148 000 Britanniques résident en France, notamment dans les territoires peu denses de l’Ouest

Sonia Besnard, Hélène Chesnel, Valérie Mariette, Anna Simon (Insee)

En 2016, 148 300 Britanniques résident en France. Leurs arrivées ont été particulièrement importantes entre 1990 et 2006, période au cours de laquelle leur nombre a doublé. En 2016, 53 000 résidents britanniques, soit plus du tiers, sont retraités. Ils vivent majoritairement en couple, sans enfant, dans des territoires peu peuplés de l’ouest du pays comme la Charente, la Dordogne ou la Haute-Vienne. 55 000 Britanniques résidents sont en emploi. Ils habitent principalement dans les grandes villes offrant des emplois qualifiés. Les Alpes et quelques territoires frontaliers accueillent aussi des expatriés, relativement jeunes, venus la plupart du temps pour y travailler. Les résidents du Royaume-Uni choisissent aussi la France comme destination touristique. Ils y possèdent 86 000 résidences secondaires et constituent l’une des principales clientèles touristiques étrangères.

Insee Première
No 1809
Paru le : Paru le 16/07/2020
Sonia Besnard, Hélène Chesnel, Valérie Mariette, Anna Simon (Insee)
Insee Première  No 1809 - juillet 2020

La France, deuxième pays européen pour les ressortissants britanniques

En 2016, 148 300 Britanniques résident en France (encadré 1), deuxième pays d’Europe à accueillir le plus de ressortissants britanniques. En Espagne, ils sont deux fois plus nombreux. Les Britanniques représentent 0,2 % des habitants de France. Ils arrivent au 4e rang des ressortissants européens résidant sur le territoire français, loin derrière les Portugais (546 100 habitants) puis les Italiens (194 600 habitants) et les Espagnols (157 400 habitants) dont l’immigration est plus ancienne. Les nationalités nord-européennes, telles que les Belges, les Allemands ou les Néerlandais, sont moins représentées. La population étrangère est plus concentrée que l’ensemble de la population, mais avec des logiques de localisation différentes d’une nationalité à l’autre.

Encadré 1 - À l’avenir, davantage de Britanniques à demander la nationalité française ?

Le Brexit va avoir des conséquences directes sur la vie de nombreux Britanniques expatriés. Il pourrait inciter une partie d’entre eux à demander la nationalité française. En 2016, 22 800 personnes habitant en France, nées avec la nationalité britannique, possèdent la nationalité française. À partir du 1er janvier 2021 (ou du 1er juillet 2021 pour les ressortissants britanniques déjà installés en France), les dispositions de droit commun s’appliqueront et la détention d’un titre de séjour sera nécessaire pour s’installer en France.

Les Britanniques s’installent plus souvent dans les territoires les moins denses

À la recherche d’un cadre de vie moins urbanisé et de propriétés à coût plus abordable que dans leur pays, certains Britanniques s’installent dans les territoires les moins denses de France (figure 1). Ils se distinguent en cela des Belges et des Allemands qui privilégient des zones frontalières ou plus urbanisées (figure 2).

Ainsi, 19 % des Britanniques résident dans des communes très peu denses contre 9 % des Belges et 5 % des Allemands. 20 % des Néerlandais résident également dans ce type de communes, mais ils sont quatre fois moins nombreux.

Les Britanniques se concentrent particulièrement dans une vaste zone qui s’étend de la Haute-Vienne au Gers, englobant la Charente et la Dordogne. Ainsi, 43 % des Britanniques installés en France habitent en Nouvelle-Aquitaine ou en Occitanie (respectivement 39 200 et 24 900 personnes). Les Britanniques sont également plus présents à l’intérieur des terres bretonnes et au sud-ouest de la Normandie, zones plus proches des côtes anglaises, ou encore dans certaines zones de Savoie et de Haute-Savoie.

Ces préférences territoriales se retrouvent également chez les propriétaires britanniques de résidences secondaires en France. L’acquisition d’une résidence secondaire peut précéder une partie des installations définitives (encadré 2).

Figure 1 - Répartition et part des Britanniques dans la population par bassin de vie en 2016

