Insee Flash Ile-de-FranceDémographie de l’Île-de-France en 2017L’excédent naturel francilien résiste

Frédéric Bertaux

En 2017, l’excédent naturel continue de soutenir la croissance de la population francilienne. Bien qu’en baisse depuis 2015, son recul reste plus modéré qu’ailleurs. La jeunesse de la population soutient les naissances et limite les décès. L’Île-de-France est la région la plus féconde de France métropolitaine et celle où l’on vit le plus longtemps.

Frédéric Bertaux
Insee Flash Ile-de-France  No 38 - Janvier 2019

Déficit migratoire et excédent naturel

Au 1er janvier 2016, l’Île-de-France compte officiellement 12 117 132 habitants. Au 1er janvier 2018, la population francilienne est estimée à 12 184 000 habitants (Pour comprendre). En raison d’un solde migratoire structurellement déficitaire, l’excédent naturel (+ 100 000 habitants en 2017) reste l’unique moteur de la croissance de la population francilienne.

Le solde naturel francilien fléchit, mais moins qu’ailleurs

La croissance de la population francilienne ralentit depuis 2015 : l’Île-de-France ne gagne plus que 34 000 habitants par an entre 2015 et 2018 (contre 61 000 par an entre 2012 et 2015). Ce ralentissement s’explique par un repli du solde naturel (- 3,7 % par an entre 2014 et 2017) et une aggravation du déficit migratoire apparent. Toutefois, au niveau national, ce fléchissement est beaucoup plus marqué, du fait notamment de l’effondrement du solde naturel (- 16,4 % par an entre 2014 et 2017).

En Île-de-France, comme au niveau national, la hausse des décès et le recul des naissances contribuent conjointement à la contraction du solde naturel depuis 2014 (figure 1). Toutefois, ces évolutions sont moins prononcées dans la région. Cela s’explique, en partie, par un taux de natalité francilien plus élevé que le niveau national (14,4 ‰ contre 11,3 ‰ en 2017), et par un taux de mortalité plus faible (6,2 ‰ contre 9,2 ‰).

Figure 1Une moindre diminution des naissances et une hausse plus modérée des décès en Île-de-FranceÉvolution des naissances et des décès entre 2011 et 2017 (en base 100 pour l’année 2011)

Une moindre diminution des naissances et une hausse plus modérée des décès en Île-de-France
Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Naissances (Île-de-France) 100,0 99,4 98,9 100,2 98,6 97,6 96,4
Naissances (France métropolitaine) 100,0 99,7 98,6 98,5 95,8 93,9 92,0
Décès (Île-de-France) 100,0 102,3 101,7 99,5 105,2 105,3 106,6
Décès (France métropolitaine) 100,0 104,5 104,4 102,2 108,7 108,6 110,9
  • Source : Insee, état civil.

Figure 1Une moindre diminution des naissances et une hausse plus modérée des décès en Île-de-FranceÉvolution des naissances et des décès entre 2011 et 2017 (en base 100 pour l’année 2011)

  • Source : Insee, état civil.

Davantage de Franciliennes en âge de faire des enfants

En 2017, 175 800 bébés sont nés en Île-de-France. Le nombre de naissances diminue certes régulièrement depuis 2014 (- 1,3 % par an), mais moins vite qu’au niveau national (- 2,2 % par an).

En 2017, l’âge moyen des Franciliens est de 37,8 ans, contre 40,9 ans au niveau métropolitain. La population francilienne étant la plus jeune de France métropolitaine, la part des femmes en âge de procréer (14-49 ans) est par conséquent plus élevée (25,0 % de la population contre 22,2 % au niveau national). De surcroît, les Franciliennes en âge d’avoir des enfants sont plus nombreuses en 2018 qu’en 2015 (+ 0,2 %), ce qui n’est pas le cas au niveau national (- 0,5 %).

Les Franciliennes ont également plus d’enfants. En 2017, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est le plus élevé des régions de métropole (à égalité avec PACA), avec 1,96 enfant par femme (contre 1,88 au niveau national). Cependant, l’ICF baisse depuis 2014, en Île-de-France comme dans les autres régions françaises. En particulier, les Franciliennes deviennent mères plus tardivement : leur indice de fécondité est de 0,58 pour la tranche d’âge 35-49 ans (contre 0,44 au niveau national). En 2017, l’âge moyen des mères à la naissance, tous enfants confondus, reste le plus élevé des régions de France métropolitaine : 31,6 ans (contre 30,8 ans).

Un vieillissement de la population moins rapide

La relative jeunesse de la population francilienne soutient le nombre de naissances et limite celui des décès. En 2017, 75 600 personnes sont décédées en Île-de-France. Ce chiffre augmente depuis 2014 (+ 5 000 décès, soit + 2,3 % par an), mais à un rythme moindre qu’au niveau national (+ 2,8 % par an).

Le vieillissement de la population francilienne est moins prononcé qu’au niveau national. Entre 2014 et 2017, l’âge moyen des Franciliens est passé de 37,5 à 37,8 ans (+ 0,3 an), contre 40,4 à 40,9 ans au niveau national (+ 0,5 an). Les flux migratoires expliquent, en partie, ce vieillissement moins rapide. En 2014, 1,5 % des Franciliens de 60 ans ou plus ont quitté l’Île-de-France pour une autre région, cette proportion étant trois fois supérieure à la moyenne nationale. Les seniors sont plus nombreux à quitter la région qu’à venir s’y installer.

