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Insee Analyses Normandie · Décembre 2021 · n° 98
Insee Analyses NormandieLa population normande quasi stable entre 2013 et 2019

Flavien Alleaume, Camille Hurard (Insee)

Au 1er janvier 2019, la région Normandie compte 3 325 032 habitants, un niveau quasi stable par rapport à 2013 (- 550 habitants par an). Le faible excédent naturel sur la période est compensé par un solde migratoire négatif de niveau équivalent. Cette atonie démographique succède à une période 2008-2013 où la démographie normande était orientée à la hausse, bien que de façon mesurée (+ 7 050 habitants par an). Les cinq départements normands présentent des trajectoires hétérogènes. Ainsi, la Manche et l’Orne voient leur population diminuer, alors que dans le Calvados et l’Eure la population augmente légèrement, quand la population de Seine-Maritime est stable. La stabilité démographique constatée à l’échelle régionale recouvre deux phénomènes contraires : la population des communes peuplées de plus de 5 000 habitants diminue mais cette baisse est compensée en quasi-totalité par la croissance démographique des communes de moins de 2 000 habitants.

Insee Analyses Normandie
No 98
Paru le : Paru le 29/12/2021

Au 1er janvier 2019, la population normande compte 3 325 032 habitants. La Normandie est la 10e région de France métropolitaine la plus peuplée, désormais devancée par la Bretagne. Entre 2013 et 2019, la démographie normande cesse de progresser, et recule même légèrement (– 550 habitants par an entre 2013 et 2019 contre + 7 050 habitants par an sur la période 2008-2013). La Normandie est ainsi avec la Bourgogne-Franche-Comté l’une des deux seules régions de France à voir sa population diminuer (figure 1). Globalement, toutes les régions qui bordent l’Île-de-France sont marquées soit par un faible dynamisme démographique (+ 0,3 % sur la période au total dans les Hauts-de-France par exemple), soit par une baisse de leur population (- 0,5 % en Bourgogne-Franche-Comté).

En Normandie la stabilité observée est la conjugaison de deux effets opposés. D’une part, les naissances sont plus nombreuses que les décès, rendant le solde naturel positif (+ 3 380 habitants entre 2013 et 2019). D’autre part, les sorties du territoire normand sont plus conséquentes que les entrées ; le solde migratoire apparent est ainsi déficitaire de 3 930 habitants. En comparaison avec la période 2008-2013, ces deux indicateurs tendent à se détériorer. En effet, le solde naturel a été divisé par trois entre 2008 et 2013 (+ 9 640 habitants) par rapport à 2013-2019. Dans le même temps, le déficit du solde migratoire s’est aggravé (- 2 590 habitants entre 2008 et 2013). Globalement, ces deux effets, relativement faibles (- 0,1 % par an pour le solde migratoire, + 0,1 % par an pour le solde naturel), se compensent presque entièrement.

Concernant les cinq départements normands, les évolutions démographiques sont diverses : les populations du Calvados et l’Eure se sont légèrement accrues entre 2013 et 2019, celles de la Manche et de l’Orne ont diminué. En Seine-Maritime, l’évolution démographique est stable.

Figure 1Évolution de la population entre 2013 et 2019, par région

Évolution de la population entre 2013 et 2019, par région
Code région Région Population 2019 Population 2013 Évolution de la population entre 2013 et 2019 (en %)
11 Île-de-France 12 262 544 11 959 807 2,5
24 Centre-Val de Loire 2 573 180 2 570 548 0,1
27 Bourgogne-Franche-Comté 2 805 580 2 819 783 -0,5
28 Normandie 3 325 032 3 328 364 -0,1
32 Hauts-de-France 6 004 947 5 987 836 0,3
44 Grand Est 5 556 219 5 552 435 0,1
52 Pays de la Loire 3 806 461 3 660 852 4,0
53 Bretagne 3 354 854 3 258 707 3,0
75 Nouvelle-Aquitaine 6 010 289 5 844 177 2,8
76 Occitanie 5 933 185 5 683 878 4,4
84 Auvergne-Rhône-Alpes 8 042 936 7 757 595 3,7
93 Provence-Alpes-Côte d'Azur 5 081 101 4 953 675 2,6
94 Corse 340 440 320 208 6,3
France métropolitaine 65 096 768 63 697 865 2,2
  • Sources : Insee, recensements de la population 2008, 2013 et 2019

