Insee Analyses Auvergne-Rhône-AlpesLoire : peu de déménagements, une attractivité contrastée

Emma Bianco, Corinne Pollet, Émilie Senigout (Insee)

La population de la Loire, qui s’élève à près de 763 000 habitants, se caractérise par une grande stabilité résidentielle. Le département accueille peu de nouveaux habitants et ils ne sont pas nombreux à en partir. Cette population qui passe les frontières départementales se compose majoritairement de jeunes et notamment d’étudiants, attirés par les pôles de formation et les grandes agglomérations. Les changements de résidence au sein du département concernent principalement les étudiants qui se tournent vers le bassin de vie de Saint-Étienne et de jeunes actifs, seuls ou en couple, qui le quittent. Ceux-ci s’installent le plus souvent dans le bassin de Saint-Just-Saint-Rambert, à la recherche d’un autre cadre de vie.

Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes
No 104
Paru le : Paru le 15/10/2020
Emma Bianco, Corinne Pollet, Émilie Senigout (Insee)
Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes  No 104 - Octobre 2020

Le département de la Loire compte près de 763 000 habitants au 1er janvier 2017. Sa population augmente en moyenne de 0,2 % par an depuis 2012, contre + 0,6 % pour Auvergne-Rhône-Alpes. Pour la Loire, cette évolution est plus forte que celle des années précédentes. Elle était d’ailleurs négative dans les années 90. Cette augmentation est portée par les arrivées qui dépassent maintenant les départs. Si, depuis plus de 40 ans, la Loire voyait plus partir ses habitants qu’elle n’en accueillait de nouveaux, cette tendance s’inverse depuis les années 2010. Elle reste cependant très modérée par rapport aux autres départements de la région. Le solde naturel, avec un excès des naissances sur les décès, est plutôt positif et stable depuis plusieurs décennies.

Peu d’échanges avec l’extérieur du département

La population présente dans le département est résidentiellement peu mobile et se renouvelle peu. Sur 1 000 personnes habitant la Loire, 106 ont changé de résidence courant 2014 (figure 1), soit le quatrième taux le plus faible des départements de la région. Sur ces 106 mobilités, seules 22 viennent d’un autre département, soit 20 % des mouvements. Ce taux est de loin le plus bas de la région, où il est en moyenne de 25 %. Avec un peu plus de 16 000 nouveaux résidents, la Loire est globalement peu attractive.

Dans le même temps, la Loire retient ses habitants. Sur 1 000 personnes, seules 21 l’ont quitté en 2014. Cela représente 15 500 partants, soit 19 % des déménagements, contre 23 % en moyenne régionale. Ce taux est le plus faible des départements d’Auvergne-Rhône-Alpes, proche de celui du Puy-de-Dôme. Les ligériens qui déménagent préfèrent rester au sein de leur département, voire de leur commune puisque 41 % n’en sortent pas, soit le taux le plus élevé de la région.

Figure 1Peu de mobilités surtout avec l’extérieur du départementNombre de personnes ayant déménagé en 2014 pour 1000 habitants par département

Peu de mobilités surtout avec l’extérieur du département - Lecture : pour 1 000 habitants dans la Loire, 106 ont déménagé en 2014. Parmi eux, 22 sont des entrants dans le département et 84 y habitaient déjà.
entrants dans le département mobiles au sein du département
Haute-Loire 27 69
Cantal 28 72
Ardèche 35 69
Loire 22 85
Ain 31 78
Drôme 34 80
Isère 28 87
Allier 30 86
Savoie 33 84
Puy-de-Dôme 28 92
Rhône 33 92
Haute-Savoie 27 112
  • Lecture : pour 1 000 habitants dans la Loire, 106 ont déménagé en 2014. Parmi eux, 22 sont des entrants dans le département et 84 y habitaient déjà.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Figure 1Peu de mobilités surtout avec l’extérieur du départementNombre de personnes ayant déménagé en 2014 pour 1000 habitants par département

