Insee
Insee Flash Auvergne-Rhône-Alpes · Mai 2021 · n° 91
Insee Flash Auvergne-Rhône-AlpesDans les métropoles, un ménage sur dix détient une résidence secondaire

Aline Labosse, Bruno Roy (Insee)

En 2017, dans les métropoles de Lyon, Grenoble, Saint-Étienne et Clermont-Ferrand, un ménage sur dix détient une résidence secondaire. Les différents confinements liés à la crise sanitaire peuvent conduire à des mouvements de population vers ces logements. Ces 116 000 résidences secondaires sont souvent situées dans le même département que le logement principal, dans des zones littorales ou montagneuses, mais aussi dans le département de naissance du référent du ménage. Ces propriétaires sont âgés et ont un niveau de vie plus élevé que l’ensemble de la population des quatre métropoles. Le plus souvent, les résidences secondaires sont des maisons.

Insee Flash Auvergne-Rhône-Alpes
No 91
Paru le : Paru le 07/05/2021

L’année 2020 a vu l’émergence d'une crise sanitaire inédite. Pour tenter de la freiner, plusieurs confinements ont été instaurés. Ils sont propices à des déplacements entre résidence principale et résidence secondaire, notamment depuis les territoires densément peuplés des métropoles d’Auvergne-Rhône-Alpes.

En 2017, 116 000 résidences secondaires (source) sont détenues par un ménage vivant dans l’une des quatre métropoles de la région (Lyon, Grenoble, Saint-Étienne et Clermont-Ferrand). Les 255 000 personnes composant ces ménages peuvent ainsi rejoindre cet autre logement. Les ménages propriétaires de résidences secondaires sont surreprésentés dans ces métropoles : ils possèdent 37 % des résidences secondaires détenues par les habitants de la région, alors qu’ils ne représentent que 33 % des ménages régionaux. Au total, 10 % des ménages vivant dans les métropoles de la région sont concernés, soit autant qu’en moyenne dans les autres métropoles françaises.

Des logements secondaires le plus souvent dans le département de résidence...

L’Isère, le Rhône, le Puy-de-Dôme, la Savoie, la Loire, la Haute-Loire, ainsi que le Var et l’Hérault, sont les départements qui cumulent le plus de résidences secondaires appartenant aux habitants des quatre métropoles. Ainsi, six sur dix de leurs résidences secondaires sont situées en Auvergne-Rhône-Alpes (figure 1). Les Stéphanois sont les plus concernés ; 67 % des propriétaires habitant dans cette métropole ont leur résidence secondaire dans la région, contre 58 % pour les Lyonnais. Les Grenoblois et Clermontois sont dans une situation intermédiaire (respectivement 60 % et 61 %).

Figure 1Localisation des résidences secondaires détenues par les habitants des métropoles d’Auvergne-Rhône-Alpes

Localisation des résidences secondaires détenues par les habitants des métropoles d’Auvergne-Rhône-Alpes
Code Département Nombre de résidences secondaires
38 Isère 14516
69 Rhône 9155
63 Puy-de-Dôme 8077
83 Var 8004
73 Savoie 7301
42 Loire 7119
43 Haute-Loire 6695
34 Hérault 6660
74 Haute-Savoie 4704
01 Ain 3506
07 Ardèche 3467
71 Saône-et-Loire 2860
06 Alpes-Maritimes 2744
30 Gard 2583
05 Hautes-Alpes 2447
26 Drôme 2404
75 Paris 1795
11 Aude 1707
66 Pyrénées-Orientales 1509
15 Cantal 1232
03 Allier 1089
13 Bouches-du-Rhône 938
39 Jura 916
17 Charente-Maritime 865
48 Lozère 695
23 Creuse 671
19 Corrèze 664
85 Vendée 620
84 Vaucluse 618
56 Morbihan 585
29 Finistère 515
2A Corse-du-Sud 506
33 Gironde 489
2B Haute-Corse 487
04 Alpes-de-Haute-Provence 484
92 Hauts-de-Seine 458
44 Loire-Atlantique 356
21 Côte-d'Or 337
12 Aveyron 331
22 Côtes-d'Armor 323
40 Landes 298
64 Pyrénées-Atlantiques 295
58 Nièvre 290
24 Dordogne 197
46 Lot 192
25 Doubs 191
35 Ille-et-Vilaine 184
18 Cher 172
89 Yonne 158
87 Haute-Vienne 153
14 Calvados 135
31 Haute-Garonne 133
94 Val-de-Marne 132
50 Manche 124
09 Ariège 120
70 Haute-Saône 119
88 Vosges 110
36 Indre 104
52 Haute-Marne 103
78 Yvelines 97
59 Nord 86
81 Tarn 85
93 Seine-Saint-Denis 85
37 Indre-et-Loire 84
45 Loiret 81
76 Seine-Maritime 81
77 Seine-et-Marne 79
65 Hautes-Pyrénées 77
68 Haut-Rhin 75
91 Essonne 73
86 Vienne 66
62 Pas-de-Calais 61
49 Maine-et-Loire 60
16 Charente 58
41 Loir-et-Cher 58
67 Bas-Rhin 58
54 Meurthe-et-Moselle 57
27 Eure 53
32 Gers 53
47 Lot-et-Garonne 44
10 Aube 43
82 Tarn-et-Garonne 43
57 Moselle 42
79 Deux-Sèvres 42
72 Sarthe 37
28 Eure-et-Loir 36
51 Marne 35
80 Somme 35
60 Oise 32
61 Orne 29
02 Aisne 28
08 Ardennes 25
55 Meuse 23
95 Val-d'Oise 21
53 Mayenne 16
  • Note : certains départements ne comportent pas de données en raison du secret statistique.
  • Source : Insee, Fichier démographique des logements et des individus (Fidéli) 2017

