Insee Analyses Ile-de-FranceParis, 2050 : quels impacts des évolutions démographiques sur les besoins en équipements ?

Issam Khelladi, Insee Île-de-France ; Émilie Moreau, Sandra Roger, Apur

D’ici 2050, la population de Paris devrait se stabiliser, mais les évolutions démographiques seraient différentes selon les arrondissements. Les arrondissements centraux perdraient plus d’un habitant sur cinq alors que ceux de la périphérie gagneraient tous des habitants, à l’exception du 16e.

La structure par âge de la population évoluerait également de manière contrastée, entraînant des besoins différenciés pour les structures ou services. La population des plus jeunes resterait stable. Dans ce contexte, les établissements de la petite enfance auraient besoin de plus de flexibilité pour accueillir cette population. En revanche, les Parisiens les plus âgés deviendraient de plus en plus nombreux, comme sur l'ensemble du territoire national, nécessitant une évolution de l'offre des équipements d’hébergement et de services.

Insee Analyses Ile-de-France
No 83
Paru le : Paru le 15/05/2018
Issam Khelladi, Insee Île-de-France ; Émilie Moreau, Sandra Roger, Apur
Insee Analyses Ile-de-France  No 83 - Mai 2018

2 233 000 Parisiens en 2050

Les besoins en équipements, étroitement liés aux évolutions démographiques, constituent des enjeux importants pour les territoires. Paris est le seul département francilien pour lequel la population serait stable à l’horizon 2050, alors qu'elle augmente ailleurs. Cette stabilité masquerait toutefois des évolutions disparates par âge et par arrondissement, pouvant nécessiter une adaptation des équipements existants.

En 2050, selon les différents scénarios envisagés, la population parisienne serait comprise entre 2 155 000 et 2 325 000 habitants. Elle atteindrait 2 233 000 habitants si les tendances démographiques récentes se poursuivaient. Le déficit migratoire ne serait plus compensé par le solde naturel. La baisse constatée depuis 2011 se prolongerait jusqu’au milieu de la prochaine décennie. Ensuite, la population parisienne repartirait à la hausse, pour retrouver en 2050 un niveau très proche de celui de 2013. En comparaison, sur la même période, la population de la petite couronne augmenterait de 15 % et celle de la grande couronne de 17 %.

Baisse de la population dans les arrondissements centraux et le 16e

En 37 ans, la population parisienne serait globalement stable, mais les évolutions seraient différenciées selon les arrondissements et les périodes.

En effet, à l’horizon 2050, le territoire formé par les quatre arrondissements centraux, dont la fusion est en cours, est celui dont la population diminuerait le plus en proportion : - 23,5 %. L’essentiel de cette perte s’observerait d’ici 2030 avec une baisse de 1,6 % par an (figure 1).

Les quatre arrondissements centraux formeraient en 2050 le territoire le moins peuplé de Paris. Ensemble, ils ne compteraient plus que 78 000 habitants. Le déficit migratoire s’atténuerait durant cette période, mais il ne serait pas compensé par le léger excédent naturel, relativement stable. Toutes les tranches d’âge contribueraient au déficit migratoire. À partir de 2030, les actifs (18-59 ans) seraient de moins en moins nombreux à quitter ces arrondissements, réduisant le déficit migratoire et freinant la baisse démographique.

Les 5e, 6e et 7e arrondissements connaîtraient des évolutions assez semblables à celles des quatre premiers. Ils perdraient 32 000 habitants d’ici 2050, soit un habitant sur cinq, si les tendances démographiques actuelles se poursuivaient. Là encore, le déficit migratoire serait responsable de la baisse de la population, même si ce dernier serait divisé par cinq entre 2013 et 2050, grâce aux départs moins importants des actifs sur la période.

Dans les 8e et 9e arrondissements, la population diminuerait de 14 % en 37 ans. Cette baisse serait accentuée d’ici 2030 (- 16 000 habitants), suivie d’un léger rebond de 2 000 habitants jusqu’à 2050. Elle serait également due au déficit migratoire, qui diminuerait toutefois de moitié d’ici 2050, en raison d’une diminution du nombre de départs des actifs et des seniors.

