Hautes-Alpes : des arrivées toujours plus nombreuses

Auteur : Sébastien Samyn (Insee)

Faiblement peuplé mais doté d’un riche patrimoine naturel, le département des Hautes-Alpes est attractif. Entre 2006 et 2011, sa population a ainsi augmenté trois fois plus vite que la population régionale pour atteindre 138 600 habitants. L’aire urbaine de Gap explique les trois quarts de cette augmentation.

Si le département attire des actifs et des retraités, il perd des étudiants. Malgré une faible densité, ce département rural possède un bon niveau d’équipement. Un habitant sur cinq reste toutefois très éloigné des équipements de la gamme supérieure (lycées, hypermarchés...), notamment dans les zones montagneuses du nord et de l’ouest du territoire.

L’économie des Hautes-Alpes est très orientée vers les activités présentielles qui répondent aux besoins de ses résidents : elle compte une forte proportion d’emplois publics et d’emplois liés au tourisme, surtout dans la zone d’emploi de Briançon. Depuis quinze ans, l’emploi a progressé plus vite que la population et le chômage est comparativement bas. Enfin, les revenus disponibles des Hauts-Alpins sont en moyenne inférieurs à ceux des habitants de la région. La pauvreté plutôt faible se situe principalement dans les zones rurales isolées.

Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 3
Paru le : 26/09/2014

Un territoire rural bien équipé

Le département des Hautes-Alpes est un territoire rural situé dans une région très urbanisée. Ainsi, 44 % de sa population vit dans des bassins de vie ruraux contre 10 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les forêts et les zones montagneuses couvrent 83 % du territoire départemental (68 % en Paca).

Pourtant, le département est mieux équipé qu’en moyenne dans la région : il compte 390 équipements de proximité (boulangeries, bureau de poste...) pour 10 000 habitants, contre 329 dans la région. Ce fort taux d’équipement résulte de la vocation touristique du département et de sa géographie. Il est cependant à relativiser par les temps d’accès, qui laissent 21 % de la population (environ 30 000 habitants) à plus de 30 mn des équipements de la gamme supérieure (lycées, hypermarchés...). Cet isolement est particulièrement accentué pour l’accès aux établissements de santé : 35 % des habitants (environ 48 400 personnes, soit plus que la population de Gap) sont à plus de 30 mn d’une maternité contre 7 % en Paca. Il s’agit des habitants des confins du département : cantons d’Aiguilles, La Grave, Saint-Firmin, Rosans (figure 1).

Figure 1 – Un bon niveau d’équipement en ville mais des zones rurales isolées

  • Source : Insee, BPE 2012, Recensements de la population 2010 ; Inra UMP1041 CESAER, Distancier Odomatrix

Peu d’habitants mais en constante augmentation

Avec 138 600 habitants en 2011, le département des Hautes-Alpes est le troisième le moins peuplé de France, devant la Lozère et la Creuse. Depuis 2006, la population a augmenté en moyenne de 1,2 % par an (soit 1 600 habitants supplémentaires chaque année), alors qu’elle n’augmentait que de 0,4 % par an dans la région (figure 2).

Sous le seul effet de l’arrivée de nouveaux résidents, la population haut-alpine a augmenté de 1 % par an en moyenne entre 2006 et 2011, soit un peu plus qu’entre 1999 et 2006 (+ 0,9 %). Les migrations résidentielles lui ont ainsi fait gagner 6 800 nouveaux résidents en cinq ans, soit l’équivalent de la commune d’Embrun. C’est le 8e département le plus attractif de France métropolitaine à l’aune de cet indicateur.

Le dynamisme démographique du département est essentiellement porté par la commune de Gap et son aire d’influence. L’aire urbaine de Gap explique ainsi 72 % de l’augmentation démographique entre 2006 et 2011, alors qu’elle représente 45 % de la population du département.

Ce dynamisme s’observe également pour le parc de logements : il a progressé plus vite que dans la région (24 % contre 13 %).

