Le bassin d’emploi Versailles-Saclay : un tissu économique attractif et spécialisé dans des secteurs à haute valeur ajoutée

Samuel Deheeger, Laure Omont, Insee Île-de-France ; Florent Dezenaire, Direccte Île-de-France ; Martin Hervouët, IAU Île-de-France
Avec la participation de l’Établissement public d’aménagement Paris-Saclay, du Conseil régional et de Paris Région Entreprises

Au-delà de sa spécialisation globale dans les activités scientifiques et de recherche, le bassin d’emploi Versailles-Saclay est particulièrement présent dans plusieurs secteurs porteurs : les technologies de l’information et de la communication (TIC), l’imagerie médicale, les systèmes embarqués. La dimension recherche et développement-innovation est également forte dans trois autres secteurs spécifiques du périmètre : l’industrie automobile, la construction et le génie civil. L’activité économique de ce pôle engendre de nombreux déplacements domicile-travail qui sont, pour les deux tiers, effectués en voiture.

Samuel Deheeger, Laure Omont, Insee Île-de-France ; Florent Dezenaire, Direccte Île-de-France ; Martin Hervouët, IAU Île-de-France
Avec la participation de l’Établissement public d’aménagement Paris-Saclay, du Conseil régional et de Paris Région Entreprises
Insee Analyses Ile-de-France  No 81 - mars 2018

Attractivité du bassin d'emploi Versailles-Saclay

Le bassin d’emploi Versailles-Saclay (BEVS) (Le BEVS, un territoire stratégique au cœur de différentes politiques publiques et figure 1) constitue un pôle économique important du sud francilien, englobant notamment Massy, Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, Vélizy-Villacoublay, Courtabœuf et le plateau de Saclay. Avec 428 000 emplois salariés, il représente 8 % de l’emploi francilien. Le nombre d’emplois présents sur ce territoire excède de 12 % celui des résidents en emploi.

Entre 2009 et 2014, l’emploi s’y est développé plus fortement que dans la région (+ 1,2 % contre + 0,7 %) et le taux de chômage, au sens du recensement de la population, y est plus faible (9,4 % contre 12,6 % en 2014). Cette situation pourrait se perpétuer, sous l’effet notamment de projets urbains et économiques en cours, au premier rang desquels le campus urbain du plateau de Saclay.

De par son économie largement tournée vers des activités de pointe et de recherche, les emplois de cadres et de professions intermédiaires y sont prédominants (61,5 % contre 56,0 % au niveau régional). Signe de l’attractivité du BEVS vis-à-vis de son environnement régional, les emplois de cadres sont à 60 % occupés par des actifs résidant hors du territoire, surtout à Paris, dans les Hauts-de-Seine et dans le reste des Yvelines.

Cette attractivité économique dépasse même les frontières nationales. Les groupes étrangers y sont bien implantés : 19 % des salariés du BEVS en dépendent contre 16 % en Île-de-France. Les principaux établissements employeurs étrangers sont de nationalité américaine et allemande (quatre salariés dépendant de l’étranger sur dix).

Pour mieux appréhender ses spécificités, le BEVS peut être comparé à des territoires ayant des caractéristiques proches. Ainsi a été construit un référentiel de comparaison comprenant les six grands ensembles les plus spécialisés dans la conception-recherche : les métropoles de Toulouse et Grenoble, la communauté d’agglomération de Sophia-Antipolis et trois établissements publics territoriaux (EPT) de la métropole du Grand Paris, Paris Ouest La Défense, Grand Paris Seine Ouest (GPSO) et Vallée Sud Grand Paris (Géographie).

Figure 1Le bassin d'emploi Versailles-Saclay : un territoire au sud-ouest de Paris

  • Source : IAU ÎdF.

Un territoire dynamisé par la recherche-ingénierie et l’économie numérique

Le tissu économique de Versailles-Saclay est largement orienté vers des activités à haute valeur ajoutée comme la recherche-ingénierie et l’économie numérique.

Ces deux domaines sont spécifiques au territoire (le poids de ces activités y est plus élevé qu’ailleurs) et regroupent près d’un quart des emplois. Depuis 2008, le secteur de la recherche-ingénierie bénéficie d’une conjoncture économique favorable : sa valeur ajoutée progresse deux fois plus vite que celle des autres secteurs de l’économie française. Les établissements de grande taille sont fréquents dans ces secteurs : neuf établissements de plus de 2 000 salariés sur onze relèvent de la recherche ou du numérique.

