Baisse de l’excédent migratoire dans les Hautes-Alpes

Anton Monsef, Daniel Martinelli (Insee)

Dans les Hautes-Alpes, la croissance démographique a nettement ralenti. Depuis la crise de 2008, l’emploi stagne, avec une légère progression dans la zone d’emploi de Gap et une diminution dans celle de Briançon. Cependant, le taux de chômage du département reste le plus faible de la région et le taux d’activité le plus haut, en particulier chez les jeunes. La vulnérabilité énergétique, due à la taille des logements et au climat rigoureux, est l’une des plus élevées de France. L’accès aux équipements et services est inégal : si Gap est un pôle de services important, les temps d’accès aux équipements supérieurs sont plus élevés dans certains territoires éloignés de la préfecture du département.

Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 81
Paru le : Paru le 16/01/2020
Anton Monsef, Daniel Martinelli (Insee)
Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur  No 81 - janvier 2020

Un département faiblement peuplé

Avec 141 100 habitants en 2016, les Hautes-Alpes constituent le 3e département le moins peuplé de France après la Lozère et la Creuse. Le département est montagneux, les surfaces agricoles peu importantes et seulement 1,3 % de sa superficie est artificialisée contre 6,5 % au niveau régional.

Seules deux communes comptent plus de 10 000 habitants : Gap (40 000) et Briançon (12 000) (figure 1). Les autres communes sont peuplées de moins de 6 000 habitants. Un quart de la population vit dans des communes hors influence de pôles urbains (moins de 3 % au niveau régional). Deux zones d’emplois structurent le département, celles de Gap et de Briançon.

Figure 1Seules les villes de Gap et Briançon comptent plus de 10 000 habitantsPopulation municipale en 2016 dans les Hautes-Alpes, par commune

