Insee Analyses Hauts-de-FrancePlus de seniors en emploi mais l’écart se creuse avec la métropole

Audrey Baëhr, Géraldine Caron (Insee)

En 2016, dans les Hauts-de-France, 310 000 personnes âgées de 55 à 64 ans ont un emploi, soit 41,6 % de cette classe d’âge. Cette part s’est fortement accrue depuis 2006 (+ 9,3 points) mais moins qu’en France métropolitaine (+ 10,7 points). Les réformes successives des retraites, l’allongement des études et la présence accrue des femmes sur le marché du travail contribuent à la hausse du nombre de seniors en emploi, dans la région comme au niveau national.

L’emploi des seniors reste cependant le moins développé des régions métropolitaines. L’écart avec la moyenne nationale s’est même accentué en dix ans, et singulièrement entre 60 et 62 ans. Dans les Hauts-de-France, le développement de l’emploi des seniors est limité par un marché du travail plus dégradé, mais aussi par une main d’œuvre moins diplômée et une croissance de l’activité féminine moins marquée qu’ailleurs.

Insee Analyses Hauts-de-France
No 101
Paru le : Paru le 17/10/2019
Audrey Baëhr, Géraldine Caron (Insee)
Insee Analyses Hauts-de-France  No 101 - Octobre 2019

En dix ans, 110 000 seniors de plus en emploi

En 2016, 745 800 personnes âgées de 55 à 64 ans vivent dans les Hauts-de-France. Ces seniors représentent 12 % de la population régionale et 20 % de la population en âge de travailler (par convention les 15‑64 ans), soit des proportions proches de la moyenne nationale. Parmi ces personnes, 41,6 % travaillent, soit le taux d’emploi de loin le plus faible de France métropolitaine (48,2 %), derrière la Normandie et la Bretagne (45 %). En comparaison, le taux d’emploi des 25-54 ans atteint 75 % dans la région (80 % en France métropolitaine).

En 2016, ce sont près de 310 000 seniors qui sont en emploi, 110 000 de plus qu’en 2006. Au-delà de l’effet démographique lié au vieillissement de la population, cette hausse traduit aussi le rallongement de la durée d’activité inscrit dans les différentes réformes de retraites qui se sont succédé depuis le début des années 90 (encadré 1).

L’emploi des seniors progresse moins vite dans la région…

En dix ans, le taux d’emploi des 55-64 ans a crû de 9,3 points dans la région. Cette progression demeure toutefois moins rapide qu’en France métropolitaine (+ 10,7 points). Le taux d’emploi des seniors dans les Hauts-de-France s’écarte donc de plus en plus de la moyenne nationale : en retrait de 5,2 points en 2006, puis de 6,6 points en 2016. Ce décrochage traduit le fait qu’il est plus difficile de maintenir des seniors en emploi dans une région où ils sont en moyenne moins qualifiés et où le marché du travail est plus dégradé (encadré 2).

L’emploi des seniors a augmenté en dix ans dans tous les départements des Hauts-de-France. L’Oise et l’Aisne figurent parmi les dix départements de France métropolitaine où la progression est la plus faible (respectivement + 8,7 points et + 8,9 points). Les hausses, quoique supérieures, sont proches dans les autres départements de la région. En 2016, le Pas-de-Calais est le seul département de France où moins de 4 seniors sur 10 sont en emploi (38 %) (figure 1). L’Aisne (41 %), le Nord (42 %) et la Somme (43 %) ne font guère mieux et se classent respectivement en 3e, 5e et 15e position. L’Oise, en milieu de classement, s’approche du taux d’emploi national sans pour autant l’atteindre (46 %).

Figure 1Moins de seniors en emploi dans les départements des Hauts-de-France qu’ailleursTaux d’emploi des 55-64 ans en 2016 dans les départements métropolitains (%)