Figure 1Évolution de la population entre 2013 et 2019, par région

  • Sources : Insee, recensements de la population 2008, 2013 et 2019

La croissance démographique du Calvados ralentit

Avec 694 905 habitants, le Calvados est le deuxième département le plus peuplé de la région et le 33e à l’échelle de la France métropolitaine. Entre 2013 et 2019, sa population augmente de 0,1 % par an, soit en moyenne annuelle de près de 920 habitants. Cette croissance relative de la population est autant portée par le solde migratoire (+ 450 habitants par an) que par le solde naturel (+ 470 habitants par an). Elle était un peu plus dynamique entre 2008 et 2013 (+ 0,3 % en moyenne par an ; figure 2). Le tassement de la croissance démographique du Calvados s’explique essentiellement par le déclin du solde naturel qui a été divisé par cinq durant la période 2013-2019 par comparaison avec la période 2008-2013.

À Caen, la population s’élève à 106 230 habitants. La ville se situe toujours au 3e rang régional mais continue de perdre des habitants (- 170 habitants par an entre 2013 et 2019), à un rythme toutefois moins soutenu qu’entre 2008 et 2013 (- 530 habitants par an). Cette décroissance démographique (- 0,2 % par an) est principalement due à un solde migratoire déficitaire (- 0,4 % par an), en partie compensé par un solde naturel excédentaire (+ 0,2 % par an). En revanche, de nombreuses communes autour du chef-lieu départemental caennais voient leur population augmenter, parfois nettement. C’est le cas notamment de Biéville-Beuville (+ 4,4 % par an), Bourguébus (+ 4,4 % par an), Moult-Chicheboville (+ 3,6 % par an), Fontaine-Étoupefour (+ 3,4 % par an) ou encore Carpiquet (+ 3,2 % par an).

Par ailleurs, les trois sous-préfectures du Calvados s’inscrivent dans la même tendance à la baisse que celle observée pour la préfecture du département : - 0,9 % par an à Lisieux, - 1,3 % par an à Vire Normandie, - 1,5 % par an à Bayeux sur la période observée. Le déclin démographique touche également plusieurs communes de la Côte Fleurie : Villers-sur-Mer (- 1,1 % par an), Dives-sur-Mer (- 1,6 % par an) et Honfleur (- 2,2 % par an).

Figure 2Évolution annuelle moyenne de la population par département entre 2008 et 2013, et entre 2013 et 2019

Évolution annuelle moyenne de la population par département entre 2008 et 2013, et entre 2013 et 2019
Nombre de communes Population au 1er janvier 2019 Évolution annuelle moyenne de la population (en %) Évolution annuelle moyenne de la population (en nombre)
2013-2019 2008-2013 2013-2019 2008-2013
Calvados 528 694 905 0,1 0,3 918 2 344
Eure 585 599 507 0,1 0,6 744 3 591
Manche 446 495 045 -0,2 0,1 -903 601
Orne 385 279 942 -0,5 -0,2 -1 484 -687
Seine-Maritime 708 1 255 633 0,0 0,1 171 1 206
Normandie 2 652 3 325 032 0,0 0,2 -555 7 054
France métropolitaine 34 836 65 096 768 0,4 0,5 233 151 312 600
  • Avertissement : Les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturels et migratoires peut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population. On parle de hausse si le taux de variation de la population est supérieur ou égal à 0,2 %, de baisse si le taux est inférieur ou égal à - 0,2 %, de stabilité relative si le taux est égal à - 0,1 %, 0,0 % ou 0,1 %.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2008, 2013 et 2019

Le dynamisme démographique de l’Eure est à l’arrêt

Au 1er janvier 2019, l’Eure compte 599 507 habitants. C’est le troisième département le plus peuplé de la région et le 42e département sur les 96 que regroupe la France métropolitaine. Au cours de la période 2008-2013, le département a connu une croissance démographique soutenue de 0,6 % par an. Entre 2013 et 2019, ce mouvement ralentit nettement (+ 0,1 % par an). La quasi-stabilité démographique de l'Eure est portée par la croissance du solde naturel, la plus forte de la région, comparable à la moyenne nationale (+ 0,3 % par an ; figure 3).