Seules les villes de Gap et Briançon comptent plus de 10 000 habitants
Code Libellé Population
05001 Abriès-Ristolas 382
05003 Aiguilles 428
05004 Ancelle 910
05006 L'Argentière-la-Bessée 2 293
05007 Arvieux 372
05008 Aspremont 350
05009 Aspres-lès-Corps 107
05010 Aspres-sur-Buëch 830
05011 Avançon 401
05012 Baratier 593
05013 Barcillonnette 143
05014 Barret-sur-Méouge 220
05016 La Bâtie-Montsaléon 244
05017 La Bâtie-Neuve 2 506
05018 La Bâtie-Vieille 350
05019 La Beaume 156
05021 Le Bersac 151
05022 Bréziers 220
05023 Briançon 11 950
05024 Valdoule 212
05025 Buissard 206
05026 Ceillac 293
05027 Cervières 182
05028 Chabestan 133
05029 Chabottes 828
05031 Champcella 185
05032 Champoléon 144
05033 Chanousse 40
05035 Châteauneuf-d'Oze 28
05036 Châteauroux-les-Alpes 1 171
05037 Châteauvieux 488
05038 Château-Ville-Vieille 344
05039 Aubessagne 705
05040 Chorges 2 891
05044 Crévoux 135
05045 Crots 1 052
05046 Embrun 6 174
05047 Éourres 132
05048 L'Épine 193
05049 Esparron 45
05050 Espinasses 762
05051 Étoile-Saint-Cyrice 31
05052 Eygliers 776
05053 Garde-Colombe 549
05054 La Fare-en-Champsaur 443
05055 La Faurie 322
05056 Forest-Saint-Julien 323
05057 Fouillouse 241
05058 Freissinières 208
05059 La Freissinouse 821
05060 Furmeyer 153
05061 Gap 40 805
05062 Le Glaizil 170
05063 La Grave 484
05064 La Chapelle-en-Valgaudémar 102
05065 Guillestre 2 314
05066 La Haute-Beaume 9
05068 Jarjayes 435
05070 Laragne-Montéglin 3 485
05071 Lardier-et-Valença 329
05072 Laye 230
05073 Lazer 368
05074 Lettret 177
05075 Manteyer 426
05076 Méreuil 82
05077 Molines-en-Queyras 303
05078 Monêtier-Allemont 288
05079 Le Monêtier-les-Bains 1 040
05080 Montbrand 64
05081 Montclus 60
05082 Mont-Dauphin 154
05084 Montgardin 467
05085 Montgenèvre 483
05086 Montjay 104
05087 Montmaur 517
05089 Montrond 68
05090 La Motte-en-Champsaur 219
05091 Moydans 45
05092 Neffes 741
05093 Névache 357
05094 Nossage-et-Bénévent 15
05095 Le Noyer 290
05096 Orcières 710
05097 Orpierre 352
05098 Les Orres 575
05099 Oze 107
05100 Pelleautier 700
05101 Vallouise-Pelvoux 1 230
05102 La Piarre 92
05103 Le Poët 804
05104 Poligny 299
05106 Prunières 298
05107 Puy-Saint-André 465
05108 Puy-Saint-Eusèbe 136
05109 Puy-Saint-Pierre 534
05110 Puy-Saint-Vincent 284
05111 Puy-Sanières 270
05112 Rabou 76
05113 Rambaud 375
05114 Réallon 258
05115 Remollon 441
05116 Réotier 195
05117 Ribeyret 109
05118 Val Buëch-Méouge 1 352
05119 Risoul 641
05121 Rochebrune 168
05122 La Roche-de-Rame 827
05123 La Roche-des-Arnauds 1 514
05124 La Rochette 469
05126 Rosans 480
05127 Rousset 179
05128 Saint-André-d'Embrun 646
05129 Saint-André-de-Rosans 148
05130 Saint-Apollinaire 141
05131 Saint-Auban-d'Oze 88
05132 Saint-Bonnet-en-Champsaur 2 025
05133 Saint-Chaffrey 1 635
05134 Saint-Clément-sur-Durance 300
05135 Sainte-Colombe 56
05136 Saint-Crépin 722
05139 Dévoluy 990
05140 Saint-Étienne-le-Laus 288
05142 Saint-Firmin 465
05144 Saint-Jacques-en-Valgodemard 148
05145 Saint-Jean-Saint-Nicolas 1 019
05146 Saint-Julien-en-Beauchêne 123
05147 Saint-Julien-en-Champsaur 358
05148 Saint-Laurent-du-Cros 531
05149 Saint-Léger-les-Mélèzes 344
05151 Saint-Martin-de-Queyrières 1 127
05152 Saint-Maurice-en-Valgodemard 125
05153 Saint-Michel-de-Chaillol 324
05154 Saint-Pierre-d'Argençon 157
05155 Saint-Pierre-Avez 30
05156 Saint-Sauveur 477
05157 Saint-Véran 236
05158 Le Saix 102
05159 Saléon 91
05160 Salérans 92
05161 La Salle-les-Alpes 1 012
05162 La Saulce 1 516
05163 Le Sauze-du-Lac 147
05164 Savines-le-Lac 1 057
05165 Savournon 255
05166 Serres 1 293
05167 Sigottier 90
05168 Sigoyer 664
05169 Sorbiers 36
05170 Tallard 2 168
05171 Théus 201
05172 Trescléoux 317
05173 Upaix 450
05174 Val-des-Prés 655
05176 Valserres 262
05177 Vars 527
05178 Ventavon 548
05179 Veynes 3 161
05180 Les Vigneaux 535
05181 Villar-d'Arêne 322
05182 Villar-Loubière 40
05183 Villar-Saint-Pancrace 1 471
05184 Vitrolles 205
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Figure 1Seules les villes de Gap et Briançon comptent plus de 10 000 habitantsPopulation municipale en 2016 dans les Hautes-Alpes, par commune

  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Fort ralentissement démographique entre 2011 et 2016

De 1982 à 2011, la population du département a progressé plus vite que celle de la région et de la France métropolitaine. Mais sur la période 2011-2016, la croissance de la population a fortement ralenti, passant de 1,2 % à 0,4 % par an. Au contraire dans la région, la croissance est stable depuis dix ans (+ 0,4 % par an).

De longue date, le solde naturel participe peu à la croissance de la population dans les Hautes-Alpes, mais l’apport migratoire jusqu’alors important s’amenuise. Sa contribution à la croissance démographique est passée de 1,0 % en moyenne par an entre 2006 et 2011 à 0,3 % entre 2011 et 2016. En 2015, 5 000 personnes sont arrivées des autres départements de France tandis que 4 300 personnes ont quitté le département, soit un excédent de 700 personnes. Le solde migratoire est très négatif entre 18 et 24 ans (figure 2) et nul entre 25 et 29 ans. Une partie des jeunes adultes se dirige vers les grandes métropoles pour poursuivre leurs études supérieures ou rechercher un premier emploi. Les Hautes-Alpes sont en revanche attractives pour les personnes âgées de 30 ans et plus.

