Insee Analyses BretagneBilan démographique 2018 en Bretagne : de nouveau moins de naissances et plus de décès

Muriel Cazenave, Jean-Marc Lardoux (Insee)

Au 1er janvier 2019, la population bretonne est estimée à 3 329 400 habitants. Elle augmente de 0,18 % sur un an. Ce rythme de croissance, en baisse, reste légèrement supérieur à celui observé au niveau national (+ 0,13 %). Ce ralentissement est notamment la conséquence du déclin du solde naturel, déficitaire au niveau régional depuis 2015. Le nombre de décès augmente alors que dans le même temps celui des naissances diminue. Ainsi, en 2018, il y a eu 400 naissances de moins et 800 décès de plus qu’en 2017.

La hausse du nombre de décès est principalement due au vieillissement de la population. Les personnes âgées de 65 ans ou plus représentent désormais 22,4 % de la population. La Bretagne se distingue également par une nuptialité tardive. Les remariages sont en augmentation.

La population continue d’augmenter en Ille-et-Vilaine et tend à se stabiliser dans le Morbihan. Elle est en légère baisse dans les Côtes-d’Armor et le Finistère.

Insee Analyses Bretagne
No 86
Paru le : Paru le 22/10/2019
Muriel Cazenave, Jean-Marc Lardoux (Insee)
Insee Analyses Bretagne  No 86 - Octobre 2019

Au 1er janvier 2019, la population de la Bretagne est estimée à 3 329 400 habitants (figure 1). Au cours de l’année 2018, elle a augmenté de 6 000 habitants, soit une hausse de 0,18 %, légèrement supérieure à celle observée en France métropolitaine (+ 0,13 %). Le nombre d’habitants en Bretagne dépasse désormais celui de la Normandie. La Bretagne devient ainsi la 9e région française la plus peuplée.

Figure 1L’Ille-et-Vilaine porte la croissance de la population bretonneDonnées démographiques sur les départements bretons

L’Ille-et-Vilaine porte la croissance de la population bretonne
Année Côtes-d'Armor Finistère Ille-et-Vilaine Morbihan Bretagne France métropolitaine
Population au 1er janvier 2019 (p) 596 518 905 238 1 076 330 751 309 3 329 395 64 812 052
2018 (p) 597 600 906 687 1 068 556 750 512 3 323 355 64 725 052
2017 (p) 598 503 907 630 1 060 476 749 292 3 315 901 64 618 416
2016 598 953 908 249 1 051 779 747 548 3 306 529 64 468 743
Naissances 2018 5 313 8 095 11 656 6 637 31 706 717 795
2017 5 332 8 370 11 680 6 754 32 136 728 100
Décès 2018 7 588 10 662 8 765 8 518 35 533 594 301
2017 7 415 10 462 8 499 8 363 34 739 593 784
Solde naturel 2018 -2 275 -2 567 2 891 -1 881 -3 827 123 494
2017 -2 083 -2 092 3 181 -1 609 -2 603 134 316
Taux de natalité 2018 (p) 8,9 8,9 10,9 8,8 9,5 11,1
Taux de mortalité 2018 (p) 12,7 11,8 8,2 11,3 10,7 9,2
Taux de solde naturel* 2018 (p) -3,8 -2,8 2,7 -2,5 -1,2 1,9
Taux de variation de la population 2018 (p) -1,8 -1,6 7,3 1,1 1,8 1,3
Indicateur conjoncturel de fécondité 2018 (p) 1,99 1,76 1,77 1,82 1,80 1,84
Espérance de vie des hommes 2018 (p) 78,0 77,7 79,8 78,6 78,6 79,5
Espérance de vie des femmes 2018 (p) 84,0 84,1 85,4 84,8 84,6 85,4
  • * : taux de solde naturel = taux de natalité – taux de mortalité (aux arrondis près)
  • (p) : données provisoires
  • Source : Insee, recensement de la population, estimations de population, statistiques de l’état civil.

