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Insee Flash Corse · Décembre 2021 · n° 64
Insee Flash CorseEntre villes et campagnes, 340 440 habitants en Corse au 1ᵉʳ janvier 2019

Isabelle Tourtin-Battini, Antonin Bretel (Insee)

Au 1er janvier 2019, la Corse compte 340 440 habitants, soit une hausse de 1,0 % en moyenne annuelle sur les six dernières années. L’île est la région de France métropolitaine où la population croît le plus fortement. Ses deux départements font également partie des plus dynamiques de métropole. Contrairement au niveau national, la croissance démographique insulaire est portée exclusivement par le solde migratoire. En région, la population augmente plus rapidement dans les espaces urbains et péri-urbains et plus faiblement dans les espaces ruraux éloignés des villes.

Au 1er janvier 2019, 340 440 habitants résident en Corse. Avec 20 232 personnes supplémentaires depuis 2013, la population de l’île augmente de 6,3 % en six ans, soit une croissance de 1,0 % en moyenne annuelle (sources). Cette hausse est trois fois supérieure à celle de la France métropolitaine (+ 0,4 % en moyenne annuelle). Ce dynamisme démographique place la Corse en tête des régions devant l’Occitanie (+ 0,7 %), les Pays de la Loire (+ 0,7 %) et Auvergne-Rhône-Alpes (+ 0,6 %).

Le département de Haute-Corse est le plus peuplé des deux départements insulaires. Il compte 181 933 habitants au 1er janvier 2019 contre 158 507 en Corse-du-Sud. Pourtant, sur les six dernières années, le taux de croissance annuel moyen est identique dans les deux départements (+ 1,0 %). Ils se positionnent ainsi parmi les plus dynamiques, respectivement à la sixième et septième place des départements métropolitains (ex æquo avec la Seine Saint-Denis et l’Île et Vilaine) derrière notamment la Loire-Atlantique, la Gironde et la Haute-Garonne (figure 1).

Depuis 2013, la population insulaire augmente exclusivement en raison de l’excédent migratoire. En effet, l’île enregistre un solde migratoire de 1,1 % en moyenne annuelle, en tête des régions de France métropolitaine. Sur la même période, la Corse et ses départements comptabilisent plus de décès que de naissances contrairement à la tendance nationale où la croissance reste portée par l’excédent des naissances sur les décès. Le solde naturel régional s’établit ainsi à - 0,1 % en moyenne annuelle contre + 0,3 % au niveau national.