  • Lecture : pour 1 000 habitants dans la Loire, 106 ont déménagé en 2014. Parmi eux, 22 sont des entrants dans le département et 84 y habitaient déjà.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Les jeunes passent les frontières du département

Même minoritaires, les mobilités résidentielles avec les autres départements sont principalement effectuées par des personnes majeures de moins de 40 ans. Ces derniers représentent près de 60 % des arrivants et 63 % des sortants. Cette population est classiquement la plus mobile et ce sur tout le territoire national. À ces âges correspondent des étapes importantes de la vie qui demandent souvent de déménager : entrée en études supérieures ou sur le marché du travail, mise en couple, arrivée d’un enfant…

Parmi ces 18-39 ans, un peu plus de la moitié ont moins de 25 ans, soit 31 % des entrants et sortants, alors qu’ils ne représentent que 8 % de la population ligérienne. La part de ces très jeunes adultes dans les mobilités est plus forte dans la Loire qu’en moyenne régionale (29 %), même si elle reste plus basse que celles du Puy-de-Dôme (37 %) et du Rhône (34 %).

L’attractivité des pôles de formation et des grandes agglomérations, nationales comme régionales, est la première incitation à passer les frontières du département. Ainsi, 45 % des ménages sortants du département sont des personnes seules quittant un foyer plus nombreux. Près de 40 % s’installent dans un studio ou un 2 pièces. Parmi les 18-24 ans, une petite moitié partent pour le Rhône, vers Lyon principalement. Cette destination permet d’accéder d’une part à un large panel de formations à proximité, avec un nombre de places conséquent et, d’autre part, à une offre d’emplois parmi les plus importantes du pays. D’autres destinations plus lointaines répondent à ces critères, comme l’Occitanie et l’Île-de-France qui accueillent également des étudiants ligériens, notamment originaires de Saint-Étienne.

Saint-Étienne et son université attirent aussi des jeunes non ligériens. Plus de la moitié d’entre eux sont originaires des départements limitrophes, y compris du Rhône. En effet, l’offre de formation proposée y est diversifiée et reconnue dans certains domaines d’excellence (design, optique, écoles supérieures de premier plan…). De plus, le coût de la vie y est moindre, notamment celui du logement.

D’autres jeunes s’installent dans le département, sans doute de retour dans le foyer familial. Arrivés en général seuls, ils intègrent une famille avec enfants dans un logement plus grand que celui quitté. Ce retour au domicile parental peut correspondre à une période transitoire de recherche d’emploi en fin d’études, à une poursuite d’études demandant moins d’heures de présence ou au suivi d’un stage.

Le département voit aussi des ménages arriver ou partir à la recherche d’un autre cadre de vie. Ceux qui arrivent sont plus souvent des familles qui s’agrandissent et deviennent propriétaires. Ils proviennent autant d’une autre région que d’un autre département d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ceux qui partent sont plus souvent des familles plus âgées, dont les enfants quittent le foyer. Ils s’installent soit dans les départements limitrophes, notamment en Haute-Loire, soit dans une autre région.

Des échanges majoritaires avec les autres départements pour les bassins de vie de Saint-Étienne et de Roanne

Le bassin de vie de Saint-Étienne, notamment sa ville centre (encadré), est au cœur des échanges avec les autres départements (figure 2). Il accueille 54 % des nouveaux ligériens et rassemble le même pourcentage de personnes quittant le département. Ces parts sont conformes au poids démographique du bassin de vie au sein du département puisque, comptant 405 000 habitants, il concentre 53 % des ligériens. Plus de la moitié des autres échanges avec l’extérieur se font depuis ou vers les bassins de vie de plus petite taille que sont Roanne, Saint-Just-Saint-Rambert et Montbrison, également dans des proportions proches de leur poids démographique (respectivement 14 %, 10 % et 5 %). D’ailleurs, si l’on regarde l’ensemble des mobilités résidentielles, au sein du département ou avec l’extérieur, sept déménagements sur dix se font depuis ou vers l’un de ces quatre bassins de vie.