La croissance de la population régionale continue de ralentir. Entre 2009 et 2014, le nombre d’habitants progressait chaque année de 0,7 % en moyenne. La hausse annuelle moyenne n’est plus que de 0,3 % entre 2014 et 2019. Cependant, elle reste légèrement supérieure à celle du niveau national (+ 0,2 %).

Ce ralentissement est dû principalement au déclin du solde naturel, différence entre les nombres de naissances et de décès. Déficitaire depuis 2015 au niveau régional (figure 2), ce solde naturel ne cesse depuis de se creuser. Il s’établit ainsi à – 3 800 en 2018 après – 2 600 en 2017. Ainsi, il y a eu 800 décès supplémentaires et 400 naissances de moins en 2018 par rapport à l’année précédente. Le solde naturel contribue à une baisse annuelle de la population de 0,1 %.

Figure 2Un solde naturel négatif, de plus en plus déficitaire depuis 2015Évolution du nombre de naissances, de décès et du solde naturel depuis 1946

Un solde naturel négatif, de plus en plus déficitaire depuis 2015
Année Naissances Décès Solde naturel
1946 50 795 31 175 19 620
1947 52 867 30 291 22 576
1948 52 284 28 642 23 642
1949 50 687 33 156 17 531
1950 49 143 31 645 17 498
1951 46 414 33 671 12 743
1952 45 595 29 982 15 613
1953 44 646 31 969 12 677
1954 44 620 29 576 15 044
1955 44 093 30 446 13 647
1956 44 550 31 013 13 537
1957 44 608 29 521 15 087
1958 44 360 27 248 17 112
1959 44 071 27 702 16 369
1960 43 329 28 000 15 329
1961 43 624 27 451 16 173
1962 43 024 29 385 13 639
1963 43 904 30 989 12 915
1964 44 088 28 183 15 905
1965 43 338 29 832 13 506
1966 42 906 29 006 13 900
1967 42 028 29 445 12 583
1968 42 312 30 907 11 405
1969 42 983 31 133 11 850
1970 43 410 30 436 12 974
1971 44 506 29 912 14 594
1972 44 230 29 970 14 260
1973 43 520 30 321 13 199
1974 40 572 29 947 10 625
1975 37 478 30 872 6 606
1976 35 617 30 612 5 005
1977 36 829 29 827 7 002
1978 36 648 29 596 7 052
1979 37 835 30 042 7 793
1980 39 889 30 634 9 255
1981 39 690 30 780 8 910
1982 38 568 29 984 8 584
1983 35 676 31 819 3 857
1984 35 923 30 464 5 459
1985 36 249 30 630 5 619
1986 36 756 30 785 5 971
1987 35 878 29 228 6 650
1988 35 409 28 401 7 008
1989 34 797 28 402 6 395
1990 34 504 29 158 5 346
1991 33 647 28 657 4 990
1992 33 257 28 407 4 850
1993 31 891 29 598 2 293
1994 31 882 28 365 3 517
1995 33 277 29 635 3 642
1996 33 924 29 915 4 009
1997 33 413 30 278 3 135
1998 34 601 29 347 5 254
1999 34 861 30 423 4 438
2000 36 692 29 815 6 877
2001 36 397 29 912 6 485
2002 35 837 30 036 5 801
2003 36 264 30 487 5 777
2004 36 388 29 305 7 083
2005 36 345 30 088 6 257
2006 37 835 29 740 8 095
2007 37 009 30 258 6 751
2008 37 659 30 547 7 112
2009 37 034 30 961 6 073
2010 37 166 31 262 5 904
2011 36 764 31 089 5 675
2012 36 582 32 790 3 792
2013 35 578 32 687 2 891
2014 34 987 31 889 3 098
2015 33 522 33 821 -299
2016 32 727 34 489 -1 762
2017 32 136 34 739 -2 603
2018 31 701 35 533 -3 832
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil.

Figure 2Un solde naturel négatif, de plus en plus déficitaire depuis 2015Évolution du nombre de naissances, de décès et du solde naturel depuis 1946

  • Source : Insee, statistiques de l’état civil.

