Saison touristique d'hiver 2018-2019Net repli de la fréquentation en Île-de-France et dans les stations de ski

Jean-Claude Gidrol (pôle de compétence Tourisme, Insee)

Dans les hébergements collectifs touristiques de France métropolitaine, la fréquentation de la saison d’hiver 2018-2019 est inférieure de 2,1 % à celle de l’hiver 2017-2018.

Après deux hivers de forte hausse, la fréquentation chute de 3,4 % en Île-de-France. Les touristes, résidents et surtout non résidents, sont venus moins nombreux à Paris et dans sa région.

En province, la fréquentation connaît également un coup d’arrêt. Le recul est marqué dans les stations de ski. L’activité touristique reste bien orientée sur le littoral et dans l’espace urbain de province, grâce aux touristes résidents.

Avertissement : révision des séries concernant les hôtels

À partir du 1er janvier 2019, les données des hôtels non répondants sont imputées au moyen d’une nouvelle méthode, en fonction de leurs caractéristiques. Cette méthode tend à revoir légèrement à la baisse le nombre total de nuitées (par exemple − 0,9 % au quatrième trimestre 2018). Pour permettre des comparaisons, les résultats des années précédentes (2015 à 2018) ont été recalculés avec cette nouvelle méthode. Les données sont inchangées pour les autres modes d’hébergement, notamment dans les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT).

Recul de la fréquentation en Île-de-France après deux hivers de forte hausse

Lors de la saison d'hiver de décembre 2018 à mars 2019, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques, mesurée en nombre de nuitées, baisse de 2,1 % en France métropolitaine par rapport à l'hiver précédent. Cette baisse fait suite à une forte augmentation un an plus tôt (+ 7,6 %). Le nombre de nuitées diminue nettement dans les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) (− 3,5 %) après une embellie exceptionnelle lors de l’hiver précédent (+ 13,4 %). La fréquentation dans l’hôtellerie fléchit plus modérément (− 1,3 % après + 4,8 % l’hiver précédent). Elle représente 76 % de l’offre d’hébergement.

Tous hébergements confondus, la fréquentation des touristes non résidents chute de 3,9 %. Les nuitées des touristes résidents sont également moins nombreuses, mais la baisse est plus limitée (− 1,3 %).

L’espace urbain accueille 59 % des nuitées hivernales (figure 1), dont la moitié en Île-de-France. Durant l’hiver 2018-2019, Paris et sa région ont attiré moins de touristes, probablement en lien avec le mouvement social des gilets jaunes et à cause de l'absence du week-end de Pâques, contrairement à mars 2018 : en Île-de-France, le nombre de nuitées baisse de 3,4 % en un an (figure 2), après deux hivers consécutifs de forte hausse. Cette baisse concerne davantage les non-résidents (− 4,5 %) que les résidents (− 2,4 %). La fréquentation touristique francilienne reste néanmoins largement supérieure à celle de l’hiver 2016-2017.

Figure 1a - Part des différentes zones géographiques dans les nuitées de la saison d'hiver 2018-2019

Figure 1a - Part des différentes zones géographiques dans les nuitées de la saison d'hiver 2018-2019 ( )
Nuitées hiver 2018-2019 (en milliers) en %
Île-de-France 23 925 28,8
Urbain de province 25 158 30,3
Littoral 9 964 12,0
Autres espaces 6 431 7,8
Massifs de ski 17 482 21,1
Total 82 960 100,0
  • Note : les autres espaces regroupent les espaces ruraux, les petites aires urbaines (moins de 10 000 habitants) et les massifs, hors ceux de ski.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la direction générale des entreprises (DGE), enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs.

Figure 1a - Part des différentes zones géographiques dans les nuitées de la saison d'hiver 2018-2019

  • Note : les autres espaces regroupent les espaces ruraux, les petites aires urbaines (moins de 10 000 habitants) et les massifs, hors ceux de ski.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la direction générale des entreprises (DGE), enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs.

Figure 2a - Évolution des nuitées totales de la saison d'hiver 2018-2019, par rapport à la saison précédente, dans les grandes zones

en %
Figure 2a - Évolution des nuitées totales de la saison d'hiver 2018-2019, par rapport à la saison précédente, dans les grandes zones (en %)
Nuitées hiver 2019 / nuitées hiver 2018
Massifs ski -5,4
Île-de-France -3,4
France métropolitaine -2,1
Autres espaces -1,8
Province -1,5
Urbain de province -0,2
Littoral 2,7
  • Note : la France métropolitaine comprend l'Île-de-France et la province. Cette dernière est divisée en urbain de province, littoral, massifs de ski et « autres espaces ».
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la direction générale des entreprises (DGE), enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs.

Figure 2a - Évolution des nuitées totales de la saison d'hiver 2018-2019, par rapport à la saison précédente, dans les grandes zones

  • Note : la France métropolitaine comprend l'Île-de-France et la province. Cette dernière est divisée en urbain de province, littoral, massifs de ski et « autres espaces ».
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la direction générale des entreprises (DGE), enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs.

Une fréquentation également moins dynamique dans les massifs de ski

Le nombre de nuitées dans les stations de ski diminue nettement (− 5,4 %), mais reste supérieur au nombre de nuitées de l’hiver 2016-2017 grâce à la très forte augmentation de l’hiver précédent. Le déficit de neige du début de saison a sans doute pénalisé les professionnels du tourisme au cours du mois de décembre. Cependant, la fréquentation baisse également en janvier, en février et en mars, en dépit d’un enneigement correct.