Figure 1Localisation des résidences secondaires détenues par les habitants des métropoles d’Auvergne-Rhône-Alpes

  • Note : certains départements ne comportent pas de données en raison du secret statistique.
  • Source : Insee, Fichier démographique des logements et des individus (Fidéli) 2017

La résidence secondaire est même en premier lieu située dans le département du logement principal (figure 2). Loin devant tout autre localisation, c’est le cas une fois sur quatre. Ce phénomène est également observé dans les autres métropoles de France, à un niveau plus faible (une fois sur cinq seulement).

Figure 2Principales caractéristiques des résidences secondaires des habitants des métropoles

Principales caractéristiques des résidences secondaires des habitants des métropoles
Nombre de résidences secondaires détenues Part des résidences secondaires... (en %)
… dans le même département que la résidence principale ... dans le département de naissance du référent du ménage … à moins de deux heures de la résidence principale (en heures creuses) … qui sont des maisons
Métropole de Lyon 62 100 14 19 47 56
Métropole de Grenoble 20 900 42 28 58 51
Métropole de Saint-Étienne 16 700 27 27 57 58
Métropole de Clermont-Ferrand 16 100 41 39 61 70
Ensemble des quatre métropoles 115 800 25 26 52 57
  • Source : Insee, Fichier démographique des logements et des individus (Fidéli) 2017

Ainsi, un peu plus de la moitié des résidences secondaires sont situées à moins de deux heures de trajet, en heures creuses, du domicile habituel. C’est à Clermont-Ferrand que l’on observe le temps d’accès le plus court (61 % sont à moins de deux heures). À l’opposé, pour les habitants de la Métropole de Lyon, 47 % seulement le sont.

Les habitants des métropoles de Grenoble et de Clermont-Ferrand sont particulièrement concernés avec quatre résidences secondaires sur dix dans leur département de résidence respectif. Pour Saint-Étienne, la proportion est légèrement plus faible (27 %) et minimale à Lyon (14 %). La présence de parcs naturels régionaux dans ces départements, qui abritent souvent plus de résidences secondaires, peut être une explication. Grenoble est proche du Vercors et de la Chartreuse, Clermont-Ferrand des Volcans d’Auvergne et du Livradois-Forez. Dans une moindre mesure, la présence du Pilat s’applique pour Saint-Étienne qui entretient aussi un fort lien de proximité avec la Haute-Loire, où se situe une résidence secondaire sur cinq des habitants de la métropole ligérienne.

...mais aussi à la montagne ou à la mer

Les habitants des métropoles de la région possèdent également leur résidence secondaire dans des départements de montagne (en dehors de celui de leur résidence principale). Ceux de la métropole lyonnaise privilégient les Alpes et leurs stations de ski (Isère, Savoie et Haute-Savoie) tandis que ceux de la métropole grenobloise détiennent la leur dans les départements limitrophes (Savoie et Hautes-Alpes). Les habitants de la métropole de Saint-Étienne ont également leurs résidences secondaires dans le département voisin du Puy-de-Dôme. Ceux de Clermont-Ferrand entretiennent des liens de proximité avec le Cantal, la Haute-Loire et l’Allier. Ces deux dernières métropoles sont légèrement moins attirées par les Alpes, sans doute parce qu’elles en sont plus éloignées.