Les baisses de population seraient toutefois très modérées dans les 10e et 16e arrondissements. Le 16e arrondissement se distingue des autres arrondissements parisiens par un solde naturel devenant déficitaire dès 2018, du fait du vieillissement de sa population (baisse des naissances et augmentation des décès). Un léger regain de population y serait toutefois observé à partir de 2037.

Figure 1Une baisse de la population parisienne du centre au profit de la périphérie

Une baisse de la population parisienne du centre au profit de la périphérie
Territoires 2013 2030 2050
1er au 4e arrondissement de paris 102 000 79 000 78 000
5e au 7e 160 000 137 000 128 000
8e et 9e 99 000 83 000 85 000
10e 92 000 82 000 88 000
11e 153 000 153 000 155 000
12e 145 000 155 000 166 000
13e 184 000 188 000 189 000
14e 141 000 146 000 152 000
15e 237 000 241 000 251 000
16e 167 000 161 000 163 000
17e 170 000 177 000 182 000
18e 199 000 197 000 200 000
19e 186 000 187 000 192 000
20e 195 000 201 000 204 000
Paris 2 230 000 2 187 000 2 233 000
Petite couronne 4 498 000 4 855 000 5 150 000
Grande couronne 5 232 000 5 738 000 6 122 000
Île-de-France 11 960 000 12 780 000 13 505 000
  • Source : Insee, recensement de la population 2013 et modèle Omphale 2017.

Hausse démographique dans les arrondissements périphériques

À l’opposé des arrondissements du centre, ceux de la périphérie (sauf le 16e) verraient leur population augmenter d’ici 2050. Le 12e arrondissement connaîtrait la plus forte croissance démographique avec 14,5 % (soit 21 000 habitants de plus). Il serait suivi par le 14e, le 17e et le 15e arrondissement dont les populations augmenteraient respectivement de 8 %, 7 % et 5,5 %. Le solde migratoire dans ces arrondissements serait déficitaire, hormis pour les actifs. L’excédent de naissances sur les décès, en restant supérieur au déficit migratoire, serait ainsi le seul moteur de la croissance démographique.

Le 15e, seul arrondissement comptant plus de 200 000 habitants en 2013, demeurerait l’arrondissement le plus peuplé. En revanche, deux autres arrondissements dépasseraient ce seuil en 2050 : le 18e et le 20e.

La répartition spatiale de la population parisienne se modifierait ainsi au fil des ans. Alors que près de 12 % des Parisiens résident dans l’un des sept premiers arrondissements en 2013, ils ne seraient plus que 9,2 % en 2050. À l’inverse, la part de la population des arrondissements périphériques (12e au 20e à l’exception du 16e) augmenterait de près de 3,4 points pour atteindre 68,7 % de la population de la capitale (figure 2).

Figure 2Une plus forte croissance de population dans le 12e arrondissement à l'horizon de 2050

  • Source : Insee, recensement de la population 2013 et modèle Omphale 2017.

Des évolutions par âge affectant les besoins en équipements

En première approche, la relative stabilité démographique de la capitale à l’horizon 2050, selon le scénario tendanciel, ne met pas en évidence de besoins supplémentaires d’équipements. Toutefois, cette analyse ne tient pas compte des besoins qui seraient générés localement par les opérations d’aménagement prévues, notamment dans le cadre des Zones d’aménagement concertées (ZAC) Paris Nord Est dans le 18e, Bercy Charenton et Gare de Lyon Daumesnil dans le 12e arrondissement (programmation d’environ 7 300 logements familiaux à l’horizon 2025). Par ailleurs, la stabilité de la population parisienne masque des évolutions dans sa structure par âge, susceptibles de modifier ou générer des besoins sur certains équipements particuliers : établissements d’accueil de la petite enfance et écoles pour les plus jeunes, établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et les services de maintien à domicile pour les plus âgés.