En %
Moins de seniors en emploi dans les départements des Hauts-de-France qu’ailleurs (En %)
Département Taux d’emploi
Paris 63,3
Hauts-de-Seine 62,5
Val-de-Marne 58,2
Yvelines 57,9
Essonne 56,9
Haute-Savoie 55,2
Haute-Garonne 55,0
Val-d'Oise 54,7
Seine-et-Marne 53,5
Rhône 53,3
Alpes-Maritimes 52,7
Seine-Saint-Denis 52,7
Gers 52,0
Isère 50,9
Savoie 50,5
Ain 50,4
Corse-du-Sud 50,3
Côte-d'Or 49,8
Gironde 49,6
Bas-Rhin 49,4
Aveyron 49,1
Cantal 48,9
Lozère 48,9
Ille-et-Vilaine 48,8
Vienne 48,6
Pyrénées-Atlantiques 48,5
Doubs 48,5
Indre-et-Loire 48,2
Puy-de-Dôme 48,1
Loiret 48,1
Bouches-du-Rhône 47,9
Jura 47,8
Marne 47,7
Hautes-Alpes 47,5
Mayenne 47,3
Hautes-Pyrénées 47,3
Deux-Sèvres 47,3
Haut-Rhin 47,2
Eure-et-Loir 47,2
Maine-et-Loire 46,9
Drôme 46,8
Loire-Atlantique 46,8
Tarn-et-Garonne 46,7
Corrèze 46,5
Vaucluse 46,5
Alpes-de-Haute-Provence 46,5
Hérault 46,3
Lot-et-Garonne 46,3
Haute-Corse 46,3
Loir-et-Cher 46,2
Lot 46,2
Calvados 46,2
Haute-Loire 46,2
Charente 45,9
Eure 45,9
Tarn 45,8
Oise 45,7
Cher 45,6
Meurthe-et-Moselle 45,3
Var 45,0
Saône-et-Loire 44,9
Sarthe 44,9
Indre 44,8
Haute-Vienne 44,7
Ariège 44,6
Loire 44,6
Yonne 44,5
Dordogne 44,0
Territoire de Belfort 43,9
Côtes-d'Armor 43,8
Seine-Maritime 43,7
Aube 43,6
Allier 43,4
Creuse 43,4
Manche 43,4
Gard 43,3
Ardèche 43,1
Vendée 43,0
Finistère 43,0
Landes 42,8
Orne 42,8
Somme 42,6
Haute-Marne 42,6
Moselle 42,5
Meuse 42,5
Morbihan 42,3
Vosges 42,3
Pyrénées-Orientales 42,3
Haute-Saône 42,2
Charente-Maritime 42,2
Aude 42,0
Nord 42,0
Ardennes 41,4
Aisne 41,3
Nièvre 40,6
Pas-de-Calais 38,3
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Figure 1Moins de seniors en emploi dans les départements des Hauts-de-France qu’ailleursTaux d’emploi des 55-64 ans en 2016 dans les départements métropolitains (%)

  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

… en particulier entre 60 et 62 ans

Le décrochage de la région par rapport au reste du territoire, au cours des dix dernières années, varie selon l’âge. Entre 55 et 57 ans, l’évolution du taux d’emploi est ainsi plus favorable dans les Hauts-de-France : + 14,3 points contre + 13,0 points en France métropolitaine.

La tendance s’inverse à partir de 59 ans, notamment entre 60 et 62 ans où l’écart se creuse en défaveur de la région (figures 2 et 3). Cette tranche d’âge est une période charnière où les personnes basculent massivement de l’activité vers l’inactivité, période correspondant aux âges légaux d’ouverture des droits à la retraite.

Entre 2006 et 2016, le taux d’emploi des seniors âgés de 60 ans a ainsi augmenté de 20,1 points dans la région, contre 22,3 points en France métropolitaine ; à 61 ans, de 13,9 points contre 16,6 points. À partir de 63 ans, les différences avec le niveau national s’amenuisent.

Figure 2Une part de seniors en emploi en hausse depuis 2006Taux d’emploi des 50 ans ou plus par âge (%)

En %
Une part de seniors en emploi en hausse depuis 2006 (En %)
Âge Hauts-de-France 2006 Hauts-de-France 2016 France métropolitaine 2006 France métropolitaine 2016
50 74,4 76,6 80,2 81,8
51 72,9 76,3 79,1 81,2
52 72,1 75,2 77,7 80,6
53 69,7 74,3 76,2 79,7
54 66,9 72,6 73,8 78,6
55 60,8 71,1 68,0 76,5
56 53,3 68,3 61,1 74,5
57 45,8 63,3 53,9 70,8
58 38,8 59,4 47,1 66,8
59 31,5 52,1 39,7 61,0
60 14,9 35,0 20,8 43,2
61 11,3 25,2 15,7 32,3
62 8,7 15,0 12,8 21,5
63 6,7 11,8 10,2 16,8
64 5,6 9,4 8,3 13,3
65 2,9 5,8 4,5 8,4
66 2,7 4,3 3,3 6,4
67 1,7 3,6 2,8 5,2
68 1,8 3,0 2,3 4,5
69 1,6 2,6 2,1 3,8
  • Note de lecture : à 60 ans, 35 % des seniors vivant dans les Hauts-de-France sont en emploi en 2016 contre 15 % en 2006.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Figure 2Une part de seniors en emploi en hausse depuis 2006Taux d’emploi des 50 ans ou plus par âge (%)