Figure 2Saint-Étienne et Roanne au cœur des échanges avec les autres départementsPrincipales migrations résidentielles en 2014 depuis ou vers un des quatre principaux bassins de vie de la Loire

Saint-Étienne et Roanne au cœur des échanges avec les autres départements
départ arrivée flux
autre département Bassin de vie de Saint-Étienne 8851
Bassin de vie de Saint-Étienne autre département 8390
autre département reste du département 3693
reste du département autre département 3172
Bassin de vie de Roanne autre département 2428
autre département Bassin de vie de Roanne 2171
Bassin de vie de Saint-Étienne Bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert 1434
Bassin de vie de Saint-Étienne reste du département 1241
Bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert Bassin de vie de Saint-Étienne 963
Bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert autre département 958
reste du département Bassin de vie de Saint-Étienne 910
autre département Bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert 870
Bassin de vie de Roanne reste du département 792
autre département Bassin de vie de Montbrison 703
reste du département Bassin de vie de Roanne 623
Bassin de vie de Montbrison autre département 545
Bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert reste du département 502
Bassin de vie de Montbrison reste du département 484
reste du département Bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert 461
Bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert Bassin de vie de Montbrison 365
Bassin de vie de Montbrison Bassin de vie de Saint-Étienne 362
Bassin de vie de Saint-Étienne Bassin de vie de Montbrison 323
reste du département Bassin de vie de Montbrison 317
Bassin de vie de Roanne Bassin de vie de Saint-Étienne 289
Bassin de vie de Montbrison Bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert 238
Bassin de vie de Saint-Étienne Bassin de vie de Roanne 205
  • * reste du département
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Figure 2Saint-Étienne et Roanne au cœur des échanges avec les autres départementsPrincipales migrations résidentielles en 2014 depuis ou vers un des quatre principaux bassins de vie de la Loire

  • * reste du département
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Même si Saint-Étienne est le bassin de vie de la Loire qui voit le plus de personnes s’y installer ou en partir, ces mouvements, rapportés à sa population, sont peu nombreux, du fait de la faiblesse des échanges internes au département. Sur 1 000 habitants, seuls 30 en sont partis ou s’y sont nouvellement installés (figure 3). Le constat est proche pour le bassin de vie de Roanne. Ainsi, plus le bassin de vie est peuplé, plus le renouvellement de ses habitants y est faible et se fait plus fréquemment avec les autres départements. Plus des deux tiers des entrants et sortants des bassins de vie de Saint-Étienne et de Roanne arrivent ou partent hors de la Loire, avec des échanges déficitaires pour Roanne et plus équilibrés pour Saint-Étienne. Ce taux atteint 78 % pour les entrants du bassin de vie de Saint-Étienne.

Figure 3Proportionnellement moins de mobilités dans les bassins de vie les plus peuplésNombre d’entrants et de sortants par bassin de vie pour 1 000 habitants selon leur origine/destination

en ‰
Proportionnellement moins de mobilités dans les bassins de vie les plus peuplés (en ‰) - Lecture : sur 1 000 habitants, 30 ont emménagé dans le bassin de vie de Saint-Étienne pendant que 31 en sont partis en 2014. Parmi eux, environ un quart vient du département ou y est resté, en majorité depuis ou vers un des autres principaux bassins de vie.
un des autres principaux bassins de vie le reste du département un autre département
Saint-Étienne entrants depuis 4,25 2,40 23,32
sortants vers 5,17 3,27 22,10
Roanne entrants depuis 2,69 5,93 20,67
sortants vers 3,81 7,54 23,12
Montbrison entrants depuis 18,65 8,14 18,11
sortants vers 16,36 12,44 14,04
Saint-Just-Saint-Rambert entrants depuis 24,15 6,37 12,02
sortants vers 18,95 6,94 13,24
  • Lecture : sur 1 000 habitants, 30 ont emménagé dans le bassin de vie de Saint-Étienne pendant que 31 en sont partis en 2014. Parmi eux, environ un quart vient du département ou y est resté, en majorité depuis ou vers un des autres principaux bassins de vie.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Figure 3Proportionnellement moins de mobilités dans les bassins de vie les plus peuplésNombre d’entrants et de sortants par bassin de vie pour 1 000 habitants selon leur origine/destination