Les tendances observées ces dernières années devraient se poursuivre. En effet, elles résultent d’une part des arrivées aux âges de forte mortalité des générations du baby-boom et d’autre part du recul de la fécondité. Ainsi, la pyramide des âges bretonne (figure 3) présente un élargissement à son sommet en raison du remplacement chez les seniors des générations creuses d’avant-guerre par celles du baby-boom, et un rétrécissement à sa base dû à des jeunes générations moins nombreuses. Les conditions structurelles sont réunies pour que le déficit du solde naturel s’installe durablement en Bretagne. Cependant, ce constat ne s’applique pas uniformément sur l’ensemble du territoire de la région.

Figure 3Un doublement en vingt ans du nombre de Bretons âgés de 80 ans ou plus Pyramides des âges de la population bretonne aux 1ᵉʳˢ janvier 1999 et 2019

Un doublement en vingt ans du nombre de Bretons âgés de 80 ans ou plus
Hommes 2019 Femmes 2019 Hommes 1999 Femmes 1999
0 à 4 ans 84 165 80 699 87 174 82 644
5 à 9 ans 100 497 95 518 89 987 85 592
10 à 14 ans 105 894 101 712 95 942 91 231
15 à 19 ans 107 389 101 377 102 673 97 734
20 à 24 ans 91 084 83 362 95 267 88 745
25 à 29 ans 83 915 80 996 100 932 95 368
30 à 34 ans 90 123 90 786 100 464 97 679
35 à 39 ans 99 069 99 913 104 695 102 404
40 à 44 ans 99 415 99 203 105 165 102 035
45 à 49 ans 114 525 114 219 103 307 101 580
50 à 54 ans 109 794 111 416 87 996 89 281
55 à 59 ans 108 311 112 570 62 552 66 705
60 à 64 ans 105 831 113 313 71 083 80 004
65 à 69 ans 102 922 114 279 68 534 83 727
70 à 74 ans 83 008 97 127 58 611 80 448
75 à 79 ans 50 909 65 223 43 428 68 827
80 à 84 ans 42 864 65 701 16 673 34 052
85 à 89 ans 25 990 51 012 11 940 31 502
90 à 94 ans 9 636 26 016 3 117 11 725
95 ans et plus 1 900 7 712 473 2 779
  • Source : Insee, recensement de la population, estimations de la population.

Figure 3Un doublement en vingt ans du nombre de Bretons âgés de 80 ans ou plus Pyramides des âges de la population bretonne aux 1ᵉʳˢ janvier 1999 et 2019

  • Source : Insee, recensement de la population, estimations de la population.

Croissance de la population dans l’est de la Bretagne, diminution dans l’ouest

Sur l’année 2018, et en attendant les résultats définitifs issus du recensement (méthodologie), la population est estimée en baisse dans le Finistère et dans les Côtes-d’Armor (– 0,2 %). Seule l’Ille-et-Vilaine conserve une croissance soutenue (+ 0,7 %), tandis que la population du Morbihan tend à se stabiliser (+ 0,1 %).

Avec 8 095 naissances et 10 662 décès en 2018, le solde naturel est négatif dans le Finistère (– 2 567). Il l’est également dans les Côtes-d’Armor (– 2 275), et dans le Morbihan (– 1 881). L’Ille-et-Vilaine est le seul département breton à présenter un solde naturel positif (+ 2 891).

Parallèlement, l’effet des arrivées et des départs de la région tend à se réduire. Alors que le solde migratoire annuel s’établissait il y a dix ans en Bretagne à 18 000 personnes, il est estimé en 2017 et en 2018 à 10 000 personnes. Ainsi, il ne génère plus que 0,3 % de croissance démographique en 2018 (contre + 0,6 % chaque année entre 2006 et 2011). L’Ille-et-Vilaine capte pratiquement la moitié de l’excédent migratoire régional, ce qui lui confère un solde migratoire nettement positif (+ 0,5 %). Suivent, dans cet ordre, le Morbihan (+ 0,4 %), les Côtes-d’Armor (+ 0,2 %) et le Finistère (+ 0,1 %).

