Une photographie du marché du travail en 2018Le taux d’emploi des jeunes et des seniors augmente de nouveau

Yves Jauneau et Joëlle Vidalenc, division Emploi, Insee

En 2018, en France, 71,9 % des personnes âgées de 15 à 64 ans sont actives au sens du Bureau international du travail (BIT), qu’elles aient un emploi ou soient au chômage. Ce taux augmente de 0,4 point en 2018, atteignant son plus haut niveau depuis 1975. Cette hausse est due à celle du taux d’emploi (+ 0,7 point pour les 15-64 ans), plus marquée pour les jeunes et les seniors.

Parmi les 27,1 millions de personnes occupant un emploi, neuf sur dix sont salariées. Parmi les salariés, 84,7 % ont un emploi à durée indéterminée. Cette proportion est quasiment stable en 2018 par rapport à 2017, après une érosion sur la dernière décennie. En 2018, 18,5 % des personnes ayant un emploi travaillent à temps partiel, soit un recul de 0,3 point sur un an.

Avec 2,7 millions de chômeurs au sens du BIT, le taux de chômage s’établit à 9,1 % en moyenne en 2018. La baisse amorcée en 2016 se poursuit, mais de façon plus modérée : – 0,3 point en 2018, après – 0,7 point en 2017. Elle est plus marquée pour les jeunes et les moins qualifiés. Le chômage de longue durée concerne 3,8 % des actifs en 2018, en recul de 0,4 point sur un an. Plus fréquent chez les jeunes actifs, le chômage est plus durable pour leurs aînés.

En 2018, 1,6 million d’inactifs relèvent du halo autour du chômage. Au total, 10,4 % des 15-64 ans sont sans emploi et souhaitent travailler, qu’ils soient au chômage ou appartiennent au halo autour du chômage. Cette proportion recule de 0,2 point en 2018.

Le taux d’activité des 15-64 ans atteint son plus haut niveau depuis 1975

En moyenne, en 2018, 29,4 millions de personnes de 15 à 64 ans en France (hors Mayotte) sont actives, soit 71,9 % de cette tranche d’âge (figure 1). Parmi elles, 26,7 millions ont un emploi et 2,7 millions sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT). Par ailleurs, 11,5 millions de personnes de 15 à 64 ans sont inactives, c’est-à-dire ne travaillent pas et ne recherchent pas activement un emploi ou ne sont pas disponibles pour en occuper un.

Figure 1 - Statut d'activité au sens du BIT en 2018

Figure 1 - Statut d'activité au sens du BIT en 2018
Ensemble Sexe (en %) Âge (en %)
en milliers en % Femmes Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50-64 ans
Actifs 29 438 71,9 68,2 75,8 37,7 88,0 66,5
Ayant un emploi 26 745 65,4 61,9 68,9 29,9 80,5 62,1
Chômeurs 2 693 6,6 6,3 6,9 7,8 7,5 4,4
Inactifs 11 486 28,1 31,8 24,2 62,3 12,0 33,5
Ensemble 40 924 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2018.

Entre 2008 et 2018, la population active âgée de 15 à 64 ans a augmenté de 1,0 million de personnes, principalement du fait de la hausse du taux d’activité (+ 2,4 points). En 2018, ce dernier s’accroît de 0,4 point par rapport à 2017 ; il atteint son plus haut niveau depuis 1975 (date du début de la série). Le taux d’activité des jeunes augmente et celui des seniors et des femmes d’âge médian continue à croître tendanciellement.

De fait, la participation des seniors au marché du travail ne cesse de croître depuis 2009. Cette hausse est imputable aux réformes des retraites successives et aux restrictions d’accès aux dispositifs de cessation anticipée d’activité. En dix ans, la population active âgée de 50 à 64 ans a ainsi augmenté de près de 1,9 million de personnes, soit une hausse de 10,9 points de leur taux d’activité entre 2008 et 2018, dont + 0,9 point en 2018.

