Une croissance de la population ralentie et concentrée dans les communes peu denses

Elena Mironova, Virginie Pic, Insee

Entre 2007 et 2017, le nombre d’habitants du Grand Est augmente très peu (+ 0,1 % par an), à un rythme plus lent qu’entre 1990 et 2007. La croissance est inégalement répartie entre les départements de la région. Elle est essentiellement portée par la hausse de population des communes peu denses.

Insee Flash Grand Est
No 26
Paru le : Paru le 30/12/2019
Elena Mironova, Virginie Pic, Insee
Insee Flash Grand Est  No 26 - décembre 2019

Au 1ᵉʳ janvier 2017, 5 549 586 habitants vivent dans le Grand Est, soit 10,9 % de la population métropolitaine. C’est la région qui compte le plus de communes : leur nombre s’établit à 5 121, soit 14,7 % des communes de la métropole.

Depuis 2007, la population augmente au rythme de 0,1 % par an, comme dans les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté. Cette progression est l’une des plus faibles de la métropole, qui présente en moyenne une hausse de 0,5 % par an. L’accroissement de la population régionale ralentit par rapport à la période 1990-2007 (+ 0,2 % par an), où elle était déjà en deçà du niveau national (+ 0,5 %).

Seul le solde naturel (naissances - décès) permet un gain de population entre 2007 et 2017 (+ 0,3 % par an), mais il se dégrade par rapport à la période précédente (+ 0,4 %). L’excédent naturel compense cependant encore le déficit migratoire qui atteint - 0,2 % par an (- 0,1 % entre 1990 et 2007).

Quatre départements sur dix gagnent des habitants durant la dernière décennie

Entre 2007 et 2017, les départements du Bas-Rhin, Haut-Rhin, Aube et Meurthe-et-Moselle enregistrent une hausse de population (entre + 0,4 % et + 0,1 %), tandis que le nombre d’habitants reste stable en Moselle et dans la Marne (figure 1). Le déficit démographique concerne les Vosges, la Meuse, les Ardennes et la Haute-Marne (entre - 0,3 % et - 0,7 %), des départements qui comptent le moins d’habitants au kilomètre carré et qui sont dépourvus de communes densément peuplées.

Dans la majorité des départements, la population s’accroît moins ou décroît davantage sur cette période qu’entre 1990 et 2007, à l’exception de l’Aube et de la Meurthe-et-Moselle.

Dans les départements qui gagnent des habitants, le solde migratoire est déficitaire, à l’exception de l’Aube qui dénombre un peu plus d’arrivées que de départs (+ 0,1 %). C’est donc l’excédent naturel qui permet la hausse ou le maintien de la population (figure 2). Parmi les départements qui perdent des habitants, le déficit migratoire est important et le solde naturel nul ou négatif, sauf dans les Ardennes qui comptent légèrement plus de naissances que de décès (+ 0,1 %).

Figure 1La croissance de population dans l’Aube s’accélèreÉvolution de la population par département entre 1990 et 2007 et entre 2007 et 2017

La croissance de population dans l’Aube s’accélère - Lecture : dans les Ardennes, le nombre d’habitants baisse de 0,2 % par an entre 1990 et 2007 et de 0,4 % par an entre 2007 et 2017.
Taux d’évolution annuel moyen de la population (en %) Population 2017
2007-2017 1990-2007
Ardennes -0,4 -0,2 273 579
Aube 0,3 0,2 310 020
Marne 0,0 0,1 568 895
Haute-Marne -0,7 -0,5 175 640
Meurthe-et-Moselle 0,1 0,1 733 481
Meuse -0,4 -0,1 187 187
Moselle 0,0 0,2 1 043 522
Bas-Rhin 0,4 0,8 1 125 559
Haut-Rhin 0,3 0,6 764 030
Vosges -0,3 -0,1 367 673
Grand Est 0,1 0,2 5 549 586
France métropolitaine 0,5 0,5 64 639 133
  • Lecture : dans les Ardennes, le nombre d’habitants baisse de 0,2 % par an entre 1990 et 2007 et de 0,4 % par an entre 2007 et 2017.
  • Source : Insee, recensements de la population 1990, 2007 et 2017.