Figure 1 - Répartition et part des Britanniques dans la population par bassin de vie en 2016
Nombre
de Britanniques
Part des Britanniques
dans la population
(en %)
74 Morzine 794 9,3
87 Le Dorat 794 9,3
24 Eymet 851 9,0
79 Sauzé-Vaussais 461 8,1
22 Callac 602 7,8
86 Civray 925 7,1
29 Huelgoat 525 6,8
79 Chef-Boutonne 460 6,6
16 Confolens 714 6,5
87 Rochechouart 922 6,4
86 L'Isle-Jourdain 375 6,3
16 Chabanais 471 6,2
47 Castillonnès 407 5,7
16 Chalais 615 5,6
24 Nontron 838 5,2
87 Châlus 446 5,2
16 Ruffec 959 5,1
56 Guémené-sur-Scorff 627 5,1
74 Chamonix-Mont-Blanc 602 5,0
16 Chasseneuil-sur-Bonnieure 449 4,8
24 Ribérac 1 223 4,8
16 Montbron 417 4,7
22 Rostrenen 945 4,7
53 Gorron 340 4,7
47 Villeréal 221 4,4
31 Boulogne-sur-Gesse 381 4,3
50 Mortain-Bocage 422 4,1
47 Monflanquin 268 4,0
87 Eymoutiers 209 4,0
53 Ambrières-les-Vallées 276 3,9
16 Terres-de-Haute-Charente 208 3,8
16 Mansle 399 3,7
73 Bozel 246 3,7
17 Aulnay 233 3,6
1 Divonne-les-Bains 356 3,5
46 Montcuq 317 3,5
61 Domfront en Poiraie 432 3,5
11 Espéraza 266 3,4
47 Miramont-de-Guyenne 399 3,4
86 Couhé 313 3,4
86 Montmorillon 434 3,4
87 Bellac 584 3,4
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation principale, sauf pour Mayotte, recensement 2017 .

Figure 1 - Répartition et part des Britanniques dans la population par bassin de vie en 2016

  • * Bassins de vie comptant moins de 5 000 habitants.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation principale, sauf pour Mayotte, recensement 2017.

Encadré 2 - La France : aussi une destination touristique pour les résidents du Royaume-Uni

Au-delà des 148 300 résidents britanniques, les habitants du Royaume-Uni sont nombreux à séjourner en France sur de plus courtes durées, que ce soit dans leur propre résidence secondaire ou en hébergement de tourisme. Ils possèdent 86 000 résidences secondaires en France et sont ainsi les plus nombreux parmi les propriétaires de l’étranger. Ils en détiennent notamment deux fois plus que les habitants de Belgique, d’Italie ou de Suisse. Ils privilégient l’achat de résidences secondaires dans les mêmes bassins de vie que ceux où sont installés les retraités britanniques (groupe A). Dans ces territoires, leurs propriétés représentent 17 % de l’ensemble des résidences secondaires. Ils en détiennent également un nombre important (8 600 logements) dans les zones touristiques des Alpes, où cette part atteint 6 %.

En 2018, les habitants du Royaume-Uni représentent la première clientèle étrangère dans les hébergements collectifs de tourisme de France métropolitaine que sont les hôtels, campings et autres hébergements touristiques. Ils ont passé au total plus de 19 millions de nuitées dans ces établissements, soit 14 % des nuitées en provenance l’étranger. Suivent de près les clientèles allemande, néerlandaise (13 % chacune) puis belge (10 %). Cependant, les résidents du Royaume-Uni ont réduit leur fréquentation entre 2015 et 2018 (– 7,5 % de nuitées), alors que celles des touristes provenant de l’étranger augmentait (+ 6,7 %). Cette diminution de la fréquentation britannique affecte toutes les zones touristiques, mais plus particulièrement le massif alpin (– 29 %). La baisse est plus modérée dans l’espace urbain (– 4 %), davantage fréquenté par une clientèle d’affaires, et les autres espaces plus ruraux. Le contexte économique lié au Brexit a pu peser sur cette évolution. Pour l’heure, les conditions de voyage des ressortissants britanniques vers la France n’ont pas été modifiées par le Brexit, mais elles pourraient l’être au-delà du 31 décembre 2020, ce qui pourrait avoir un impact sur l’activité des hébergements touristiques français. Par ailleurs, en 2020, la fréquentation touristique, notamment britannique, est fortement affectée par la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19.

Un rythme soutenu des arrivées dans les années 2000, qui ralentit depuis

Cette présence de la communauté britannique en France résulte de mouvements migratoires intervenus depuis la fin du XXe siècle. En 1990, 65 300 Britanniques étaient installés en France. Vingt-six ans plus tard, leur nombre a plus que doublé (figure 3).

Le phénomène s’amplifie et se diffuse géographiquement surtout entre 1999 et 2006. Le nombre de Britanniques augmente alors de 5,5 % par an, soit 6 100 personnes de plus par an en moyenne. Les nouveaux arrivants s’orientent alors davantage vers les territoires les moins denses (figure 4).

Cette période coïncide avec une forte hausse des prix de l’immobilier Outre-Manche, rendant l’accès à la propriété plus difficile. D’autres ménages britanniques ont pu y voir l’opportunité de revendre leur bien immobilier à un prix élevé pour acquérir une résidence et trouver une meilleure qualité de vie à l’étranger. Le développement des transports aériens à bas coûts a soutenu ce mouvement. Les liaisons régulières aériennes entre la France et le Royaume-Uni ont en effet triplé entre 1996 et 2007. Le tunnel sous la Manche a également été mis en service au début de cette période.