  • Lecture : sur 1 000 habitants, 30 ont emménagé dans le bassin de vie de Saint-Étienne pendant que 31 en sont partis en 2014. Parmi eux, environ un quart vient du département ou y est resté, en majorité depuis ou vers un des autres principaux bassins de vie.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

À l’inverse, la population des bassins de vie de Saint-Just-Saint-Rambert et de Montbrison, pourtant moins peuplés, se renouvelle un peu plus. Sur 1 000 habitants de Saint-Just-Saint-Rambert, 38 en sont partis et plus de 40 y ont nouvellement emménagé. Ces taux sont encore supérieurs pour le bassin de vie de Montbrison. Ce renouvellement est interne au département. Plus de 60 % des entrants et des sortants de ces bassins de vie étaient déjà et restent ligériens. Ce taux atteint même 72 % pour les entrants à Saint-Just-Saint-Rambert.

Le bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert particulièrement attractif au sein du département

Au jeu des mobilités au sein du département de la Loire, le bassin de vie de Saint-Just-Saint-Rambert est largement gagnant. Les deux tiers des entrants ligériens résidaient auparavant à Saint-Étienne. Un mouvement similaire est observé avec Montbrison. La moitié des entrants ligériens de Montbrison habitaient la capitale stéphanoise.

Ces ménages, qui quittent Saint-Étienne pour ces deux bassins de vie voisins, sont plus souvent jeunes et il s’agit fréquemment de personnes seules ou de couples. Ils s’installent dans un logement individuel, souvent plus grand que le précédent, pour un meilleur cadre de vie. Pour la plupart, ils continuent de travailler dans le bassin de vie qu’ils ont quitté. En effet, plus d’un tiers des actifs de Saint-Just-Saint-Rambert travaillent dans le bassin de vie de Saint-Étienne. Cette part est de 14 % pour les Montbrisonnais.

D’autres ménages, plus âgés, quittent également le bassin de vie stéphanois pour intégrer un établissement spécialisé pour personnes âgées, plus disponible et moins onéreux dans les bassins de vie de Saint-Just-Saint-Rambert et de Montbrison.

Des échanges importants ont lieu également entre Montbrison et Saint-Just-Saint-Rambert. Une arrivée sur cinq dans le bassin de vie de Montbrison vient de son voisin. Ce sont, pour beaucoup, de jeunes familles avec enfants qui s’installent en maison. S’ils n’étaient pas déjà propriétaires, souvent ils le deviennent. Certains ménages qui font ce déplacement sont aussi des familles plus âgées, dont le référent est âgé d’au moins 65 ans.

Dans l’autre sens, 16 % des sortants de Montbrison partent s’installer à Saint-Just-Saint-Rambert. Ces ménages sont plus souvent des familles dont la taille se réduit, qui intègrent un logement plus petit en passant en appartement s’ils ne l’étaient pas déjà, selon leurs parcours de vie.

Le bassin de vie de Saint-Étienne, qui voit donc partir des habitants vers Saint-Just-Saint-Rambert et Montbrison, accueille tout de même un grand nombre d’étudiants restant étudier dans leur département d’origine. Les ligériens arrivants sur Saint-Étienne sont en effet des personnes seules, quittant un foyer plus nombreux, pour s’installer dans un petit appartement. Ces étudiants sont attirés par le pôle de formations de Saint-Étienne. Un autre flux d’étudiants, beaucoup plus faible, arrive sur Roanne qui abrite également un pôle de formations. Ce dernier est d’ailleurs plus largement occupé par des non-roannais que par des locaux, qui préfèrent partir étudier ailleurs, à Saint-Étienne, Lyon ou Clermont-Ferrand par exemple.