L’activité féminine continue de progresser elle aussi. Ainsi, au sein des personnes de 25 à 49 ans, le taux d’activité des femmes augmente de 0,9 point en 2018 alors que celui des hommes recule légèrement (– 0,3 point). Si les écarts de taux d’activité entre hommes et femmes se réduisent, ils restent encore marqués : en 2018, le taux d’activité des femmes de 25 à 49 ans est de 83,5 % quand celui des hommes est de 92,8 %, soit un écart de 9,3 points. Cet écart était de 12,0 points en 2008 et de 15,8 points en 1998.

Le taux d’emploi des jeunes et des seniors augmente en 2018

En 2018, le taux d’emploi des 15-64 ans augmente de 0,7 point pour s’établir à 65,4 % (figure 2). Partagée par toutes les classes d’âge, cette hausse est plus marquée pour les jeunes et les seniors : + 1,2 point pour les 15-24 ans (pour s’établir à 29,9 %) et + 0,9 point pour les 50-64 ans (pour s’établir à 62,1 %). Pour les jeunes, cette augmentation est surtout portée par l’apprentissage. Pour les seniors, le taux d’emploi progresse davantage pour les 60-64 ans (+ 1,6 point, à 31,0 %) que pour les 50-59 ans (+ 0,6 point, à 76,4 %).

Figure 2 - Taux d'emploi par âge de 2003 à 2018

en %
Figure 2 - Taux d'emploi par âge de 2003 à 2018 (en %)
Âge
15-24 ans 25-49 ans 50-64 ans Ensemble
2003 30,7 80,4 53,2 63,5
2004 30,1 80,4 53,4 63,3
2005 29,9 80,5 53,6 63,2
2006 29,4 81,0 53,2 63,2
2007 30,6 81,8 53,2 63,8
2008 30,9 82,9 53,1 64,4
2009 29,9 81,6 53,4 63,5
2010 29,6 81,4 53,9 63,5
2011 29,1 80,9 54,7 63,4
2012 28,1 80,3 56,8 63,5
2013 28,0 79,9 57,5 63,5
2014 27,6 79,7 58,5 63,7
2015 27,9 79,3 59,5 63,8
2016 27,8 79,7 60,3 64,2
2017 28,7 80,1 61,2 64,7
2018 29,9 80,5 62,1 65,4
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2018, séries longues sur le marché du travail.

Figure 2 - Taux d'emploi par âge de 2003 à 2018

Près de 85 % des salariés ont un emploi à durée indéterminée

Les salariés représentent 88,3 % des personnes en emploi en France en 2018. Parmi eux, 84,7 % sont en contrat à durée indéterminée (CDI) ou fonctionnaires, 10,5 % en contrat à durée déterminée (CDD), 3,0 % en intérim et 1,8 % en apprentissage (figure 3). La part de l’emploi à durée indéterminée est quasi stable en 2018, après une érosion au cours de la dernière décennie (– 1,9 point entre 2007 et 2017).

Figure 3 - Statut d'emploi et type de contrat en 2018

Figure 3 - Statut d'emploi et type de contrat en 2018
Ensemble Sexe (en %) Âge (en %)
en milliers en % Femmes Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50 ans ou plus
Non-salariés 3 168 11,7 8,4 14,8 2,4 10,5 16,5
Salariés 23 949 88,3 91,6 85,2 97,6 89,4 83,5
Emploi à durée indéterminée 20 290 84,7 84,2 85,2 45,0 87,0 92,5
Contrat à durée déterminée 2 520 10,5 12,6 8,4 29,2 9,9 5,9
Intérim 707 3,0 1,8 4,1 8,2 2,8 1,5
Apprentissage 432 1,8 1,3 2,3 17,6 0,3 0,0
Ensemble 23 949 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Ensemble des emplois 27 122 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2018.

Parmi les salariés, les femmes occupent plus souvent que les hommes des emplois en CDD (12,6 % contre 8,4 %), mais elles sont deux fois moins nombreuses à être intérimaires ou apprenties. Les salariés de moins de 25 ans sont plus fréquemment en emploi à durée limitée, qu’ils soient en CDD (29,2 %), en intérim (8,2 %) ou apprentis (17,6 %). À ces âges-là, les jeunes présents sur le marché du travail sont souvent peu diplômés ou suivent un cursus professionnel.