Cependant, à la fin des années 2000, le mouvement ralentit. Le recul de la devise britannique (– 20 % par rapport à l’euro entre 2006 et 2011) diminue le pouvoir d’achat des retraités établis en France dont les pensions sont en livre sterling. Ceci peut expliquer, en partie, que moins de Britanniques soient venus habiter en France. Sur la période récente, entre 2011 et 2016, leur nombre baisse de 1,2 % par an, soit 1 900 habitants de moins en moyenne par an. En parallèle, les personnes d’origine britannique sont également moins nombreuses à acquérir la nationalité française. Ainsi, en 2016, 78 % des Britanniques présents en France y sont installés depuis moins de vingt ans.

Les Britanniques ont des profils assez variés, avec des spécificités selon leur lieu de résidence. Ces territoires peuvent se répartir en cinq groupes distincts.

Figure 2 - Répartition des ressortissants étrangers par bassin de vie en 2016

effectifs
Figure 2 - Répartition des ressortissants étrangers par bassin de vie en 2016 (effectifs)
Néerlandais Belges Allemands Britanniques
75 Paris 4 861 11 876 15 946 16 855
6 Nice 1 143 3 065 2 057 4 796
31 Toulouse 461 1 053 2 553 2 698
67 Strasbourg 220 638 3 954 765
59 Lille 509 3 660 659 616
69 Lyon 501 1 282 1 715 1 789
57 Forbach 20 25 4 807 < 20
13 Marseille - Aix-en-Provence 522 1 648 1 433 1 186
74 Annemasse 471 890 1 159 2 059
67 Seltz < 20 < 20 3 096 < 20
33 Bordeaux 286 789 795 1 143
59 Maubeuge < 20 2 851 25 < 20
84 Avignon 372 1 323 547 611
57 Sarreguemines < 20 21 2 794 21
68 Saint-Louis 117 108 1 850 550
34 Montpellier 202 858 720 772
38 Grenoble 194 470 954 696
59 Valenciennes 27 1 882 128 77
54 Longwy < 20 1 647 35 21
68 Neuf-Brisach < 20 23 1 618 < 20
67 Haguenau 43 47 1 318 46
83 Draguignan 205 683 211 335
24 Ribérac 137 66 < 20 1 223
55 Stenay 53 1 317 < 20 < 20
24 Bergerac 102 216 58 909
57 Bouzonville < 20 < 20 1 241 < 20
66 Perpignan 215 491 194 337
59 Bavay < 20 1 115 < 20 < 20
24 Nontron 133 60 46 838
57 Creutzwald < 20 < 20 1 064 < 20
22 Rostrenen 43 32 < 20 945
16 Ruffec 20 29 < 20 959
87 Rochechouart 59 < 20 22 922
86 Civray 23 28 < 20 925
24 Eymet 32 56 24 851
8 Givet < 20 938 < 20 < 20
54 Longuyon < 20 891 < 20 21
58 Château-Chinon (Ville) 180 28 < 20 34
  • < 20 : effectif inférieur à 20.
  • Source : Insee, recensement de la population de 2016, sauf pour Mayotte, recensement de 2017.

Figure 2 - Répartition des ressortissants étrangers par bassin de vie en 2016

  • * Bassins de vie comptant moins de 5 000 habitants.
  • Source : Insee, recensement de la population de 2016, sauf pour Mayotte, recensement de 2017.

Les bassins de vie peu peuplés de l’Ouest accueillent des retraités britanniques

En 2016, 53 000 retraités britanniques vivent en France, pour la plupart en dehors des grandes agglomérations. Ils sont plus présents dans les zones les moins denses de la moitié ouest du pays (figure 5). Dans ces bassins de vie (groupes A et B), 56 % des Britanniques sont à la retraite (figure 6). Dans certains endroits du sud-ouest, comme à Condom (Gers), Prades (Pyrénées Orientales) ou Valence (Tarn-et-Garonne), plus de deux sur trois sont à la retraite. Ce choix de vie se fait souvent à deux, puisque 59 % des Britanniques résidant dans ces deux ensembles de bassins de vie (groupes A et B) vivent en couple, sans enfant, et avec un conjoint également britannique pour 86 % d’entre eux.