Dans le département, trois communes ont plus de 15 000 habitants : Évreux, Vernon et Louviers (figure 5). Les populations des deux premières ont baissé au cours de la période (respectivement - 1,2 % par an et - 0,2 % par an), celle de Louviers est en progression (+ 0,5 % par an). À Évreux, le solde naturel s’est tassé entre les périodes 2008-2013 (+ 0,9 % par an) et 2013-2019 (+ 0,6 % par an) alors que le déficit du solde migratoire s’est aggravé : de - 1,3 % par an entre 2008 et 2013, il s’établit à - 1,8 % par an entre 2013 et 2019. Les communes qui se développent se situent notamment aux portes de la métropole rouennaise. Il en va ainsi de Bourg-Achard (+ 3,3 % par an), Grand Bourgtheroulde (+ 1,6 % par an), Le Thuit de l’Oison (+ 1,5 % par an), et Pîtres (+ 1,3 % par an). Les communes aux abords d’Évreux s’inscrivent dans cette tendance comme Guichainville (+ 2,2 % par an) ou Saint-Sébastien-de-Morsent (+ 1,3 % par an). À l’inverse, la déprise démographique touche essentiellement des communes plus éloignées des principaux centres urbains eurois. La population décline notamment à Serquigny (- 1,6 % par an), Rugles (- 1 % par an) , ou Beaumont-le-Roger (- 1 % par an). Les deux centres urbains que constituent Pont-Audemer et Bernay ont également vu leur population décroître entre 2013 et 2019 (respectivement - 1,2 % par an et - 0,7 % par an). Ces deux communes comptent désormais moins de 10 000 habitants.

Figure 3Contribution des soldes naturels et migratoires à l’évolution de la population entre 2013 et 2019

Contribution des soldes naturels et migratoires à l’évolution de la population entre 2013 et 2019
Taux d’évolution annuelle moyen 2013-2019 (en %) Contribution du solde naturel (en %) Contribution du solde migratoire (en %) Évolution annuelle moyen 2013-2019 (en nombre) Contribution du solde naturel (en nombre) Contribution du solde migratoire (en nombre)
Calvados 0,1 0,1 0,1 918 448 470
Eure 0,1 0,3 -0,1 744 1 571 -827
Manche -0,2 -0,2 0,0 -903 -939 36
Orne -0,5 -0,2 -0,3 -1 484 -693 -792
Seine-Maritime 0,0 0,2 -0,2 171 2 992 -2 821
Normandie 0,0 0,1 -0,1 -555 3 379 -3 934
France métropolitaine 0,4 0,3 0,1 233 151 176 769 56 382
  • Avertissement : Les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturels et migratoires peut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population. On parle de hausse si le taux de variation de la population est supérieur ou égal à 0,2 %, de baisse si le taux est inférieur ou égal à - 0,2 %, de stabilité relative si le taux est égal à - 0,1 %, 0,0 % ou 0,1 %.
  • Champ : France métropolitaine, limites territoriales communales en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2021.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2013 et 2019, État civil

Figure 3Contribution des soldes naturels et migratoires à l’évolution de la population entre 2013 et 2019

  • Avertissement : Les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturels et migratoires peut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population. On parle de hausse si le taux de variation de la population est supérieur ou égal à 0,2 %, de baisse si le taux est inférieur ou égal à - 0,2 %, de stabilité relative si le taux est égal à - 0,1 %, 0,0 % ou 0,1 %.
  • Champ : France métropolitaine, limites territoriales communales en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2021.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2013 et 2019, État civil

La déprise démographique touche désormais la Manche

La Manche est peuplée de 495 045 habitants au 1er janvier 2019. Cela en fait le 52e département le plus peuplé à l’échelle nationale. Le solde migratoire étant à l’équilibre entre 2013 et 2019, c’est l’excédent de décès par rapport aux naissances qui explique le décrochage démographique constaté sur cette même période (- 0,2 % par an).

