit un revenu de source étrangère », Insee Flash Auvergne-Rhône-Alpes, n° 97, février 2022.

« 92 % de la population de la région vit dans une aire d’attraction des villes », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes, n° 105, octobre 2020.

« Le travail frontalier en forte croissance : 115 000 habitants de la région employés en Suisse », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes, n° 101, juillet 2020.

Site de l’Observatoire statistique transfrontalier