Dans les bassins de vie les moins peuplés (groupe A) vivent 32 700 Britanniques, soit 16 fois plus qu’en 1990. Ces territoires sont ceux où la croissance du nombre de Britanniques a été la plus forte (+ 11,2 % par an en moyenne entre 1990 et 2016, contre + 3,2 % sur l’ensemble de la France). Ils se situent au centre de la France (Creuse, Haute-Vienne, sud de la Vienne, sud de l’Indre, nord de la Charente, Dordogne), au cœur de la Bretagne ou au sud de la Normandie (figure 5), où l’immobilier reste relativement abordable. Les résidents britanniques y sont quasiment tous propriétaires (92 %) de leur résidence principale, presque toujours d’une maison.

Durant les années 2000, ont été ouvertes des lignes aériennes à bas coûts au départ de petits aéroports régionaux comme ceux de Limoges ou de Bergerac. Elles ont pu renforcer l’attractivité de ces territoires pour des ménages plus modestes que ceux des premières vagues de migrants britanniques. Elles ont également permis d’élargir l’offre aérienne à davantage de régions du Royaume-Uni. Ainsi, depuis une vingtaine d’années, de plus en plus de Britanniques s’installent dans ces territoires, parmi les moins denses de France. La moitié des résidents des territoires les moins peuplés (groupe A) est ainsi installée en France depuis moins de dix ans et ils représentent dorénavant, en moyenne, 3 % de la population de ce groupe de bassins de vie et parfois entre 8 % et 9 % des habitants, comme dans les bassins de vie de Callac (Côtes-d’Armor) ou du Dorat (Haute-Vienne). La présence de ces ressortissants britanniques participe à la vie de ces territoires faiblement peuplés (11 500 habitants en moyenne) et contribue bien souvent à soutenir l’activité des commerces ou à consolider les effectifs scolaires dans les communes qui accueillent des familles.

Sur cette même partie ouest de la France, 35 000 Britanniques vivent dans des bassins de vie davantage peuplés (groupe B) comptant en moyenne 30 000 habitants (figure 5). Leur présence y est moins marquée que dans les territoires du groupe A : ils représentent moins de 1 % des habitants. Leur installation dans ces territoires est aussi un peu plus ancienne : 62 % y sont depuis plus de dix ans. Parmi les retraités britanniques, qui restent les plus nombreux dans ce groupe, un sur deux était cadre ou profession intermédiaire alors que cette proportion n’est que d’un sur quatre parmi l’ensemble de la population retraitée habitant dans ces bassins de vie.

Toutefois, dans les plus grands de ces bassins de vie, les résidents britanniques sont un peu plus souvent en activité, comme à Béziers, Draguignan, Cognac ou Agen, où 30 % à 40 % travaillent. De plus, les familles avec enfants y sont un peu plus fréquentes.

Figure 3 - Nombre de Britanniques par type de bassin de vie depuis 1990

effectifs
Figure 3 - Nombre de Britanniques par type de bassin de vie depuis 1990 (effectifs)
1990 1999 2006 2011 2016
A - Territoires peu ou très peu denses, avec majorité de Britanniques retraités et forte présence britannique 2 100 7 000 25 600 33 200 32 700
B - Territoires peu ou moyennement denses, avec majorité de Britanniques retraités 6 600 14 100 32 900 38 100 34 900
C - Grandes agglomérations, avec surtout des Britanniques en emploi ou étudiants 37 500 43 700 38 800 40 700 38 300
D - Territoires frontaliers, avec des Britanniques travaillant à l’étranger 3 000 3 500 4 600 5 800 5 700
E - Territoires touristiques des Alpes, avec des Britanniques plus jeunes et en emploi 300 1 000 1 900 2 900 3 400
F - Autres territoires (moins de 100 Britanniques) 15 800 25 100 33 300 37 000 33 300
Total 65 300 94 400 137 100 157 800 148 200
  • Note : groupes issus d'une typologie réalisée sur des bassins de vie comprenant au moins 100 Britanniques (figure 5).
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, recensements de la population.

Figure 3 - Nombre de Britanniques par type de bassin de vie depuis 1990

  • Note : groupes issus d'une typologie réalisée sur des bassins de vie comprenant au moins 100 Britanniques (figure 5).
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, recensements de la population.