  • Note de lecture : à 60 ans, 35 % des seniors vivant dans les Hauts-de-France sont en emploi en 2016 contre 15 % en 2006.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Figure 3Le taux d’emploi régional progresse moins que le national à partir de 59 ansÉcart de taux d’emploi entre 2006 et 2016 (en points de pourcentage)

En points de %
Le taux d’emploi régional progresse moins que le national à partir de 59 ans (En points de %)
Âge Hauts-de-France France métropolitaine
50 2,1 1,6
51 3,5 2,1
52 3,1 2,9
53 4,6 3,6
54 5,7 4,8
55 10,3 8,5
56 15,0 13,4
57 17,5 17,0
58 20,6 19,7
59 20,7 21,3
60 20,1 22,3
61 13,9 16,6
62 6,3 8,7
63 5,1 6,6
64 3,8 5,0
65 2,9 3,9
66 1,6 3,0
67 1,8 2,4
68 1,2 2,2
69 1,0 1,7
  • Note de lecture : entre 2006 et 2016, la part des 56 ans en emploi a progressé de 15,0 points dans la région contre 13,4 points en France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Figure 3Le taux d’emploi régional progresse moins que le national à partir de 59 ansÉcart de taux d’emploi entre 2006 et 2016 (en points de pourcentage)

  • Note de lecture : entre 2006 et 2016, la part des 56 ans en emploi a progressé de 15,0 points dans la région contre 13,4 points en France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

La hausse du taux d’emploi des femmes ne compense pas le retard

Entre 2006 et 2016, l’augmentation de l’emploi des seniors en Hauts-de-France est, comme au niveau national, davantage portée par les femmes que par les hommes. Au cours de la période, dans la région, le taux d’emploi des femmes de 55‑64 ans a en effet progressé de 10,1 points, celui des hommes de 8,5 points. Ce sont cependant les hausses les plus faibles observées en France métropolitaine (respectivement + 11,6 points et + 9,8 points). De fait, l’écart des taux d’emploi par sexe avec le national s’est creusé en dix ans dans des proportions similaires pour les femmes et les hommes.

Si les seniors sont de plus en plus en emploi, c’est parce qu’ils se portent de plus en plus sur le marché du travail. En effet, en dix ans, l’activité des seniors a été fortement boostée par les réformes des retraites, l’arrivée de générations de femmes de plus en plus actives et l’allongement des études. La proportion de seniors présents sur le marché du travail (en emploi ou au chômage) a ainsi gagné plus de dix points depuis 2006, et plus fortement chez les femmes que chez les hommes, sans pour autant combler complètement le retard. En 2016, 45 % des femmes de 55 à 64 ans sont en emploi ou au chômage dans les Hauts-de-France contre 52 % en France métropolitaine. Chez leurs homologues masculins, ces proportions valent respectivement 52 % et 56 % (figure 4).

En 2016, comme ailleurs, la part de femmes de 55‑64 ans qui travaillent reste en moyenne inférieure dans la région à celle des hommes : 39 % contre 45 %. Cependant à partir de 60 ans, le constat s’inverse : dans les Hauts-de-France, sur 100 femmes âgées de 61 ans, 26 sont en emploi contre 24 chez les hommes du même âge. Conséquence de carrières plus hachées, les femmes doivent prolonger leur activité plus longtemps et, au final, cessent plus souvent leur activité à l’âge de la retraite à taux plein.

Figure 4Rebond de la part de seniors en activité, en particulier chez les femmesTaux d’activité des 55-64 ans selon le sexe en 2006 et en 2016 (%)

En %
Rebond de la part de seniors en activité, en particulier chez les femmes (En %)
Hauts-de-France France métropolitaine
Femmes 2006 31,8 37,9
Hommes 2006 39,8 44,2
Femmes 2016 44,6 51,8
Hommes 2016 51,6 56,4
  • Note de lecture : en 2016, 45 % des femmes âgées de 55 à 64 ans sont actives (c’est-à-dire en emploi ou au chômage) dans les Hauts-de-France, contre 32 % en 2006. Leurs homologues métropolitaines sont 52 % dans cette situation en 2016 (38 % dix ans plus tôt).
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Figure 4Rebond de la part de seniors en activité, en particulier chez les femmesTaux d’activité des 55-64 ans selon le sexe en 2006 et en 2016 (%)

  • Note de lecture : en 2016, 45 % des femmes âgées de 55 à 64 ans sont actives (c’est-à-dire en emploi ou au chômage) dans les Hauts-de-France, contre 32 % en 2006. Leurs homologues métropolitaines sont 52 % dans cette situation en 2016 (38 % dix ans plus tôt).
  • Source : Insee, recensements de la population 2006 et 2016, exploitations complémentaires.