Les ménages quittant les bassins de vie de Roanne, Saint-Just-Saint-Rambert ou Montbrison, pour un bassin plus petit, sont plus souvent des familles dont la taille ne change pas. Ces familles restent ou passent en maison, dans un logement qui n’a pas forcément plus de pièces mais qui peut être plus spacieux.

À l’inverse, les ménages en provenance d’un petit bassin de vie sont également plus souvent des familles avec enfants dont la taille ne bouge pas, ou des ménages plus âgés dont la taille se réduit (avec le départ des enfants ou le ménage passe à une personne seule). La taille des logements de ces familles ne change pas ou est plus petite. Ces déménagements s’expliquent sans doute par la recherche de services de proximité, plus présents dans les grandes communes de ces bassins de vie.

De meilleures situations pour les sortants de Saint-Étienne et les entrants de Saint-Just-Saint-Rambert

Globalement, au jeu des mobilités internes et externes au département, le bassin de vie de Saint-Étienne est légèrement déficitaire. L’arrivée importante d’étudiants, ligériens et non ligériens, ne compense pas les départs des jeunes actifs et leurs enfants et des retraités.

Les partants ont une meilleure situation professionnelle et financière que les arrivants. En dehors des étudiants, ce bassin de vie voit davantage arriver des ouvriers, des chômeurs et des inactifs qu’il n’en voit partir (figure 4). À l’inverse, les cadres, professions intermédiaires et retraités déménagent plus qu’ils n’y emménagent. En termes de revenu, les ménages non imposables ou appartenant aux 10 % les plus modestes, arrivent plus qu’ils ne partent à l’inverse de toutes les autres catégories de revenus.

Le bilan est tout autre pour les bassins de vie de Saint-Just-Saint-Rambert et Montbrison. D’une part, ce premier bassin est gagnant au jeu des mobilités, avec l’accueil de Stéphanois, et le second l’est aussi, mais dans une moindre mesure. D’autre part, dans les deux cas, la situation des entrants est meilleure que celle des sortants. Même si les cadres en partent plus qu’ils n’y arrivent, tout comme les étudiants et les ouvriers, les professions intermédiaires et les retraités compensent ces flux. Globalement, ils voient plus s’installer que partir des ménages de trentenaires et de sexagénaires (et même des plus âgés s’agissant de Saint-Just-Saint-Rambert) appartenant à des tranches de revenus élevés.

Enfin, le bassin de vie de Roanne est déficitaire dans ses échanges, autant avec l’intérieur que l’extérieur du département. La situation de ses entrants, comme celle de ses sortants, est très hétérogène. Des cadres, des employés et des inactifs vont plus souvent y emménager qu’en partir. À l’inverse, des étudiants, des ouvriers, des professions intermédiaires, des retraités mais aussi des artisans commerçants en déménagent plus qu’ils ne s’y installent. Ce bassin semble plus autonome que les autres et non influencé par une dynamique métropolitaine.

Figure 4Le bassin de vie de Roanne est déficitaire dans ses échanges mais attire des cadresSolde des entrants et sortants par catégorie socio-professionnelle dans les principaux bassins de vie de la Loire

Le bassin de vie de Roanne est déficitaire dans ses échanges mais attire des cadres
Bassin de vie de
Saint-Étienne Roanne Montbrison Saint-Just-Saint-Rambert
étudiants 700 -220 -40 -190
inactifs (dont chômeurs) 300 20 -30 50
retraités -220 -40 30 40
agriculteurs, artisans, commerçants 10 -60 -20 -10
ouvriers 170 -100 -50 -30
employés -80 30 50 -20
professions intermédiaires -210 -60 70 40
cadres -360 40 -10 -20
ensemble 310 -390 0 -140
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Figure 4Le bassin de vie de Roanne est déficitaire dans ses échanges mais attire des cadresSolde des entrants et sortants par catégorie socio-professionnelle dans les principaux bassins de vie de la Loire

  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

Encadré 1 - Des mobilités de proximité pour la commune de Saint-Étienne

Dans le bassin de vie de Saint-Étienne, les déménagements sont essentiellement de proximité. Sur 1 000 habitants, 85 ont déménagé en son sein en 2014 pendant que 30 l’ont quitté. Les deux tiers des mouvements se font dans la même commune.