Figure 2 – La population des Hautes-Alpes augmente plus vite que celle de Paca

base 100 en 1990
La population des Hautes-Alpes augmente plus vite que celle de Paca
Hautes-Alpes Paca France métropolitaine
1990 100 100 100
1999 107 106 103
2006 115 113 108
2011 122 115 111
  • Source : Insee, Recensements de la population de 1990 à 2011

Figure 2 – La population des Hautes-Alpes augmente plus vite que celle de PacaÉvolution de la population entre 1990 et 2011 dans les Hautes-Alpes, en Paca et en France métropolitaine

Des retraités s’installent et des étudiants partent

Les nouveaux arrivants représentent 4,3 % de la population du département en 2011 (arrivées au cours de l'année précédente), alors qu’ils ne sont que 3,5 % dans l’ensemble de la région Paca. Dans ces échanges avec l’extérieur, les Hautes-Alpes gagnent des habitants originaires principalement des aires urbaines d’Aix-Marseille et de Paris : ces deux zones expliquent à elles seules 80 % du solde migratoire.

Entre 2003 et 2008, le département gagne des habitants de tous âges, sauf des jeunes de 15 à 24 ans. Le solde migratoire de cette tranche d'âge est négatif. En l’absence de pôle universitaire important dans les Hautes-Alpes, les étudiants partent en effet poursuivre leurs études ailleurs, principalement à Aix-Marseille et à Grenoble. Par ailleurs, de nombreux retraités viennent s’installer dans les Hautes-Alpes. Ils représentent à eux seuls la moitié du gain démographique dû aux migrations. Chez les actifs, toutes les catégories socioprofessionnelles sont représentées parmi les nouveaux arrivants, en particulier les cadres et professions intermédiaires.

Les migrations résidentielles aboutissent au final à un déficit marqué en jeunes adultes de 18 à 35 ans et à une population plus âgée qu’au niveau régional (44 ans d’âge médian contre 42 ans en moyenne en Paca). Dans les Hautes-Alpes, les 18-35 ans représentent seulement 18 % de la population de 2010 (21 % dans la région). L'indice de vieillissement défini comme le rapport des 65 ans ou plus aux moins de 20 ans est de 88 %, proche de celui de la région (86 %) ; il est par contre beaucoup plus élevé qu’en France métropolitaine (69 %). La proportion de retraités est également plus importante : ils représentent 31 % de la population de plus de 15 ans, contre 28 % en Paca et 26 % en France métropolitaine (figure 3).