La croissance de la population ralentit dans les deux zones d’emploi. Néanmoins, la zone de Gap continue de gagner des habitants (+ 0,4 % par an), alors que dans celle de Briançon, la population est quasiment stable (+ 0,1 %). L’essor démographique de la zone de Gap est exclusivement dû à l’apport migratoire. Gap attire notamment les plus âgés, sans doute grâce à ses nombreux équipements. Dans cette zone, trois habitants sur dix ont plus de 60 ans.

Au contraire, la zone d’emploi de Briançon présente un déficit migratoire mais un net excédent naturel. La population y est en effet globalement plus jeune que dans celle de Gap. Si les 18-24 ans ont tendance à quitter la zone, celle-ci attire les actifs âgés de 30 à 39 ans, en partie grâce à ses nombreux emplois touristiques.

Figure 2Des départs parmi les jeunes adultesArrivées, départs et impact des migrations résidentielles dans les Hautes-Alpes en 2016, par tranche d’âge

Des départs parmi les jeunes adultes - Lecture : en 2016, 830 personnes âgées entre 18 et 24 ans se sont installées (arrivées) dans les Hautes-Alpes et 1 160 en sont parties (départs). Les migrations résidentielles ont diminué la population de cette classe d’âge de 3,9 % (impact).
Tranche d’âges Arrivées Départs Impact
1 à 17 ans 972 743 0,8
18 à 24 ans 829 1 162 -3,9
25 à 29 ans 581 586 -0,1
30 à 34 ans 446 347 1,3
35 à 39 ans 384 240 1,7
40 à 54 ans 788 681 0,4
55 à 64 ans 479 274 1,0
65 à 74 ans 275 185 0,6
75 ans ou plus 228 110 0,7
  • Lecture : en 2016, 830 personnes âgées entre 18 et 24 ans se sont installées (arrivées) dans les Hautes-Alpes et 1 160 en sont parties (départs). Les migrations résidentielles ont diminué la population de cette classe d’âge de 3,9 % (impact).
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

Figure 2Des départs parmi les jeunes adultesArrivées, départs et impact des migrations résidentielles dans les Hautes-Alpes en 2016, par tranche d’âge

  • Lecture : en 2016, 830 personnes âgées entre 18 et 24 ans se sont installées (arrivées) dans les Hautes-Alpes et 1 160 en sont parties (départs). Les migrations résidentielles ont diminué la population de cette classe d’âge de 3,9 % (impact).
  • Source : Insee, recensement de la population 2016

L’emploi stagne depuis 2008

Le tissu économique haut-alpin est composé d’établissements de petite taille. Les établissements de moins de 50 salariés concentrent près de huit emplois sur dix, contre six sur dix dans la région.

Le ralentissement démographique s’accompagne d’une stagnation de l’emploi. Les effectifs évoluent moins favorablement que dans la région dans tous les grands secteurs d’activité, sauf l’industrie, très faiblement représentée.

Dans le secteur de la construction, qui représente 7 % des postes, les effectifs ont baissé de 20 % entre 2006 et 2016 (figure 3) contre - 8 % dans la région. La baisse de l’emploi s’explique par un ralentissement de la construction de logements, qu’il s’agisse de résidences secondaires ou principales. Au total, dans les Hautes-Alpes, le nombre de logements neufs construits en 2016 est le même qu’en 1991.

Figure 3L’emploi dans la construction diminue depuis dix ansÉvolution de l’emploi total (salarié et non salarié) dans les Hautes-Alpes, par secteur d’activité

Base 100 en 2000
L’emploi dans la construction diminue depuis dix ans (Base 100 en 2000)
Année Construction Tertiaire marchand Tertiaire non marchand Ensemble
2000 100 100 100 100
2001 102,6 102,9 101,8 102,1
2002 104,2 107,4 104,4 104,9
2003 105,4 108,3 105,9 105,8
2004 111,0 111,7 106,5 107,7
2005 118,7 113,3 108,5 109,6
2006 124,4 113,7 110,6 110,8
2007 129,0 114,7 109,6 111,0
2008 126,9 115,3 112,5 112,5
2009 119,1 115,4 109,6 110,5
2010 116,6 117,6 110,4 111,4
2011 114,2 119,2 110,7 111,6
2012 112,7 119,3 112,0 111,8
2013 111,4 120,1 113,6 112,8
2014 109,5 119,1 113,6 112,1
2015 105,6 117,2 114,2 111,3
2016 103,7 118,0 114,7 111,7
2017 103,1 119,6 114,7 112,4
  • Source : Insee, estimations d’emploi