Légère hausse du nombre d'enfants de moins de 3 ans

Le nombre d’enfants de moins de 3 ans n’augmenterait que légèrement d’ici 2050 et leur part dans la population totale resterait relativement stable (3 %). Selon le scénario tendanciel, leur effectif atteindrait 75 000 en 2050 (figure 3). Dans un premier temps de 2020 à 2030, leur nombre baisserait au rythme de 0,2 % par an, puis augmenterait jusqu’en 2040 de 0,4 % par an. En effet, les femmes nées dans les années 2000 étant plus nombreuses, le nombre de naissances augmenterait entre 2030 et 2040.

Au 1er janvier 2018, le parc de la Ville de Paris compte 35 407 places pour les enfants de moins de 3 ans dans les différentes structures d’accueil collectif. Le taux d’équipement, calculé comme le rapport entre le nombre de places et le nombre d’enfants de moins de trois ans, permet d’apprécier l’importance de l’offre d’accueil au niveau local. Ce taux s’élève à plus de 50 % dans la capitale. Cela signifie que plus de la moitié des enfants de moins de 3 ans peuvent être accueillis en structures d’accueil collectif. À titre de comparaison, le taux d’équipement s’élève à 18 % à l’échelle nationale selon l’observatoire national de la petite enfance. À l’horizon 2020, compte tenu des projets en cours ou à l’étude, le parc devrait croître de plus de 3 000 places et atteindrait ainsi 38 500 places.

Pour conserver cette capacité d'accueil au regard de l’évolution du nombre d’enfants de moins de 3 ans, 1 350 places supplémentaires seraient nécessaires entre 2020 et 2050, soit 45 places par an en moyenne. Cette offre nouvelle devrait être déployée dans les quartiers les moins dotés de la capitale, tels que les 11e, 17e ou 16e arrondissements. Elle pourrait aussi découler d’un meilleur usage de certains équipements actuels où le taux de fréquentation est inférieur à la moyenne parisienne qui est de l’ordre de 76 % aujourd’hui. Sur ce point, la Ville de Paris envisage de faire évoluer dans un premier temps ses haltes garderies, puis ses crèches collectives, en structures multi-accueil plus flexibles et mieux adaptées à l’évolution des besoins des familles avec jeunes enfants. Ces évolutions permettront de proposer aux familles davantage de contrats « sur mesure » d’une demi-journée à cinq jours par semaine, évolutifs dans le temps, conformément aux accords passés avec la Caisse d’allocations familiales de Paris, concernant la diversification des modes de fréquentation. Les établissements proches du périphérique pourraient également à terme élargir leur accueil aux familles résidant dans les communes limitrophes. Ces mesures pourraient permettre d’accroître la fréquentation de ces équipements. Notons toutefois que ces hypothèses reposent sur un niveau d’offre constant et qu’une nouvelle analyse des besoins à l’avenir pourrait conduire à accroître de nouveau celle-ci.

Figure 3En 2050, une population parisienne stable mais vieillissante

Effectifs en milliers
En 2050, une population parisienne stable mais vieillissante (Effectifs en milliers)
Période Moins de 3 ans 3-10 ans 11-14 ans 15-19 ans 20-64 ans 65-74 ans 75 ans ou plus Total
2013 72 168 81 112 1 459 171 167 2 230
2030 72 158 76 106 1 369 184 223 2 188
2050 75 164 77 105 1 372 178 262 2 233
Évolution en nombre
2013-2030 0 -10 -5 -6 -90 13 56 -42
2013-2050 3 -4 -4 -7 -87 7 95 3
Évolution annuelle (en %)
2013-2030 0,0 -0,4 -0,4 -0,3 -0,4 0,4 1,7 -0,1
2013-2050 0,1 -0,1 -0,1 -0,2 -0,2 0,1 1,2 0,0
  • Source : Insee, recensement de la population 2013 et modèle Omphale 2017.