En 2018, 11,7 % des personnes occupant un emploi en France sont non salariées, proportion presque stable depuis plusieurs années. Le non-salariat est plus répandu chez les hommes (14,8 %) et les seniors (16,5 %).

Les emplois occupés sont de plus en plus qualifiés

Le niveau de qualification des emplois continue de progresser. Entre 2003 et 2018, la part des cadres parmi les actifs occupés augmente de 3,8 points (figure 4), pour atteindre 18,4 % (figure 5). Sur la même période, celle des ouvriers ou employés recule de 4,8 points, pour s’établir à 47,4 %.

Figure 4 - Parts de CDD ou intérim, de cadres et de temps partiel de 2003 à 2018

en %
Figure 4 - Parts de CDD ou intérim, de cadres et de temps partiel de 2003 à 2018 (en %) - Lecture : en 2018, parmi les salariés, 13,5 % sont en CDD ou intérim ; parmi l’ensemble des personnes en emploi, 18,4 % sont des cadres et 18,5 % travaillent à temps partiel.
CDD ou intérim Cadres Temps partiel
2003 11,4 14,6 16,9
2004 11,2 15,0 17,1
2005 11,6 15,4 17,3
2006 11,8 15,6 17,3
2007 12,0 15,7 17,4
2008 11,9 15,9 17,1
2009 11,3 16,2 17,5
2010 12,0 16,5 17,9
2011 12,2 17,3 18,0
2012 12,0 17,7 18,1
2013 11,9 17,2 18,5
2014 12,2 17,0 19,0
2015 13,0 17,5 18,8
2016 13,1 17,8 18,8
2017 13,8 18,0 18,8
2018 13,5 18,4 18,5
  • Lecture : en 2018, parmi les salariés, 13,5 % sont en CDD ou intérim ; parmi l’ensemble des personnes en emploi, 18,4 % sont des cadres et 18,5 % travaillent à temps partiel.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi pour les parts de temps partiel et de cadres, et personnes salariées pour la part de CDD ou intérim.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2018, séries longues sur le marché du travail.

Figure 4 - Parts de CDD ou intérim, de cadres et de temps partiel de 2003 à 2018

Figure 5 - Catégorie socioprofessionnelle en 2018

Figure 5 - Catégorie socioprofessionnelle en 2018
Ensemble Sexe (en %) Âge (en %)
en milliers en % Femmes Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50 ans ou plus
Agriculteurs 410 1,5 0,8 2,2 0,4 1,0 2,8
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 1 752 6,5 3,8 8,9 1,3 6,0 8,8
Cadres 4 980 18,4 15,7 20,8 5,7 19,4 19,7
Professions intermédiaires 6 980 25,7 28,3 23,3 23,5 28,0 21,9
Employés qualifiés 3 783 13,9 21,6 6,8 17,3 14,4 12,2
Employés non qualifiés 3 581 13,2 21,1 5,9 19,5 11,2 15,5
Ouvriers qualifiés 3 620 13,3 3,4 22,6 15,1 13,4 12,7
Ouvriers non qualifiés 1 902 7,0 4,8 9,1 16,7 6,2 6,0
Non déterminé 115 0,4 0,4 0,5 0,6 0,4 0,5
Ensemble 27 122 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2018.

Les femmes occupent plus souvent des postes d’employés (42,7 % contre 12,7 % pour les hommes) alors que les hommes sont plus fréquemment ouvriers (31,7 % contre 8,2 %). Surtout, au sein des ouvriers et des employés, les femmes exercent plus souvent des emplois non qualifiés (50,9 % contre 33,8 %). À l’inverse, la part de cadres reste plus élevée pour les hommes que pour les femmes (20,8 % contre 15,7 %). Moins diplômés, les jeunes de 15 à 24 ans occupant un emploi sont essentiellement employés ou ouvriers (68,6 %), majoritairement non qualifiés ; seuls 5,7 % sont cadres.