Figure 3L’emploi dans la construction diminue depuis dix ansÉvolution de l’emploi total (salarié et non salarié) dans les Hautes-Alpes, par secteur d’activité

  • Source : Insee, estimations d’emploi

Peu de relais de croissance pour l’emploi

Dans les Hautes-Alpes, 85 % des emplois sont exercés dans le secteur tertiaire. Le tertiaire marchand (47 % de l’emploi) se développe peu depuis 2006. Ses deux principales composantes dans le département, le commerce et l’hébergement-restauration, en partie liées au tourisme, sont peu dynamiques. Les Hautes-Alpes se distinguent par l’importance de l’économie touristique : 15 % des emplois sont liés au tourisme contre 6 % dans la région. La capacité d’accueil, quatre fois supérieure à la moyenne régionale, prend essentiellement la forme de résidences secondaires. Ainsi, les 59 000 résidences secondaires représentent 44 % du parc de logements, part la plus élevée des départements français.

Le tertiaire non marchand (administration publique, enseignement, action sociale et santé humaine) rassemble 38 % de l’emploi dans les Hautes-Alpes contre 34 % en moyenne régionale. Parmi les dix premiers employeurs du département, huit relèvent du tertiaire non marchand. La santé représente à elle seule 10 % des emplois hauts-alpins. Les effectifs du tertiaire non marchand augmentent dans le département, mais moins que dans la région (+ 4 % contre + 6 % entre 2010 et 2016).

L’emploi mieux orienté dans la zone de Gap

Depuis la crise de 2008, l’emploi s’est redressé dans la zone d’emploi de Gap et continue de fléchir dans celle de Briançon (figure 4). Cet écart dans la dynamique d’emploi reflète pour partie les différences de structure d’activité entre les deux zones.

Figure 4Le nombre d’emploi dans la zone de Briançon est au même niveau qu’en l’an 2000Évolution de l’emploi total (salarié et non salarié)

Base 100 en 2000
Le nombre d’emploi dans la zone de Briançon est au même niveau qu’en l’an 2000 (Base 100 en 2000)
Année Hautes-Alpes Zone d’emploi de Briançon Zone d’emploi de Gap Provence-Alpes-Côte d’Azur
2000 100,0 100,0 100,0 100,0
2001 102,1 101,9 102,2 102,7
2002 104,9 102,4 106,1 104,7
2003 105,8 102,3 107,5 105,8
2004 107,7 104,7 109,1 107,4
2005 109,6 102,4 112,9 108,7
2006 110,8 101,3 115,2 110,2
2007 111,0 103,0 114,8 111,9
2008 112,5 105,9 115,5 111,9
2009 110,5 104,5 113,3 111,8
2010 111,4 105,3 114,3 112,4
2011 111,6 104,0 115,2 113,1
2012 111,8 103,9 115,5 113,5
2013 112,8 103,7 117,0 114,6
2014 112,1 103,0 116,4 114,7
2015 111,3 100,9 116,1 115,4
2016 111,7 100,7 116,8 116,4
  • Source : Insee, estimations d’emploi

Figure 4Le nombre d’emploi dans la zone de Briançon est au même niveau qu’en l’an 2000Évolution de l’emploi total (salarié et non salarié)

  • Source : Insee, estimations d’emploi

En moyenne sur l’année, 30 % des emplois sont liés au tourisme dans la zone de Briançon, deux fois plus que dans l’ensemble du département. La saison d’hiver y reste prédominante (figure 5) avec un nombre d’emplois touristiques maximal en janvier, février et mars et beaucoup plus faible en juillet-août. Le changement climatique en cours, avec un enneigement plus faible en moyenne altitude, risque de remettre en cause ce modèle fondé sur les sports d’hiver. Dans cette zone, l’hébergement-restauration est très présent avec 14 % des emplois. Cependant, entre 2006 et 2016, les effectifs de ce secteur ont stagné.