Signe de la spécialisation en technologies à haute valeur ajoutée du territoire, fin 2016, le Boston Consulting Group a ouvert à Saclay l’ICO, une usine-école pour l’industrie du futur.

Le BEVS spécialisé dans la recherche et développement, notamment publique

Au sein de la recherche-ingénierie, la recherche et développement (R&D) publique est bien ancrée depuis plusieurs décennies : les implantations du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans les années 1940 et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) en 1952 en témoignent. Ces deux acteurs concentrent la moitié des 18 000 emplois salariés dans le secteur « recherche et développement scientifique » du BEVS. La part de l’emploi salarié de ce secteur dans le bassin y est six fois plus élevée qu’en France et deux fois plus que dans le référentiel. Cette part est même neuf fois plus élevée qu’en France dans le périmètre, plus restreint, de l’Établissement public d’aménagement Paris-Saclay (EPAPS) en raison d’une forte concentration des établissements de recherche scientifique sur le plateau de Saclay et le territoire alentour.

La recherche dans les domaines de la santé, l’agronomie et l’alimentation est également très présente du fait de l’implantation de grands établissements comme Sanofi, l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et le centre R&D de Danone.

Le secteur des « activités d’architecture et d’ingénierie ; activités de contrôle et analyses techniques » peut également s’apparenter à un secteur tourné vers la conception-recherche. Avec 25 500 salariés en 2015, il est le premier secteur spécifique employeur (hors commerce) du BEVS. L’emploi salarié y est quatre fois plus représenté qu’en France et près de deux fois plus que dans le territoire de référence (figure 2).

Comme en Île-de-France, la moitié des salariés du BEVS de ce secteur travaillent dans des établissements de 10 à 250 salariés. Les grands établissements sont en revanche plus présents. Altran et Thales ont notamment chacun un établissement de 2 000 salariés dans ce secteur.

Figure 2Forte spécialisation dans la recherche et développement scientifique dans le périmètre de l'EPAPSEffectifs salariés dans le BEVS dans les secteurs d'activité les plus spécifiques*

Forte spécialisation dans la recherche et développement scientifique dans le périmètre de l'EPAPS - Lecture : 20 100 salariés travaillent dans le BEVS dans la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques. Dans le BEVS, ce secteur est 8,4 fois plus représenté qu'en France.
Secteurs d'activité (A88 NAF rév. 2) Effectifs salariés dans le BEVS Indice de spécificité du secteur par rapport à la France
BEVS EPAPS Territoire de référence
Secteurs à la fois plus spécifiques que le territoire de référence et supérieurs à 10 000 salariés 127 200
Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques** 20 100 8,4 7,8 1,6
Recherche-développement scientifique 18 300 5,8 8,9 2,9
Industrie automobile 16 600 4,3 4,6 0,6
Activités d'architecture et d'ingénierie ; activités de contrôle et analyses techniques 25 500 3,6 3,9 2,3
Services relatifs aux bâtiments et aménagement paysager 18 400 1,9 1,4 1,1
Commerce de gros, à l'exception des automobiles et des motocycles 28 300 1,5 1,5 1,1
Secteurs plus spécifiques que le territoire de référence mais inférieurs à 10 000 salariés 35 200
Construction de bâtiments 8 000 2,9 3,0 1,1
Génie civil 8 100 2,6 2,9 0,8
Réparation et installation de machines et d'équipements 6 100 2,1 1,7 0,6
Activités administratives et autres activités de soutien aux entreprises 8 600 1,7 2,3 1,2
Activités de location et location-bail 2 900 1,6 1,8 1,4
Bibliothèques, archives, musées et autres activités culturelles 1 500 1,6 2,4 0,5
Secteurs moins spécifiques que le territoire de référence 20 100
Programmation, conseil et autres activités informatiques 13 300 2,1 1,4 4,7
Édition 4 800 2,1 1,3 3,2
Services d'information 2 000 2,0 2,2 2,6
  • * Secteurs d'activité dont l'indice de spécificité dans le BEVS est supérieur à 1,5 par rapport à la France.
  • ** Ce secteur comprend les autres technologies numériques.
  • Lecture : 20 100 salariés travaillent dans le BEVS dans la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques. Dans le BEVS, ce secteur est 8,4 fois plus représenté qu'en France.
  • Source : Insee, Clap 2015.