6,0 % des personnes en emploi sont en sous-emploi

Après avoir augmenté entre 2008 et 2014 (+ 1,9 point), la part des personnes en emploi qui travaillent à temps partiel s’est stabilisée (figure 4). En 2018, elle recule de 0,3 point pour atteindre 18,5 %. Cette part atteint 42,2 % parmi les employés non qualifiés (figure 6). Elle est plus de trois fois plus élevée pour les femmes que pour les hommes (29,3 % contre 8,4 %) et plus importante pour les 15-24 ans (24,7 %) et les 50 ans ou plus (21,7 %).

Figure 6 - Temps partiel et sous-emploi en 2018

Figure 6 - Temps partiel et sous-emploi en 2018
Temps partiel (en %) Sous-emploi (en %)
Ensemble Femmes Hommes Ensemble Femmes Hommes
Catégorie socioprofessionnelle
Agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise 16,4 25,5 11,6 6,1 8,3 4,9
Cadres 9,7 16,3 5,2 1,7 2,6 1,2
Professions intermédiaires 15,0 23,1 6,0 3,7 5,0 2,1
Employés qualifiés 23,3 28,3 8,3 6,3 7,4 2,8
Employés non qualifiés 42,2 47,4 24,8 15,7 17,2 10,5
Ouvriers qualifiés 7,7 18,6 6,1 3,3 6,4 2,9
Ouvriers non qualifiés 20,5 39,2 11,2 9,5 15,7 6,4
Âge
15-24 ans 24,7 34,2 16,9 10,9 15,3 7,3
25-49 ans 16,0 26,8 6,0 5,6 8,2 3,1
50 ans ou plus 21,7 32,8 10,9 5,3 7,8 3,0
Ensemble 18,5 29,3 8,4 6,0 8,6 3,5
Effectifs (en milliers) 5 015 3 831 1 184 1 614 1 129 485
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2018.

En 2018, 1,6 million de personnes sont en situation de sous-emploi, soit 6,0 % des personnes en emploi. Cette part, qui s’établissait à 5,0 % en 2003, est quasi stable entre 2017 et 2018. Le sous-emploi inclut essentiellement des personnes à temps partiel souhaitant travailler davantage et disponibles pour le faire. Il concerne davantage les employés non qualifiés (15,7 %), les jeunes (10,9 %) et les femmes (8,6 %).

En 2018, le taux de chômage baisse de nouveau et s’établit à 9,1 %

En moyenne, en 2018, on compte 2,7 millions de chômeurs au sens du BIT, soit 9,1 % de la population active en France (figure 7). Le taux de chômage poursuit la baisse amorcée en 2016 (– 0,3 point en 2018, après – 0,7 point en 2017 et – 0,3 point en 2016). Cependant, il reste encore supérieur de 1,7 point à son niveau de 2008, avant la crise économique (figure 8).

Figure 7 - Nombre de chômeurs et taux de chômage en 2018

Figure 7 - Nombre de chômeurs et taux de chômage en 2018
Chômage Chômage de longue durée
Effectifs (en milliers) Taux (en %) Effectifs (en milliers) Taux (en %)
Ensemble Femmes Hommes Ensemble Femmes Hommes
15-24 ans 596 20,8 20,0 21,4 145 5,1 4,7 5,4
25-49 ans 1 538 8,5 8,9 8,1 650 3,6 3,6 3,6
50 ans ou plus 567 6,4 6,3 6,5 327 3,7 3,4 4,0
Ensemble 2 702 9,1 9,1 9,0 1 122 3,8 3,6 3,9
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes actives.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2018.

Figure 8 - Taux de chômage par âge de 2003 à 2018

en %
Figure 8 - Taux de chômage par âge de 2003 à 2018 (en %)
Âge
15-24 ans 25-49 ans 50 ans ou plus Ensemble
2003 18,9 8,0 5,3 8,5
2004 20,4 8,2 5,4 8,9
2005 20,9 8,2 5,2 8,9
2006 22,0 8,0 5,3 8,8
2007 19,4 7,3 4,8 8,0
2008 19,0 6,7 4,4 7,4
2009 23,6 8,2 5,4 9,1
2010 23,3 8,4 5,6 9,3
2011 22,7 8,5 5,7 9,2
2012 24,4 9,1 6,1 9,8
2013 24,9 9,6 6,8 10,3
2014 24,2 9,7 6,9 10,3
2015 24,7 9,7 7,0 10,4
2016 24,6 9,3 6,9 10,1
2017 22,3 8,8 6,6 9,4
2018 20,8 8,5 6,4 9,1
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes actives.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2018, séries longues sur le marché du travail.