Ces mouvements de proximité concernent davantage les familles avec enfants. Un quart des personnes mobiles ont moins de 18 ans. Les 18-39 ans restent tout de même nombreux parmi eux mais largement moins que parmi ceux qui changent de bassin de vie.

La commune de Saint-Étienne est au cœur de ces mouvements au sein du bassin de vie. Plus de la moitié des mouvements partent ou arrivent dans cette commune, alors qu’elle rassemble 42 % de la population du bassin de vie. Ces mouvements se font principalement avec ses communes limitrophes, en défaveur de Saint-Étienne, sauf avec Saint-Chamond.

La commune de Saint-Étienne est également un pivot des échanges avec l’extérieur du bassin de vie. Six déplacements sur dix, depuis ou vers le bassin de vie stéphanois, sont liés à sa ville centre. La commune de Saint-Étienne est déficitaire dans ses échanges avec le reste du département, mais reste excédentaire dans ceux avec les autres départements, par l’arrivée des étudiants.

Encadré 2 - Le mot du partenaire

epures est l’Agence d’urbanisme de la région stéphanoise, créée en 1967. À la fois lieu de débat entre les acteurs du territoire et lieu de production d’expertise urbaine et territoriale, son périmètre d’intervention varie du quartier à l’échelle régionale. epures accompagne ses collectivités partenaires dans la préparation de leurs politiques publiques à travers son expertise mais également son centre de ressources territorial. Au travers des publications annuelles de son observatoire partenarial de la démographie, epures a souhaité analyser finement les mobilités résidentielles au sein du territoire de la Loire. L’analyse de ces mobilités permet de questionner les spécificités et les moteurs de l’attractivité interne et externe des différents bassins de vie ligériens.

Sources

Dans cette étude, les migrations résidentielles sont étudiées à partir de deux sources :

  • le recensement de la population 2015 qui permet de dénombrer les personnes ayant changé de résidence au cours de l’année 2014, à l’aide d’une question permettant de savoir où vivait la personne un an auparavant.
  • les fichiers démographiques sur les logements et les individus (Fidéli 2016) permettant de caractériser ces mobilités à partir de données issues de sources fiscales, grâce à l’analyse des caractéristiques du ménage d’appartenance ou du logement, avant et après la migration.

Définitions


Un bassin de vie est le plus petit territoire sur lequel les habitants ont accès aux équipements et aux services les plus courants (services aux particuliers, commerce, enseignement, santé, transport, sport, loisirs et culture).


Un ménage, au sens statistique du terme, désigne l’ensemble des occupants d’un même logement sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté (en cas de colocation, par exemple). Un ménage peut être composé d’une seule personne.

Pour en savoir plus

«  Saint-Étienne Métropole : davantage de maisons et des logements plus grands dans le neuf », Insee Flash Auvergne-Rhône-Alpes n° 61, juin 2019

«  Déménager du coeur des grandes agglomérations pour habiter autrement », Insee analyses Auvergne-Rhône-Alpes n° 69, novembre 2018

« Échanges migratoires : des arrivées d’étudiants et de travailleurs qualifiés », et « Déménager au sein de la région : des mobilités nombreuses au sein des espaces urbains », in « Nouvel espace régional et dynamique métropolitaines : tome 3, Géographie des déplacements, flux et mobilités » Insee Dossier Auvergne-Rhône-Alpes n° 4, octobre 2018