Insee Flash Auvergne-Rhône-AlpesLa région dépasse les huit millions d’habitants au 1er janvier 2018

Sylvain Brouillet, Insee

Auvergne-Rhône-Alpes est une région attractive et jeune, où l’espérance de vie est supérieure à la moyenne nationale. Contrairement à d’autres régions, la population augmente autant grâce aux naissances qu'à l’arrivée de nouveaux habitants. La Haute-Savoie, l’Ain, l’Isère et le Rhône tirent la croissance démographique de la région.

Sylvain Brouillet, Insee
Insee Flash Auvergne-Rhône-Alpes  No 33 - Mai 2018

La population d’Auvergne-Rhône-Alpes est de 8 millions d'habitants au 1er janvier 2018 (estimation provisoire), soit 159 400 habitants supplémentaires entre 2015 et 2018. La région est ainsi, avec l’Île-de-France, celle qui a accueilli le plus de population ces trois dernières années. Avec un accroissement de + 0,7 % par an, elle est au 3e rang des plus fortes évolutions relatives sur la période derrière la Corse et l'Occitanie.

Comme partout en France métropolitaine, la part des seniors s’est accrue (figure 1). Toutefois, Auvergne-Rhône-Alpes demeure une région plus jeune que la moyenne nationale. Cette caractéristique est entretenue par une natalité élevée et par le profil plutôt jeune des nouveaux arrivants dans la région.

Figure 1Un habitant sur quatre est âgé de plus de 60 ansÉvolution de la part des grandes classes d'âge en Auvergne-Rhône-Alpes de 1975 à 2018

en %
Un habitant sur quatre est âgé de plus de 60 ans (en %)
Année De 0 à 19 ans De 20 à 39 ans De 40 à 59 ans 60 ans ou plus
1975 32,0 28,0 21,9 18,1
1976 31,8 28,2 22,2 17,8
1977 31,5 28,5 22,6 17,4
1978 31,2 28,7 22,9 17,1
1979 31,0 29,0 23,2 16,8
1980 30,7 29,3 23,4 16,6
1981 30,5 29,6 23,1 16,9
1982 30,2 29,9 22,8 17,1
1983 30,1 30,1 22,5 17,3
1984 29,8 30,4 22,4 17,5
1985 29,4 30,6 22,3 17,7
1986 29,1 30,8 22,3 17,9
1987 28,8 30,7 22,5 18,1
1988 28,4 30,5 22,8 18,3
1989 28,1 30,3 23,0 18,5
1990 27,8 30,2 23,3 18,7
1991 27,5 30,0 23,6 19,0
1992 27,1 29,9 23,8 19,2
1993 26,8 29,8 24,0 19,4
1994 26,4 29,7 24,3 19,6
1995 26,1 29,5 24,6 19,8
1996 26,0 29,2 24,9 19,9
1997 26,0 28,8 25,1 20,1
1998 25,8 28,5 25,4 20,2
1999 25,7 28,2 25,7 20,3
2000 25,6 27,9 26,0 20,4
2001 25,5 27,7 26,3 20,4
2002 25,4 27,5 26,7 20,5
2003 25,2 27,3 26,9 20,6
2004 25,2 27,0 27,1 20,7
2005 25,2 26,6 27,3 20,9
2006 25,0 26,4 27,5 21,2
2007 24,9 26,1 27,4 21,6
2008 24,9 25,9 27,2 22,0
2009 24,8 25,6 27,1 22,4
2010 24,8 25,4 27,0 22,8
2011 24,7 25,2 26,8 23,2
2012 24,7 25,0 26,8 23,5
2013 24,7 24,7 26,8 23,8
2014 24,7 24,4 26,7 24,2
2015 24,7 24,2 26,6 24,5
2016 24,7 24,1 26,4 24,8
2017 24,6 24,1 26,2 25,1
2018 24,5 24,0 26,1 25,4
  • Source : Insee – Estimations de population

Figure 1Un habitant sur quatre est âgé de plus de 60 ansÉvolution de la part des grandes classes d'âge en Auvergne-Rhône-Alpes de 1975 à 2018

  • Source : Insee – Estimations de population

La population régionale augmente du fait des naissances et des nouveaux arrivants

Il y a plus de naissances que de décès dans la région (solde naturel positif), et cela se vérifie depuis 1975. En outre, les arrivées de nouveaux résidents y sont plus nombreuses que les départs (solde migratoire positif). Ainsi la région bénéficie des deux moteurs de la croissance démographique de manière relativement équilibrée (figure 2), ce qui ne se retrouve pas forcément dans d’autres régions comme l’Occitanie ou l'Île-de-France.