Figure 8 - Taux de chômage par âge de 2003 à 2018

Le taux de chômage est plus élevé pour les jeunes : il s’élève à 20,8 % pour les actifs de 15 à 24 ans (figure 7). Cependant, peu de jeunes sont actifs à ces âges. Aussi, rapporté à l’ensemble de la population, le risque de chômage des jeunes est moindre et l’écart avec l’ensemble de la population est réduit : la part de chômage est de 7,8 % pour les 15-24 ans, contre 6,6 % pour l’ensemble des personnes de 15 à 64 ans (figure 1). Cet écart peut s’expliquer par le fait que les 15-24 ans déjà présents sur le marché du travail sont globalement peu diplômés et ont donc un risque de chômage accru et par le fait que le risque de chômage est plus élevé en phase d’insertion professionnelle : en 2018, 17,0 % des actifs ayant terminé leurs études depuis 1 à 4 ans sont au chômage, contre 11,8 % de ceux sortis de formation initiale depuis 5 à 10 ans et 7,3 % pour ceux sortis depuis au moins 11 ans.

En 2018, le recul du taux de chômage est plus marqué pour les jeunes : – 1,5 point pour les moins de 25 ans, contre – 0,3 point pour les 25-49 ans et – 0,2 point pour les 50 ans ou plus. Parmi les seniors, les évolutions sont cependant contrastées : le taux de chômage diminue de 0,4 point parmi les 50-59 ans, mais augmente de 0,6 point pour les 60 ans ou plus.

Les hommes ont été plus affectés que les femmes par la hausse du chômage après la crise économique de 2008-2009. Depuis 2012, leur taux de chômage était devenu supérieur à celui des femmes. La baisse du chômage amorcée en 2016 ayant été plus marquée pour les hommes, leur taux de chômage redevient légèrement inférieur à celui des femmes en 2018 (9,0 % contre 9,1 %).

Le taux de chômage est plus élevé pour les moins diplômés ou les moins qualifiés. Ainsi, il atteint 16,2 % pour les actifs sans diplôme ou ayant au plus le brevet des collèges, contre moins de 6 % pour les diplômés du supérieur ; il est de 12,6 % pour les ouvriers ou 9,9 % pour les employés, contre 3,4 % pour les cadres (figure 9). Les disparités sociales face au chômage se réduisent cependant en 2018. En effet, le taux de chômage augmente légèrement pour les cadres, les professions intermédiaires et les diplômés du supérieur, alors qu’il recule pour les ouvriers, les employés et les personnes peu ou pas diplômées.

Figure 9 – Taux de chômage par catégorie socioprofessionnelle ou par diplôme en 2017 et 2018

en %
Figure 9 – Taux de chômage par catégorie socioprofessionnelle ou par diplôme en 2017 et 2018 (en %)
2017 2018
Agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise 4,0 3,4
Cadres 3,3 3,4
Professions intermédiaires 4,7 5,1
Employés 10,2 9,9
Ouvriers 13,5 12,6
Sans diplôme, CEP, brevet 17,0 16,2
CAP, BEP 10,0 9,8
Bac 10,0 9,5
Bac+2 5,5 5,6
Supérieur à Bac+2 5,0 5,3
Ensemble 9,4 9,1
  • Note : il s'agit de la catégorie socioprofessionnelle du dernier emploi occupé.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes actives.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi 2017 et 2018.