L’économie numérique, une autre dominante du bassin d’emploi

L’économie numérique (Données complémentaires) est un autre secteur significatif de l’économie du BEVS : elle représente 12,5 % des emplois salariés du bassin. Cette activité y est encore plus concentrée que dans la région, déjà très spécialisée dans ce domaine : le BEVS regroupe 10 % des salariés franciliens de l’économie numérique, contre 8 % tous secteurs confondus. Le pôle de compétitivité Systematic, spécialisé dans les infrastructures du numérique et les métiers du logiciel, contribue à dynamiser ce secteur ; il compte 113 membres dans le BEVS.

Cependant, l’économie numérique est moins présente dans le BEVS que dans le référentiel en raison d’une plus faible spécialisation du bassin dans le secteur de la programmation, du conseil, et des autres activités informatiques (indice de spécificité de 2,1 contre 4,7).

Les technologies de l’information et de la communication (TIC), constituant le cœur traditionnel de l’économie numérique, sont globalement bien présentes dans le bassin (37 100 salariés) grâce en particulier à la fabrication d’équipements de communication qui y est largement surreprésentée (14,6 fois plus qu’en France) (figure 3). Plus d’un quart des salariés français de ce secteur travaillent dans le BEVS, notamment dans de grands établissements comme Nokia (anciennement Alcatel-Lucent).

Figure 3Le BEVS est spécialisé dans les autres technologies numériquesEffectifs salariés dans le BEVS et indices de spécificité par rapport à la France dans les différents domaines du numérique

Le BEVS est spécialisé dans les autres technologies numériques - Lecture : 12 300 salariés travaillent dans le BEVS dans les autres technologies numériques. Dans le BEVS, ce domaine est 11,5 fois plus représenté qu'en France.
Domaines du numérique et secteurs d'activité détaillés en NAF 700 Effectifs salariés dans le BEVS Indice de spécificité du secteur par rapport à la France
BEVS Île-de-France Territoire de référence
Technologies de l'information et de la communication (TIC) 37 100 2,8 1,9 3,5
Dont : Fabrication d'équipements de communication 5 400 14,6 2,5 0,8
Édition de jeux électroniques 500 13,4 2,8 1,2
Gestion d'installations informatiques 3 200 10,9 2,9 4,9
Commerce de gros d'équipements et composants électroniques et de télécommunication 3 400 7,2 2,4 2,5
Autres technologies numériques 12 300 11,5 1,7 1,8
Dont : Fabrication d'équipements d'irradiation médicale, d'équipements électromédicaux et électrothérapeutiques 1 600 19,5 2,6 1,7
Fabrication d'équipements d'aide à la navigation 8 100 18,0 2,1 2,0
Fabrication d'instrumentation scientifique et technique 2 400 5,1 1,3 1,8
Contenus et supports 900 0,3 2,7 3,4
Publicité-communication 2 900 1,2 2,1 2,7
Total numérique 53 200 2,7 2,1 3,3
  • Lecture : 12 300 salariés travaillent dans le BEVS dans les autres technologies numériques. Dans le BEVS, ce domaine est 11,5 fois plus représenté qu'en France.
  • Source : Insee, Clap 2015.

L’imagerie médicale et les systèmes embarqués, activités de pointe

Ce sont cependant dans les autres technologies numériques que l’on trouve les deux activités de l’économie numérique les plus caractéristiques du territoire. La fabrication d’équipements d’irradiation médicale, d’équipements électromédicaux et électrothérapeutiques est ainsi le secteur (en Naf 700) le plus spécifique du bassin d’emploi en raison de l’implantation de General Electric Medical Systems (1 600 salariés à Buc), un des leaders mondiaux dans la fabrication d’équipements d’imagerie médicale.

La fabrication d’équipements d’aide à la navigation, notamment les systèmes embarqués, est une autre activité emblématique du BEVS. Ce secteur compte plus de 8 000 salariés travaillant dans de grandes entreprises de la filière aéronautique comme Thales, Safran ou Airbus. La fabrication d’instrumentation scientifique et technique est également, mais dans une moindre mesure, une activité caractérisant le BEVS.

Plus de la moitié des salariés franciliens et un cinquième des salariés français exerçant dans ces trois secteurs travaillent dans le BEVS. Ces activités sont quinze fois plus représentées dans le périmètre de l’EPAPS qu’en France.

Au-delà des sphères de la recherche scientifique et du numérique, la R&D est présente dans d’autres secteurs plus « traditionnels » comme l’industrie automobile, la construction et le génie civil. La présence de sièges sociaux et de très grands établissements impliqués dans des projets d’innovation confère à ce territoire son profil singulier.