De nouveau moins de naissances

En 2018, 31 700 bébés sont nés en Bretagne, après 32 100 en 2017. La baisse de 1,4 % est identique à celle enregistrée au niveau national. Par département, le recul est marqué dans le Finistère (– 3,3 %) et le Morbihan (– 1,7 %) alors que le nombre de naissances reste pratiquement stable dans les Côtes-d’Armor et en Ille-et-Vilaine.

En 2018, la baisse de la natalité résulte à parts égales de la diminution de la fécondité et de la baisse du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants (figure 4). En particulier, le nombre de celles âgées de 25 à 34 ans, âges de forte fécondité, a baissé de 0,8 % en 2018 et de 4,8 % en cinq ans. Cette tendance est à relier au déficit migratoire observé en Bretagne parmi les jeunes adultes. L’Ille-et-Vilaine est le seul département breton à garder des effectifs relativement stables pour cette classe d’âges.

Figure 4Les baisses du taux de fécondité et du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants expliquent à parts égales la diminution des naissances en 2018Évolution annuelle du nombre de naissances en Bretagne, décomposée selon les effets de la démographie et de la fécondité

Les baisses du taux de fécondité et du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants expliquent à parts égales la diminution des naissances en 2018
Effet démographique* Effet taux de fécondité Variation totale
2009 -40 -391 -432
2010 -208 -199 -407
2011 -177 -223 -400
2012 -120 -64 -184
2013 -7 -997 -1004
2014 -232 -359 -591
2015 -214 -1250 -1465
2016 -195 -600 -795
2017 -200 -390 -590
2018 -225 -214 -438
  • * variation du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants
  • Source : Insee, recensement de la population, estimations de population, statistiques de l’état civil.

Figure 4Les baisses du taux de fécondité et du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants expliquent à parts égales la diminution des naissances en 2018Évolution annuelle du nombre de naissances en Bretagne, décomposée selon les effets de la démographie et de la fécondité

  • * variation du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants
  • Source : Insee, recensement de la population, estimations de population, statistiques de l’état civil.

En Bretagne, l'indicateur conjoncturel de fécondité s’établit à 1,80 enfant par femme en 2018, légèrement inférieur à l’indice de France métropolitaine (1,84). Les Côtes-d’Armor sont le seul département breton à atteindre une fécondité (1,99 enfant par femme) proche du seuil de renouvellement des générations, c’est-à-dire du nombre moyen d’enfants par femme nécessaire (2,05) pour que chaque génération en engendre une suivante de même effectif.

Cette moindre fécondité bretonne résulte notamment de taux de fécondité plus faibles que la moyenne nationale avant 25 ans (figure 5). L’âge moyen à la maternité est toutefois à peine plus élevé en Bretagne (30,8 ans) qu’en France métropolitaine (30,7 ans). Seules les Costarmoricaines sont légèrement plus précoces (30,3 ans).

Figure 5Des taux de fécondité plus faibles en Bretagne aux jeunes âgesTaux de fécondité par âge de la femme en 2018 (pour 10 000 femmes)

Des taux de fécondité plus faibles en Bretagne aux jeunes âges
Âge Bretagne France métropolitaine
15 1 13
16 10 30
17 16 58
18 47 123
19 85 197
20 170 292
21 248 385
22 347 496
23 472 636
24 627 779
25 782 938
26 984 1100
27 1202 1232
28 1287 1319
29 1421 1374
30 1545 1379
31 1493 1309
32 1365 1205
33 1151 1082
34 1022 957
35 942 824
36 743 680
37 606 552
38 429 442
39 334 338
40 266 247
41 169 166
42 122 106
43 79 60
44 38 30
45 20 16
46 10 8
47 9 4
48 2 3
49 2 1
  • Source : Insee, estimations de la population, statistiques de l’état civil.