Figure 3 – Le département des Hautes-Alpes manque de jeunes adultes

En ‰
Le département des Hautes-Alpes manque de jeunes adultes
Âge (en années) Hautes-Alpes - Hommes Hautes-Alpes - Femmes Paca - hommes Paca - Femmes France - Hommes France - Femmes
0 4,88 4,80 5,64 5,37 6,22 5,94
1 5,58 4,77 5,60 5,37 6,22 5,96
2 5,13 5,60 5,65 5,49 6,26 5,99
3 5,54 5,29 5,68 5,45 6,27 6,00
4 5,10 5,21 5,71 5,45 6,28 6,01
5 6,29 5,63 5,64 5,43 6,27 6,00
6 5,92 5,37 5,77 5,53 6,27 5,99
7 5,99 5,93 5,79 5,44 6,35 6,02
8 6,28 6,09 5,91 5,70 6,34 6,04
9 6,06 6,29 5,91 5,79 6,33 6,05
10 6,35 6,13 5,98 5,62 6,30 6,00
11 6,01 5,90 6,02 5,75 6,27 5,96
12 6,91 6,35 6,12 5,75 6,21 5,91
13 5,85 5,63 6,08 5,71 6,15 5,84
14 6,40 6,03 5,98 5,73 6,10 5,80
15 6,26 6,36 6,13 5,77 6,11 5,83
16 6,15 6,48 6,15 5,82 6,15 5,87
17 6,07 5,99 6,12 5,88 6,22 5,94
18 5,31 4,33 6,34 5,89 6,52 6,17
19 5,33 3,54 6,37 5,91 6,48 6,20
20 4,58 4,04 5,99 5,81 6,36 6,15
21 4,31 3,99 6,00 5,72 6,26 6,15
22 4,40 4,04 5,85 5,73 6,18 6,13
23 4,69 4,17 5,62 5,66 6,10 6,13
24 4,60 4,22 5,52 5,55 6,02 6,10
25 4,84 4,69 5,35 5,50 6,05 6,11
26 4,61 3,97 5,37 5,48 6,04 6,15
27 5,91 5,49 5,51 5,65 6,10 6,28
28 5,01 5,42 5,58 5,75 6,15 6,30
29 4,80 5,13 5,55 5,79 6,17 6,34
30 5,29 5,31 5,62 5,82 6,15 6,30
31 4,71 5,30 5,45 5,80 6,09 6,20
32 5,04 5,61 5,41 5,84 6,03 6,16
33 5,14 5,75 5,51 5,88 6,13 6,21
34 5,44 5,83 5,73 6,10 6,31 6,39
35 5,17 5,97 5,89 6,15 6,51 6,55
36 6,54 6,22 6,19 6,42 6,77 6,80
37 6,56 6,71 6,44 6,93 6,93 6,99
38 7,07 6,81 6,58 7,03 6,98 7,08
39 6,30 7,40 6,82 7,10 7,04 7,10
40 7,02 6,55 6,68 7,08 6,90 7,00
41 7,82 7,64 6,69 7,04 6,90 6,99
42 7,70 7,10 6,67 7,25 6,89 6,98
43 7,48 7,14 6,84 7,38 6,91 7,07
44 6,99 7,38 6,85 7,31 6,95 7,12
45 7,27 7,95 6,88 7,35 6,95 7,11
46 7,40 7,24 6,73 7,36 6,88 7,10
47 6,91 7,59 6,73 7,42 6,83 7,07
48 7,09 7,88 6,63 7,15 6,76 7,00
49 7,70 7,19 6,58 7,07 6,68 6,95
50 6,45 7,34 6,42 6,93 6,63 6,92
51 7,62 7,42 6,36 6,98 6,56 6,87
52 7,15 6,93 6,30 6,87 6,50 6,83
53 7,28 7,13 6,16 6,86 6,43 6,79
54 7,10 7,69 6,22 6,76 6,41 6,75
55 6,66 7,64 6,10 6,87 6,37 6,75
56 7,05 6,83 6,11 6,61 6,32 6,69
57 7,40 6,55 6,17 6,75 6,37 6,73
58 7,00 8,02 6,10 6,89 6,37 6,72
59 7,18 7,22 6,25 6,92 6,40 6,78
60 6,82 6,92 6,39 7,08 6,37 6,74
61 7,26 7,10 6,38 7,14 6,32 6,67
62 6,93 6,75 6,17 6,80 5,91 6,25
63 6,26 6,60 5,93 6,63 5,48 5,83
64 5,94 7,01 5,68 6,28 5,07 5,40
65 5,56 5,69 5,32 5,99 4,56 4,94
66 4,96 4,85 4,92 5,41 4,09 4,42
67 5,23 5,39 4,77 5,32 3,86 4,27
68 4,44 4,91 4,51 5,16 3,74 4,22
69 5,23 4,61 4,46 4,92 3,66 4,13
70 4,42 5,36 4,17 4,87 3,55 4,14
71 4,35 4,25 4,09 4,77 3,53 4,21
72 4,47 5,50 4,02 4,84 3,50 4,27
73 4,34 4,50 3,87 4,74 3,41 4,24
74 3,69 4,38 3,78 4,71 3,31 4,24
75 4,04 4,78 3,68 4,78 3,25 4,25
76 3,85 4,30 3,67 4,67 3,14 4,23
77 3,36 4,60 3,60 4,73 3,03 4,22
78 3,18 4,07 3,32 4,60 2,86 4,13
79 2,89 4,36 3,15 4,49 2,74 4,04
80 3,31 4,19 2,93 4,34 2,50 3,89
81 3,19 4,14 2,73 4,18 2,33 3,73
82 2,58 3,50 2,46 3,89 2,11 3,52
83 2,47 3,77 2,26 3,81 1,92 3,36
84 2,23 4,06 2,01 3,53 1,71 3,16
85 1,83 3,06 1,87 3,36 1,53 2,95
86 1,61 3,21 1,64 3,20 1,36 2,75
87 1,52 3,45 1,41 2,88 1,17 2,50
88 1,57 2,56 1,16 2,53 0,95 2,14
89 0,96 2,52 0,89 2,02 0,73 1,72
90 0,85 1,55 0,66 1,52 0,52 1,31
91 0,45 1,10 0,46 1,19 0,36 0,96
92 0,31 0,96 0,31 0,88 0,23 0,68
93 0,30 0,93 0,26 0,75 0,19 0,60
94 0,20 0,68 0,20 0,70 0,15 0,54
95 0,20 0,66 0,17 0,61 0,12 0,47
96 0,14 0,50 0,10 0,48 0,09 0,39
97 0,12 0,42 0,08 0,39 0,07 0,31
98 0,08 0,20 0,06 0,24 0,05 0,21
99 0,01 0,26 0,03 0,19 0,03 0,15
100 0,01 0,09 0,02 0,11 0,02 0,10
101 0,01 0,10 0,01 0,08 0,01 0,06
102 0,00 0,02 0,01 0,04 0,01 0,04
103 0,00 0,01 0,00 0,03 0,00 0,02
104 0,00 0,01 0,00 0,01 0,00 0,01
105 0,00 0,01 0,00 0,01 0,00 0,01
  • Source : Insee, Recensement de la population 2010