La commune de Cherbourg-en-Cotentin confirme son statut de 4e ville régionale, avec 78 549 habitants, et ce malgré une déperdition de population constatée entre 2013 et 2019. La ville a ainsi perdu 405 habitants par an en moyenne sur cette période, ce qui constitue toutefois un ralentissement de la déprise démographique (- 670 habitants par an entre 2008 et 2013). Au même titre qu’Évreux, Caen ou Le Havre, c’est majoritairement le solde migratoire qui explique la décroissance de la population (- 0,5 % par an entre 2013 et 2019).

Les communes en croissance démographique significative se situent plutôt au sud du département. C’est le cas notamment de Bréhal (+ 1,8 % par an) ou de Gouville-sur-Mer (+ 1,1 % par an). À l’inverse, à l’instar de Cherbourg-en-Cotentin, plusieurs communes du nord de la Manche se sont dépeuplées entre 2013 et 2019. C’est le cas notamment de La Hague (- 1 % par an), Port-Bail-sur-Mer (- 1,1 % par an) ou encore Saint-Vaast-la-Hougue (- 1,7 % par an).

Parmi les 6 communes manchoises de plus de 10 000 habitants, seule Avranches a vu sa population s’accroître entre 2013 et 2019, modestement toutefois (+ 0,1 % par an).

Figure 4Évolution annuelle moyenne de la population communale entre 2013 et 2019

  • Retrouver les données de la carte dans le fichier en téléchargement.
  • Avertissement : Les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. On parle de hausse si le taux de variation de la population est supérieur ou égal à 0,2 %, de baisse si le taux est inférieur ou égal à - 0,2 %, de stabilité relative si le taux est égal à - 0,1 %, 0,0 % ou 0,1 %.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2013 et 2019

Le déclin démographique s’accélère dans l’Orne

Avec 279 942 habitants au 1er janvier 2019, l’Orne est le département le moins peuplé de Normandie. Il se situe au 73e rang national. Le département a perdu 0,5 % de ses habitants chaque année entre 2013 et 2019, aggravant la tendance observée précédemment entre 2008 et 2013 (- 0,2 % par an). Ce résultat est dû à un solde naturel déficitaire (- 0,2 % par an), et un solde migratoire également orienté à la baisse (- 0,3 % par an). Chaque année entre 2013 et 2019, la population ornaise s’est réduite de 1 480 habitants.

La commune la plus peuplée de l’Orne reste la préfecture alençonnaise, avec 25 870 habitants en 2019. Si sa population a décru entre 2013 et 2019 (- 0,3 % par an), le rythme s’est ralenti en comparaison avec la période 2008-2013 (- 1,0 % par an).

Quelques communes ornaises ont vu leur population s’accroître entre 2013 et 2019. C’est notamment le cas autour d’Alençon, de Valframbert (+ 2,3 % par an) ou Condé-sur-Sarthe (+ 1,4 % par an). À l’inverse, de nombreuses communes du Perche voient leur population se réduire comme Mortagne-au-Perche (- 1,1 % par an), Tourouvre au Perche (- 1,1 % par an), Bellême (- 1,4 % par an) ou encore Val-au-Perche (- 1,8 % par an). Le déclin démographique est également particulièrement marqué à Vimoutiers qui a perdu 20 % de ses habitants entre 2008 et 2019.

Figure 5Population et évolution de la population, entre 2008 et 2019, des communes de plus de 15 000 habitants