Figure 4 - Évolution de la part des Britanniques dans la population

Figure 4 - Évolution de la part des Britanniques dans la population
1990 1999 2006 2011 2016
Nombre de Britanniques Part dans la population (en %) Nombre de Britanniques Part dans la population (en %) Nombre de Britanniques Part dans la population (en %) Nombre de Britanniques Part dans la population (en %) Nombre de Britanniques Part dans la population (en %)
Ain 1 844 0,39 2 153 0,42 2 474 0,44 2 981 0,49 3 036 0,48
Aisne 96 0,02 166 0,03 162 0,03 173 0,03 158 0,03
Allier 188 0,05 270 0,08 387 0,11 434 0,13 418 0,12
Alpes-de-Haute-Provence 124 0,09 173 0,12 253 0,16 326 0,20 340 0,21
Hautes-Alpes 20 0,02 148 0,12 196 0,15 274 0,20 261 0,18
Alpes-Maritimes 4 669 0,48 4 677 0,46 5 893 0,55 6 000 0,55 5 256 0,49
Ardèche 280 0,10 295 0,10 284 0,09 360 0,11 323 0,10
Ardennes 60 0,02 45 0,02 39 0,01 49 0,02 39 0,01
Ariège 124 0,09 275 0,20 747 0,51 1 003 0,66 948 0,62
Aube 108 0,04 114 0,04 71 0,02 102 0,03 82 0,03
Aude 668 0,22 1 050 0,34 3 072 0,90 3 699 1,03 3 419 0,93
Aveyron 101 0,04 303 0,11 728 0,27 911 0,33 874 0,31
Bouches-du-Rhône 1 744 0,10 2 117 0,12 1 708 0,09 1 738 0,09 1 695 0,08
Calvados 640 0,10 984 0,15 1 545 0,23 1 572 0,23 1 439 0,21
Cantal 48 0,03 75 0,05 110 0,07 161 0,11 175 0,12
Charente 372 0,11 1 389 0,41 5 083 1,46 6 356 1,80 6 220 1,76
Charente-Maritime 484 0,09 1 085 0,19 3 044 0,51 3 456 0,55 3 002 0,47
Cher 152 0,05 210 0,07 273 0,09 341 0,11 329 0,11
Corrèze 128 0,05 296 0,13 801 0,33 1 256 0,52 1 206 0,50
Côte-d'Or 300 0,06 453 0,09 587 0,11 705 0,13 681 0,13
Côtes-d'Armor 436 0,08 1 494 0,28 4 508 0,79 5 174 0,87 4 566 0,76
Creuse 64 0,05 232 0,19 1 428 1,16 2 176 1,78 2 107 1,76
Dordogne 1 492 0,39 2 863 0,74 6 324 1,57 7 446 1,79 7 198 1,74
Doubs 200 0,04 214 0,04 150 0,03 132 0,02 168 0,03
Drôme 216 0,05 445 0,10 557 0,12 522 0,11 533 0,10
Eure 316 0,06 487 0,09 577 0,10 588 0,10 494 0,08
Eure-et-Loir 208 0,05 308 0,08 279 0,07 302 0,07 249 0,06
Finistère 404 0,05 1 067 0,13 1 964 0,22 2 312 0,26 2 197 0,24
Corse-du-Sud 156 0,13 83 0,07 77 0,06 71 0,05 58 0,04
Haute-Corse 140 0,11 140 0,10 99 0,06 118 0,07 85 0,05
Gard 712 0,12 869 0,14 1 186 0,17 1 402 0,20 1 233 0,17
Haute-Garonne 1 368 0,15 2 393 0,23 3 435 0,29 3 907 0,31 3 957 0,29
Gers 424 0,24 907 0,53 2 150 1,19 2 630 1,39 2 435 1,28
Gironde 1 224 0,10 1 754 0,14 2 085 0,15 2 528 0,17 2 606 0,17
Hérault 1 032 0,13 2 069 0,23 3 141 0,31 3 508 0,33 3 465 0,31
Ille-et-Vilaine 596 0,07 1 258 0,14 1 782 0,19 1 819 0,18 1 734 0,16
Indre 116 0,05 198 0,09 802 0,34 1 031 0,45 940 0,42
Indre-et-Loire 352 0,07 650 0,12 760 0,13 981 0,17 878 0,14
Isère 1 124 0,11 1 846 0,17 1 546 0,13 1 771 0,15 1 485 0,12
Jura 76 0,03 99 0,04 138 0,05 163 0,06 161 0,06
Landes 132 0,04 315 0,10 632 0,17 866 0,22 786 0,19
Loir-et-Cher 144 0,05 228 0,07 275 0,08 317 0,10 304 0,09
Loire 188 0,03 304 0,04 290 0,04 341 0,05 277 0,04
Haute-Loire 44 0,02 108 0,05 144 0,07 168 0,07 164 0,07
Loire-Atlantique 560 0,05 1 069 0,09 1 287 0,10 1 297 0,10 1 230 0,09
Loiret 312 0,05 423 0,07 329 0,05 292 0,04 221 0,03
Lot 448 0,29 1 202 0,75 2 393 1,41 2 674 1,53 2 344 1,35
Lot-et-Garonne 760 0,25 1 325 0,43 2 915 0,90 3 545 1,07 3 366 1,01