Figure 3 – Le département des Hautes-Alpes manque de jeunes adultesPyramide des âges dans les Hautes-Alpes, en Paca et en France métropolitaine en 2010

Emplois et déplacements domicile-travail augmentent

Les Hautes-Alpes comptent 58 300 emplois en 2010, dont 46 % dans la zone de Gap (26 700 emplois). Entre 1975 et 2010, le nombre d’emplois a progressé plus fortement qu’aux niveaux régionaux et nationaux (+ 51 % contre + 43 % en Paca et + 24 % en France métropolitaine). Plus récemment, entre 1999 et 2010, l’emploi a augmenté de 17 % dans le département, soit plus rapidement que la population (+ 13 %). Cette croissance de l’emploi a été portée essentiellement par le pôle de Gap et son aire d’influence : les emplois y ont augmenté de 21 %.

Les secteurs de la construction et de l’action sociale (notamment les maisons de retraite) contribuent le plus à la croissance de l’emploi, à hauteur de 15 % chacun, suivis par les emplois publics (12 %).

En 2010, les emplois hauts-alpins sont très minoritairement occupés par des actifs résidant dans d’autres départements (environ 3 300 actifs). De même, 3 000 actifs résidant dans le département travaillent au dehors. Avec 14 % de ses actifs résidents travaillant en dehors du département, l’unité urbaine de Gap participe fortement à cette mobilité (figure 4).

Les navettes avec l’extérieur du département ont augmenté de 35 % entre 1999 et 2010. Les flux les plus importants concernent les aires d’Aix-Marseille et de Grenoble, avec respectivement 14 % et 6 % des sortants. À l’intérieur du département, la part des actifs travaillant dans une autre commune que leur commune de résidence est passée de 31 % à 38 %.

Figure 4 – Le surplus d’emplois des Hautes-Alpes attire des actifs de l’extérieur du département

  • Source : Insee, Recensement de la population 2010

Un niveau de chômage relativement faible

Les Hautes-Alpes comptent proportionnellement peu de chômeurs au sens du BIT par rapport à la moyenne régionale. Ils représentent 9,1 % de la population active du département au 4e trimestre 2013 contre 11,3 % en Paca et 9,8 % en France métropolitaine (figure 5).

Malgré la baisse de 5 points de l’emploi salarié marchand depuis 2008, l’impact de la crise sur le chômage s’est fait légèrement moins sentir dans les Hautes-Alpes. Entre début 2008 et fin 2013, le taux de chômage a augmenté de 2,7 points, moins fortement que dans la région (+ 3,1 points). La forte proportion d’emplois non salariés et d’emplois publics, représentant ensemble la moitié de l’emploi total, expliquent en partie cette meilleure résistance à la crise.