Population et évolution de la population, entre 2008 et 2019, des communes de plus de 15 000 habitants
Département / commune Population au 1er janvier 2019 Rang régional Évolution annuelle moyenne de la population (en %) Évolution annuelle moyenne de la population (en nombre)
2013-2019 2008-2013 2013-2019 2008-2013
Calvados
Caen 106 230 3 -0,2 -0,5 -167 -534
Hérouville-Saint-Clair 22 555 12 0,9 -0,8 194 -175
Lisieux 20 038 14 -0,9 -0,9 -182 -195
Vire Normandie 16 590 19 -1,3 -0,6 -227 -107
Eure
Évreux 46 349 5 -1,2 -0,4 -562 -211
Vernon 23 727 11 -0,2 -0,8 -56 -187
Louviers 18 518 17 0,5 -0,2 83 -34
Manche
Cherbourg-en-Cotentin 78 549 4 -0,5 -0,8 -405 -670
Saint-Lô 19 050 16 -0,2 0,2 -39 39
Orne
Alençon 25 870 10 -0,3 -1,0 -80 -261
Seine-Maritime
Le Havre 168 290 1 -0,4 -0,8 -631 -1 339
Rouen 112 321 2 0,2 0,2 261 266
Sotteville-lès-Rouen 29 068 6 0,2 -0,9 61 -268
Saint-Étienne-du-Rouvray 28 352 7 -0,2 0,5 -64 134
Dieppe 28 241 8 -1,1 -2,1 -329 -675
Le Grand-Quevilly 25 963 9 0,7 -0,7 166 -172
Le Petit-Quevilly 22 000 13 -0,3 0,5 -71 113
Mont-Saint-Aignan 19 357 15 0,2 -0,8 30 -165
Fécamp 18 041 18 -1,2 -0,1 -223 -11
Elbeuf 16 224 20 -1,1 0,2 -187 35
Montivilliers 15 470 21 -0,8 -0,1 -121 -18
  • Avertissement : Les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturels et migratoires peut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population. On parle de hausse si le taux de variation de la population est supérieur ou égal à 0,2 %, de baisse si le taux est inférieur ou égal à - 0,2 %, de stabilité relative si le taux est égal à - 0,1 %, 0,0 % ou 0,1 %.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2008, 2013 et 2019

La population de Seine-Maritime se stabilise

Avec 1 255 633 habitants au 1er janvier 2019, la Seine-Maritime reste le département normand le plus peuplé, ce qui le classe au 16e rang à l’échelle de la France métropolitaine. En rythme annuel, le département gagne 170 habitants par an. Cette atonie démographique s’explique par deux effets contraires. D’une part le solde migratoire départemental est déficitaire (- 0,2 % par an), et d’autre part le solde naturel est positif, dans les mêmes proportions (+ 0,2 % par an). Les tendances étaient plus prononcées entre 2008 et 2013 (+ 0,4 % par an concernant l’excédent naturel, - 0,3 % par an s’agissant du solde migratoire).

La ville la plus peuplée de Normandie est toujours Le Havre, avec 168 290 habitants, bien que sa population se soit réduite entre 2013 et 2019 (- 0,4 % par an). La déprise démographique havraise se ralentit toutefois, la ville perdant moitié moins d’habitants par an qu’entre 2008 et 2013 (- 630 habitants contre - 1 340 habitants). À l’inverse, la population rouennaise progresse, et compte 112 321 habitants, essentiellement en lien avec un solde naturel dynamique (+ 0,5 % par an).

Les communes de la proche banlieue rouennaise présentent la croissance démographique la plus marquée. Ainsi, Bois-Guillaume (+ 1,9 % par an), Houppeville (+ 2,1 % par an), Belbeuf (+ 2,2 % par an), Boos (+ 2,5 % par an) et Saint-Jacques-sur-Darnétal (+ 2,8 % par an) ont vu leur population nettement augmenter entre 2013 et 2019. Le cas d’Isneauville est encore plus frappant : la commune a vu sa population croître de 44 % entre 2008 et 2019.

En revanche, les pôles urbains de Seine-Maritime éloignés de la capitale normande font face à un repli démographique. Outre l’exemple havrais, illustré également par sa proche banlieue (Montivilliers perd 0,8 % de ses habitants par an), Dieppe et Fécamp ont également vu leur population se réduire entre 2013 et 2019, dans des proportions similaires (- 1,1 % par an et - 1,2 % par an respectivement). De manière générale, dans nombre de communes de Seine-Maritime du littoral la population diminue, comme à Eu (- 1,1 % par an), Saint-Valéry-en-Caux (- 1,3 % par an) ou le Tréport (- 1,8 % par an).