Grâce à une espérance de vie élevée et une faible proportion de personnes de 60 ans ou plus, Auvergne-Rhône-Alpes se distingue par une mortalité relativement basse (loin derrière l'Île-de-France cependant). La natalité est élevée (au 3e rang national), ce qui s'explique également par la relative jeunesse de sa population, la fécondité (nombre moyen d'enfants par femme) y étant dans la moyenne nationale.

La fécondité est cependant en forte baisse depuis 2014, après avoir régulièrement augmenté entre 1994 et 2010. Conjuguée à l'érosion des effectifs de femmes âgées de 20 à 39 ans, il en résulte une diminution marquée de la natalité sur la période récente. Parallèlement, avec le vieillissement des baby-boomers, la mortalité repart à la hausse ces dernières années. Dans ces conditions, le solde migratoire pourrait devenir le premier moteur de la croissance démographique régionale, voire le seul à moyen terme.

Figure 2Une croissance démographique équilibréeÉvolution des populations départementales de la région Auvergne-Rhône-Alpes entre 1975 et 2018

Une croissance démographique équilibrée
Département Population Evolution annuelle moyenne entre 1975 et 2018 (en %)
1975 2018 (p) totale due au solde naturel due au solde migratoire
01 Ain 376 277 649 700 1,3 0,5 0,8
03 Allier 379 172 339 000 – 0,3 – 0,3 0
07 Ardèche 257 419 328 600 0,6 0 0,6
15 Cantal 166 827 144 200 – 0,3 – 0,3 0
26 Drôme 361 976 516 200 0,8 0,3 0,5
38 Isère 859 713 1 272 800 0,9 0,6 0,3
42 Loire 743 008 762 500 0,1 0,3 – 0,2
43 Haute-Loire 205 875 227 400 0,2 – 0,1 0,3
63 Puy-de-Dôme 580 118 655 200 0,3 0,1 0,2
69 Rhône 1 429 046 1 878 100 0,6 0,7 – 0,1
73 Savoie 305 060 433 800 0,8 0,4 0,4
74 Haute-Savoie 446 888 829 700 1,4 0,6 0,8
Auvergne-Rhône-Alpes 6 111 379 8 037 100 0,6 0,4 0,2
  • (p) : données provisoires arrondies à la centaine
  • Source : Insee – Estimations de population

Quatre départements tirent la croissance de population

Les croissances de population les plus rapides se situent dans l'Ain et la Haute-Savoie (figure 3). Ce dynamisme provient avant tout d'un afflux migratoire très important, surtout dans les zones du Genevois, d’Annecy et de la périphérie lyonnaise. Mais la structure plutôt jeune de la population, accentuée par le profil des nouveaux arrivants, engendre aussi un solde naturel élevé. Ces dernières années, cette dynamique se maintient pour la Haute-Savoie mais semble s'infléchir dans l'Ain.

C'est dans le Rhône que l'augmentation du nombre d'habitants est la plus forte. Cette progression est surtout liée à celle de l'aire urbaine de Lyon. Son moteur principal a toujours été un solde naturel élevé, en lien avec une population relativement jeune, mais son solde migratoire, autrefois négatif, s'est inversé sur la période récente.

Avec sa population importante, l'Isère est historiquement le deuxième contributeur à l'augmentation de la population régionale. Mais du fait d'une attractivité amoindrie, le phénomène se ralentit. Entre 2015 et 2018, sa population croît désormais moins rapidement que la moyenne régionale et le département gagne moins d'habitants que la Haute-Savoie.