figure 1Évolution de la population dans les départements entre 2013 et 2019

en %
Évolution de la population dans les départements entre 2013 et 2019 (en %)
Code département Département Variation annuelle moyenne entre 2013 et 2019
33 Gironde 1,3
31 Haute-Garonne 1,3
34 Hérault 1,2
44 Loire-Atlantique 1,2
74 Haute-Savoie 1,2
93 Seine-Saint-Denis 1,0
35 Ille-et-Vilaine 1,0
2A Corse-du-Sud 1,0
2B Haute-Corse 1,0
01 Ain 0,9
69 Rhône 0,9
95 Val-d'Oise 0,8
83 Var 0,8
77 Seine-et-Marne 0,7
85 Vendée 0,7
40 Landes 0,7
82 Tarn-et-Garonne 0,7
26 Drôme 0,7
91 Essonne 0,6
94 Val-de-Marne 0,6
66 Pyrénées-Orientales 0,6
67 Bas-Rhin 0,5
56 Morbihan 0,5
17 Charente-Maritime 0,5
64 Pyrénées-Atlantiques 0,5
38 Isère 0,5
63 Puy-de-Dôme 0,5
73 Savoie 0,5
45 Loiret 0,4
49 Maine-et-Loire 0,4
11 Aude 0,4
07 Ardèche 0,4
13 Bouches-du-Rhône 0,4
78 Yvelines 0,3
92 Hauts-de-Seine 0,3
37 Indre-et-Loire 0,3
25 Doubs 0,3
60 Oise 0,3
86 Vienne 0,3
30 Gard 0,3
81 Tarn 0,3
84 Vaucluse 0,3
10 Aube 0,2
68 Haut-Rhin 0,2
29 Finistère 0,2
42 Loire 0,2
04 Alpes-de-Haute-Provence 0,2
05 Hautes-Alpes 0,2
06 Alpes-Maritimes 0,2
21 Côte-d'Or 0,1
14 Calvados 0,1
27 Eure 0,1
59 Nord 0,1
54 Meurthe-et-Moselle 0,1
22 Côtes-d'Armor 0,1
79 Deux-Sèvres 0,1
09 Ariège 0,1
12 Aveyron 0,1
32 Gers 0,1
65 Hautes-Pyrénées 0,1
43 Haute-Loire 0,1
76 Seine-Maritime 0,0
62 Pas-de-Calais 0,0
80 Somme 0,0
57 Moselle 0,0
53 Mayenne 0,0
19 Corrèze 0,0
46 Lot 0,0
48 Lozère 0,0
28 Eure-et-Loir -0,1
41 Loir-et-Cher -0,1
39 Jura -0,1
71 Saône-et-Loire -0,1
51 Marne -0,1
72 Sarthe -0,1
16 Charente -0,1
24 Dordogne -0,1
47 Lot-et-Garonne -0,1
50 Manche -0,2
87 Haute-Vienne -0,2
70 Haute-Saône -0,3
89 Yonne -0,3
02 Aisne -0,3
15 Cantal -0,3
90 Territoire de Belfort -0,3
03 Allier -0,4
75 Paris -0,5
18 Cher -0,5
61 Orne -0,5
88 Vosges -0,5
08 Ardennes -0,6
23 Creuse -0,6
36 Indre -0,7
55 Meuse -0,7
52 Haute-Marne -0,8
58 Nièvre -0,9
  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et 2019.

figure 1Évolution de la population dans les départements entre 2013 et 2019

  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et 2019.

La population des espaces urbains et péri-urbains en forte croissance

Avec 39 habitants au km², la Corse est la région de France métropolitaine la moins densément peuplée (120 habitants au km² en moyenne nationale). Parmi ses 360 communes, 97,6 % se situent en territoire rural (sources).

Pourtant, 53 % de la population vit dans l’espace urbain, soit 180 641 habitants résidant dans 12 communes (figure 2). La croissance de population est très dynamique dans ces pôles urbains (figure 3), comparable à la moyenne annuelle régionale (1,1 % contre 1,0 %). Ils abritent 11 804 personnes de plus en six ans et portent l’essentiel de la croissance en volume. C’est de surcroît le seul type d’espace qui enregistre un solde naturel positif avec 430 naissances de plus que de décès.

Néanmoins, entre 2013 et 2019, la population croît plus vite encore dans les communes rurales sous forte influence d’un pôle (+ 1,9 %) où le solde migratoire est le plus élevé (+ 2,0 % contre + 1,1 % en moyenne régionale). Ces communes bénéficient des apports de population dus aux migrations externes à la région mais également de flux infra-régionaux. Ces mouvements témoignent d’une périurbanisation qui se poursuit, en lien avec l’installation d‘actifs en quête d’un meilleur cadre de vie tout en restant proches des emplois et des services.

