Les logements à La Réunion de 2010 à 2015Une croissance dynamique des résidences principales

Anne Jonzo, Insee

En 2015, les ménages réunionnais occupent 319 100 logements à titre de résidences principales. Depuis 2010, leur nombre progresse de 1,9 % par an, à un rythme deux fois supérieur à celui de la métropole. Moins de personnes vivent sous le même toit du fait du vieillissement de la population et de l’évolution des modes de cohabitation : la baisse de la taille des ménages est ainsi le principal moteur de la croissance des résidences principales entre 2010 et 2015. C’est dans l’Est qu’elles augmentent le plus fortement, accompagnant une croissance dynamique de la population.

À La Réunion, 8 % des logements sont vacants, comme en métropole. Les résidences secondaires ou occasionnelles sont par ailleurs bien plus rares à La Réunion (2 % contre 10 %).

En 2015, les Réunionnais occupent 319 100 logements à titre de résidence principale. Depuis 2010, le nombre de ces résidences progresse de 1,9 % par an en moyenne, soit 5 800 logements supplémentaires chaque année (figure 1). Du fait d’une démographie plus dynamique, le nombre de logements continue d’augmenter plus vite qu’en métropole (+ 0,9 % entre 2010 et 2015).

Figure 1 – La croissance des logements reste plus dynamique à La RéunionÉvolution annuelle moyenne du nombre de résidences principales à La Réunion et en métropole

En % par an
La croissance des logements reste plus dynamique à La Réunion
La Réunion Métropole
1990-1999 3,5 1,1
1999-2010 2,8 1,2
2010-2015 1,9 0,9
  • Source : Insee, Recensements de la population 1990, 1999, 2010 et 2015.

Figure 1 – La croissance des logements reste plus dynamique à La RéunionÉvolution annuelle moyenne du nombre de résidences principales à La Réunion et en métropole

Plus de logements pour des ménages de plus en plus petits

À La Réunion, la baisse du nombre de personnes vivant sous le même toit explique les deux tiers de la dynamique du logement. En effet, même à population constante, une baisse de la taille des ménages nécessite de disposer de davantage de logements pour pouvoir loger tous les habitants. À cela s’ajoute également la dynamique démographique : l’accroissement du nombre de logements correspond aussi à la nécessité de loger une population qui augmente.

La baisse de la taille des ménages s’est cependant atténuée à La Réunion, passant de 2,8 personnes en 2010 à 2,6 personnes en 2015. En 1990 près de 4 personnes vivaient en moyenne dans un ménage réunionnais, et un peu plus de trois en 1999.

Tout d’abord, le vieillissement de la population explique que les ménages réunionnais sont plus petits. Les personnes âgées vivent le plus souvent en couple ou seules. Le vieillissement de la population est particulièrement marqué à La Réunion sur les deux dernières décennies : en 2015, 15 % de la population a plus de 60 ans, soit deux fois plus qu’ en 1990. En effet, l’espérance de vie a beaucoup progressé (près de sept ans de plus entre 1990 et 2015).

Par ailleurs, l’évolution des modes de cohabitation engendre également une baisse de la taille des ménages. Elles sont induites par des mises en couple plus tardives, des séparations plus fréquentes. Par conséquent, la part des personnes vivant seules augmente considérablement : 26 % en 2015 (figure 2), soit deux fois plus qu’en 1990 (13 %). Inversement, la part des couples avec ou sans enfant se réduit (49 % des ménages en 2015 contre 66 % en 1990).

Figure 2 – De plus en plus de Réunionnais vivent seulsRépartition des ménages par type à La Réunion

en %
De plus en plus de Réunionnais vivent seuls
Personne seule Couple avec ou sans enfant(s) Famille monoparentale Autre Ensemble
1990 13,0 66,4 17,0 3,6 100,0
1999 17,0 62,3 17,8 2,9 100,0
2010 23,2 53,3 20,4 3,0 100,0
2015 26,3 49,5 21,1 3,2 100,0
  • Source : Insee, Recensements de la population 1990, 1999, 2010 et 2015.

Figure 2 – De plus en plus de Réunionnais vivent seulsRépartition des ménages par type à La Réunion

Le nombre de logements augmente le plus à l’Est

En lien avec une croissance démographique plus élevée que dans le reste de l’île, c’est dans l’Est que le nombre de résidences principales augmente le plus entre 2010 et 2015 : + 2,4 % en moyenne par an, soit 1 000 logements de plus par an (figure 3). La hausse est particulièrement prononcée à La Plaine-des-Palmistes (+ 3,5 %), à Saint-Benoît et Bras-Panon (+ 2,7 %). La Plaine-des-Palmistes est d’ailleurs la commune réunionnaise où le nombre d’habitants progresse le plus entre 2010 et 2015. Seule exception à l’Est, Sainte-Rose : le nombre de logements progresse moins que dans les autres communes ; en effet sa population diminue au cours de cette période.