Figure 9 – Taux de chômage par catégorie socioprofessionnelle ou par diplôme en 2017 et 2018

Le chômage de longue durée continue de reculer

En 2018, 3,8 % des personnes actives sont au chômage depuis au moins un an (chômage de longue durée ; figure 7). Après une hausse continue entre 2008 et 2016, ce taux diminue depuis deux ans : – 0,4 point en 2017 et en 2018. Il recule pour toutes les catégories de chômeurs, quels que soient leur âge ou leur niveau de diplôme.

Le chômage de longue durée concerne 41,5 % des chômeurs en 2018. Cette part est plus élevée chez les seniors et les personnes les moins qualifiées. Ainsi, en 2018, 57,6 % des chômeurs de 50 ans ou plus (contre 24,3 % des 15-24 ans) et 52,4 % des chômeurs sans diplôme ou titulaires du brevet des collèges (contre 32,0 % des chômeurs titulaires d’un diplôme supérieur à Bac+2) sont chômeurs de longue durée.

1,6 million de personnes sont dans le halo autour du chômage

Parmi les 11,5 millions d’inactifs de 15 à 64 ans, 1,6 million souhaitent travailler, mais ne satisfont pas tous les critères pour être considérés comme chômeurs au sens du BIT. Ils forment le halo autour du chômage et représentent 3,8 % des 15-64 ans. Cette part est stable depuis deux ans, après avoir augmenté quasi continûment entre 2008 et 2016.

Les femmes de 15-64 ans sont plus fréquemment que les hommes dans le halo autour du chômage (4,3 % contre 3,3 %), alors qu’elles sont moins souvent qu’eux au chômage (6,3 % contre 6,9 %). De leur côté, les seniors sont à la fois moins exposés au risque de chômage et moins souvent dans le halo (2,9 % pour les 50-64 ans).

Au total, en 2018, en cumulant chômage et halo autour du chômage, 4,2 millions de personnes sont sans emploi et souhaitent travailler, soit 10,4 % des 15-64 ans, une proportion en baisse de 0,2 point sur un an.

Sources

L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage et l’activité au sens du Bureau international du travail (BIT). Elle est menée en continu, sur l’ensemble des semaines de l’année, en France hors Mayotte. Chaque trimestre, environ 110 000 personnes de 15 ans ou plus vivant en ménage ordinaire (c’est-à-dire hors foyers, hôpitaux, prisons…) répondent à l’enquête. Les personnes décrivent leur situation vis-à-vis du marché du travail au cours d’une semaine donnée, dite « de référence ». Le niveau et la structure de l’emploi fournis par l’enquête Emploi peuvent différer de ceux obtenus à partir des sources administratives (estimations d’emploi).

Définitions

Personne en emploi au sens du BIT : personne ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours de la semaine de référence ou absente de son emploi sous certaines conditions de motif (congés annuels, maladie, maternité…) et de durée.

Chômeur au sens du BIT : personne âgée de 15 ans ou plus qui :

  • est sans emploi la semaine de référence ;
  • est disponible pour travailler dans les deux semaines à venir ;
  • a effectué, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

Personne active au sens du BIT : personne en emploi ou au chômage.

Taux de chômage : rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs.

Part de chômage : rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre total d’individus.

Sous-emploi : personnes en emploi qui :

  • travaillent à temps partiel, souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire ;
  • ont travaillé moins que d’habitude pendant la semaine de référence en raison de chômage partiel ou de mauvais temps.

Halo autour du chômage : personnes sans emploi qui :

  • ont effectué une démarche active de recherche d’emploi, mais ne sont pas disponibles pour travailler dans les deux semaines à venir ;
  • n’ont pas effectué de démarche active de recherche, mais souhaitent un emploi et sont disponibles pour travailler ;
  • souhaitent un emploi, mais n’ont pas effectué de démarche active de recherche et ne sont pas disponibles pour travailler.

Pour en savoir plus

Jauneau Y., Vidalenc J., « Les salariés en contrat court : des allers-retours plus fréquents entre emploi, chômage et inactivité », Insee Première n° 1736, février 2019.

« Emploi, chômage, revenus du travail », Insee Références, édition 2018.

« Activité, emploi et chômage en 2017 et en séries longues », Insee Résultats, septembre 2018.