Figure 5Des taux de fécondité plus faibles en Bretagne aux jeunes âgesTaux de fécondité par âge de la femme en 2018 (pour 10 000 femmes)

  • Source : Insee, estimations de la population, statistiques de l’état civil.

Sept enfants sur dix naissent hors mariage en Bretagne (contre six sur dix en France), ce qui constitue la part la plus élevée parmi les régions métropolitaines. La progression du Pacs (Pacte civil de solidarité) (encadré) et des unions libres ainsi que le recul de l’âge au mariage ont rendu les naissances hors mariage majoritaires dès 2006, en Bretagne comme dans le reste de la France. Parmi les départements de la région, celui des Côtes-d’Armor se distingue par une proportion de naissances hors mariage élevée, avoisinant 74 %.

Une nouvelle progression des décès

Le nombre de décès domiciliés en Bretagne atteint 35 500 personnes en 2018, soit une augmentation de 2,3 % en un an, plus prononcée qu’au niveau national (+ 0,1 %). L’évolution des conditions de mortalité entre 2017 et 2018 n’a eu qu’un impact limité sur le nombre de décès. Sa forte progression résulte donc du vieillissement de la population (figure 6). Elle correspond notamment à l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses issues du baby-boom.

Figure 6Le nombre de décès augmente en raison du vieillissement de la populationÉvolution annuelle du nombre de décès en Bretagne, décomposée selon les effets de la démographie et de la mortalité

Le nombre de décès augmente en raison du vieillissement de la population
Effet démographique Effet taux de mortalité Variation totale
2009 943 -540 403
2010 1190 -956 234
2011 843 -1027 -184
2012 1379 122 1500
2013 1031 -1168 -137
2014 974 -1649 -676
2015 1143 752 1895
2016 876 -156 720
2017 943 -652 291
2018 840 -85 755
  • Source : Insee, recensement de la population, estimations de population, statistiques de l’état civil.

Figure 6Le nombre de décès augmente en raison du vieillissement de la populationÉvolution annuelle du nombre de décès en Bretagne, décomposée selon les effets de la démographie et de la mortalité

  • Source : Insee, recensement de la population, estimations de population, statistiques de l’état civil.

Tous les départements bretons sont concernés par cette augmentation et en premier lieu l’Ille-et-Vilaine (+ 3,1 %). Dans ce département, le taux de mortalité reste cependant assez bas (8,2 décès pour 1 000 habitants contre 12,7 pour 1 000 dans les Côtes-d’Armor).

En Bretagne, à sa naissance, un garçon peut espérer vivre en moyenne jusqu’à 78,6 ans, une fille jusqu’à 84,6 ans. Ces niveaux sont inférieurs à ceux de la France métropolitaine (respectivement 79,4 ans et 85,3 ans) mais supérieurs à la moyenne des 28 pays de l’Union européenne (respectivement 77,9 ans et 83,3 ans). Localement, l’espérance de vie à la naissance reste plus faible dans le Finistère que dans les autres départements bretons. A contrario, l’Ille-et-Vilaine affiche une longévité de ses habitants plus élevée que la moyenne nationale, grâce notamment à des facteurs socio-économiques plus favorables.

L’écart entre hommes et femmes se réduit : en dix ans, les Bretons ont gagné 2,1 ans d’espérance de vie contre 0,6 an pour les Bretonnes. À l’instar de la tendance nationale, l’espérance de vie féminine ne progresse plus, voire régresse depuis 2014, année où elle atteignait 85,1 ans en Bretagne.

Les 65 ans ou plus représentent 22,4 % de la population

En 2018, l’âge moyen de la population bretonne atteint de 42,5 ans, soit 1,3 an de plus que la population française. Avec 39,5 ans d’âge moyen, l’Ille-et-Vilaine se classe selon ce critère au 6e rang des départements les plus jeunes de France de province.

