Démographie de l'Île-de-France en 2018Un vieillissement moins prononcé qu'ailleurs

Kevin Chaput, Pierre Laurent (Insee)

En 2018, avec environ 174 000 naissances et 75 000 décès, l’Île-de-France reste l’une des régions les plus fécondes de France métropolitaine et aussi la plus jeune. La région contribue désormais à 24 % des naissances et à 83 % de l’excédent naturel de la France métropolitaine, un poids jamais atteint. Moins exposée au vieillissement de la population, l’Île-de-France enregistre une baisse des naissances et une hausse des décès moins prononcées qu’ailleurs.

Insee Flash Ile-de-France
No 47
Paru le : Paru le 14/01/2020
Kevin Chaput, Pierre Laurent (Insee)
Insee Flash Ile-de-France  No 47 - janvier 2020

Déficit migratoire et excédent naturel

Au 1er janvier 2017, l’Île-de-France compte officiellement 12 174 880 habitants. Au 1er janvier 2019, la population francilienne est estimée à 12 213 000 habitants (Pour comprendre). En raison d’un solde migratoire apparent déficitaire en Île-de-France, l’excédent naturel (+ 98 500 habitants en 2018) est l’unique moteur de croissance de la population francilienne.

Une contribution à l’excédent naturel métropolitain toujours plus forte

La population francilienne a augmenté de façon constante entre 2016 et 2019, avec 32 000 habitants supplémentaires par an en moyenne (+ 0,3 % par an). Cette progression, légèrement inférieure à celle observée entre 2011 et 2016 (+ 0,4 % par an), provient uniquement de l’excédent naturel. En raison du vieillissement de la population, celui-ci enregistre une baisse (- 2,2 % par an entre 2015 et 2018) mais nettement plus modérée qu’en France métropolitaine (- 12,9 % par an sur la même période). En effet, de par la jeunesse de la population régionale, le taux de natalité francilien reste plus élevé qu’au niveau national (14,2 ‰ contre 11,1 ‰ en 2018). Par ailleurs, le taux de mortalité francilien est plus faible (6,2 ‰ contre 9,3 ‰).

Par conséquent, même si l’excédent naturel d’Île-de-France baisse, il reste élevé et contribue désormais à 83,1 % de l’excédent naturel métropolitain en 2018, contre 58,8 % en 2015 (figure 1).

Par ailleurs, le solde migratoire apparent reste largement déficitaire et le plus élevé de toutes les régions de France métropolitaine.

Au sein de la région, Paris se distingue en étant le seul département à perdre des habitants (- 16 500 par an en moyenne depuis 2015). À l’inverse, la Seine-Saint-Denis est celui qui en gagne le plus (+ 15 500 par an) du fait d’une forte fécondité (figure 2).

Figure 1Une contribution grandissante de l’Île-de-France à l’excédent naturel métropolitain

Une contribution grandissante de l’Île-de-France à l’excédent naturel métropolitain
Solde naturel Île-de-France Solde naturel France métropolitaine Contribution de l’Île-de-France (en %)
2008 110 328 264 222 41,8
2009 111 055 256 580 43,3
2010 113 267 262 329 43,2
2011 111 411 258 310 43,1
2012 108 700 231 317 47
2013 108 158 223 473 48,4
2014 112 213 234 250 47,9
2015 105 223 179 878 58,5
2016 103 362 164 799 62,7
2017 100 237 136 728 73,3
2018 98 347 118 354 83,1
  • Source : Insee, état civil.

Figure 1Une contribution grandissante de l’Île-de-France à l’excédent naturel métropolitain

  • Source : Insee, état civil.

Figure 2Un nombre de décès en baisse à Paris et dans les Hauts-de-Seine

Un nombre de décès en baisse à Paris et dans les Hauts-de-Seine
Population Naissances Décès Solde naturel Indicateur conjoncturel de fécondité
Estimation au 1er janvier 2019 Évolution* (en %) En 2018 Évolution** (en %) En 2018 Évolution** (en %) En 2018 Évolution** (en %) Femmes de 15 à 49 ans Femmes de 35 à 49 ans
Paris 2 141 000 -0,8 27 363 -1,1 13 788 -0,5 13 575 -1,7 1,55 0,71
Hauts-de-Seine 1 606 000 0,1 22 804 -1,6 9 928 -0,3 12 876 -2,7 1,86 0,63
Seine-Saint-Denis 1 654 000 1,0 28 599 -0,8 8 910 0,0 19 689 -1,2 2,34 0,64
Val-de-Marne 1 395 000 0,4 20 290 -1,2 8 850 1,1 11 440 -2,9 1,99 0,61
Petite couronne 4 655 000 0,5 71 693 -1,2 27 688 0,2 44 005 -2,1 - -
Seine-et-Marne 1 422 000 0,6 18 371 -1,5 9 406 1,2 8 965 -3,9 1,95 0,46
Yvelines 1 436 000 0,1 18 498 -1,2 9 108 0,6 9 390 -3,0 2,08 0,57
Essonne 1 315 000 0,7 18 566 -0,9 7 975 0,6 10 591 -2,0 2,11 0,52
Val-d’Oise 1 244 000 0,6 19 309 -0,6 7 488 1,4 11 821 -1,7 2,23 0,58
Grande couronne 5 417 000 0,5 74 744 -1,1 33 977 0,9 40 767 -2,6 - -
Île-de-France 12 213 000 0,3 173 800 -1,1 75 453 0,4 98 347 -2,2 1,94 0,60
France métropolitaine 64 812 000 0,2 717 123 -1,8 598 769 1,1 118 354 -12,9 1,84 0,44
  • * Évolution moyenne annuelle 2016-2019.
  • ** Évolution moyenne annuelle 2015-2018.
  • Sources : Insee, estimations de population, état civil.