Lozère 36 0,05 52 0,07 65 0,08 79 0,10 53 0,07
Maine-et-Loire 312 0,04 759 0,10 1 218 0,16 1 384 0,18 1 242 0,15
Manche 276 0,06 1 107 0,23 3 051 0,62 3 679 0,74 3 285 0,66
Marne 244 0,04 274 0,05 216 0,04 187 0,03 195 0,03
Haute-Marne 32 0,02 57 0,03 28 0,01 76 0,04 71 0,04
Mayenne 116 0,04 610 0,21 1 791 0,60 2 232 0,73 2 106 0,68
Meurthe-et-Moselle 248 0,03 302 0,04 215 0,03 218 0,03 180 0,02
Meuse 36 0,02 50 0,03 48 0,03 84 0,04 51 0,03
Morbihan 444 0,07 1 265 0,20 3 677 0,53 4 197 0,58 3 681 0,49
Moselle 164 0,02 301 0,03 318 0,03 346 0,03 297 0,03
Nièvre 112 0,05 125 0,06 238 0,11 335 0,15 290 0,14
Nord 956 0,04 1 332 0,05 943 0,04 1 094 0,04 988 0,04
Oise 797 0,11 973 0,13 788 0,10 733 0,09 707 0,09
Orne 168 0,06 439 0,15 1 470 0,50 1 630 0,56 1 517 0,53
Pas-de-Calais 928 0,06 1 247 0,09 1 422 0,10 1 485 0,10 1 209 0,08
Puy-de-Dôme 380 0,06 571 0,09 741 0,12 894 0,14 771 0,12
Pyrénées-Atlantiques 484 0,08 876 0,15 1 170 0,18 1 655 0,25 1 671 0,25
Hautes-Pyrénées 112 0,05 283 0,13 825 0,36 1 139 0,50 1 196 0,52
Pyrénées-Orientales 580 0,16 962 0,24 1 721 0,40 1 959 0,43 1 832 0,39
Bas-Rhin 892 0,09 1 434 0,14 1 158 0,11 1 183 0,11 1 079 0,10
Haut-Rhin 404 0,06 662 0,09 912 0,12 1 143 0,15 1 049 0,14
Rhône 1 364 0,09 1 818 0,12 1 642 0,10 1 808 0,10 1 946 0,11
Haute-Saône 32 0,01 66 0,03 78 0,03 96 0,04 90 0,04
Saône-et-Loire 184 0,03 413 0,08 683 0,12 877 0,16 830 0,15
Sarthe 212 0,04 340 0,06 549 0,10 683 0,12 520 0,09
Savoie 244 0,07 672 0,18 932 0,23 1 340 0,32 1 513 0,35
Haute-Savoie 1 012 0,18 1 543 0,24 2 892 0,42 3 956 0,53 4 234 0,53
Paris 8 894 0,41 9 219 0,43 8 468 0,39 9 118 0,41 7 499 0,34
Seine-Maritime 852 0,07 1 078 0,09 893 0,07 910 0,07 748 0,06
Seine-et-Marne 1 458 0,14 1 964 0,16 1 527 0,12 1 547 0,12 1 448 0,10
Yvelines 4 628 0,35 5 258 0,39 4 693 0,34 4 205 0,30 3 534 0,25
Deux-Sèvres 120 0,03 612 0,18 2 595 0,72 3 478 0,94 3 282 0,88
Somme 184 0,03 336 0,06 319 0,06 331 0,06 303 0,05
Tarn 296 0,09 763 0,22 1 566 0,43 1 693 0,45 1 565 0,41
Tarn-et-Garonne 388 0,19 924 0,45 1 684 0,74 1 818 0,74 1 611 0,63
Var 1 688 0,21 2 002 0,22 2 335 0,24 2 554 0,25 2 671 0,25
Vaucluse 624 0,13 779 0,16 903 0,17 1 026 0,19 918 0,16
Vendée 236 0,05 656 0,12 1 803 0,30 2 102 0,33 2 016 0,30
Vienne 212 0,06 702 0,18 2 251 0,54 3 047 0,71 3 150 0,72
Haute-Vienne 268 0,08 626 0,18 3 288 0,90 4 516 1,20 4 608 1,23
Vosges 60 0,02 103 0,03 114 0,03 143 0,04 127 0,03
Yonne 172 0,05 315 0,09 371 0,11 386 0,11 374 0,11
Territoire de Belfort 68 0,05 86 0,06 74 0,05 44 0,03 73 0,05
Essonne 1 056 0,10 1 474 0,13 1 042 0,09 834 0,07 844 0,07
Hauts-de-Seine 3 180 0,23 3 377 0,24 2 455 0,16 2 412 0,15 2 432 0,15
Seine-Saint-Denis 1 160 0,08 1 192 0,09 791 0,05 864 0,06 985 0,06
Val-de-Marne 1 456 0,12 1 585 0,13 1 133 0,09 1 022 0,08 1 124 0,08
Val-d'Oise 945 0,09 1 247 0,11 667 0,06 784 0,07 732 0,06
Guadeloupe 165 0,05 173 0,04 88 0,02 84 0,02 103 0,03
Martinique 298 0,08 279 0,07 288 0,07 152 0,04 96 0,03
Guyane 592 0,52 239 0,15 103 0,05 115 0,05 87 0,03
La Réunion 163 0,03 215 0,03 148 0,02 150 0,02 163 0,02
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, recensements de la population 1990 à 2016, exploitation principale.