En 2019, 744 300 Bretons sont âgés de 65 ans ou plus. Ils représentent 22,4 % de la population régionale. Ils n’étaient que 515 800 en 1999, soit 17,8 % de la population. Sur la même période, la part de ces seniors est passée de 15,9 % à 20,3 % au niveau national. Au sein de cette population âgée, la part des 80 ans ou plus est en hausse. En Bretagne, elle s’élève à 6,9 % en 2019. Vingt ans plus tôt, elle représentait 3,9 % de la population. Le nombre d’individus de 80 ans ou plus a en effet plus que doublé sur la période : il est passé de 112 300 en 1999 à 230 800 en 2019.

De fortes disparités existent entre les départements. Par exemple, la part des 65 ans ou plus varie de 18,0 % en Ille-et-Vilaine à 26,3 % dans les Côtes-d’Armor.

D’autre part, le nombre de personnes de 50 ans ou moins diminue. Le recul concerne en premier lieu les 25 à 34 ans, leur part étant passée de 13,6 % à 10,4 %.

Un marié sur six est un remarié

Le nombre de mariages célébrés en Bretagne a légèrement augmenté : 10 668 en 2017. C’est 2,4 % de plus qu’en 2016 (figure 7). En diminution (287 en 2017 comparé à 327 en 2016), les mariages entre personnes de même sexe représentent 2,7 % des unions conclues, à comparer à 3,2 % au niveau national.

Figure 7En 2017, le nombre de mariages augmente légèrement dans chaque départementÉléments démographiques sur les mariages et les remariages en Bretagne

En 2017, le nombre de mariages augmente légèrement dans chaque département
Côtes-d'Armor Finistère Ille-et-Vilaine Morbihan Bretagne France métropolitaine
Mariages enregistrés 2017 2 019 2 906 3 208 2 535 10 668 227 758
2016 1 980 2 838 3 090 2 509 10 417 226 614
dont mariages de personnes de même sexe 2017 49 72 104 62 287 7 176
2016 49 86 113 79 327 7 065
Nombre d’individus remariés dans l’année 2017 712 1 013 945 960 3 630 88 375
2016 695 900 861 844 3 300 87 639
Âge moyen des hommes au 1er mariage 2017 36,3 36,1 35,6 35,8 35,9 35,3
Âge moyen des femmes au 1er mariage 2017 34,4 34,3 33,6 34,2 34,1 33,2
Âge moyen des hommes au remariage 2017 53,1 53,1 51,7 54,8 53,2 51,7
Âge moyen des femmes au remariage 2017 49,6 48,9 47,5 51,4 49,3 47,5
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil.

Les Bretons se marient plus tardivement que l’ensemble des Français. Au niveau national, l’âge au premier mariage est de 35,3 ans pour les hommes et 33,2 ans pour les femmes, à comparer respectivement à 35,9 ans et 34,1 ans en Bretagne. Dans 41 % des premiers mariages, les nouveaux époux ont déjà un ou plusieurs enfants en commun. Cette proportion est bien supérieure à celle observée en France métropolitaine (33 %).

Par ailleurs, la part des remariages ne cesse de croître. En 2017, 17 % des mariés bretons convolent pour la deuxième fois ou plus. Cette proportion reste cependant inférieure à celle du niveau national (19,4 %). En Bretagne, l’âge des remariés atteint 49,3 ans pour les femmes et 53,2 ans pour les hommes. Ces âges ne cessent d’augmenter et sont plus élevés qu’en France métropolitaine. Ces nouvelles unions interviennent en moyenne 10 ans après un divorce ou 12 ans après un veuvage.

Encadré - Pacs, divorces : des changements législatifs récents

Le Pacte civil de solidarité (Pacs) était à l’origine exclusivement conclu au tribunal d’instance. Puis, à compter du 28 mars 2011, il a pu l’être également devant un notaire. L’enregistrement des Pacs a été transféré des tribunaux vers les mairies à compter du 1er novembre 2017. Depuis cette date, l’enregistrement d’un Pacs se fait donc soit en mairie, soit devant un notaire.