Un territoire innovant dans les « mobilités du futur »

L’industrie automobile emploie 16 600 salariés dans le BEVS, soit 38 % de l’emploi automobile francilien. Cette activité y est 4,3 fois plus représentée qu’en France, et 8 fois plus que dans le référentiel.

À l’échelle nationale, la construction automobile « traditionnelle » voit ses emplois décroître, mais le BEVS est positionné sur les activités de R&D et d’innovation dans les véhicules du futur (autonomes, électriques, connectés, plus sobres en énergie), plus porteuses et à plus forte valeur ajoutée. Cette activité incombe en grande partie au Technocentre Renault à Guyancourt et au centre R&D de PSA à Vélizy. À eux deux, ils concentrent 88 % des salariés du secteur du BEVS alors qu’il existe une cinquantaine d’autres établissements relevant de cette même industrie. Les activités de R&D sont également assurées par certains équipementiers, tels que Leoni Wiring Systems France à Montigny-le-Bretonneux.

Enfin, le BEVS est le siège de VeDeCom, un Institut pour la Transition Énergétique (ITE) qui rassemble industrie et recherche publique autour du « véhicule décarboné et communiquant », dans le cadre du pôle de compétitivité Mov’eo et du programme d’État des Investissements d’Avenir. Ce pôle, qui agit sur l’innovation dans les mobilités, compte 60 membres dans le bassin.

Dans le BEVS, les groupes étrangers sont moins représentés dans les trois grands secteurs les plus spécifiques du territoire (la fabrication de produits informatiques et électroniques, la R&D scientifique, l’industrie automobile) que dans le territoire de référence. La part de salariés dépendant d’une entreprise étrangère s’élève à 12 % pour ces secteurs, contre 39 % dans le référentiel.

Forte dimension R&D dans la construction et le génie civil

La construction emploie 31 500 salariés dans le BEVS. La construction de bâtiments et le génie civil constituent des activités spécifiques du territoire : celles-ci sont respectivement 2,9 et 2,6 fois plus représentées qu’en France. Les principaux employeurs sont Bouygues Construction, dont le siège à Guyancourt regroupe plus de 3 000 salariés, et Saipem à Montigny-le-Bretonneux, filiale de l’énergéticien italien ENI (1 900 salariés, ingénierie pétrolière). Le Campus Scientifique et Technique de Colas à Magny-les-Hameaux, centre de R&D dédié à la route, témoigne aussi du fort positionnement R&D/innovation du territoire en matière de génie civil.

De nombreux emplois dans le commerce de gros et des services de nettoyage

À l’autre bout du spectre économique, le commerce de gros et les services relatifs aux bâtiments et aménagement paysager génèrent de nombreux emplois. Ces activités ont pu s’y développer grâce à la disponibilité du foncier et à une bonne accessibilité routière au vaste marché de la zone dense métropolitaine (A10, A12, A86, N20, N118).

Le commerce de gros arrive en tête avec 28 300 emplois salariés. Le secteur compte une dizaine de grands établissements comme Hilti France, spécialisé dans l’outillage à Magny-les-Hameaux, ou Hewlett-Packard dans l’informatique au sein du grand parc d’activités de Courtabœuf, site d’implantation privilégié pour le commerce de gros.

Le secteur du nettoyage des bâtiments et aménagement paysager rassemble plus de 18 000 emplois (par exemple TFN Propreté à Wissous ou Derichebourg Propreté à Saulx-les-Chartreux).

Une prédominance de la voiture dans les trajets domicile-travail

La moitié des emplois du BEVS sont occupés par des actifs n’y résidant pas (figure 4). Dans le bassin d’emploi de Seine-Aval comprenant Mantes-la-Jolie et Saint-Germain-en-Laye, seulement le tiers des emplois sont dans ce cas. La faible desserte de certaines parties du territoire par les transports en commun engendre un important recours à la voiture, qui constitue le mode de transport le plus fréquemment utilisé par les actifs y travaillant (deux sur trois). Cette proportion est variable selon le lieu de résidence des actifs ; elle est de six sur dix lorsqu’ils habitent sur le territoire, mais atteint huit sur dix lorsqu’ils viennent du reste de l’Essonne et du reste des Yvelines.

Figure 4La moitié des emplois du BEVS est occupée par des actifs résidentsZone de résidence des actifs travaillant dans le BEVS

  • Source : Insee, recensement de la population 2014.