Figure 5 – Un chômage structurellement plus bas dans les Hautes-Alpes qu'en Paca

en %
Un chômage structurellement plus bas dans les Hautes-Alpes qu'en Paca
Hautes-Alpes Provence-Alpes-Côte d'Azur France métropolitaine
T1 1982 4,6 7,7 6,4
2ème trimestre 1982 4,7 7,8 6,5
3ème trimestre 1982 4,8 8,1 6,7
4ème trimestre 1982 5,1 8,3 6,7
T1 1983 5,5 8,4 6,7
2ème trimestre 1983 5,6 8,4 6,7
3ème trimestre 1983 5,7 8,4 6,9
4ème trimestre 1983 6,1 8,7 7,2
T1 1984 6,4 9,4 7,6
2ème trimestre 1984 6,5 9,6 8,0
3ème trimestre 1984 6,5 9,6 8,2
4ème trimestre 1984 6,5 9,9 8,4
T1 1985 6,6 10,1 8,5
2ème trimestre 1985 6,6 10,1 8,5
3ème trimestre 1985 6,6 10,2 8,6
4ème trimestre 1985 6,4 10,1 8,5
T1 1986 6,3 9,9 8,5
2ème trimestre 1986 6,6 10,1 8,6
3ème trimestre 1986 6,7 10,1 8,6
4ème trimestre 1986 6,7 10,2 8,7
T1 1987 6,7 10,2 8,8
2ème trimestre 1987 6,6 10,1 8,8
3ème trimestre 1987 6,5 10,0 8,7
4ème trimestre 1987 6,6 10,0 8,6
T1 1988 6,6 9,9 8,6
2ème trimestre 1988 6,6 9,9 8,4
3ème trimestre 1988 6,6 10,0 8,4
4ème trimestre 1988 6,5 9,7 8,2
T1 1989 6,7 9,6 8,0
2ème trimestre 1989 6,8 9,4 7,9
3ème trimestre 1989 6,7 9,4 7,8
4ème trimestre 1989 6,7 9,3 7,7
T1 1990 6,5 9,4 7,7
2ème trimestre 1990 6,2 9,6 7,6
3ème trimestre 1990 6,0 9,6 7,6
4ème trimestre 1990 5,8 9,7 7,6
T1 1991 5,7 9,7 7,5
2ème trimestre 1991 6,0 9,8 7,7
3ème trimestre 1991 6,4 10,1 7,9
4ème trimestre 1991 6,6 10,4 8,1
T1 1992 7,0 10,8 8,3
2ème trimestre 1992 7,2 11,1 8,6
3ème trimestre 1992 7,1 11,5 8,8
4ème trimestre 1992 7,1 11,7 8,9
T1 1993 7,3 12,0 9,2
2ème trimestre 1993 7,5 12,4 9,5
3ème trimestre 1993 7,6 12,7 9,8
4ème trimestre 1993 7,7 12,9 10,1
T1 1994 7,8 13,2 10,3
2ème trimestre 1994 7,9 13,4 10,4
3ème trimestre 1994 7,8 13,3 10,3
4ème trimestre 1994 7,8 13,1 10,0
T1 1995 7,5 13,0 9,9
2ème trimestre 1995 7,3 12,8 9,7
3ème trimestre 1995 7,4 12,6 9,5
4ème trimestre 1995 7,4 12,7 9,6
T1 1996 7,8 13,1 9,9
2ème trimestre 1996 8,1 13,4 10,2
3ème trimestre 1996 8,0 13,4 10,2
4ème trimestre 1996 8,0 13,4 10,2
T1 1997 8,3 13,6 10,3
2ème trimestre 1997 8,6 13,8 10,4
3ème trimestre 1997 8,7 13,8 10,3
4ème trimestre 1997 8,7 13,7 10,2
T1 1998 8,7 13,5 10,0
2ème trimestre 1998 8,8 13,4 9,9
3ème trimestre 1998 8,9 13,3 9,8
4ème trimestre 1998 9,1 13,4 9,8
T1 1999 9,2 13,5 9,9
2ème trimestre 1999 8,8 13,5 9,8
3ème trimestre 1999 8,4 13,1 9,5
4ème trimestre 1999 8,1 12,7 9,1
T1 2000 7,9 12,2 8,7
2ème trimestre 2000 7,2 11,7 8,3
3ème trimestre 2000 6,9 11,3 8,0
4ème trimestre 2000 7,0 10,9 7,7
T1 2001 6,9 10,7 7,4
2ème trimestre 2001 7,1 10,5 7,3
3ème trimestre 2001 7,2 10,3 7,4
4ème trimestre 2001 7,2 10,2 7,5
T1 2002 7,1 10,0 7,5
2ème trimestre 2002 7,0 9,8 7,5
3ème trimestre 2002 6,8 9,7 7,5
4ème trimestre 2002 6,7 9,6 7,6
T1 2003 7,0 9,9 8,0
2ème trimestre 2003 6,9 10,0 8,1
3ème trimestre 2003 6,9 9,8 8,1
4ème trimestre 2003 7,2 10,0 8,4
T1 2004 7,3 10,1 8,6
2ème trimestre 2004 7,2 9,8 8,4
3ème trimestre 2004 7,2 9,9 8,5
4ème trimestre 2004 7,3 9,9 8,5
T1 2005 7,1 9,7 8,3
2ème trimestre 2005 7,3 9,9 8,4
3ème trimestre 2005 7,5 10,1 8,6
4ème trimestre 2005 7,5 10,1 8,7
T1 2006 7,5 10,2 8,8
2ème trimestre 2006 7,3 10,0 8,6
3ème trimestre 2006 7,3 10,0 8,5
4ème trimestre 2006 6,9 9,4 8,0
T1 2007 7,3 9,7 8,1
2ème trimestre 2007 7,2 9,4 7,8
3ème trimestre 2007 7,1 9,2 7,7
4ème trimestre 2007 6,6 8,6 7,1
T1 2008 6,4 8,2 6,8
2ème trimestre 2008 6,5 8,3 7,0
3ème trimestre 2008 6,6 8,4 7,1
4ème trimestre 2008 6,6 8,6 7,4
T1 2009 7,2 9,4 8,2
2ème trimestre 2009 7,4 9,9 8,8
3ème trimestre 2009 7,4 10,0 8,8
4ème trimestre 2009 7,7 10,4 9,2
T1 2010 7,5 10,3 9,0
2ème trimestre 2010 7,4 10,1 8,9
3ème trimestre 2010 7,7 10,2 8,9
4ème trimestre 2010 7,7 10,3 8,8
T1 2011 7,8 10,3 8,7
2ème trimestre 2011 7,7 10,3 8,6
3ème trimestre 2011 8,0 10,5 8,8
4ème trimestre 2011 8,2 10,6 9,0
T1 2012 8,2 10,7 9,1
2ème trimestre 2012 8,5 10,9 9,3
3ème trimestre 2012 8,5 10,9 9,4
4ème trimestre 2012 8,9 11,3 9,8
T1 2013 9,1 11,5 9,9
2ème trimestre 2013 9,3 11,4 9,9
3ème trimestre 2013 9,2 11,4 9,9
9,1 11,3 9,8
  • Source : Insee, taux de chômage localisés de 1982 à 2013

