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Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur · Décembre 2021 · n° 76
Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'AzurPopulations légales – Entre 2013 et 2019, la croissance démographique accélère légèrement

Marina Hocquet, Carole Zampini (Insee)

Au 1er janvier 2019, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur compte 5 081 101 habitants. Entre 2013 et 2019, sa population a augmenté de 0,4 % par an en moyenne, un rythme proche du niveau national. Par sa croissance démographique, Provence-Alpes-Côte d’Azur se classe au 7e rang des régions métropolitaines. C’est toutefois la seule dont la croissance a légèrement accéléré par rapport à la période 2008-2013, grâce à un regain d’attractivité.

Au 1er janvier 2019, 765 000 personnes habitent dans une commune rurale. La population de l’espace rural progresse plus vite que celle de l’espace urbain, en particulier dans les communes sous influence d’un grand pôle. Ce dynamisme démographique s’est toutefois atténué entre 2013 et 2019.

Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 76
Paru le : Paru le 29/12/2021

Entre 2013 et 2019, un regain modéré d’attractivité

Au 1er janvier 2019, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur compte 5 081 101 habitants. Entre 2013 et 2019, sa population a augmenté de 0,4 % en moyenne annuelle, un rythme légèrement supérieur au niveau national. Cela représente 21 200 habitants supplémentaires par an (figure 1).

Par sa croissance démographique, Provence-Alpes-Côte d’Azur se situe au 7e rang des régions métropolitaines, mais c’est la seule dont la population progresse un peu plus rapidement qu’entre 2008 et 2013 (+ 0,3 %, soit + 14 200 habitants par an). Cette légère accélération s’explique par un regain d’attractivité migratoire, qui l’emporte sur l’érosion de l’excédent naturel. Entre 2013 et 2019, le solde naturel et le solde migratoire contribuent chacun pour moitié à la hausse de la population régionale. Au cours des cinq années précédentes, seul l’excédent naturel avait porté l’essor démographique, l’apport migratoire étant quasi nul.

Figure 1Variation annuelle moyenne de la population et contributions des soldes naturel et migratoire sur les périodes 2008-2013 et 2013-2019

en %
Variation annuelle moyenne de la population et contributions des soldes naturel et migratoire sur les périodes 2008-2013 et 2013-2019 (en %) - Lecture : entre 2013 et 2019, la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est accrue de 0,4 % en moyenne par an, dont 0,2 % dû au solde naturel et 0,2 % dû au solde migratoire apparent.
Territoire Période Variation totale Variation due au solde naturel Variation due au solde migratoire
France hors Mayotte 2008-2013 0,5 0,4 0,1
2013-2019 0,4 0,3 0,1
Provence-Alpes-Côte d’Azur 2008-2013 0,3 0,3 0,0
2013-2019 0,4 0,2 0,2
  • Note : la somme des contributions des soldes naturel et migratoire peut légèrement différer du total du fait des arrondis.
  • Lecture : entre 2013 et 2019, la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est accrue de 0,4 % en moyenne par an, dont 0,2 % dû au solde naturel et 0,2 % dû au solde migratoire apparent.
  • Source : Insee, recensements de la population.

Figure 1Variation annuelle moyenne de la population et contributions des soldes naturel et migratoire sur les périodes 2008-2013 et 2013-2019

  • Note : la somme des contributions des soldes naturel et migratoire peut légèrement différer du total du fait des arrondis.
  • Lecture : entre 2013 et 2019, la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est accrue de 0,4 % en moyenne par an, dont 0,2 % dû au solde naturel et 0,2 % dû au solde migratoire apparent.
  • Source : Insee, recensements de la population.

Le Var poursuit son essor démographique grâce à l’attractivité migratoire

Entre 2013 et 2019, le nombre d’habitants augmente dans tous les départements de la région, à des rythmes toutefois différents.

Le Var (1 076 711 habitants en 2019), troisième département le plus peuplé de Provence-Alpes-Côte d’Azur, reste le plus dynamique. Entre 2013 et 2019, sa population croît de 0,8 % en moyenne par an, deux fois plus rapidement qu’en moyenne régionale. Ce rythme accélère sensiblement par rapport à 2008-2013 (+ 0,5 %), du fait d’un excédent migratoire en augmentation. Le solde naturel, faible entre 2008 et 2013, devient négatif.