La zone de Gap est également touristique (11 % des emplois) mais moins que celle de Briançon. Le tourisme y est mieux réparti sur l’année avec un pic d’emplois en juillet-août et un autre en février-mars. Dans l’hébergement-restauration, l’évolution a été un peu plus favorable qu’à Briançon avec une croissance des effectifs de 3 % sur dix ans.

Le poids du tertiaire non marchand est plus important dans la zone de Gap que dans celle de Briançon. Dans celle de Gap, l’emploi dans ce secteur progresse de 7,3 % depuis 2006. Dans celle de Briançon, il diminue de 6,4 %, cette baisse expliquant en partie l’atonie de l’emploi total.

Figure 5Les Hautes-Alpes ont deux saisons touristiques, l’hiver et l’étéÉcart entre l'emploi mensuel et la moyenne annuelle du nombre d’emplois touristiques

En %
Les Hautes-Alpes ont deux saisons touristiques, l’hiver et l’été (En %)
Mois Zone d’emploi de Gap Zone d’emploi de Briançon Provence-Alpes-Côte d’Azur
Janvier 7,7 30,5 -28,0
Février 16,6 39,2 -24,2
Mars 12,1 34,4 -17,6
Avril -9,6 -6,2 -7,8
Mai -18,2 -32,2 2,9
Juin -9,5 -21,3 14,6
Juillet 27,6 8,4 38,7
Août 29,9 10,4 37,7
Septembre -9,6 -18,2 12,3
Octobre -16,8 -24,4 -1,4
Novembre -20,2 -23,5 -10,8
Décembre -9,8 3,0 -16,5
  • Champ : emplois liés au tourisme
  • Sources : Insee ; DADS 2015 fichier postes au lieu de travail ; Acoss 2015

Figure 5Les Hautes-Alpes ont deux saisons touristiques, l’hiver et l’étéÉcart entre l'emploi mensuel et la moyenne annuelle du nombre d’emplois touristiques

  • Champ : emplois liés au tourisme
  • Sources : Insee ; DADS 2015 fichier postes au lieu de travail ; Acoss 2015

Des emplois relativement peu qualifiés et plus souvent à temps partiel

Les Hautes-Alpes se distinguent par une forte participation de la population au marché du travail. Le taux d’activité des 15-64 ans atteint 76 %, le plus élevé parmi les départements de la région. Le taux d’activité des 15-24 ans est particulièrement important (35 % contre 27 % dans la région), notamment parce que le tourisme embauche beaucoup de jeunes. Par ailleurs, une partie des jeunes quittent le département pour rejoindre les grands pôles universitaires. Le taux de chômage annuel moyen en 2018 reste nettement inférieur au taux régional (8,5 % contre 10,5 %). Mais depuis 2012, il a moins baissé que dans l’ensemble de la région.

La saisonnalité d’une partie des emplois contribue à la part élevée des contrats à durée déterminée (16 %), deux fois plus fréquents qu’au niveau régional. La part de contrats à durée déterminée atteint même 24 % dans la zone de Briançon. La saisonnalité de l’emploi favorise aussi le travail à temps partiel. Celui-ci concerne près du quart des salariés hauts-alpins contre 18 % au niveau régional.

Du fait du poids du tourisme et du faible nombre de grands établissements, l’emploi haut-alpin est assez peu qualifié. Les cadres et professions intellectuelles représentent 10 % des actifs occupés contre 17 % en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Les employés non qualifiés sont surreprésentés, en particulier dans la zone d’emploi de Briançon.

Le salaire horaire net moyen en 2015 est de 12,2 euros dans les Hautes-Alpes contre 13,8 euros en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 14,2 euros en France métropolitaine. Les salariés sont moins rémunérés dans presque toutes les catégories socioprofessionnelles.

Des niveaux de vie modestes

Le niveau de vie médian, en 2016, est de 19 950 euros contre 20 520 euros en Provence-Alpes-Côte d'Azur (figure 6). Le faible niveau du chômage contribue à limiter le taux de pauvreté (14,3 % contre 17,2 % dans la région). La part de la population vivant dans un ménage aisé est également réduite, liée à la faible part de cadres. Les hauts et les bas revenus étant rares, les inégalités de niveau de vie sont plus limitées qu’ailleurs : le rapport interdécile est de 3,0 contre 3,7 dans la région. En revanche, la part des ménages ayant un niveau de vie modeste ou médian est supérieure à la moyenne régionale (50 % contre 43 %).