Les seniors plus souvent au chômage dans la région

Les 55-64 ans se déclarent plus fréquemment au chômage dans la région que les Français du même âge (13 % contre 11 %). Alors que le chômage baisse continûment jusqu’à 55 ans (11 % en 2016), il augmente après cet âge pour atteindre 18 % à 60 ans.

De surcroît, entre 2006 et 2016, le chômage des seniors a progressé deux fois plus vite qu’en France métropolitaine. Les plus âgés d’entre eux ont été les plus impactés : + 7 points pour les 60‑64 ans contre + 3 points pour les 55‑59 ans, bien plus que leurs homologues métropolitains (figure 5).

Une fois au chômage, la probabilité d’y rester plus longtemps augmente également avec l’âge. En 2016, dans les Hauts-de-France, deux chômeurs sur trois de 55 à 64 ans le sont depuis plus d’un an, contre un chômeur sur deux de 25 à 54 ans, des proportions proches de la moyenne nationale.

Figure 5Les 60-64 ans plus exposés au risque de chômage que leurs cadetsTaux de chômage par classe d’âge en 2016 (%)

En %
Les 60-64 ans plus exposés au risque de chômage que leurs cadets (En %)
Classe d’âge Hauts-de-France France métropolitaine
25-54 ans 14,8 12,1
55-59 ans 12,8 10,2
60-64 ans 15,2 12,8
  • Note de lecture : en 2016, 13 % des personnes âgées de 55 à 59 ans se déclarent au chômage dans les Hauts-de-France, contre 10 % des Français du même âge et 15 % pour les 60-64 ans vivant dans la région.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Figure 5Les 60-64 ans plus exposés au risque de chômage que leurs cadetsTaux de chômage par classe d’âge en 2016 (%)

  • Note de lecture : en 2016, 13 % des personnes âgées de 55 à 59 ans se déclarent au chômage dans les Hauts-de-France, contre 10 % des Français du même âge et 15 % pour les 60-64 ans vivant dans la région.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

L’employabilité des seniors de la région pénalisée par leur diplôme

Dans la région, les seniors sont plus éloignés de l’emploi, car ils sont aussi moins diplômés qu’au niveau national. En 2016, dans les Hauts-de-France, 14 % des seniors en emploi ont le baccalauréat (général, technologique ou professionnel) contre 16 % en France métropolitaine. L’écart atteint un maximum pour les diplômés du supérieur (– 6 points).

De façon générale, la probabilité d’être en emploi croît avec le niveau de diplôme : 60 % des 55‑64 ans diplômés du supérieur vivant dans les Hauts-de-France travaillent en 2016 contre 31 % des non‑diplômés (figure 6). À niveau de diplôme équivalent, la probabilité d’un senior d’être en emploi reste pourtant plus forte en France métropolitaine que dans la région, même si les différences se réduisent à mesure que le niveau de qualification augmente.

Dans les Hauts-de-France et au niveau national, les 55‑64 ans sont aussi moins diplômés parce que, contrairement aux plus jeunes, ils ont moins bénéficié de la généralisation de l’accès à l’enseignement secondaire puis supérieur des années soixante‑dix et quatre‑vingts.

À cadre légal constant, le taux d’emploi des seniors devrait encore progresser en France de 5 points à l’horizon 2035, rien qu’avec l’augmentation tendancielle des qualifications (pour en savoir plus).

Figure 6La proportion de seniors en emploi s’accroît avec le niveau de diplômeTaux d’emploi des 55-64 ans par niveau de diplôme en 2016 (%)

En %
La proportion de seniors en emploi s’accroît avec le niveau de diplôme (En %)
Diplôme obtenu Hauts-de-France France métropolitaine
Aucun diplôme 30,8 37,5
CAP, BEP 42,2 46,6
Baccalauréat (général, techno, pro) 49,1 51,6
Diplôme d'études supérieures 60,6 62,2
  • Note de lecture : en 2016, 31 % des seniors non-diplômés sont en emploi contre 38 % en France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Figure 6La proportion de seniors en emploi s’accroît avec le niveau de diplômeTaux d’emploi des 55-64 ans par niveau de diplôme en 2016 (%)

  • Note de lecture : en 2016, 31 % des seniors non-diplômés sont en emploi contre 38 % en France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Encadré 1 – Des orientations nationales et européennes en vue de promouvoir l’emploi des seniors