Une stabilisation du nombre d’élèves dans le 1er degré à l’horizon 2050

En 2017, Paris accueille 164 200 élèves répartis dans 764 établissements publics ou privés sous contrat du 1er degré. Parmi ces élèves, 3 % ne résident pas dans la capitale et 22 % sont scolarisés dans le secteur privé. Ces élèves sont principalement âgés de 3 à 10 ans. À l’horizon 2050, leur nombre serait en légère baisse (- 4 000 en 37 ans, soit près de 110 par an en moyenne sur la période). Leur effectif baisserait dans un premier temps jusqu’en 2023 au rythme de 0,6 % par an, se stabiliserait à un niveau bas entre 2023 et 2035, puis progresserait légèrement de 2035 à 2050 (+ 0,3 % par an) pour atteindre 164 000.

La diminution prévue des effectifs d’ici 2023 devrait être plus prononcée dans le niveau élémentaire, qui correspond aux enfants âgés de 6 à 10 ans. En effet, suite à la baisse des naissances constatée depuis 2010, les effectifs d’enfants scolarisés en maternelle ont déjà fortement chuté ces dernières années et semblent avoir atteint un niveau plancher. Dans les écoles élémentaires, la baisse constatée lors des rentrées 2016 et 2017 devrait se prolonger et s’accentuer. À la rentrée 2017, le nombre moyen d’enfants par classe dans les écoles publiques était de 24 élèves en moyenne, aussi bien en maternelle qu’en élémentaire.

Le projet gouvernemental visant à dédoubler les classes de CP/CE1 en réseaux d’éducation prioritaire entraîne également des réflexions sur les infrastructures. À Paris, les modalités de mise en œuvre s’orientent plutôt vers le dédoublement de salles de classes et sont réalisables pour les trois quarts des écoles concernées à ce jour. Pour le quart restant, il est envisagé que deux enseignants partagent la même salle de cours. En matière d’évolution des équipements, compte tenu des tendances démographiques et scolaires récentes et à venir, la Ville de Paris prévoit d’ajuster légèrement le nombre d’écoles. De nouvelles écoles seront construites dans le cadre des opérations d’aménagement quand, parallèlement, de petits établissements vieillissants et coûteux en fonctionnement verront leurs usages évoluer. Une réflexion profonde sur le parc d’équipements est en cours afin de favoriser le développement de structures adaptables, mutualisées, pouvant s’ajuster dans le temps aux besoins nouveaux.

Une baisse du nombre de collégiens

En 2017, Paris accueille 84 928 collégiens répartis dans 178 établissements publics ou privés sous contrat. Parmi ces élèves, environ 10 % ne résident pas dans la capitale et près de 35 % sont scolarisés dans le secteur privé. Le lieu d’études des collégiens ne correspond donc pas toujours à leur lieu de résidence. Pour cette raison, les futurs besoins de places en collège sont moins liés aux projections locales de population et sont plus délicats à établir, surtout dans un périmètre restreint. Le nombre de ces enfants, principalement âgés de 11 à 14 ans, devrait diminuer à l’horizon 2050 (- 4 000). Leur effectif baisserait dans un premier temps jusqu’en 2030 au rythme de 0,4 % par an en moyenne sur la période, se maintiendrait à un niveau bas de 2030 à 2040, puis progresserait légèrement de 0,3 % pour atteindre 77 000 en 2050. Comme pour les 3-10 ans mais avec un léger décalage temporel, la baisse des effectifs devrait se concentrer sur le début de période, essentiellement entre 2021 et 2026.

À la rentrée 2017, le nombre moyen d’enfants par classe était de 26,8 pour les collèges publics contre 28,6 pour les collèges sous contrat.