La baisse est peu marquée dans l’hôtellerie (− 0,2 %), grâce à la fréquentation soutenue des touristes en provenance de l’étranger (+ 4,5 %). En revanche, les AHCT pâtissent fortement de la défection de la clientèle résidente (− 6,8 %) comme non résidente (− 7,8 %).

La plupart des massifs subissent une baisse de fréquentation, à des degrés divers. Le nombre de nuitées diminue de 12,1 % dans les Pyrénées, après une hausse de 14,2 % l’hiver précédent, marqué par un enneigement exceptionnel. Les massifs alpins perdent 5,0 % de nuitées en moyenne. La diminution est forte dans la vallée de la Maurienne (− 9,3 %), en Isère et dans la Drôme (− 9,1 %). La vallée de la Tarentaise est moins touchée (− 3,6 %) ; elle accueille une nuitée sur trois dans les stations de ski.

Le littoral et l’espace urbain de province résistent à la baisse de fréquentation

Avec une baisse de fréquentation limitée à 0,2 %, l’espace urbain de province résiste à la morosité générale grâce à la fidélité des touristes résidents, surtout dans les AHCT. Le littoral bénéficie des conditions climatiques clémentes du début d’année 2019 : la fréquentation y augmente de 2,7 %, dynamisée là aussi par les touristes résidents. En revanche, le nombre de nuitées fléchit de 1,8 % dans les autres espaces.

Nette progression des nuitées en Corse et en Normandie

Dans l’ensemble de la province, la fréquentation touristique recule de 1,5 %, sous l’effet de la baisse de fréquentation des AHCT.

Deux régions se distinguent par une forte augmentation du nombre de leurs nuitées : la Corse, au tourisme hivernal modeste (+ 16,0 %), et la Normandie (+ 5,4 % ; figure 3). Ces deux régions bénéficient de l’attrait de leur littoral, amplifié en Normandie par une fréquentation soutenue dans l’espace urbain.

La fréquentation est relativement stable dans cinq régions. En Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Bretagne, le littoral est très fréquenté, même en hiver. La bonne tenue relative de la fréquentation littorale compense la baisse du nombre de nuitées dans l’espace urbain et dans les massifs de ski de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Inversement, en Nouvelle-Aquitaine, la hausse du tourisme urbain neutralise la baisse sur le littoral et dans les autres espaces. En Bourgogne-Franche-Comté, l’embellie dans les stations de ski du Jura compense le recul de fréquentation dans l’espace urbain. Dans le Grand Est, la hausse dans les autres espaces, et dans une moindre mesure dans les stations de ski des Vosges, contrebalancent la baisse dans l’espace urbain.

Dans toutes les autres régions, la fréquentation touristique est moindre que lors de l’hiver précédent. En Occitanie et dans les Hauts-de-France, la diminution du nombre des nuitées atteint 1,5 %. Dans ces deux régions, la forte hausse de la fréquentation littorale et la bonne tenue dans l’espace urbain ne suffisent pas à contrebalancer la chute de la fréquentation dans les massifs de ski (en Occitanie) et dans les autres espaces (dans les Hauts-de-France).

Les nuitées diminuent respectivement de 2,3 % et de 3,1 % dans le Centre-Val de Loire et dans les Pays de la Loire. Ces baisses concernent tous les espaces, urbain, littoral dans les Pays de la Loire et autres espaces.

La baisse de la fréquentation est la plus marquée en Auvergne-Rhône-Alpes (− 3,8 %), en lien avec la forte diminution dans les massifs de ski, qui accueillent deux nuitées hivernales sur trois dans cette région.

Figure 3 - Évolution des nuitées de la saison d'hiver 2018-2019, par rapport à la saison d'hiver précédente, dans les régions

en %
Figure 3 - Évolution des nuitées de la saison d'hiver 2018-2019, par rapport à la saison d'hiver précédente, dans les régions (en %)
Évolution des nuitées
Auvergne-Rhône-Alpes -3,8
Ile-de-France -3,4
Pays de la Loire -3,1
Centre-Val de Loire -2,3
France métropolitaine -2,1
Hauts-de-France -1,5
Occitanie -1,5
Bourgogne-Franche-Comté -0,4
Provence-Alpes-Côte d'Azur -0,3
Bretagne -0,2
Grand Est 0,0
Nouvelle-Aquitaine 0,2
Normandie 5,4
Corse 16,0
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la direction générale des entreprises (DGE), enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs.

Figure 3 - Évolution des nuitées de la saison d'hiver 2018-2019, par rapport à la saison d'hiver précédente, dans les régions

  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT) et la direction générale des entreprises (DGE), enquêtes de fréquentation dans les hébergements collectifs.

Sources

L'Insee réalise une enquête mensuelle de fréquentation dans les hébergements collectifs de touristime : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT). Ces derniers comprennent notamment les résidences de tourisme (dont « appart’hôtels »), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n'incluent pas les hébergements proposés par des particuliers. Ainsi, l'accroissement de l'offre des particuliers via les sites internet pourrait peser sur l'évolution des nuitées, en particulier dans certaines zones comme l'agglomération parisienne.

Définitions

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits consécutives dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu'une nuit.

L’offre professionnelle d'hébergement ne comprend pas l’offre des particuliers. Elle est calculée en prenant en compte le parc de chambres/logements existants et leurs dates d'ouverture.

Les appart’hôtels désignent des hébergements permettant de réaliser un minimum de cuisine et pour lesquels les prestations sont légèrement différentes de celles des chambres classiques de l’hôtellerie.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les non-résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal à l’étranger.

Pour en savoir plus