Depuis 1993, plusieurs réformes des retraites se sont succédé en France, repoussant graduellement l’âge légal du départ à la retraite (de 60 à 62 ans) et allongeant la durée de cotisation pour atteindre une retraite à taux plein. Parallèlement, les différentes mesures de cessation anticipée d’activité à financement public (préretraites, dispenses de recherche d’emploi, retraites anticipées…) ont été supprimées entre fin 2007 et fin 2012. Malgré l’instauration des retraites anticipées pour carrière longue à partir de 2003, l’âge moyen de départ à la retraite des Français (61,8 ans fin 2016) a augmenté de 1 an et 4 mois entre 2010 et 2016 (pour en savoir plus).

Ces réformes vont dans le sens des objectifs fixés au niveau européen : un taux d’emploi moyen de 50 % pour les personnes âgées de 55 à 64 ans en 2010 (résolution du Conseil européen de Stockholm, 2001) et un relèvement progressif d’environ cinq ans de l’âge moyen de sortie de l’activité au même horizon (Conseil européen de Barcelone, 2002). En 2016, seule l’Île-de-France, en tête de classement des régions métropolitaines en termes de taux d’emploi des seniors (avec 58 %), remplit le premier objectif.

Encadré 2 – Une main d’œuvre peu qualifiée plus présente dans les Hauts-de-France

En 2016, 159 300 seniors travaillent comme ouvriers ou employés, soit un peu plus de la moitié des 55‑64 ans en emploi (figure 7). Cette proportion est nettement supérieure à celle de France métropolitaine (45 %).

Or, ces catégories, moins qualifiées, restent moins longtemps en emploi aux âges avancés. Elles sont généralement entrées plus tôt sur le marché du travail en raison notamment d’une durée d’études plus courte. Par ailleurs, la pénibilité du travail (travail de nuit, tâches répétitives, poste physiquement exigeant, produits nocifs ou toxiques) altère également plus souvent leur état de santé, ce qui concourt à les éloigner plus tôt de la vie active.

Figure 7Plus d’ouvriers et d’employés, moins de cadres et d’artisansRépartition par catégorie socioprofessionnelle des actifs en emploi de 55 à 64 ans en 2016 (%)

En %
Plus d’ouvriers et d’employés, moins de cadres et d’artisans (En %)
Catégorie socioprofessionnelle Hauts-de-France France métropolitaine
Agriculteurs exploitants 2,4 3,0
Artisans, commerçants, chefs entreprise 7,0 8,7
Cadres, professions intellectuelles sup 16,1 19,9
Professions Intermédiaires 23,1 23,4
Employés 29,6 27,4
Ouvriers 21,8 17,6
  • Note de lecture : en 2016, 16 % des seniors qui travaillent occupent un emploi de cadre ou une profession intellectuelle supérieure dans les Hauts-de-France (20 % en France métropolitaine).
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Figure 7Plus d’ouvriers et d’employés, moins de cadres et d’artisansRépartition par catégorie socioprofessionnelle des actifs en emploi de 55 à 64 ans en 2016 (%)

  • Note de lecture : en 2016, 16 % des seniors qui travaillent occupent un emploi de cadre ou une profession intellectuelle supérieure dans les Hauts-de-France (20 % en France métropolitaine).
  • Source : Insee, recensement de la population 2016, exploitation complémentaire.

Sources

Tous les indicateurs de l’étude sont calculés à partir des données du recensement de la population. C’est la seule source qui permet de mesurer l’emploi, le chômage et l’activité à un échelon infrarégional et par âge détaillé (contrairement à l’enquête emploi en continu).

Définitions

Dans cette étude, sont considérées comme seniors les personnes âgées de 55 à 64 ans, conformément aux statistiques européennes.

Le taux d’emploi rapporte le nombre de personnes ayant un emploi à la population totale correspondante.

Le taux d’activité regroupe l’ensemble des personnes en emploi ou au chômage rapporté à la population totale correspondante.

Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés et chômeurs) mesuré à partir du recensement de la population. Il diffère du taux de chômage au sens du Bureau international du travail, déterminé à partir de l’enquête emploi en continu ( voir le dossier pédagogique sur la mesure du chômage par l’Insee).

Le taux d’emploi (Tx_emp), le taux d’activité (Tx_act) et le taux de chômage (Tx_chom), pour une catégorie donnée de la population, sont liés par la relation suivante :

Tx_emploi = Tx_act (1 – Tx_chom)

Le taux d’emploi croît donc avec le taux d’activité, mais décroît avec le taux de chômage.