À l’inverse, c’est dans l’Ouest que le nombre de logements croît le plus modérément (+ 1,6 % en moyenne par an), à l’instar du nombre d’habitants. Dans cette région, trois logements supplémentaires sur quatre s’expliquent par la baisse de la taille des ménages. Si Saint-Leu (+ 2,9 %) et La Possession (+ 2,4 %) se distinguent par une hausse importante du nombre de logements, au Port le parc de logements stagne, en lien avec la baisse de sa population.

Dans le Nord et le Sud, la croissance des logements est comparable à la moyenne de La Réunion. À Sainte-Marie, le nombre de logements croît fortement (+ 3,4 %), du fait d’une hausse importante de la population. Tandis qu’à Saint-Denis, la population augmente peu : la baisse de la taille des ménages explique 85 % des logements supplémentaires.

Figure 3 – Une croissance plus modérée des résidences principales à l’OuestÉvolution annuelle moyenne du nombre de résidences principales par commune entre 2010 et 2015 (en %)

Une croissance plus modérée des résidences principales à l’Ouest
Résidences principales en 2010 Résidences principales en 2015 Taux de croissance annuel moyen entre 2010 et 2015 (en %)
Est 39 448 44 457 2,42
Bras-Panon 4 201 4 792 2,67
La Plaine-des-Palmistes 1 824 2 170 3,53
Saint-André 17 169 19 261 2,33
Saint-Benoît 11 603 13 276 2,73
Sainte-Rose 2 285 2 416 1,12
Salazie 2 366 2 542 1,45
Nord 74 164 81 943 2,02
Saint-Denis 56 919 62 130 1,77
Sainte-Marie 9 968 11 749 3,34
Sainte-Suzanne 7 276 8 064 2,08
Sud 105 675 115 941 1,87
Les Avirons 3 919 4 237 1,57
Entre-Deux 2 292 2 554 2,19
L'Étang-Salé 4 839 5 401 2,22
Petite-Île 4 288 4 764 2,13
Saint-Joseph 13 048 14 358 1,93
Saint-Louis 17 175 18 515 1,51
Saint-Pierre 29 093 32 266 2,09
Saint-Philippe 1 731 1 870 1,56
Le Tampon 27 143 29 872 1,93
Cilaos 2 147 2 104 -0,40
Ouest 70 940 76 747 1,59
Le Port 12 203 12 077 -0,21
La Possession 10 455 11 754 2,37
Saint-Leu 10 773 12 434 2,91
Saint-Paul 35 185 38 022 1,56
Les Trois-Bassins 2 324 2 460 1,14
La Réunion 290 227 319 088 1,91
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015.

Figure 3 – Une croissance plus modérée des résidences principales à l’OuestÉvolution annuelle moyenne du nombre de résidences principales par commune entre 2010 et 2015 (en %)

  • Source : Insee, Recensement de la population 2015.

Autant de logements vacants qu’en métropole

Près de 30 000 logements sont vacants à La Réunion, soit 8,4 % de l’ensemble du parc de logements. C’est autant qu’en métropole (8,0 %) et nettement moins qu’aux Antilles (15 %) et Guyane (10 %). À La Réunion, la part de logements vacants est à son niveau de 1990.

Les logements vacants sont plus nombreux dans des communes des Hauts comme Cilaos (15 %) et Salazie (13 %). C’est également le cas dans des grandes communes urbaines comme Saint-Denis et Saint-Benoît. À Saint-Denis, la structure du parc de logements y contribue probablement : les logements collectifs sont plus souvent vacants, les maisons étant davantage recherchées par les ménages. Par ailleurs, en 2015 à La Réunion, 7 900 logements ne sont occupés qu’une partie de l’année pour les week-ends, les loisirs ou les vacances (résidences secondaires) ou pour des raisons professionnelles (résidences occasionnelles), soit 2,2 % des logements. Cette part est bien plus élevée dans des communes des Hauts, comme La Plaine-des-Palmistes (21 %) et Cilaos (11 %). Cette part est la plus faible des régions françaises (hors Mayotte), juste derrière la Guyane (2,3 %). En métropole, la part des résidences secondaires ou occasionnelles s’élève à 9,6 %.

Encadré

Décomposition de la croissance de logements

L’évolution du nombre de logements d’un territoire dépend de l’évolution des logements vacants, des résidences secondaires ou occasionnelles et des résidences principales. L’évolution des résidences principales est décomposée en deux effets. Un effet dû à la croissance démographique qui permet de savoir quel aurait été le nombre de logements supplémentaires nécessaires pour loger les nouveaux habitants si la taille moyenne des ménages était restée inchangée. Un effet dû aux évolutions des comportements de cohabitation qui permet de savoir quel serait le volume de logements supplémentaires nécessaires pour absorber la baisse de la taille moyenne des ménages à nombre d’habitants constants.