Figure 5 – Un chômage structurellement plus bas dans les Hautes-Alpes qu'en PacaÉvolution du taux de chômage au sens du BIT dans les Hautes-Alpes depuis 1982

Une économie orientée vers ses résidents

Les Hautes-Alpes comptent 22 000 établissements fin décembre 2011. Entre 2010 et 2012, le département a attiré plus d’établissements qu’il n’en a vu partir. Son attractivité s’est maintenue par rapport à 2003-2005, alors que celle de la région a été divisée par quatre.

Les activités présentielles représentent 81 % des emplois du département, contre 72 % dans la région et 65 % en France métropolitaine. Elles répondent à la demande de la population présente sur un territoire, qu’il s’agisse de résidents ou de touristes. La construction représente 9 % des emplois du département et la proportion d'emplois publics est plus élevée que dans la région (29 % des postes de travail contre 25 %). Les cinq principaux employeurs du département sont des établissements publics : les hôpitaux de Gap, Briançon et Laragne-Montéglin, le conseil général des Hautes-Alpes et la municipalité de Gap.

Les emplois non salariés sont très présents, notamment du fait de l’importance du secteur agricole et de la médecine libérale : ils constituent 18 % des emplois contre 12 % en Paca et 10 % au niveau national. À l’inverse, l’emploi industriel est peu présent (5 % contre 9 % en Paca).

L’importance du tourisme, hiver comme été

Les Hautes-Alpes se distinguent du reste de la région par la double saisonnalité de l’emploi touristique. En été, les touristes viennent profiter du patrimoine naturel (parc des Écrins et du Queyras, lac de Serre-Ponçon). En hiver, ils se concentrent dans les stations de ski (Serre-Chevalier, Vars-Risoul...). Le tourisme pèse fortement dans l’emploi local : les activités caractéristiques du secteur (hébergement et autres activités comme les remontées mécaniques) occupent 6,8 % des actifs en 2010 contre 1,8 % en Paca. Dans la zone d’emploi de Briançon, elles emploient même 13,4 % des actifs.

Cette vocation touristique se traduit par une très forte capacité d’hébergement, composée en grande majorité de résidences secondaires. Le département dispose ainsi de 239 lits pour 100 habitants (contre 57 en Paca et 30 en France métropolitaine). Les résidences secondaires représentent les 9/10e de cette capacité d’hébergement et quasiment la moitié du parc de logements (46 % contre 16 % au niveau régional).