Selon les départements, de fortes disparités de fécondité

En 2018, 173 800 bébés sont nés en Île-de-France. Le nombre de naissances diminue depuis 2015 (- 1,1 % par an), mais à un rythme plus modéré qu’au niveau national (- 1,8 %). Ainsi, les naissances franciliennes représentent près du quart des naissances de France métropolitaine sur la période 2015-2018.

La jeunesse de la population francilienne (38,0 ans, contre 41,2 ans au niveau métropolitain) entraîne une part plus importante de femmes en âge de procréer (25,1 % contre 22,1 % au niveau national) et leur fécondité est plus forte (1,94 enfant par femme contre 1,84).

En 2018, l’âge moyen des mères franciliennes à la naissance de leur enfant est le plus élevé des régions de métropole (31,8 ans, contre 30,8 ans). L’Île-de-France est ainsi la région métropolitaine où l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) des femmes âgées de 35 à 49 ans est le plus important (0,60, contre 0,44 au niveau national). L’ICF révèle toutefois de fortes disparités entre départements franciliens : de 1,55 enfant par femme à Paris à 2,34 en Seine-Saint-Denis. Depuis dix ans, Paris se distingue : l’ICF y est à la fois le plus élevé de France métropolitaine pour les femmes de 35 à 49 ans (0,71) et le plus bas pour les femmes de 15 à 34 ans.

Décès : hausse plus modérée en Île-de-France

En 2018, avec 75 500 décès, l’Île-de-France représente 12,6 % des décès enregistrés en France métropolitaine, une part en légère diminution par rapport à 2015 (12,9 %). Cela s’explique par une hausse des décès moins forte qu’au niveau national (+ 1,2 % par rapport à 2015 contre + 3,3 %), le vieillissement global de la population francilienne étant plus lent. Entre 2015 et 2018, l’âge moyen est passé de 37,6 ans à 38,0 ans en Île-de-France et de 40,6 à 41,2 ans en France métropolitaine. L’effectif des personnes âgées de 80 ans ou plus augmente en particulier moins vite en Île-de-France qu’au niveau national (+ 3,0 % entre 2016 et 2019, contre + 3,2 %) du fait d’un nombre de seniors plus nombreux à quitter la région qu’à venir s’y installer. En revanche, le taux de mortalité infantile en Île-de-France est parmi les plus élevés de France métropolitaine : 4,1 ‰, contre 3,6 ‰ au niveau national. Ce taux varie de 3,1 ‰ dans les Hauts-de-Seine à 5,5 ‰ en Seine-Saint-Denis.

Enfin, l’espérance de vie à la naissance des Franciliens reste, en 2018, la plus élevée des régions métropolitaines pour les hommes (81,1 ans), et se positionne deuxième derrière la Corse pour les femmes (85,9 ans). Au niveau régional, c’est dans les Hauts-de-Seine et à Paris que les hommes peuvent espérer vivre le plus vieux (respectivement 82,0 ans et 81,8 ans), tandis que ces deux départements arrivent en deuxième position pour les femmes (86,5 ans), derrière les Yvelinoises (86,8 ans).

Stabilité des mariages en 2018

En 2018, 43 600 mariages ont été célébrés en Île-de-France (19,1 % des unions métropolitaines), ceux entre conjoints de même sexe représentent 3,1 % de cet ensemble, contre 2,8 % au niveau métropolitain.

Pour comprendre

Les données de populations légales publiées au 1er janvier 2020 se réfèrent à la population au 1er janvier 2017. L’Insee publie, par ailleurs, des estimations de population provisoires au 1er janvier 2019, qui ne servent pas de base légale pour l’application des textes législatifs.

Définitions


Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période. Lorsque le solde naturel est positif, on parle d’excédent naturel ; lorsqu’il est négatif, on parle de déficit naturel.


Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.


L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés à chaque âge l’année considérée demeuraient inchangés.


L’espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée.


Le taux de natalité est le rapport du nombre de naissances vivantes de l’année à la population totale moyenne de l’année.


Le taux de mortalité est le rapport du nombre de décès de l’année à la population totale moyenne de l’année.


Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d’enfants décédés avant leur premier anniversaire et l’ensemble des enfants nés vivants.

Pour en savoir plus

Beaumel C., Papon S., « Bilan démographique 2019 - La fécondité se stabilise en France », Insee Première n° 1789, janvier 2020.

Bonfils J., Tizi B., « C’est en Île-de-France que l’âge au mariage est désormais le plus faible », Insee Flash Île-de-France n° 43, novembre 2019.

Bertaux F., « Démographie de l’Île-de-France en 2017 - L’excédent naturel francilien résiste », Insee Flash Île-de-France n° 38, janvier 2019.