Figure 4 - Évolution de la part des Britanniques dans la population

  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, recensements de la population 1990 à 2016, exploitation principale.

Les Britanniques en emploi, surtout présents dans les grandes villes

En 2016, 55 000 Britanniques vivant en France sont en emploi. Ils sont un peu plus nombreux que les retraités. Une grande partie d’entre eux résident dans des bassins de vie centrés sur les grandes agglomérations (groupe C) dans lesquelles se concentrent les emplois de gestion, de cadres et de professions intellectuelles (figure 5). Dans ces bassins de vie, les Britanniques qui travaillent sont majoritaires (61 %) (figure 6). Ces résidents sont plutôt qualifiés (un quart est cadre), diplômés (deux tiers sont diplômés du supérieur) et relativement jeunes (un sur deux a entre 18 et 50 ans). Par ailleurs 20 % vivent seuls et 59 % vivent en couple, aussi souvent sans enfant qu’avec. Ces couples sont plus souvent bi-nationaux : six Britanniques sur dix ont un conjoint français. Dans l’Ouest, certains bassins de vie accueillent plutôt des Britanniques qui y suivent leurs études. Ainsi, dans les bassins de vie de Tarbes, Poitiers, Limoges, Angers, Caen et Rennes, les étudiants représentent le quart des ressortissants britanniques.

Historiquement, les Britanniques se sont implantés dans les plus grandes villes pour y travailler. Ainsi, dans les agglomérations concernées, les ressortissants britanniques sont installés depuis plus longtemps : 36 % sont arrivés depuis plus de vingt ans, contre 22 % en moyenne. Les Britanniques ayant acquis la nationalité française sont d’ailleurs, eux aussi, largement surreprésentés dans ces territoires. En 1990, six Britanniques sur dix installés en France l’étaient dans ces grandes villes. En 2016, ils sont à peine plus nombreux (38 300) et ne représentent plus qu’un quart des Britanniques installés en France.

Des Britanniques en emploi habitent aussi dans des zones frontalières ou touristiques alpines

En 2016, 5 700 Britanniques sont installés dans une douzaine de bassins de vie proches de la Suisse (dont neuf en périphérie de Genève et deux dans le Haut-Rhin, près de Bâle) ou de l’Italie (Menton) (figure 5). Parmi eux, 61 % ont un emploi, localisé à l’étranger dans trois cas sur quatre (groupe D). Avec ses organisations internationales et ses activités tertiaires, Genève attire une main-d’œuvre qualifiée et internationale. Ainsi, 500 Britanniques résidant dans ces bassins de vie travaillent pour ce type d’organisations. Parmi les résidents britanniques âgés de 14 ans ou plus, 63 % sont diplômés du supérieur ; près de 20 % sont cadres et autant professions intermédiaires.

Un autre ensemble de onze bassins de vie touristiques alpins accueille aussi des populations jeunes originaires du Royaume-Uni, venues pour y travailler (groupe E). Dans ces zones qui regroupent au total 3 400 ressortissants, 77 % des Britanniques âgés de plus de 14 ans sont en emploi. Ils exercent notamment dans des activités liées au tourisme, comme l’hébergement et la restauration (27 %) ou le transport et l’entreposage (9 %). Ils sont également plus souvent qu’ailleurs artisans, commerçants ou chefs d’entreprise (18 %). Les Britanniques représentent en moyenne 2 % de la population de ces bassins de vie, cette part atteignant 5 % à Chamonix-Mont-Blanc et 9 % à Morzine. Leur arrivée est un peu plus récente que dans les autres bassins de vie : 52 % habitent en France depuis moins de dix ans. Ils sont aussi plus jeunes, puisque les trois quarts ont moins de 50 ans, contre 41 % des Britanniques qui résident en France. Dans ces bassins de vie, 4,4 % des enfants en âge d’aller à l’école primaire sont britanniques, soit 920 enfants. Ces zones sont également une destination touristique pour les résidents du Royaume-Uni.

Figure 5 - Différents types de bassin de vie selon le profil et la présence de la population britannique

Figure 5 - Différents types de bassin de vie selon le profil et la présence de la population britannique
Les données détaillées sont disponibles dans le fichier à télécharger.