Coté littoral, les régions de prédilection sont l’Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur à parts à peu près égales, sauf pour Clermont-Ferrand. Pour celle-ci, les propriétaires ont leurs résidences secondaires en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, pour des raisons de proximité géographique et d’accessibilité. Le Var est le premier département littoral de détention d’une résidence secondaire pour les habitants des métropoles lyonnaise, grenobloise et ligérienne. L’Hérault arrive aussi en bonne position pour ces trois métropoles et passe même à la première place pour Clermont-Ferrand.

Un quart des ménages propriétaires ont leur résidence secondaire dans le département où ils sont nés

Le département de naissance du référent du ménage est le même que celui de la résidence secondaire pour 26 % des ménages des quatre métropoles. Cela peut s’expliquer par un lien affectif à la région d’origine ou faire suite à la transmission d’un bien familial. Cette tendance est plus marquée pour les habitants de la métropole clermontoise (39 %) et à l’inverse, plus faible pour ceux de la métropole lyonnaise (19 %). Les natifs de Haute-Corse sont les plus concernés parmi l'ensemble des ménages des quatre métropoles détenteurs d’un logement secondaire : 62 % de leurs résidences secondaires se trouvent dans ce département. Les natifs de Lozère (60 %), de Haute-Loire (59 %), du Puy-de-Dôme (56 %), du Cantal et de Corse-du-Sud (55 % chacun) sont également dans ce cas.

Les résidences secondaires sont souvent des maisons

Les résidences secondaires sont plus souvent des maisons que des appartements, en particulier pour les habitants de Clermont-Ferrand, dont la part de maisons atteint 70 %. Pour les Lyonnais et les Stéphanois, cette part est à peu près la même (respectivement 56 % et 58 %). Enfin, pour les Grenoblois, le constat est proche de l’équilibre avec 51 % de maisons.

En Isère, les appartements sont plus répandus de par leur localisation plus fréquente dans les stations de ski (Oisans, Vercors, Grésivaudan). À l’inverse, le nombre important de maisons dans le Puy-de-Dôme peut s’expliquer par une faible pression foncière : la densité du département est de 82 hab./km².

Les propriétaires de résidences secondaires sont plutôt âgés avec un niveau de vie élevé

Les propriétaires de résidences secondaires sont surtout des couples sans enfants (45 % des ménages détenteurs) et des personnes seules (26 %). D’une métropole à une autre, ces proportions sont semblables. Par rapport à l’ensemble des ménages, les référents fiscaux des ménages ayant une résidence secondaire sont trois fois plus souvent âgés d’au moins 60 ans.

Le niveau de vie des individus disposant d’une résidence secondaire est élevé : pour 53 % d’entre eux, il est supérieur ou égal à 30 100 euros (contre 23 % pour l’ensemble des ménages des quatre métropoles). La part varie entre 41 % pour Saint-Étienne et 58 % pour Lyon.

La détention d’une résidence supplémentaire est plus facile à un âge où la plupart des couples n’ont plus d’enfants à charge et ont eu le temps de se constituer un patrimoine immobilier.

Publication rédigée par : Aline Labosse, Bruno Roy (Insee)

Sources

Fidéli 2017 (Fichier démographique d’origine fiscale sur les logements et les individus) assemble des données fiscales (fichier de la taxe d’habitation, des propriétés bâties, d’imposition des personnes…) permettant de disposer d'informations sur les logements et leurs occupants, notamment ceux des résidences secondaires. La fréquentation des résidences secondaires, leur utilisation et les dépenses associées sont toutefois inconnues.

Définitions


Une résidence secondaire définie au sens fiscal est un local meublé affecté à l’habitation et non occupé en permanence, soumis à la taxe d'habitation. Les résidences de tourisme, exonérées de taxe d'habitation, ne sont pas comptabilisées.


Le niveau de vie est le revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation. Il est identique pour tous les individus d’un même ménage.

Pour en savoir plus

« Savoie Mont Blanc : les résidences secondaires, un enjeu économique important », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes n° 111, janvier 2021

« Retour partiel des mouvements de population avec le déconfinement », Insee Analyses n° 54, juillet 2020

« Population présente sur le territoire avant et après le début du confinement – Premiers résultats », Insee Communiqué de presse du 08/04/20