De 2013 à 2019, les Bouches-du-Rhône (2 043 110 habitants) se sont peuplés au rythme de 0,4 % en moyenne par an, après + 0,3 % entre 2008 et 2013. À l’inverse du Var, la progression démographique repose sur l’excédent des naissances sur les décès, du fait d’une population plus jeune. Le solde migratoire est revenu à l’équilibre.

En Vaucluse (561 469 habitants), la population augmente de 0,3 % en moyenne annuelle, principalement sous l’effet de l’excédent naturel. La croissance ralentit légèrement par rapport aux cinq années précédentes (+ 0,4 %).

Dans les Alpes-Maritimes (1 094 283 habitants), la population s’accroît à nouveau (+ 0,2 % par an), après une légère diminution de 2008 à 2013. Le solde migratoire redevient positif, tandis que la contribution du solde naturel est quasi nulle.

Dans les Hautes-Alpes (141 220 habitants), le rythme de croissance démographique ralentit nettement (+ 0,2 % après + 0,7 %). Dans les Alpes-de-Haute-Provence (164 308 habitants), le recul est moins prononcé (+ 0,2 % après + 0,5 %). Dans ces deux départements, l'attractivité migratoire est l'unique moteur de l’essor démographique. Le solde naturel est quasi nul dans les Hautes-Alpes et négatif dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Le dynamisme démographique de l’espace rural s’atténue

Au 1er janvier 2019, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 765 000 personnes habitent dans l’espace rural, soit 15 % de la population (figure 2). C’est la région de province pour laquelle la proportion de population rurale est la plus faible.

Figure 2Communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur selon le type d’espace

Entre 2013 et 2019, la population rurale augmente plus rapidement qu’au niveau national : + 0,5 % en moyenne par an, contre + 0,2 % (figure 3). La croissance est semblable à celle des régions voisines Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes. Cette progression est portée exclusivement par l’excédent migratoire, le solde naturel étant négatif sur cette période. Comme au niveau national, la hausse de la population rurale a sensiblement ralenti par rapport à 2008-2013 (+ 0,9 %).

Au sein de l’espace rural, 445 700 habitants (58 % de la population rurale) résident dans des communes situées dans la couronne d’une aire d’attraction des villes de 50 000 habitants ou plus, c’est-à-dire dans l’espace rural sous influence d’un grand pôle. Et 319 300 personnes résident en dehors de ces aires, dans l’espace rural hors influence d’un grand pôle. La répartition de la population rurale entre ces deux types d’espace en Provence-Alpes-Côte d’Azur est identique à la moyenne des régions de province.

L’attractivité de l’espace rural sous influence des pôles diminue mais reste élevée

Dans l’espace rural sous influence, le nombre d’habitants progresse de 0,8 % en moyenne par an de 2013 à 2019. Ce rythme est proche de celui d’Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, et supérieur à la moyenne des régions de province (+ 0,5 %). L'attractivité migratoire contribue seule à la hausse de la population, le solde naturel étant quasi nul.

Dans l’espace rural hors influence, la progression est quatre fois moindre (+ 0,2 %). Dans ces communes, l’excédent migratoire compense le déficit naturel. La croissance démographique de cette catégorie de communes est la plus élevée des régions de province derrière la Corse. Au niveau national, cette catégorie perd des habitants entre 2013 et 2019.

Le ralentissement de l’essor démographique est plus marqué dans l’espace rural hors influence (- 0,5 point par rapport à 2008-2013) que dans l’espace rural sous influence (- 0,3 point), principalement sous l’effet de la baisse d'attractivité migratoire. Au niveau national, le ralentissement est de même ampleur dans les deux catégories d’espace rural.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’espace urbain concentre 4,3 millions d’habitants au 1er janvier 2019, soit 85 % de la population. Dans cet espace, au cours des six dernières années, le nombre d'habitants a augmenté annuellement en moyenne de 0,4 %, soit un peu moins rapidement que dans l'ensemble de l’espace rural.

Figure 3Variation annuelle moyenne de la population et contributions des soldes naturel et migratoire sur les périodes 2008-2013 et 2013-2019, par type d’espaceEspace urbain

en %
Variation annuelle moyenne de la population et contributions des soldes naturel et migratoire sur les périodes 2008-2013 et 2013-2019, par type d’espace (en %)
Territoire Période Variation totale Variation due au solde naturel Variation due au solde migratoire
Provence-Alpes-Côte d’Azur 2008-2013 0,2 0,3 -0,1
2013-2019 0,4 0,2 0,2
France de province 2008-2013 0,3 0,4 0,0
2013-2019 0,4 0,3 0,2
  • Note : la somme des contributions des soldes naturel et migratoire peut légèrement différer du total du fait des arrondis.
  • Source : Insee, recensements de la population.