Figure 1La croissance de population dans l’Aube s’accélèreÉvolution de la population par département entre 1990 et 2007 et entre 2007 et 2017

  • Lecture : dans les Ardennes, le nombre d’habitants baisse de 0,2 % par an entre 1990 et 2007 et de 0,4 % par an entre 2007 et 2017.
  • Source : Insee, recensements de la population 1990, 2007 et 2017.

Figure 2Hausse de la population inférieure au niveau métropolitainTaux d’évolution annuel moyen de la population entre 2007 et 2017

en %
Hausse de la population inférieure au niveau métropolitain (en %) - Lecture : entre 2007 et 2017, la population du Bas-Rhin augmente de 0,4 % par an. Le solde naturel fait accroître la population de 0,4 % par an, tandis que le solde migratoire apparent reste stable.
Total Solde naturel Solde migratoire apparent
Bas-Rhin 0,4 0,4 0,0
Aube 0,3 0,2 0,1
Haut-Rhin 0,3 0,4 -0,1
Meurthe-et-Moselle 0,1 0,3 -0,2
Marne 0,0 0,3 -0,3
Moselle 0,0 0,2 -0,2
Vosges -0,3 0,0 -0,3
Meuse -0,4 0,0 -0,4
Ardennes -0,4 0,1 -0,5
Haute-Marne -0,7 -0,1 -0,6
Grand Est 0,1 0,3 -0,2
France métropolitaine 0,5 0,4 0,1
  • Note : les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturel et migratoirepeut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population.
  • Lecture : entre 2007 et 2017, la population du Bas-Rhin augmente de 0,4 % par an. Le solde naturel fait accroître la population de 0,4 % par an, tandis que le solde migratoire apparent reste stable.
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017 - état civil.

Figure 2Hausse de la population inférieure au niveau métropolitainTaux d’évolution annuel moyen de la population entre 2007 et 2017

  • Note : les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturel et migratoirepeut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population.
  • Lecture : entre 2007 et 2017, la population du Bas-Rhin augmente de 0,4 % par an. Le solde naturel fait accroître la population de 0,4 % par an, tandis que le solde migratoire apparent reste stable.
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017 - état civil.

La croissance de la population est concentrée dans les communes peu denses

Une grille communale de densité est utilisée afin de mieux rendre compte de la répartition géographique de la population. Les deux tiers de la population du Grand Est vit dans des communes de densité intermédiaire ou peu denses (figure 3), soit 67 % contre 58 % en France métropolitaine. À l’opposé, seuls 27 % des habitants de la région résident dans des communes densément peuplées, soit 11 points de moins qu’au niveau national.

Entre 2007 et 2017, ce sont les communes peu denses qui connaissent la progression de population la plus forte (+ 0,2 % par an en moyenne). Le Grand Est gagne 42 900 habitants en dix ans, dont 32 600 dans les communes peu denses, soit 76 % de la croissance de population totale (pour 42 % en France métropolitaine). Cette dynamique favorable ne repose que sur l’excédent naturel, le solde migratoire apparent s’avérant nul. La catégorie des communes peu denses est la seule de la région dans laquelle le nombre de départs ne dépasse pas le nombre d’arrivées.

Ce constat doit toutefois être modulé en fonction de la situation géographique de ces communes : seules celles situées à moins de 20 km de la commune dense ou de densité intermédiaire la plus proche comptent plus d’arrivées que de départs, contrairement à l’ensemble de la France métropolitaine, où l’attractivité des communes denses ou de densité intermédiaire se diffuse à plus de 50 km.

Dans les communes densément peuplées, le nombre d’habitants augmente légèrement (+ 0,1 % par an), mais moins rapidement qu’à l’échelle nationale (+ 0,4 % par an). Si le solde naturel est nettement positif dans ces communes (+ 0,5 % par an), les départs y excèdent nettement les arrivées (- 0,4 % par an).

Dans les communes de densité intermédiaire, la population est stable, excédent naturel et déficit migratoire apparent s’équilibrant sur la période.