Plus d’un Parisien sur cinq de 65 ans ou plus en 2050

S’agissant des seniors, l’exercice de projection indique que 440 000 personnes seraient âgées de 65 ans ou plus en 2050 contre 338 000 en 2013, soit une hausse de 30 % en 37 ans. C’est entre 2013 et 2030 que cet accroissement serait le plus fort (+ 99 000), avec l’arrivée à ces âges des générations nombreuses issues du baby-boom, nées entre 1946 et 1975. Entre 2035 et 2050, la hausse serait plus modérée. Les personnes qui atteindront 65 ans à cette période appartiennent à des générations moins nombreuses et les générations du baby-boom, nées juste après-guerre, approcheront 90 ans et parviendront donc à des âges de forte mortalité.

L’allongement de la durée de vie dans les années futures ne va faire qu’accentuer le vieillissement de la population. Toutefois, ce phénomène resterait moins marqué à Paris qu’en Île-de-France ou en France métropolitaine. En 2050, 20 % de la population parisienne aurait 65 ans ou plus (+ 5 points depuis 2013) alors qu’aux niveaux régional et national, cette part atteindrait respectivement 22 % (+ 8,5 points entre 2013 et 2050) et 27 % (+ 9,7 points).

Des besoins associés au vieillissement de la population

La hausse du nombre de personnes âgées de 75 ans ou plus sera encore plus nette. Si les tendances démographiques se poursuivaient, le poids démographique de cette tranche d’âge au sein de la population parisienne passerait de 7,5 % en 2013 à 12 % en 2050, soit une hausse de 4,5 points en 37 ans (figure 4).

L’effectif de cette tranche d’âge devrait augmenter de 56 % entre 2013 et 2050, passant de 167 000 à 262 000 (soit une augmentation de 95 000 personnes). La croissance du nombre de personnes âgées de 75 ans ou plus dans la capitale augmenterait très rapidement de 2022 à 2030 - leur part atteindrait alors 10 % de la population -, puis se poursuivrait à un rythme légèrement ralenti jusqu’en 2050.

Dans ce contexte, l’augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes est inéluctable et se répercutera mécaniquement sur les besoins en services et en équipements tels que les EHPAD, les foyers logement, les centres d’accueil de jour, les hébergements temporaires, les aides financières pour personnes âgées (APA), les soins à domicile, ainsi que les dispositifs de soutien pour les aidants.

Aujourd’hui, la Ville de Paris dispose de 7 260 places en EHPAD. Rapporté au nombre de personnes âgées de 75 ans ou plus, le taux d’équipement atteint un peu plus de 4 places pour 100 personnes. Ce taux est très inférieur à celui constaté en France métropolitaine, où l’offre moyenne est de 10 lits pour 100 personnes de 75 ans ou plus. Pour conserver l’offre parisienne actuelle, la création de 2 400 places à l’horizon 2030, et 4 000 d’ici 2050, serait nécessaire. Pour atteindre l’offre nationale actuelle, il faudrait plus que doubler le nombre de lits d’ici 2030. Cependant, le coût très élevé de ces structures ne permet pas une pleine utilisation. À Paris, le reste à charge pour un pensionnaire est en moyenne de 2 700 € par mois contre 2 200 € en Île-de-France et 1 600 € en province. Au cours de l’année 2013, parmi les personnes de 85 ans ou plus qui ont quitté Paris, plus de deux sur cinq s’installent dans une structure d’accueil spécifique.

Depuis 30 ans, les politiques publiques françaises privilégient toutefois le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes, ce qui rejoint le souhait de la plupart d’entre elles. Plus de neuf Parisiens sur dix de 75 ans ou plus vivent encore chez eux. En France métropolitaine, la prévalence des problèmes fonctionnels sévères augmente fortement à partir de 75 ans, ce qui peut entraîner des restrictions d’activité et remettre en question la capacité à vivre à domicile. À Paris, c’est plutôt à partir de 85 ans que les situations fonctionnelles se dégradent significativement. Cette situation plus favorable s’explique par une espérance de vie plus longue, par un niveau de vie médian plus élevé et par une plus forte densité de médecins généralistes et spécialistes. Ces facteurs peuvent influer sur l’état de santé de la population tout au long de la vie et se traduire, aux âges élevés, par des états de dépendance différenciés.