Figure 3La croissance de la population tirée par l’est de la régionTaux d’évolution annuel moyen de la population entre 1975 et 2018

La croissance de la population tirée par l’est de la région
Code Libellé département Surface Population 1975 Population 2018 (p) Taux d’évolution annuel moyen de la population entre 1975 et 2018
01 Ain 5 775 376 277 649 700 1,3
03 Allier 7 366 379 172 339 000 -0,3
07 Ardèche 5 559 257 419 328 600 0,6
15 Cantal 5 769 166 827 144 200 -0,3
26 Drôme 6 553 361 976 516 200 0,8
38 Isère 7 866 859 713 1 272 800 0,9
42 Loire 4 798 743 008 762 500 0,1
43 Haute-Loire 4 998 205 875 227 400 0,2
63 Puy-de-Dôme 7 999 580 118 655 200 0,3
69 Rhône 3 253 1 429 046 1 878 100 0,6
73 Savoie 6 262 305 060 433 800 0,8
74 Haute-Savoie 4 597 446 888 829 700 1,4
  • Note de lecture : dans la carte ci-dessus, les contours des départements ont été déformés de sorte que leur superficie soit proportionnelle à leur population estimée en 2018 (anamorphose).Ce procédé permet aux différentes évolutions représentées d'avoir un impact visuel cohérent avec le poids que chaque département représente.Par exemple, l'évolution constatée dans le Rhône a plus d'importance que celle de l'Ardèche, alors que les deux évolutions relatives sont comparables.
  • (p) : données provisoires arrondies à la centaine
  • Source : Insee – Estimations de population

Figure 3La croissance de la population tirée par l’est de la régionTaux d’évolution annuel moyen de la population entre 1975 et 2018

  • Note de lecture : dans la carte ci-dessus, les contours des départements ont été déformés de sorte que leur superficie soit proportionnelle à leur population estimée en 2018 (anamorphose).Ce procédé permet aux différentes évolutions représentées d'avoir un impact visuel cohérent avec le poids que chaque département représente.Par exemple, l'évolution constatée dans le Rhône a plus d'importance que celle de l'Ardèche, alors que les deux évolutions relatives sont comparables.
  • Source : Insee – Estimations de population

Plus de nouveaux arrivants que de partants dans tous les départements

La Drôme présente une croissance plus rapide que la moyenne régionale. Elle affiche en effet un solde migratoire positif, lié à un regain d’attractivité, notamment dans les villes proches du sillon rhodanien. Son solde naturel est également positif, bien que faible du fait d’une population plus âgée.

Les autres départements de la région affichent sur la période récente des taux de croissance en deçà de la moyenne régionale. En effet, leur dynamisme démographique s’essouffle du fait de la baisse du solde naturel. Cependant, tous les départements affichent un solde migratoire positif. Dans les territoires ruraux éloignés des pôles, la population est plutôt en stagnation voire en baisse. Ainsi, la croissance du Puy-de-Dôme se concentre en périphérie de Clermont-Ferrand, en lien avec l'étalement de l'agglomération. Celle de la Haute-Loire est liée à la périurbanisation de Saint-Étienne et, dans une moindre mesure, du Puy-en-Velay.

Deux départements en retrait

L’Allier et le Cantal voient leur population diminuer. Avant 1990, les soldes migratoires et naturels y contribuaient tous deux à la baisse. Depuis, ces départements accueillent davantage de nouveaux arrivants mais à cause du vieillissement prononcé de leur population, il y a de plus en plus de décès face aux naissances, surtout dans le Cantal. Dans ces deux départements, la majeure partie du territoire rural est concernée par la baisse. Seules les périphéries des villes enregistrent des hausses entre 2015 et 2018 (Aurillac pour le Cantal et dans une moindre mesure Montluçon, Vichy et Moulins dans l'Allier).

Définitions

Pour permettre une étude démographique à un horizon proche, l'Insee établit chaque année des estimations de population. Il s'agit de prendre en compte les naissances et les décès intervenus dans les dernières années, ainsi que le solde migratoire apparent. Les estimations de population sont provisoires pour les années 2016 à 2018. Elles sont révisées tous les ans.

Le solde naturel est la différence entre les naissances et les décès sur un territoire durant une période donnée.

Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui entrent sur un territoire (arrivées) et le nombre de personnes qui en sortent (départs), durant une période donnée. On parle de solde migratoire apparent lorsque celui-ci est évalué en calculant la différence entre l'augmentation de population constatée (ou solde total) et le solde naturel. Dans ce document, le « solde migratoire apparent » a été abrégé par « solde migratoire ».