Figure 5 - Différents types de bassin de vie selon le profil et la présence de la population britannique

  • Note : classification réalisée sur les bassins de vie comprenant au moins 100 ressortissants britanniques.
  • Source : Insee, recensements de la population de 1990 à 2016.

Figure 6 - Répartition des Britanniques selon leur activité en 2016, par type de bassin de vie

en %
Figure 6 - Répartition des Britanniques selon leur activité en 2016, par type de bassin de vie (en %)
En emploi Chômeurs Retraités Élèves,
étudiants,
stagiaires
Autres inactifs
Groupe A 26 4 56 4 10
Groupe B 28 4 56 4 9
Groupe C 61 6 15 9 8
Groupe D 61 4 18 7 10
Groupe E 77 2 9 4 8
Ensemble 41 5 39 5 9
  • Note : groupes issus d'une typologie réalisée sur des bassins de vie comprenant au moins 100 Britanniques (figure 5).
  • Champ : France hors Mayotte, population âgée de 14 ans ou plus.
  • Source : Insee, recensement de la population.

Figure 6 - Répartition des Britanniques selon leur activité en 2016, par type de bassin de vie

  • Note : groupes issus d'une typologie réalisée sur des bassins de vie comprenant au moins 100 Britanniques (figure 5).
  • Champ : France hors Mayotte, population âgée de 14 ans ou plus.
  • Source : Insee, recensement de la population.

Sources

Le recensement de la population de 2016 est la principale source mobilisée, ainsi que les millésimes 1990, 1999, 2006 et 2011. Il permet de connaître la nationalité actuelle et la nationalité de naissance déclarées par les répondants. En revanche, elle ne permet pas de dénombrer les personnes disposant d’une double nationalité.

Les données sur les propriétaires des résidences secondaires sont issues du millésime 2017 du fichier démographique des logements et des individus (Fideli). Celles sur la fréquentation touristique proviennent des millésimes 2015 à 2018 de l’enquête de fréquentation des hébergements collectifs touristiques (hors DOM).

La typologie des bassins de vie est établie sur la base d’une analyse en composantes principales suivie d’une classification ascendante hiérarchique. Elle porte uniquement sur les bassins de vie comptant au moins 100 Britanniques et utilise le recensement de la population de 2016. Elle s’appuie sur des variables évaluant la présence des Britanniques dans les bassins de vie, leur âge, leur niveau de diplôme, leur mode de vie (en logement ordinaire ou en collectivité, propriétaire ou locataire, en famille, en couple avec ou non un conjoint britannique ou seul), leur type d’activité (à la retraite, en emploi, étudiant…), leur catégorie socioprofessionnelle, leur statut de frontalier et l’ancienneté de leur installation en France.

Définitions

Dans cette étude, un Britannique ou un ressortissant britannique désigne une personne qui déclare être de nationalité britannique et résider en France au recensement de la population. Les personnes déclarant être de nationalité française mais détenir antérieurement la nationalité britannique (c’est-à-dire avoir acquis la nationalité française après la naissance) ne font pas partie du champ de cette étude.

Un résident sur le territoire est compté comme tel, dans le recensement de la population, s’il réside en France au moins douze mois consécutifs.

Un bassin de vie est le plus petit territoire au sein duquel les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants.

Les résidences secondaires sont définies ici à partir d’un critère fiscal. Elles désignent des locaux meublés, affectés à l’habitation et non occupés en permanence, et soumis à la taxe d’habitation. Cette définition exclut les résidences de tourisme et diffère de celle du recensement de la population. L’origine des propriétaires est déterminée à partir du pays de résidence des personnes, indépendamment de la nationalité.

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées.

La grille de densité caractérise les communes en fonction de la répartition de la population sur leur territoire. Elle distingue quatre niveaux de densité : les communes densément peuplées, de densité intermédiaire, peu denses ou très peu denses. Plus la population est concentrée et nombreuse, plus la commune est considérée comme dense.

Pour en savoir plus

Pauvers S., « L’Occitanie, deuxième région d’accueil des Britanniques expatriés », Insee Analyses Occitanie n° 83, octobre 2019.

Bianco E., Simon A., «  Brexit : des effets incertains mais sans doute limités à l’échelle de la région », Insee Flash Auvergne-Rhône-Alpes n° 56, avril 2019.

Tchiveindhais C., « Un quart des Britanniques vivant en France sont néo-aquitains », Insee Flash Nouvelle-Aquitaine n° 28, septembre 2017.

Tee Anderson P., « Du rêve à l’« exil » : les Britanniques en France et en Espagne des années 1960 à nos jours », Presses universitaires de Perpignan, 2010.

Ardillier-Carras F., « L’immigration britannique en France : le cas du Limousin », in Population & Avenir 2008/5 n° 690, 2008.