L’enjeu actuel pour les pouvoirs publics est de favoriser l’élaboration de dispositifs d’aide et de prise en charge adaptés, dans l’optique de limiter le déclin fonctionnel et de favoriser la vie à domicile.

Dans ce cadre, et en lien avec le nombre croissant de Parisiens âgés qui vivent à domicile, les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) prennent de l’ampleur à Paris. Le taux d’équipement pour ces services est de 29 places pour 1 000 personnes âgées de 75 ans ou plus contre 19,5 en France. La Ville de Paris a pour objectif, dans son nouveau plan d’actions envers les seniors, d’améliorer l’accès et le maintien dans le logement, de développer les formes d’habitat partagé ou de colocation intergénérationnelle et enfin de moderniser des dispositifs pour favoriser la vie à domicile. Un dispositif d’« EHPAD hors les murs » qui vise également à permettre le maintien à domicile et à prévenir ou gérer les risques de rupture est en cours de réflexion. Ce projet consisterait à faire bénéficier aux personnes âgées désirant vieillir chez elles, d’une téléassistance reliée 24h/24 à l’équipe soignante de l’EHPAD et d’un accueil d’urgence en continu.

Figure 4Une population parisienne plus âgée en 2050Structure par âge de la population parisienne en 2013 et projections en 2050 selon le scénario tendanciel

Une population parisienne plus âgée en 2050
AGE Hommes 2013 Hommes 2050 Femmes 2013 Femmes 2050
0 12 722 14 088 12 246 13 415
1 12 119 12 594 11 975 11 952
2 11 857 11 656 11 407 11 077
3 11 511 11 288 10 807 10 671
4 11 177 10 930 10 574 10 366
5 11 037 10 743 10 597 10 173
6 11 128 10 605 10 455 10 031
7 10 467 10 369 10 093 9 856
8 10 521 10 275 9 644 9 717
9 10 096 10 139 10 351 9 658
10 9 959 10 046 9 969 9 488
11 10 222 10 025 10 046 9 434
12 10 541 9 906 10 297 9 432
13 10 120 9 857 9 885 9 421
14 10 096 9 878 9 748 9 527
15 9 884 9 841 9 916 9 442
16 9 925 9 811 10 069 9 231
17 10 212 9 960 10 522 9 288
18 11 968 11 089 13 224 11 588
19 12 316 11 653 14 448 12 776
20 13 486 12 227 16 629 14 320
21 14 572 13 027 18 356 16 403
22 16 746 14 736 20 978 18 864
23 19 012 16 620 23 593 21 268
24 20 175 17 998 24 572 22 894
25 21 244 19 437 24 406 23 845
26 21 691 20 267 24 396 24 154
27 21 329 20 330 23 884 24 130
28 20 727 20 316 22 176 23 459
29 19 926 20 226 21 286 22 849
30 20 106 19 612 21 250 22 120
31 19 591 18 893 20 486 21 009
32 19 972 18 309 19 818 20 143
33 17 974 17 826 18 743 19 542
34 17 236 17 408 17 599 18 845
35 17 422 17 284 17 164 18 589
36 16 563 16 700 16 543 17 791
37 16 039 15 924 16 198 16 988
38 16 868 15 752 16 586 16 967
39 17 380 15 431 16 840 16 744
40 17 260 14 915 16 567 16 033
41 16 234 14 603 16 329 15 753
42 15 596 13 986 15 070 15 308
43 15 182 13 858 15 193 15 313
44 14 329 13 204 14 610 14 752
45 14 151 12 817 14 434 14 438
46 14 288 12 503 14 888 14 214
47 13 826 12 353 15 073 13 974
48 13 971 12 344 15 275 13 965
49 13 933 12 355 15 278 14 198
50 13 760 11 798 14 562 13 517
51 13 168 11 571 14 377 13 261
52 12 412 11 254 14 145 12 943
53 12 936 11 210 14 019 12 970
54 12 148 10 938 13 848 12 765
55 11 981 10 565 13 678 12 152
56 11 580 10 473 13 673 11 919
57 11 618 10 874 13 389 12 245
58 11 760 10 703 13 902 12 236
59 10 981 10 728 13 562 12 215
60 11 456 10 532 13 678 11 974
61 11 122 10 280 13 183 11 757
62 11 789 9 794 13 868 11 172
63 11 448 9 517 13 721 11 023
64 11 230 9 123 13 258 10 668
65 10 957 8 695 13 750 10 365
66 10 516 8 294 12 912 9 992
67 7 688 8 501 9 803 10 265
68 8 109 8 463 9 894 10 260
69 7 712 8 459 9 438 10 218
70 6 719 7 872 8 560 9 758
71 6 164 7 684 7 541 9 340
72 5 888 7 658 7 789 9 224
73 5 958 7 334 7 631 9 080
74 5 929 7 368 7 712 9 138
75 5 302 7 749 7 384 9 476
76 5 154 8 025 7 356 9 797
77 4 665 7 934 7 256 9 854
78 4 639 7 509 7 051 9 662
79 4 428 7 196 6 756 9 124
80 4 435 6 845 7 134 8 944
81 4 326 6 493 6 739 8 505
82 3 721 6 249 6 720 8 157
83 3 535 6 127 6 115 8 049
84 3 048 5 779 5 880 7 870
85 2 757 5 479 5 417 7 646
86 2 354 5 136 5 042 7 125
87 2 319 4 644 4 879 6 363
88 1 981 4 094 4 471 5 910
89 1 622 3 558 4 043 5 291
90 1 366 3 233 3 524 4 780
91 1 193 2 662 3 072 4 127
92 988 2 399 2 807 3 601
93 504 1 948 1 358 3 141
94 567 1 597 1 160 2 676
95 224 1 316 826 2 465
96 131 961 572 2045
97 143 781 448 1 725
98 137 591 567 1 331
99 ou plus 210 1 602 1 154 4 232
  • Source : Insee, recensement de la population 2013 et modèle Omphale 2017.