Encadré - Les communes de moins de 2 000 habitants prospèrent

Les communes dont la population en 2008 s’établissait sous la barre des 2 000 habitants sont les communes les plus dynamiques démographiquement de la région sur la période 2013-2019. Elles représentent 38 % de la population normande et croissent à un rythme annuel situé entre 0,2 et 0,4 % selon les classes de communes. À l’inverse, les communes de plus de 5 000 habitants continuent de perdre des habitants, dans des proportions inversement similaires. Ces deux tendances étaient déjà à l’œuvre entre 2008 et 2013, mais se sont atténuées entre ces deux périodes (+ 0,9 % en 2008-2013 contre + 0,2 % en 2013-2019 pour les communes de moins de 500 habitants par exemple, ou encore - 0,5 % en 2008-2013 contre - 0,2 % en 2013-2019 pour les communes de plus de 20 000 habitants).

Figure 6Évolution annuelle moyenne de la population des communes entre 2008 et 2013, et entre 2013 et 2019 en fonction de leur taille en 2008

Évolution annuelle moyenne de la population des communes entre 2008 et 2013, et entre 2013 et 2019 en fonction de leur taille en 2008
Taille Nombre de communes Part de la population en 2019 (en %) Évolution annuelle moyenne de la population (en %)
2013-2019 2008-2013
Moins de 500 1 492 12,1 0,2 0,9
Entre 500 et 999 567 12,4 0,2 0,7
Entre 1 000 et 1 999 315 13,5 0,4 0,5
Entre 2 000 et 4 999 186 17,7 0,0 0,3
Entre 5 000 et 9 999 51 11,1 -0,2 0,0
Entre 10 000 et 19 999 26 10,3 -0,3 -0,1
20 000 ou plus 15 22,8 -0,2 -0,5
Ensemble 2 652 100,0 0,0 0,2
  • Avertissement : Les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturels et migratoires peut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population. On parle de hausse si le taux de variation de la population est supérieur ou égal à 0,2 %, de baisse si le taux est inférieur ou égal à - 0,2 %, de stabilité relative si le taux est égal à - 0,1 %, 0,0 % ou 0,1 %.
  • Sources : Insee, recensements de la population 2008, 2013 et 2019, État civil
Publication rédigée par : Flavien Alleaume, Camille Hurard (Insee)

Sources

Cette étude s’appuie sur les populations communales, dites « populations municipales légales », issues des recensements de la population réalisés par l’Insee, en partenariat avec les communes, en date de référence au 1ᵉʳ janvier 2019, au 1ᵉʳ janvier 2013 et au 1ᵉʳ janvier 2008.

Le concept de population municipale est défini par le décret n°2003-485 publié au Journal officiel du 8 juin 2003, relatif au recensement de la population. La population municipale comprend les personnes ayant leur résidence habituelle (au sens du décret) sur le territoire de la commune, dans un logement ou une communauté, les personnes détenues dans les établissements pénitentiaires de la commune, les personnes sans-abri recensées sur le territoire de la commune et les personnes résidant habituellement dans une habitation mobile recensée sur le territoire de la commune. Les données de population au 1ᵉʳ janvier 2019 dans les limites territoriales des communes existant au 1ᵉʳ janvier 2021 seront officielles dès leur authentification par décret. Ces populations officielles entrent en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2022.

Afin d’améliorer la prise en compte de la multi résidence, notamment pour les enfants en résidence partagée, le questionnaire du recensement de la population a évolué en 2018. La croissance de population mesurée entre 2013 et 2018 est ainsi affectée d’un très léger effet questionnaire, qui est négligeable sur cette période (Insee, note technique, 2019).

Les statistiques de l’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee.

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.

Le solde migratoire apparent est la différence entre le nombre de personnes entrées sur un territoire donné et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de la période considérée. Il est obtenu par différence entre la variation totale de la population au cours de la période considérée et le solde naturel.

Pour en savoir plus

Brutel C., « La dégradation du solde naturel affaiblit le dynamisme démographique entre 2013 et 2019 », Insee Focus n°257, décembre 2021.

Vallès V., « Le dynamisme démographique faiblit entre 2013 et 2018, avec la dégradation du solde naturel », Insee Focus n° 221, décembre 2020.

Poupet C., Roger P., « Bilan démographique 2019 : la population normande poursuit sa baisse », Insee Analyses n° 82, septembre 2020.

Hurard C., Brendler J., « Les moteurs de la croissance démographique normande à l’arrêt entre 2013 et 2018 », Insee Analyses n° 89, décembre 2020.