Le BEVS, un territoire stratégique au cœur de différentes politiques publiques

Une Opération d’intérêt national (OIN) gérée par l’établissement public d’aménagement Paris-Saclay

En créant en 2006 une Opération d’intérêt national, l’État s’est saisi de l’importance stratégique du développement du plateau de Saclay et des enjeux économiques nationaux et internationaux qui sont associés.

L’Établissement public d’aménagement de Paris-Saclay (EPAPS) a été créé par la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM), en modification de la loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris, avec pour missions l’aménagement, l’impulsion et la coordination du développement du pôle scientifique et technologique sur le plateau de Saclay. Son périmètre d’action s’étend sur 27 communes, appartenant à trois communautés d’agglomération (CA) sur deux départements (les Yvelines et l’Essonne). Ces trois CA, Paris-Saclay, Versailles Grand Parc et Saint-Quentin-en-Yvelines, comprennent 58 communes et 800 000 habitants.

Le bassin d’emploi Versailles-Saclay (BEVS)

La mise en place des bassins d’emploi découle d’une volonté conjointe de l’État et de la Région en Île-de-France. Ces périmètres géographiques ont vocation à devenir l’échelle de référence, notamment pour la mise en œuvre sur le territoire des politiques régionales de développement économique (SRDEII), d’emploi, de formation et d’orientation professionnelles. Le périmètre des 24 bassins a été adopté en septembre 2016. Le bassin d’emploi Versailles-Saclay (BEVS) comprend les trois CA relevant du périmètre de l’EPAPS et la communauté de communes du Pays de Limours, soit 72 communes et 826 000 habitants.

Systematic et Mov’eo : deux pôles de compétitivité très actifs sur le territoire

Les pôles de compétitivité rassemblent sur un territoire donné de nombreux membres qui peuvent être des entreprises de toutes tailles, des centres de recherche ou encore des organismes de formation. L’enjeu est de s’appuyer sur les synergies et les projets collaboratifs d’innovation pour permettre aux entreprises de prendre une position de premier plan sur leurs marchés en France et à l’international.

Systematic, animateur de l’écosystème du numérique et du logiciel, a son siège au sud du plateau de Saclay. Mov’eo, ancré en Normandie et en Île-de-France, rassemble les acteurs de la filière automobile. Il est un acteur clé de Paris-Saclay, surtout dans les Yvelines.

Sources

  • Connaissance locale de l’appareil productif (Clap) au 31 décembre 2015. Clap permet de dénombrer et de localiser les établissements et les emplois salariés hors intérimaires ;
  • le dispositif Esane produit des statistiques structurelles d’entreprises sur les entreprises marchandes, à l’exception des exploitations agricoles ;
  • le fichier Lifi (base de données sur les liaisons financières) permet de connaître le contrôle éventuel d’une entreprise par un groupe ;
  • les recensements de la population de 2009 à 2014.

Définitions

Nationalité d’un groupe : nationalité du centre de décision du groupe (unité exerçant le contrôle opérationnel des filiales) qui est en général la tête de groupe.

Indice de spécificité : indice de spécificité d’un secteur dans une zone par rapport à la France = Part de l’emploi du secteur considéré dans la zone / Part de l’emploi du secteur considéré en France.

Géographie

Pour rendre compte de ses spécificités économiques, le bassin d’emploi Versailles-Saclay est comparé à un territoire de référence. Ce référentiel a été construit en retenant des EPCI ou des EPT ayant un taux d’emploi dans la fonction conception-recherche supérieur à 8 % et un volume d’emplois supérieur à 30 000.

Ce référentiel est composé des métropoles de Toulouse et Grenoble, de la communauté d’agglomération de Sophia-Antipolis et de trois EPT de la métropole du Grand Paris : Paris Ouest La Défense, Grand Paris Seine Ouest (GPSO) et Vallée Sud Grand Paris.

Pour en savoir plus

Calvier C., Casarotti A., «  Intercommunalités de l’agglomération parisienne - Portrait économique des 32 nouveaux territoires », Insee Analyses Île-de-France n° 61, mai 2017.

Carroué L., «  Paris-Saclay, une Silicon Valley à la française ? », Géoconfluences, mars 2017.

Camors C., Dezenaire F., Godonou C., Renouvel S., Roger S., Soulard O. « Économie numérique : 80 % des établissements franciliens concentrés en cœur d’agglomération », Insee Analyses Île-de-France n° 30, mars 2016.

Site Internet de l’EPA Paris-Saclay