Figure 4Une population parisienne plus âgée en 2050Structure par âge de la population parisienne en 2013 et projections en 2050 selon le scénario tendanciel

  • Source : Insee, recensement de la population 2013 et modèle Omphale 2017.

Pour comprendre

Les projections départementales 2013-2050 sont issues du modèle Omphale. Celui-ci permet de projeter d’année en année les pyramides des âges des différents territoires. La population par sexe et âge y évolue selon des hypothèses formulées sur trois composantes : la fécondité, la mortalité et les migrations. Ces hypothèses purement démographiques n’intègrent aucun facteur exogène comme les politiques publiques. Ces projections ne peuvent donc pas être assimilées à des prévisions.

Trois scénarios ont été établis :

- Un scénario tendanciel qui prolonge les évolutions démographiques récentes sur les trois composantes (fécondité, mortalité et migrations). Sauf mention contraire, les chiffres cités font référence à ce scénario.

- Un scénario de « croissance haute » rassemblant les hypothèses les plus favorables à la croissance démographique concernant les trois composantes.

- Un scénario de « croissance basse » rassemblant les hypothèses les plus défavorables à la croissance démographique concernant les trois composantes.

Pour plus d'informations, voir l'encadré « Pour comprendre » de l'Insee Flash Île-de-France n° 20 de novembre 2017.

Pour en savoir plus

Moreau M., Roger S., « 2,21 millions d'habitants à Paris au 1er janvier 2015 », Apur, février 2018.

Khelladi I., Poncelet T., Trigano L., «  En 2050, une population stable dont le poids au sein de la région déclinerait », Insee Flash Île-de-France n° 20, novembre 2017.

Poncelet T., Trigano L., « Même vieillissante, l’Île-de-France resterait la région la plus jeune de France métropolitaine en 2050 », Insee Analyses Île-de-France n° 62, juin 2017.

Moreau M., Roger S., « Petite enfance - Indice de synthèse des besoins d'accueil pour les enfants de moins de 3 ans », Apur, mars 2015.