Figure 2Répartition des communes et de la population selon les catégories du rural

Répartition des communes et de la population selon les catégories du rural
Communes Population
Nombre Répartition (%) Nombre Répartition population 2019 (%) Variation annuelle moyenne entre 2013 et 2019 (%) Dont solde naturel (%)
Espace rural (total) 348 96,7 159 799 47,0 0,9 -0,2
Hors influence d’un pôle 185 51,4 88 190 25,9 0,5 -0,2
dont très peu dense 121 33,6 18 111 5,3 0,2 -0,6
dont peu dense 64 17,8 70 079 20,6 0,6 -0,1
Sous influence d’un pôle 163 45,3 71 609 21,1 1,4 -0,2
dont sous faible influence 90 25,0 27 472 8,1 0,7 -0,2
dont sous forte influence 73 20,3 44 137 13,0 1,9 -0,1
Espace urbain 12 3,3 180 641 53,0 1,1 0,1
Ensemble 360 100 340 440 100 1,0 -0,1
  • Source : Insee, recensements de la population de 2013 et 2019.

Figure 3Répartition des communes de Corse selon le type d’espace

  • Les données sont disponibles dans le fichier de téléchargement « Données »
  • Champ : Corse, limites territoriales communales en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2020.
  • Source : Insee, recensements de la population de 2018.

Le dynamisme démographique s’estompe avec l’influence des villes

D’abord, les espaces sous faible influence d’un pôle regroupent 8 % de la population. La croissance démographique y est inférieure à la moyenne régionale (+ 0,7 %).

Ensuite, dans les communes hors influence des villes où réside un quart de la population insulaire, le dynamisme démographique s’affaiblit (+ 0,5 %), particulièrement lorsque celles-ci sont très peu denses (+ 0,2 %).

En effet, le déficit des naissances est le plus important dans ces 121 communes très peu denses : le solde naturel s’établit à - 0,6 % en moyenne annuelle contre - 0,1 % en région. Ces communes sont parmi les plus isolées et les plus âgées de l’Île. Elles regroupent aujourd’hui 5 % de la population, dont un tiers a plus de 65 ans et un sixième moins de 25 ans.

Encadré : le choix des périodes d’évolution de la population

La méthode du recensement annuel est basée sur des cycles de collecte de cinq ans. Pour plus de pertinence, les données sont donc traditionnellement analysées avec un pas de cinq ans. Toutefois, l’évolution de la situation sanitaire a conduit à reporter à 2022 l’enquête annuelle de recensement prévue en 2021. Pour toutes les communes de moins de 10 000 habitants, il y aura donc dorénavant (pendant les cinq prochaines années) un intervalle entre deux collectes de recensement de six ans au lieu de cinq habituellement. La méthode de calcul des populations annuelles a été adaptée en conséquence. Pour être robustes, les évolutions mesurées sur la dernière période (ici 2013-2019) doivent donc être analysées avec un pas de six ans. Dans le présent document, les comparaisons sont donc basées sur une période de six ans pour la plus récente (2013-2019) et une période de cinq ans (2008-2013) pour la plus ancienne. La comparaison des évolutions de la population, du solde migratoire et du solde naturel sur ces périodes de durée différente n’en reste pas moins pertinente, car toutes les données sont présentées en moyenne annuelle.

Publication rédigée par : Isabelle Tourtin-Battini, Antonin Bretel (Insee)

Sources

Depuis 2021, les territoires ruraux désignent l’ensemble des communes peu denses ou très peu denses d’après la grille communale de densité. Cette seule caractéristique de l’espace rural ne permet pas d’en appréhender toutes les dimensions. Il faut y associer des critères de type fonctionnel, notamment le degré d’influence d’un pôle d’emploi. Avec cette approche, quatre catégories d’espaces ruraux se dessinent, allant des communes rurales très peu denses, hors influence d’un pôle, aux communes sous forte influence d’un pôle.

Pour en savoir plus

Caruso D., Dubuis T., « Le rural en Corse : l’essentiel du territoire mais un habitant sur deux », Insee Analyses Corse n° 33, avril 2021.

Huyssen A., Malleville R., « Le déficit naturel continue de se creuser en Corse », Insee Analyses Corse n° 32, mars 2021.

Luciani A., « Migrations résidentielles : un solde élevé composé majoritairement d’actifs », Insee Analyses Corse n° 28, janvier 2020.