Figure 6Le niveau de vie médian est plus faible que dans la régionNiveau de vie médian, taux de pauvreté et rapport interdécile en 2016

Le niveau de vie médian est plus faible que dans la région
Zone Niveau de vie médian (en euros) Taux de pauvreté (au seuil de 60 %) Rapport interdécile (D9/D1)
Hautes-Alpes 19 950 14,3 3,0
Provence-Alpes-Côte d’Azur 20 520 17,2 3,7
France métropolitaine 20 810 14,7 3,5
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, fichier localisé social et fiscal 2016

Du fait d’une part importante de non-salariés, 8 % des revenus proviennent de ce type d’activité contre 6 % en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Conséquence d’une moyenne d’âge plutôt élevée, la part des retraites dans les revenus est plus forte qu’au niveau régional (35 % contre 31 %).

Une vulnérabilité énergétique importante

Dans les Hautes-Alpes, six résidences principales sur dix, contre cinq sur dix dans la région, ont quatre pièces ou plus. Du fait du climat de montagne et de la taille des résidences principales, les dépenses pour chauffer convenablement son logement sont en moyenne deux fois plus élevées que dans l’ensemble de la région. Un tiers des ménages haut-alpins est en situation de vulnérabilité énergétique, soit 20 000 ménages. Le taux de vulnérabilité énergétique dans les Hautes-Alpes se situe parmi les plus élevés de France métropolitaine (7e), supérieur aux autres départements alpins.

Dans la zone de Briançon, la part des ménages vulnérables est proche de 40 %. Sont particulièrement concernés les ménages qui se chauffent au fioul (43 % des ménages).

Un taux d’équipement inégal

Gap et sa communauté d’agglomération (50 000 habitants) disposent de tous les équipements et services, notamment des hôpitaux, des hypermarchés, des lycées et d’un site universitaire. L’intercommunalité est aussi bien pourvue que certaines autres plus peuplées telles que la communauté d’agglomération d’Arles (85 000 habitants). Gap constitue ainsi un pôle de services pour les habitants du département.

Les habitants des Hautes-Alpes sont en moyenne moins éloignés des équipements de la gamme supérieure (hypermarchés, urgences hospitalières, cinémas, etc.) que ceux des Alpes-de-Haute-Provence mais plus que ceux de Savoie et de Haute-Savoie. Dans les Hautes-Alpes, 5 % de la population vit à plus de 45 minutes des équipements de la gamme supérieure. Cette population éloignée vit majoritairement dans les communautés de communes du Guillestrois-Queyras, du Sisteronais-Buëch et du Buëch-Dévoluy.

Définitions

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de l'année.

L’emploi touristique correspond à l’emploi généré par la présence de visiteurs sur un territoire. Les activités prises en compte sont celles qui fournissent directement un bien ou un service aux touristes.

Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d'un même ménage. 1 UC est attribuée au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.

Un ménage est pauvre si son niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian de l’ensemble des ménages au niveau national. Un ménage est dit « modeste » si son niveau de vie est compris entre 60 % et 90 % du niveau de vie médian. Il est dit « médian » si son niveau de vie est compris entre 90 % et 110 % du niveau de vie médian.

Le rapport interdécile mesure le rapport entre le neuvième décile, niveau de vie plancher des 10 % les plus aisés, et le premier décile, plafond des 10 % les plus modestes.

Un ménage est en situation de vulnérabilité énergétique lorsque ses dépenses théoriquement nécessaires pour chauffer son logement et disposer d’eau chaude rapportées au revenu du ménage dépasse 8,2 %, seuil fixé par convention.

Pour en savoir plus

Méreau B., Sanzeri O., « Vulnérabilité énergétique liée aux logements - Rigueur climatique dans les Alpes, pauvreté sur le littoral », Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 68, mars 2019

Bonnefoy M., Delage V., Samyn S., Winnicki P., « L'économie du tourisme en Provence-Alpes-Côte-d'Azur », Insee Dossier Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 8, juin 2018

Samyn S., « Hautes-Alpes : des arrivées toujours plus nombreuses », Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 3, septembre 2014