Les effectifs de personnes âgées de 80 ans ou plus augmentent également moins vite qu’au niveau national (+ 3,5 % entre 2015 et 2018, contre + 3,7 %), ce qui explique une hausse plus modérée des décès.

Enfin, on vit plus longtemps en Île-de-France. L’espérance de vie à la naissance reste, en 2017, la plus élevée des régions métropolitaines : 81,0 ans pour les hommes et 85,9 ans pour les femmes.

La Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise moins touchés par le ralentissement du solde naturel

Depuis 2015, la Seine-Saint-Denis reste le département francilien le plus dynamique sur le plan démographique (+ 15 500 habitants par an), devant l’Essonne (+ 10 000 par an). La Seine-et-Marne, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise sont aussi plus dynamiques que la moyenne nationale. A contrario, la croissance est plus modérée dans les Hauts-de-Seine et les Yvelines, tandis que Paris perd des habitants depuis 2011. Le solde naturel est excédentaire dans tous les départements franciliens ; il est particulièrement élevé en Seine-Saint-Denis (+ 20 100 habitants en 2017) en lien avec une forte fécondité. C’est dans ce département, ainsi que dans le Val-d’Oise, que la baisse annuelle du solde naturel est la plus faible (- 1,7 % sur la période 2014-2017) (figure 2).

Figure 2Le solde naturel résiste mieux en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’OisePopulation, naissances, décès et solde naturel dans les départements franciliens

Le solde naturel résiste mieux en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise
Population Naissances Décès Solde naturel
Estimation au 1er janvier 2018 Évolution moyenne annuelle 2015-2018 (en %) Naissances en 2017 Évolution moyenne annuelle 2014-2017 (en %) Décès en 2017 Évolution moyenne annuelle 2014-2017 (en %) Solde naturel en 2017 Évolution moyenne annuelle 2014-2017 (en %)
Paris 2 157 000 -0,8 27 419 -2,0 14 226 1,8 13 193 -5,5
Hauts-de-Seine 1 606 000 0,1 23 122 -2,1 10 172 2,1 12 950 -5,0
Seine-Saint-Denis 1 639 000 1,0 28 951 -0,6 8 839 2,2 20 112 -1,7
Val-de-Marne 1 390 000 0,4 20 704 -1,4 8 487 2,2 12 217 -3,5
Petite couronne 4 635 000 0,5 72 777 -1,3 27 498 2,2 45 279 -3,2
Seine-et-Marne 1 414 000 0,6 18 729 -1,7 9 174 2,6 9 555 -5,2
Yvelines 1 435 000 0,2 18 537 -1,7 9 102 2,6 9 435 -5,3
Essonne 1 306 000 0,8 18 693 -0,4 8 060 3,0 10 633 -2,6
Val-d’Oise 1 237 000 0,6 19 644 -0,2 7 502 2,6 12 142 -1,7
Grande couronne 5 392 000 0,5 75 603 -1,0 33 838 2,7 41 765 -3,6
Île-de-France 12 184 000 0,3 175 799 -1,3 75 562 2,3 100 237 -3,7
France métropolitaine 64 725 000 0,2 728 100 -2,2 591 371 2,8 136 729 -16,4
  • Sources : Insee, estimations de population, état civil.

Stabilité des mariages en 2017

En 2016, 78 900 unions ont été célébrées en Île-de-France, dont 43 700 mariages (chiffre stable depuis 2012) et 35 200 pactes civils de solidarité (Pacs). La proportion d’unions entre personnes de même sexe est de 4,3 %, contre 3,4 % au niveau national. En 2017, le nombre de mariages évolue peu : 43 600 dont 1 600 entre conjoints de même sexe.

L’Île-de-France est la région métropolitaine où l’âge moyen au mariage est le plus faible : 34,0 ans pour les femmes et 36,9 ans pour les hommes en 2017 (contre respectivement 35,6 ans et 38,1 ans au niveau national).

Pour comprendre

Les données de populations légales publiées au 1er janvier 2019 se réfèrent à la population au 1er janvier 2016. L’Insee publie, par ailleurs, des estimations de population avancées et provisoires au 1er janvier 2018, qui ne servent pas de base légale pour l’application des textes législatifs.

Définitions

Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période. Lorsque le solde naturel est positif, on parle d’excédent naturel ; lorsqu’il est négatif, on parle de déficit naturel.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés à chaque âge l’année considérée demeuraient inchangés.

L’espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée.

Le taux de natalité est le rapport du nombre de naissances vivantes de l'année à la population totale moyenne de l'année.

Le taux de mortalité est le rapport du nombre de décès de l’année à la population totale moyenne de l’année.

Pour en savoir plus

Beaumel C., Papon S., « Bilan démographique 2018 - La fécondité baisse depuis quatre ans », Insee Première n° 1730, janvier 2019.

Tizi B., « Les seniors franciliens quittent la région à un âge plus tardif », Insee Flash Île-de-France n° 33, septembre 2018.

Tissot I., « Démographie de l’Île-de-France en 2016 : une contribution record à l’excédent naturel métropolitain », Insee Flash Île-de-France n° 30, janvier 2018.