Figure 3Variation annuelle moyenne de la population et contributions des soldes naturel et migratoire sur les périodes 2008-2013 et 2013-2019, par type d’espaceEspace urbain

  • Note : la somme des contributions des soldes naturel et migratoire peut légèrement différer du total du fait des arrondis.
  • Source : Insee, recensements de la population.

Encadré - Le choix des périodes d’évolution de la population

La méthode du recensement annuel repose sur des cycles de collecte de cinq ans. Pour plus de pertinence, les données sont donc traditionnellement analysées avec un pas de cinq ans. Toutefois, l’évolution de la situation sanitaire a conduit à reporter à 2022 l’enquête annuelle de recensement prévue en 2021. Pour toutes les communes de moins de 10 000 habitants, il y aura donc dorénavant (pendant les cinq prochaines années) un intervalle entre deux collectes de recensement de six ans au lieu de cinq habituellement. La méthode de calcul des populations annuelles a été adaptée en conséquence. Pour être robustes, les évolutions mesurées sur la dernière période (ici 2013-2019) doivent donc être analysées avec un pas de six ans. Dans le présent document, les comparaisons sont donc fondées sur une période de six ans pour la plus récente (2013-2019) et une période de cinq ans (2008-2013) pour la plus ancienne. La comparaison des évolutions de la population, du solde migratoire et du solde naturel sur ces périodes de durée différente n’en reste pas moins pertinente, car toutes les données sont présentées en moyenne annuelle.

Publication rédigée par : Marina Hocquet, Carole Zampini (Insee)

Sources

Cette étude est fondée sur les populations communales issues des recensements de la population réalisés par l’Insee en partenariat avec les communes, en date de référence au 1er janvier 2008, 2013 et 2019.

Les statistiques de l’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee.

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d'une période.

On parle d'accroissement naturel ou d'excédent naturel lorsque le nombre de naissances est supérieur à celui des décès.

Le solde migratoire apparent ou solde apparent des entrées-sorties approche la différence entre le nombre de personnes entrées sur un territoire donné et le nombre de personnes qui en sont sorties, au cours de la période considérée. Il est obtenu par différence entre la variation totale de la population au cours de la période considérée et le solde naturel.

L’espace urbain est constitué des communes denses et de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité. L’espace rural est constitué des communes peu ou très peu denses.

L'aire d’attraction d’une ville est l'ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué d’un pôle de population et d’emploi et d’une couronne qui rassemble les communes dont au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle.

L’espace rural sous influence d’un grand pôle est constitué des communes rurales appartenant à une aire d’attraction des villes de 50 000 habitants ou plus. L’espace rural hors influence d’un grand pôle est constitué des communes rurales non situées dans une aire d’attraction des villes de 50 000 habitants ou plus.

Définie par Eurostat, la grille communale de densité permet de comparer les degrés d’urbanisation des pays européens, selon une méthodologie homogène. Elle caractérise les communes en fonction de la répartition de la population sur leur territoire. Le niveau de densité d’une commune est lié à la présence au sein de la commune de zones concentrant un grand nombre d'habitants sur une faible surface. Quatre niveaux de densité sont définis : les communes denses, de densité intermédiaire, peu denses, très peu denses.

Pour en savoir plus

Brutel C., « La dégradation du solde naturel affaiblit le dynamisme démographique entre 2013 et 2019 », Insee Focus n° 257, décembre 2021

Populations légales 2019, Chiffres détaillés, décembre 2020

Michaïlesco F., Mora V., « Populations légales – Entre 2013 et 2018, la région gagne près de 20 000 habitants par an », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 69, décembre 2020

Ponzio F., Zampini C., « Bilan démographique 2020 – Baisse des naissances et hausse des décès, amplifiée par l’épidémie de Covid-19 », Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 93, mars 2021

Zampini C., « Populations légales – Faible croissance démographique dans les communes densément peuplées », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 60, décembre 2019

D’Alessandro C. (Cnis), Lévy D. (Insee), Regnier T. (ENS), « Une nouvelle définition du rural pour mieux rendre compte des réalités des territoires et de leurs transformations », in La France et ses territoires, coll. « Insee Références », mars 2021.