Une agriculture entre culture fruitière et élevage

Secteur important pour le département, l’agriculture occupe 5 % des actifs et 15 % du territoire (respectivement 2 % et 24 % au niveau régional). Le département arrive en 3e position dans la production nationale de poires et au 9e rang dans celle des pommes. La filière fruitière représente ainsi 43 % de la production agricole pour une valeur de 53 millions d’euros en 2007.

L’élevage ovin en zone alpine est la filière qui compte le plus d’exploitations (40 % du total du département), même si sa production de 27 millions d’euros est inférieure à celle de la filière fruits. Les 33 000 bovins du département représentent quant à eux la moitié du cheptel régional.

Un niveau de pauvreté faible mais en augmentation

Les revenus disponibles des Hauts-Alpins sont en moyenne plus bas qu’en Paca : la moitié de la population dispose d’un revenu inférieur ou égal à 1 562 euros par mois en 2011 contre 1 611 euros dans la région. En outre, la part des retraites dans les revenus (30 %) est plus élevée que dans la région (28 %). Parallèlement, la part des salaires est plus faible (54 % contre 58 %) (figure 6).

Les inégalités sont moins marquées et la pauvreté moins prégnante. Le rapport entre le niveau de vie des 10 % les plus aisés et celui des 10 % les plus pauvres s’établit à 3,1 dans les Hautes-Alpes contre 3,8 dans la région. De plus, le département compte 14 % de personnes pauvres en 2011, contre 16,4 % en Paca.

Figure_6 – Les faibles revenus concernent les zones rurales isolées des Hautes-Alpes

  • Sources : Insee ; DGFIP, Revenus fiscaux localisés des ménages en 2011

L’emploi précaire est cependant plus répandu et touche particulièrement les jeunes. Parmi les salariés hauts-alpins entre 18 et 24 ans, 20,3 % sont en CDD en 2010 (9,9 % en Paca). Par ailleurs, la pauvreté augmente plus fortement que dans la région : la population vivant avec le RSA socle a progressé de 10 % par an entre 2009 et 2012 dans les Hautes-Alpes, contre 6 % en Paca. Sur la même période, le nombre de demandeurs d’emploi de plus d’un an a augmenté de 17,2 % contre 14,7 % dans la région.

Figure_7 – Chiffres clés du département des Hautes-Alpes

Chiffres clés du département des Hautes-Alpes
Hautes-Alpes Provence-Alpes-Côte d’Azur France métropolitaine
Population (nombre d'habitants en 2011)  138 605 4 916 069 63 070 344
Densité (habitants/ km2 en 2011) 25 157 115
Variation de population 2006-2011 (% par an) 1,2 0,4 0,5
- dû au solde naturel 0,2 0,3 0,4
- dû aux migrations résidentielles 1 0,1 0,1
Emplois (nombre en 2010)  58 266 1 882 067 25 770 641
Établissements (unité en 2011) 21 991 582 867 5 937 883
Taux de chômage (%, 4e trim. 2013) 9,1 11,3 9,8
Niveau de vie médian (€/mois en 2011) 1 562 1 611 1 629
Taux de pauvreté (% en 2011) 14 16,4 14,3
Indice de vieillissement (65 ans ou plus/ moins de 20 ans) (% en 2010) 88 86 69
Population à plus de 30 mn des équipements de la gamme supérieure (lycées, hypermarchés…) (%, en 2013) 21,3 2,8 2,5
  • Source : Insee, RP 2010 et 2011, Clap 2011, Taux de chômage localisé, RDL 2011, BPE 2013

Définitions

Aires urbaines : une aire urbaine ou « grande aire urbaine » est un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constituée par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

Bassins de vie : le bassin de vie est le plus petit territoire sur lequel les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants.

Équipements et services : répertoriés dans la base permanente gérée par l’Insee, ils relèvent de 6 domaines (services aux particuliers, commerce, enseignement, santé-social, transports, sports-loisirs-culture) et sont regroupés en trois gammes, selon leur fréquence sur leur territoire et la proximité du service rendu.

Niveau de vie : revenu disponible après impôts directs et redistributions (allocations chômage, familiales...) du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation (UC). Les unités de consommation sont généralement calculées selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.

Pauvreté monétaire : une personne (ou un ménage) est considéré comme pauvre, lorsqu’elle vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté (60 % du niveau de vie médian national).