En 2016, 10 200 Pacs avaient été signés en Bretagne, représentant presque la moitié des unions. Les données postérieures à 2016 détaillées par région et département ne sont pas disponibles. Les données nationales montrent une progression des conclusions de Pacs en 2017 (+ 1,2 %).

En 2017, 3 900 divorces ont été prononcés en Bretagne par un juge, après 5 300 en 2016. Cette baisse s’explique par le changement législatif concernant les divorces par consentement mutuel entré en vigueur le 1er janvier 2017. À partir de cette date, la convention établie par les époux et leurs avocats est enregistrée auprès d’un notaire, sauf si un enfant demande à être auditionné. Ce type de divorce ne nécessite donc plus de jugement. Ainsi, le nombre de jugements prononçant un divorce par consentement mutuel chute de moitié en 2017, entraînant une diminution des divorces prononcés par le juge aux affaires familiales.

Pour comprendre

Méthodologie

Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence pour les années où il est disponible. Pour les années 2017 et suivantes, les estimations de population sont provisoires. Elles sont réalisées en actualisant la population du dernier recensement disponible (2016) grâce à des estimations, d’une part du solde naturel, d’autre part du solde migratoire. Elles intègrent en outre l’ajustement introduit pour tenir compte de la rénovation du questionnaire et estimer les évolutions de population à questionnement inchangé. Le nouveau questionnaire permet de mieux appréhender les liens familiaux qui unissent les personnes habitant un même logement et d’améliorer la connaissance des lieux d’habitation des personnes ayant plusieurs résidences, notamment des enfants de parents séparés. Une explication détaillée est disponible sur insee.fr (Insee, note technique de janvier 2019 : « Rénovation du questionnaire du recensement de la population : impact sur les évolutions annuelles de population »).

Depuis 2006, le solde migratoire est mesuré indirectement par la différence entre l’évolution de la population mesurée à deux recensements successifs et le solde naturel déduit de l’état civil.

Le dernier recensement disponible étant celui au 1er janvier 2016, les soldes migratoires de 2016, 2017 et 2018 doivent être estimés autrement. Le solde de 2016 est estimé par la moyenne des trois derniers soldes connus (2013, 2014 et 2015). Ce solde est reporté pour les années 2017 et 2018 de façon provisoire.

Les statistiques d’état civil sur les naissances, les mariages et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee.

Les statistiques concernant les Pacs et les divorces sont fournies conjointement par le ministère de la Justice et l’Insee.

Définitions


Le solde naturel est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d’une période.


Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours d’une période.


Le taux de fécondité à un âge donné (ou pour une tranche d’âges) est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge.


L’indicateur conjoncturel de fécondité est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur peut être interprété comme le nombre moyen d’enfants qu’aurait une génération fictive de femmes qui connaîtraient tout au long de leur vie féconde les taux de fécondité par âge observés durant l’année considérée. Il est généralement exprimé en « nombre d’enfants par femme ». C’est un indicateur synthétique des taux de fécondité par âge de l’année considérée.


Le taux de mortalité est le rapport du nombre de décès de l’année à la population totale moyenne de l’année.


L’espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d’une génération fictive qui connaîtrait tout au long de son existence les conditions de mortalité par âge de l’année considérée. C’est un indicateur synthétique des taux de mortalité par âge d’une année donnée.

Pour en savoir plus

759 000 nouveau-nés en France en 2018 : seulement 12 000 ont une mère de moins de 20 ans / Sylvain papon. - Dans : Insee Première, n° 1773 (2019, sept.). - 4p.

Les gains d’espérance de vie se concentrent désormais aux âges élevés / Sylvain Papon. - Dans : Insee Focus, n° 157 (2019, juin).

Bilan démographique 2018 – La fécondité baisse depuis quatre ans / Sylvain Papon et Catherine Beaumel. - Dans : Insee Première, n° 1730 (2019, janv.). - 4p.

770 000 bébés nés en France en 2017 : six sur dix sont nés hors mariage / Sylvain Papon. - Dans : Insee Focus, n° 124 (2018, sept.).