Définitions

Un logement ou logement ordinaire, est défini du point de vue de son utilisation. C'est un local utilisé pour l'habitation qui doit être :

  • séparé, c'est-à-dire complètement fermé par des murs et cloisons, sans communication avec un autre local si ce n'est par les parties communes de l'immeuble (couloir, escalier, vestibule, etc.) ;
  • indépendant, à savoir ayant une entrée d'où l'on a directement accès sur l'extérieur ou les parties communes de l'immeuble, sans devoir traverser un autre local.

Certains logements ayant des caractéristiques particulières, font aussi partie des logements au sens de l'Insee : les logements-foyers pour personnes âgées, les chambres meublées, les habitations précaires ou de fortune (caravanes, mobile home, etc.). Les locaux d'habitation (résidences offrant des services spécifiques) relevant d'une même autorité gestionnaire et dont les habitants partagent à titre habituel un mode de vie commun (résidences pour personnes âgées, pour étudiants, de tourisme, à vocation sociale, pour personnes handicapées, etc.) ne sont pas considérés comme des logements ordinaires.

Résidence principale : logement occupé de façon habituelle et à titre principal par une ou plusieurs personnes qui constituent un ménage.

Logement vacant : logement inoccupé se trouvant dans l'un des cas suivants :

  • proposé à la vente ou à la location ;
  • déjà attribué à un acheteur ou un locataire et en attente d'occupation ;
  • en attente de règlement de succession ;
  • gardé vacant et sans affectation précise par le propriétaire (logement très vétuste, etc).

Résidence secondaire : logement utilisé pour les week-ends, les loisirs ou les vacances. Sont aussi comptabilisés les logements meublés (et ayant une cuisine) ouvert à la location pour des séjours touristiques, situés dans les résidences hôtelières et plus rarement dans les gîtes, ainsi que les mobile- homes fixes dans les campings ouverts à l’année.

Logement occasionnel : logement ordinaire utilisé occasionnellement pour des raisons professionnelles (par exemple, un pied-à-terre professionnel d'une personne qui ne rentre qu'en fin de semaine auprès de sa famille). La distinction entre logements occasionnels et résidences secondaires est parfois difficile à établir, c'est pourquoi, les deux catégories sont souvent regroupées.

Unité urbaine : commune ou ensemble de communes présentant une zone de bâti continu qui compte au moins 2 000 habitants.

Aire urbaine ou grande aire urbaine : ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un grand pôle, et par des communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

Grand pôle : unité urbaine de 10 000 emplois ou plus qui anime une grande aire urbaine suivant le zonage en aire urbaine de 2010. Les communes qui le composent sont soit ville-centre, soit banlieue. On distingue également des moyens pôles (unités urbaines de 5 000 à moins de 10 000 emplois) et des petits pôles (unités urbaines de 1 500 à moins de 5 000 emplois).

Ville-centre : unité urbaine multicommunale (ou agglomération multicommunale). Si une commune abrite plus de 50 % de la population de l’unité urbaine, elle est seule ville-centre. Sinon, toutes les communes dont la population dépasse de 50 % celle de la commune la plus peuplée, ainsi que cette dernière, sont villes-centre. Les communes urbaines qui ne sont pas villes-centre constituent la banlieue de l’agglomération multicommunale.

Couronnes des grands pôles : elles correspondent aux communes rurales ou unités urbaines non comprises dans les grands pôles, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans une ou plusieurs grandes aires urbaines. Les autres couronnes regroupent les communes ne faisant pas partie des couronnes des grands pôles dont au moins 40 % des actifs ayant un emploi travaillent dans une ou plusieurs aires.

Communes isolées hors influence des pôles : communes n’appartenant pas à un pôle ou à une couronne.

Zone tendue : fixées par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, les zones tendues sont les unités urbaines de plus de 50 000 habitants où il existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements, entraînant des difficultés sérieuses d'accès au logement sur l'ensemble du parc résidentiel existant. Elles regroupent 28 unités urbaines de métropole : Ajaccio, Annecy, Arles, Bastia, Bayonne, Beauvais, Bordeaux, Draguignan, Fréjus, Genève-Annemasse, Grenoble, La Rochelle, La Teste-de-Buch – Arcachon, Lille, Lyon, Marseille – Aix-en-Provence, Meaux, Menton, Montpellier, Nantes, Nice, Paris, Saint-Nazaire, Sète, Strasbourg, Thonon-les-Bains, Toulon, Toulouse.

Pour en savoir plus

Vallès V., « 374 000 logements supplémentaires chaque année entre 2010 et 2015 - La vacance résidentielle s’accentue », Insee Première n° 1700, juin 2018 ;

Baktavatsalou R., Chaussy C.(dir), « Panorama du logement à La Réunion fin 2013 - Des conditions d’habitat aux dépenses des ménages », Insee Dossier La Réunion n° 4, janvier 2017 ;

Ajir S., « Des ménages toujours plus petits », Insee Flash La Réunion n° 40,septembre 2015 ;

Le compte Twitter de l’Insee La Réunion-Mayotte : @InseeOI.