Figure 3Un tiers de la population dans les communes peu densesPopulation 2017 et évolution selon le niveau de densité des communes entre 2007 et 2017

Un tiers de la population dans les communes peu denses - Lecture : au 1ᵉʳ janvier 2017, le Grand Est compte 60 communes densément peuplées. Elles comptent 1 493 538 habitants, soit 26,9 % de la population régionale. Leur densité est de 2 027 habitants/km² en moyenne. Entre 2007 et 2017, leur population augmente de 0,1 % par an, contre 0,4 % par an en France métropolitaine.
Grand Est France métropolitaine
Densité des communes Nombre de communes Population en 2017 Densité en 2017 (habitants/km²) Part de la population (en %) Taux de variation annuel 2007-2017 (en %) Taux de variation annuel 2007-2017 (en %)
Ensemble Dû au solde naturel Dû au solde migratoire apparent Ensemble Dû au solde naturel Dû au solde migratoire apparent
Densément peuplées 60 1 493 538 2 027 26,9 0,1 0,5 -0,4 0,4 0,7 -0,4
De densité intermédiaire 480 1 845 023 345 33,2 0,0 0,2 -0,2 0,4 0,2 0,2
Peu denses 2 250 1 867 723 68 33,7 0,2 0,1 0,0 0,6 0,1 0,5
Très peu denses 2 331 343 302 14 6,2 0,1 0,2 -0,1 0,2 0,0 0,2
Total 5 121 5 549 586 96 100,0 0,1 0,3 -0,2 0,5 0,4 0,1
  • Note : les taux de variation sont arrondis au plus près de leurs valeurs réelles. La somme des taux dus aux soldes naturel et migratoirepeut être de fait légèrement différente du taux de variation de la population.
  • Lecture : au 1ᵉʳ janvier 2017, le Grand Est compte 60 communes densément peuplées. Elles comptent 1 493 538 habitants, soit 26,9 % de la population régionale. Leur densité est de 2 027 habitants/km² en moyenne. Entre 2007 et 2017, leur population augmente de 0,1 % par an, contre 0,4 % par an en France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017 - état civil.
Avertissement

Afin d’améliorer la prise en compte de la multirésidence, notamment pour les enfants en résidence partagée, le questionnaire du recensement de la population a évolué en 2018. La croissance de population mesurée entre 2007 et 2017 est ainsi affectée d’un très léger effet questionnaire qui est négligeable sur cette période (Insee, note technique 2019).

Sources

Cette étude porte sur les populations communales, dites « populations municipales légales », issues des recensements de la population réalisés par l’Insee, en partenariat avec les communes, en date de référence au 1er janvier 2017, 2007 et 1990.

Les données de population au 1er janvier 2017 dans les limites territoriales des communes existant au 1er janvier 2019 seront officielles dès leur authentification par décret. Ces populations officielles entrent en vigueur au 1er janvier 2020.

L'évolution de population mesurée entre 2007 et 2017 est affectée d’un très léger effet lié à la prise en compte de la multirésidence dans le questionnaire.

Définitions

Grille communale de densité

Les communes étant de superficies très variables, certaines d’entre elles peuvent apparaître comme peu densément peuplées ou au contraire densément peuplées, alors même que leurs populations peuvent être de taille comparable et concentrées dans des zones de superficie similaire.

Définie par Eurostat, la grille communale de densité permet de comparer le degré d’urbanisation des pays européens, avec une méthodologie homogène. Elle s’appuie sur la distribution de la population à l’intérieur de la commune en découpant le territoire en carreaux de 1 kilomètre de côté. Elle repère ainsi des zones agglomérées. C’est l’importance de ces zones agglomérées au sein des communes qui va permettre de les caractériser (et non la densité communale habituelle).

Pour en savoir plus

Vallès V., « Une croissance démographique marquée dans les espaces peu denses », Insee Focus n° 177, décembre 2019.

De Bellefon M.-P., Eusebio P., Forest J., Warnod R., « 38 % de la population française vit dans une commune densément peuplée », Insee Focus n° 169, novembre 2019.

Martini T., Nieto V., « La croissance, déjà faible, de la population du Grand Est ralentit », Insee Analyses Grand Est n° 89, décembre 2018.